Il est difficile d’être un dieu

Il est difficile d’être un dieu

Quatrième de couverture :

La planète Arkanar ploie sous le férule du tyrannique ministre de la Sûreté. Cette société semi-féodale qui persécute ses intellectuels, évoquant à la fois l’Espagne de l’Inquisition, l’Allemagne nazie et la Russie stalinienne, intéresse au plus haut point l’Institut d’histoire expérimentale de la Terre qui, elle, est peuplée depuis longtemps d’humanistes tout-puissants que l’on considère volontiers comme des dieux. Doivent-ils intervenir pour miner le fascisme, ébranler l’obscurantisme ? Bien sûr que non ! L’Histoire doit suivre son cours naturel. Mais le jeune Roumata va avoir bien du mal à l’accepter, alors qu’il sait combien il est dangereux, pour un dieu, de se mêler de la misère des mortels.

Adapté en jeu vidéo mais aussi au cinéma par Alexeï Guerman en 2014, Il est difficile d’être un dieu est un des chefs-d’oeuvre de la science-fiction. Un roman intemporel, au message universel.

Mon avis :
La quatrième de couverture nous présente ce livre comme un chef-d’œuvre de la SF. Du coup j’ai été quelque peu déçue ; je pense que c’est le genre de roman qu’on lit une première fois en ne sachant pas trop quoi en penser, et qu’il faut relire un peu plus tard pour vraiment l’apprécier. Or, pour ma part, c’était une totale découverte.
L’histoire s’ouvre sur un prologue nous présentant trois personnages (Anton, Pachka et Anka) qui sont dans une forêt, avant de passer à tout autre chose : don Roumata, un jeune seigneur assez connu vivant sur la planète Arkanar – si ce n’était pas écrit dans le résumé, j’aurais pensé à un pays quelconque. De ce fait, durant les 2 ou 3 premiers chapitres, j’ai eu du mal à me mettre dedans, car je ne comprenais pas le rapport entre ces différents protagonistes ; on apprend toutefois assez rapidement que Roumata n’est nul autre que Anton, et que sa mission est d’observer l’Histoire de cette planète. Une fois que j’ai compris, ma lecture n’en était que plus aisée et surtout plus agréable ! L’épilogue fait écho au prologue tout en étant la suite du récit.
Ce roman est avant tout politique, et nous questionne. Je pense que c’est ce que j’ai le plus apprécié. Il faut bien dire que les auteurs de Il est difficile d’être un dieu, Arkadi et Boris Strougatski, sont russes, et qu’ils ont écrit ce livre au milieu des années 1960 – je vous laisse replacer tout ça dans le contexte soviétique de l’époque… La critique qu’ils font de leur société est malheureusement toujours d’actualité, et c’est de là que le roman devient universel.
Pour ce qui est des personnages, ils sont nombreux et parfois j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver – d’autant plus que je ne vois pas l’intérêt de tous. Malgré cela, j’ai apprécié certains d’entre eux : le héros, Roumata, évidemment, avec sa volonté d’agir alors qu’il ne doit qu’observer, mais aussi Pampa et sa bonhomie, et la belle Kira qui n’a rien à faire dans ce monde de brutes.
Enfin, un petit point sur la première de couverture : celle de la version Folio nous présente un homme (le héros, sûrement) ; il s’agit d’une image tirée de l’adaptation cinématographique réalisée par Alexeï Guerman (2014) . Même si j’aime beaucoup la photo – c’est ce qui m’a attirée quand j’errais chez le libraire – je ne la trouve pas très parlante vis-à-vis du livre. En revanche, la couverture des éditions Denoël nous offre une illustration présentant un hélicoptère futuriste, barré d’une bande rouge, survolant des fortifications moyenâgeuses, ce qui a mon sens est beaucoup plus évocateur : on nous parle d’hélicoptères dans le roman, et l’action semble prendre place dans une époque assez similaire au Moyen-Âge que nous connaissons ; de plus, la bande rouge renvoie au soviétisme, et donc aux auteurs, les frères Strougatski. Je vous laisse juger et faire votre choix.

C’est pour moi un bon roman de science-fiction, bien que j’ai eu un peu de mal à l’aborder. Toutefois, je pense qu’à la relecture – ou du moment qu’on sait que Roumata et Anton ne font qu’un – le livre n’en est que meilleur.
Je pense que si vous aimez la SF et/ou les romans à portée politique, vous allez apprécier cette lecture. En revanche, si vous n’êtes pas adeptes de ces genres littéraires, il y a des livres plus abordables pour commencer.

Il est difficile d’être un dieu, Arkadi et Boris Strougatski • Titre VO : Трудно быть богом • traduction : Bernadette du Crest • Denoël • 1973 (première parution en France) (roman écrit en 1964) • 240 pages • 19,25€ (Folio : 7,50€) • Genre : science-fiction • ISBN : 2811215069

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6 réflexions sur “Il est difficile d’être un dieu

  1. entre2livres dit :

    Ta chronique est vraiment intéressante et m’a donné envie de lire ce livre un jour, même si je pense qu’il faudra que je lise quelques autres romans de SF avant vu que je n’en lis que
    très rarement …

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  2. entre2livres dit :

    Ta chronique est très intéressante et m’a donné envie de lire ce livre un jour même si je pense que je lirai avant d’autres livres de SF plus abordables car je ne suis pas une grande connaisseuse de ce genre …

    J'aime

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