[INTERVIEW] – Jessica Abel

2007 © Jessica Abel (drawn for Life Sucks)

2007 © Jessica Abel (drawn for Life Sucks)

Trish Trash, rollergirl sur Mars, publiée aux éditions Dargaud, est une bande dessinée mélangeant  le sport et la science-fiction ; Trish, l’héroïne, rêve de devenir une star de Hoverderby (le roller derby du futur). Pour plus de renseignements concernant cette BD, je vous renvoie à ma chronique.

Jessica Abel, l’auteure de cette bande-dessinée, a accepté de répondre à mes questions.

 

 

 

 


Bonjour, Jessica ! Je tiens tout d’abord à te remercier d’avoir accepté cette interview.

Comment est né le personnage de Trish ?
Jessica Abel : C’est une histoire intéressante. J’ai écrit un manuel de BD en 2006 avec mon mari, Matt Maden. Il y a un exercice qui consiste à choisir au hasard trois caractéristiques pour créer un personnage : une caractéristique physique, un travail et une caractéristique émotionnelle. Matt m’a alors donné trois mots-clés : « X-games », « spiked collar » et « cheerful ». J’ai inventé ce personnage juste pour illustrer le manuel ! Et j’avais aussi fait un Martien.
J’y ai repensé plus tard, et je les ai mis ensemble dans un scénario. J’ai fait des recherches sur Mars et j’ai commencé à regarder des matchs de roller derby.

Le Hoverderby, sport dont Trish est très fan, est inspiré du roller derby. Comment as-tu connu ce sport, et d’où t’es venue l’idée de faire une BD basée dessus ?
J.A. : Je ne sais pas exactement d’où m’est venue l’idée d’utiliser le roller derby. En 2006-2007, j’ai probablement lu des articles sur ce sport ; c’était un peu après la fondation des Gotham Girls [NDLR : il s’agit de l’équipe de roller derby de New-York]. En 2007, j’ai commencé à être fan !

As-tu souvent l’occasion de regarder des matchs de roller derby ?
J.A. : Pas souvent, non. En France, il y a une équipe à Angoulême [NDLR : où vit Jessica Abel], mais elle est petite et les matchs sont souvent dans d’autres villes. J’ai vu aussi des matchs à Nantes et à Toulouse. Quand je vais à New-York, j’essaie d’aller aux matchs des Gotham, mais ce n’est pas plus de deux fois par an.

Les règles du roller derby sont nombreuses. Les as-tu lues ? Comment les as-tu adaptées pour Mars et le Hoverderby ?
J.A. : Oui, elles sont nombreuses et je n’ai pas lu toutes les règles… Je ne joue pas non plus donc je fais sûrement des erreurs.
J’essaie surtout de capturer l’essence, et non les règles, du roller derby. J’avais une stagiaire, Justine Sarlat (joueuse de derby et qui est maintenant à Gand), et elle m’a dit de « nettoyer » les scènes et les explications, de les simplifier.
Dans le Hoverderby, les patins permettent d’aller plus vite, c’est pour ça que j’ai choisi de le faire jouer sur piste inclinée [NDLR : il existe deux types de roller derby : celui sur piste plate – le plus répandu – et celui sur piste inclinée, qui ne se joue qu’aux USA, et dans Trish Trash]. Les hoverpatins sont différents des patins du roller derby [NDLR : le roller derby se joue en quads, les patins qu’utilisaient nos grand-parents pour rouler], c’est donc beaucoup plus rapide.

L’histoire se déroule à la fin du XXIème siècle. Pourquoi avoir choisi de situer l’action dans le futur, et sur Mars ?
J.A. : J’aime la science-fiction : il y a la possibilité de parler du monde actuel (les problèmes et les situations qu’on a aujourd’hui), mais de manière métaphorique. Les Martiens, le besoin de Trish d’être libre, de se libérer de l’entreprise qui les a mis en situation d’esclavage… Je peux parler des classes, du racisme, etc. dans une structure métaphorique.
Quant au roller derby, il permet d’avoir un début et une fin pour Trish.

Quelles ont été tes influences pour Trish Trash, rollergirl sur Mars ?
J.A. : La trilogie de Mars de Kim Stanley Robinson est une histoire de SF d’une société du futur sur Mars qui m’a beaucoup inspirée. Mais j’ai aussi lu plein d’autres livres, et pas uniquement sur Mars !
Pour la partie roller derby/Hoverderby, j’ai fait des interviews de joueuses. Aussi, la culture du roller derby (« Fait par et pour les joueuses ») est très importante. C’est central dans ma BD.

Comment as-tu travaillé sur ce premier tome ?
J.A. : C’est compliqué : j’ai commencé un nouveau système, en travaillant avec une stagiaire, la super douée Lydia Roberts – qui s’est occupée des décors, des véhicules. On fait les croquis sur ordinateur, puis on fait le reste sur papier ; on s’échange les planches…
Une fois les planches dessinées, nettoyées, traduites… un employé de Dargaud s’occupe du lettrage.

Tu es Américaine, et tu vis en France depuis quelques années. Est-ce pour cette raison que tu as choisi de publier Trish Trash d’abord en français ?
J.A. : C’était mon intention, il y a longtemps, avant d’habiter ici. J’avais pour projet de dessiner une bande dessinée franco-belge et ensuite de la proposer au marché américain ; j’en ai parlé avec mon éditeur, Dargaud, et aussi à des éditeurs américains.

Le monde de l’édition est-il le même en France et aux Etats-Unis ?
J.A. : Non, ce n’est pas le même du tout. C’est compliqué à expliquer… Ici, les éditeurs ont beaucoup de variété de goûts. C’est différents aux Etats-Unis : il y a les plus gros éditeurs de comics (Marvel, DC Comics…) qui ne publient que de la BD, et en même temps il y en a plein d’autres qui publient de tout : comics, romans graphiques (graphic novel)… Par exemple, il y a Broadway Books (Penguin Random House), qui va publier mon prochain roman : Out on the Wire.
Les structures des maisons d’édition sont très différentes en France et aux Etats-Unis.

En plus de Trish Trash, rollergirl sur Mars, tu es l’auteure d’autres BD telle que La Perdida (2006, Delcourt). Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours et tes projets ?
J.A. : J’ai écrit Ouvert la nuit, paru chez Dargaud, qui est une comédie romantique de vampires.
La Perdida, c’est une histoire de gens normaux, sans pouvoirs. Une tranche de vie.
Et il y a aussi deux manuels sur la bande dessinée, que j’ai fait avec mon mari : Drawing Words & Writing Pictures et Mastering Comics. J’ai donné des cours de dessin pendant douze ans ; les manuels viennent de cette expérience.
Mon nouveau livre, Out on the Wire, est sur les journalistes de la radio.

Y a-t-il déjà une date de prévue pour le deuxième tome de Trish Trash ?
J.A. : Il n’y a pas encore de date. Il est en train d’être colorisé et j’écris actuellement le troisième tome.

Un dernier mot pour la fin ?
J.A. : C’était un plaisir de parler avec toi. A bientôt !

 

Vous pouvez retrouver Jessica Abel sur son site internet
et sur son compte Twitter : @jccabel !

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