La Petite Communiste qui ne souriait jamais

La Petite Communiste qui ne souriait jamais

♥ COUP DE CŒUR ♥

Quatrième de couverture :

Fascinée par le destin de la petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour devenir immédiatement un mythe planétaire, la narratrice de ce roman imagine l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette venue, par la pureté de ses gestes, incarner aux yeux du monde le rêve de l’enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulation étatique ?

Plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des « dieux du stade », hommage à une fée qui mit à mal guerres froides, ordinateurs et records, le roman de Lola Lafon délivre aussi une passionnante méditation sur l’invention et l’impitoyable évaluation du corps féminin.

Mon avis :
La Petite Communiste qui ne souriait jamais retrace l’histoire de Nadia Comaneci, de ses débuts à son arrivée aux Etats-Unis.

Ce roman est une biographie romancée, construite sous la forme d’entretiens fictifs entre l’auteure et l’ancienne gymnaste. Et c’est sacrément bien fait.
La narration est présentée sous une forme que je n’avais encore jamais vu auparavant : Lola Lafon, l’écrivaine, fait ici semblant d’écrire les chapitres et de les envoyer au fur-et-à-mesure à Nadia afin que cette dernière corrige, apporte des éléments, etc. Ce qui apporte du vrai dans cette échange, c’est toute la documentation dont l’auteure s’est servie, dont Letters to a Young Gymnast (Basic Books, 2011) de Nadia Comaneci elle-même.
Toutes ces informations récoltées, qu’elles proviennent de journaux, de médias, de livres…, nous permettent d’en apprendre plus sur ce jeune prodige de la gymnastique, comment elle est passée du statut d’idole à un désamour total de la part des médias, mais aussi de comprendre dans quel monde elle a grandi. Et ce monde, c’est celui régenté par la guerre froide ; le corps des femmes, mais aussi des filles, est scruté dans ses moindres détails, et jugé. Imaginez l’opinion face à une fillette roumaine, modèle de grâce, de pureté, devenue un emblème national ; celle-ci passe d’enfant à femme. Eh bien l’opinion générale n’est pas bien glorieuse… Alors qu’elle avait 28 ans et qu’elle débarquait aux USA, voici ce que disaient d’elle les journaux : « tout en elle aujourd’hui rappelle le malheureux destin biologique féminin, ce moment où les femmes commencent à préférer porter des chaussures confortables et où elles s’habillent en L. » (sic) (p. 278 de l’édition de poche).
Que dire d’autre si ce n’est que j’ai adoré ce roman ? Plus qu’une biographie, quelque peu romancée, c’est avant tout une fenêtre ouverte sur le monde tel qu’il était dans les années 1970-1980. Dynamique et bien écrit, le livre ne traîne en longueur à aucun moment et s’avère être vraiment passionnant. Le petit plus, c’est que l’auteure ne prend parti à aucun moment, et nous expose les faits et les propos simplement ; elle laisse le soin au lecteur de se faire sa propre opinion.

La Petite Communiste qui ne souriait jamais est pour moi un véritable coup de cœur. L’histoire d’une fillette qui voulait être la meilleure dans son domaine, et qui a réussi. C’est un récit vraiment très poignant, très prenant. J’espère que vous aurez un jour l’occasion de le lire.

La Petite Communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon • Titre VO : ? •  traduction : ? • Actes Sud • 2015 • 320 pages • 8,70€ (format poche), 21€ • Genre : biographie, roman • ISBN : 9782330051204

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8 réflexions sur “La Petite Communiste qui ne souriait jamais

  1. topobiblioteca dit :

    Je n’ai pas vraiment adhéré à ce procédé, j’ai trouvé au contraire que l’on flouait les pensées de la vraie Nadia. Je ne saurais pas vraiment mettre le doigt sur ce qui m’a dérangé mais je ne suis totalement entrée dans le récit. Heureuse qu’il t’ai plus plu à toi qu’à moi =)

    Aimé par 1 personne

  2. lydieetseslivres dit :

    Je ne m’intéresse pas particulièrement à Nadia Comaneci,je me suis cependant inscrite à un livre voyageur pour ce roman. Je vais donc le recevoir prochainement, ce que tu dis de la construction m’intrigue, j’ai hâte de pouvoir le lire.

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