Fille des deux rives

Fille des deux rives

Quatrième de couverture :

Il y a quelques jours, Bodmaëlle Galliep était une jeune exorciste brillante, promise à un bel avenir. Aujourd’hui, à cause d’un imbécile à moitié ivre, elle grelotte dans les geôles de sa propre inquisition, accusée d’hérésie. Elle, dont la foi a toujours guidé les pas, traitée comme le dernier des mécréants !
Comment s’est-elle retrouvée liée, au mépris des interdits les plus sacrés de sa religion, à cet alter-monde où les sorciers puisent leur magie ? Qui l’aidera à prouver son innocence, quand les autres prêtres refusent de la croire ? Que lui cache-t-on ?
Pour le savoir, Bodmaëlle craint de devoir d’abord répondre à une autre question, celle qu’elle redoute depuis toujours : qui est-elle vraiment .

Mon avis :
Quand j’ai acheté ce roman, au Salon du Fantastique, je pensais découvrir un récit axé sur la psychologie de l’héroïne, peut-être une course contre la montre, ou pour apprendre la vérité cachée… Mais Fille des deux rives s’est avéré bien différent de mes attentes.
Pour commencer, nous ne suivons pas uniquement l’héroïne, Bodmaëlle : l’histoire, racontée à la troisième personne, est aussi vécue par d’autres personnages. Cela a été une bonne surprise puisque ainsi, nous apprenons à connaître ces personnes qui croisent ou accompagnent la jeune femme, mais nous apprenons aussi leurs motivations quant à leurs faits et gestes.
Si Bodmaëlle m’a un peu déçue car je l’ai trouvée trop passive, semblant tout subir sans pouvoir y faire grand chose, d’autres protagonistes se sont avérés bien plus intéressants. Murello, par exemple, a une bonne évolution ; Verenna est un personnage féminin fort, malgré ses faiblesses ; le message que veut faire passer Darbal est juste, etc.
Au fur et à mesure que l’histoire progresse, les personnages évoluent, prennent des décisions, se rencontrent. Les situations sont tantôt amicales, tantôt conflictuelles, mais rarement simples. Et quand j’ai pensé que certaines relations seraient évidentes, j’ai eu quelques surprises !
Concernant l’histoire à proprement parler, il n’y a pas d’action, mais plutôt une quête : la recherche de la vérité. Si le récit n’est pas très dynamique, il est quand même loin d’être ennuyeux ! Si je devais faire une comparaison de ce roman avec autre chose, plutôt qu’un jeu vidéo de combat, ce serait une partie d’échec – à plusieurs. Chaque personnage avance ses pions, prend des décisions parfois risquées, et c’est prenant.
Mais le plus intéressant dans tout ça, c’est que c’est un roman de fantasy, et donc des lieux, des religions sont créées. Il y a notamment la religion de la Sainte Sagesse (les sapientistes), formellement opposée à la magie, la sorcellerie, qui est associée aux démons. Pourtant, sur de nombreux points, la Sainte Sagesse est bien plus tolérante que n’importe quelle autre religion.
Bodmaëlle étant une exorciste de la Sainte Sagesse, la religion a une très grande importance pour elle. Se faisant inculper pour hérésie, la jeune femme va se retrouver bouleversée, et nombreuses sont ses certitudes qui vont être ébranlées. Je ne vais pas développer plus ce point, puisqu’il est mieux de le découvrir en lisant Fille des deux rives, mais sachez que si l’héroïne d’Ophélie Bruneau subit les choses plus qu’elle ne les provoque, son parcours se révèle toutefois assez passionnant.
Enfin, je vous préviens d’une chose : si vous n’aimez pas les romans qui ne donnent pas toutes les réponses, passez votre chemin. Ou peut-être pas… : j’aime bien finir un livre en ayant toutes les réponses du puzzle, et pourtant, l’auteure ne nous donne pas ici tous les éléments de réponse. Toutefois, j’ai apprécié ma lecture, bien qu’il « manque » une réponse. A dire vrai, je n’y pense que maintenant, quelques jours après avoir terminé ma lecture, et je me dis : « Qu’importe, l’important n’est pas là ».

J’arrive à la fin de ma chronique, et je me rends compte que je ne vous ai pas parlé de l’écriture : c’est fluide, bien écrit, et il ne me semble pas avoir vu de coquille. Un bon travail, c’est tellement appréciable !
Le seul bémol qui me vient, c’est que parfois, nous changeons de personnage pour en suivre un autre, or le paragraphe commence par « Il » ou « Elle », ce qui est un peu déstabilisant. Heureusement, le nom du protagoniste apparaît rapidement, ou alors nous le devinons facilement grâce à son cheminement, ses interrogations et/ou ses choix. Donc ce n’est finalement pas si dérangeant que cela.

J’admets que Fille des deux rives ne plaira pas forcément à tout le monde : quiconque recherche de l’action, du suspens… sera déçu.e. En revanche, si vous souhaitez vous évader, découvrir d’intéressants héros et les voir évoluer, ou même y lire un rapport intéressant à la religion, ce livre est probablement fait pour vous.

La vérité n’est pas forcément là où on l’attend. Bonne lecture à vous.

PS : c’est Ophélie Bruneau elle-même qui a réalisé cette jolie illustration pour la première de couverture. Je la trouve très jolie, et mystérieuse.

Fille des deux rives, Ophélie Bruneau • Mythologica • 2015 • 270 pages • 19,00€ • Genre : fantasy, magie, hérésie, quête • ISBN : 9791093004495

Ce livre participe au challenge Littérature de l’Imaginaire.
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