Road trip en Roumanie – partie 1

Au sommet de la citadelle de Poenari, véritable château de Vlad III l’Empaleur (Dracula)

Prévu depuis août 2017, le mois de mai a été l’occasion pour moi de découvrir le pays du célèbre comte Dracula. J’y suis allée une quinzaine de jours avec une amie, que nous appellerons A., et nous avons parcouru une bonne partie du pays (entre 2000 et 2500 km de route!). Il y a beaucoup de choses à raconter alors je découpe mon retour en plusieurs articles afin que ce ne soit pas trop indigeste – et je vais tacher de faire court pour chaque partie. Pour celle-ci, je vais m’arrêter à la ville d’Oradea.

Nous sommes arrivées à Cluj-Napoca [1] un samedi, en fin d’après-midi. Pour notre séjour, nous avons loué une voiture (pour environ 500€ les deux semaines) afin de pouvoir nous déplacer et visiter à notre guise. Nous restions deux nuits à Cluj, et c’était presque trop, à dire vrai : en dehors du centre historique, il n’y a pas grand chose à voir (et c’est la même chose dans beaucoup de villes). Cela dit, nous avons pu découvrir des sculptures et des lieux grâce à Cluj Guided Tours ; ce sont des bénévoles qui font visiter la ville et qui nous en apprennent plus sur son histoire. C’était vraiment chouette et ça a été l’occasion de voir des endroits très sympathiques.
Dépassé le centre historique, il n’est pas rare de voir de vieux bâtiments datant de la seconde partie du XXème siècle. C’est un sacré contraste ! Sans compter le nombre d’édifices qui sont abandonnés à l’état de construction, comme une église orthodoxe que nous avons vu en allant vers le centre de Cluj. Apparemment, cela fait des années qu’il n’y a plus eu un quelconque avancement des travaux. A noter que c’est quelque chose que l’on retrouve pas mal dans le pays, notamment des maisons – mais les gens vivent parfois dans des bâtisses inachevées.

Nous avons profité de ne pas être trop loin de Turda pour visiter son impressionnante mine de sel (Salina Turda).  La mine descend tellement sous terre et est si grande que, tout en bas, il y a une sorte de mini-parc d’attraction avec une grande roue, des pistes de bowling, un étang sur lequel on peut se promener en barque… Chaque activité est payante. A dire vrai, « impressionnante » est probablement un euphémisme, mais je n’ai pas de meilleur mot pour décrire la mine.
Il est bon de noter que, s’il faisait prêt de 30°C à l’extérieur, l’intérieur de la mine ne devait pas excéder les 17°C quand nous y sommes allées. Aussi, il y a pas mal d’escaliers à monter (ça réchauffe, croyez-moi) ! S’il y a bien des ascenseurs, si vous pouvez prendre les escaliers, vous vous éviterez une longue attente.

Des stalactites de sel tombant du plafond

Nous avions vaguement préparé un programme, et nous ne l’avons pas vraiment respecté. Ça a commencé dès le troisième jour durant lequel nous avons pris la route vers l’est plutôt que vers le nord. Mais pourquoi donc ? Eh bien nous avons appris que le château dans lequel Bram Stoker situe la demeure de Dracula est devenu un hôtel et qu’il trône au beau milieu des montagnes. En tant que mordues de lecture, nous ne pouvions manquer cela ! Alors c’est vrai, nous n’avons pas vu de monument à visiter dans les environ de l’hôtel Castel Dracula [2], mais les paysages que nous avons pu admirer en cours de route étaient superbes ! Ce ne sont certes pas de très hautes montagnes, mais elles le sont suffisamment, et elles sont tellement vertes, que nous ne pouvions qu’en détacher difficilement notre regard. Malheureusement, les photos ne rendent pas justice aux paysages. Avec A., nous avons fait une promenade aux alentours du château ; c’était très calme et seules les montagnes délimitaient les lieux.
Le restaurant de l’hôtel était un peu cher* mais le papanași (un dessert roumain dont je vous parlerai dans un prochain article) était très bon. Malheureusement pour nous, un groupe de touristes espagnols est arrivé pendant que nous mangions ; nous avons dû renoncer au calme pour le reste du repas.
Quant à la décoration, elle avait un aspect vieillot qui ne manquait pas de charme, avec sa moquette orangée, le blason de l’hôtel représenté un peu partout, la télévision cathodique… Un brin kitsch mais très sympa !

Le lendemain, nous sommes vraiment parties dans le nord car nous voulions absolument voir l’église de l’Enfer (Biserica Cuvioasa Paraschiva), une église dans laquelle l’Enfer est représenté en peinture (les peintures sont d’origine – je ne sais plus quand elle a été construite, mais l’église a déjà quelques siècles et l’état de conservation est impressionnant). Pas de chance, les portes de l’églises étaient fermées. Mais alors que nous observions le cimetière qui entoure le bâtiment religieux, prêtes à partir, un couple de touristes roumains est arrivé. La femme parlait un peu français et elle parlait également anglais (son mari aussi). Notre chance a alors tourné ! Après nous avoir demandé si nous voulions visiter l’église, l’homme a téléphoné pour que l’on nous fasse visiter. La femme nous a expliqué que ce n’était pas la première fois qu’iels venaient, qu’iels faisaient actuellement le tour des églises dans le nord de la Roumanie… Un couple très sympathique et grâce à qui nous avons pu découvrir l’intérieur de l’église. Si celle-ci était déjà assez  formidable par sa structure entièrement en bois (propre au nord du pays), il faut admettre que les peintures étaient extraordinaires : je n’avais jamais vu de telles représentations de l’Enfer dans une église (à noter qu’il n’y avait pas que l’Enfer de représenté). Certes, ce n’était guère très heureux, mais j’ai trouvé les représentations très intéressantes. Non seulement ce couple nous a permis de visiter l’église, mais en plus il nous a permis d’avoir une bonne traduction anglaise car le guide n’était pas très à l’aise. Enfin, l’époux nous a conseillé un monastère (Mānāstirea Bârsana) que nous sommes donc allées visiter et qui était superbe.
Avant de poursuivre plus à l’ouest, toujours dans le nord, nous avons fait une halte dans un hôtel à Sighetu Marmației [3], l’hôtel Gradina Morii, où nous avions une vue superbe sur les montagnes. J’y ai d’ailleurs une anecdote culinaire que je vous garde pour plus tard. En tout cas, c’était très agréable de se poser dans un tel cadre.
Ce qui est le plus fatigant dans un road trip, c’est le temps passé sur la route, d’après moi. Alors nous nous sommes simplement promenées dans le centre de Sighetu, sans chercher à voir quoi que ce soit en particulier. Nous sommes tombées sur la maison d’Elie Wiesel, un écrivain et philosophe juif roumain qui a obtenu le prix Nobel de la paix en 1986.
Notre étape suivante était un cimetière. Ah ! Ce n’est pas très joyeux, tout cela : églises, Enfer, monastères, cimetières… Vous avez dit « joyeux » ? Eh bien si, ça l’était ! En effet, le cimetière de Săpânța est nommé le Cimetière joyeux, et pour cause : il est très coloré ! Toutes les tombes sont bleues, accompagnées d’un texte et d’une illustration représentant l’activité ou une scène de vie du ou de la défunt.e. Et au milieu du cimetière trône une église qui est juste superbe de l’extérieur ! L’intérieur étant en travaux, je ne peux pas en dire autant (pour l’instant). C’est un lieu à ne pas manquer.

Par la suite, nous avons poursuivi notre voyage en direction d’Oradea, ville connue pour ses bâtiments inspirés du mouvement Art déco. Pour y aller, nous sommes passées par Baia Mare. La ville est sympathique et il y a, en bordure, un vieux « village » : de vieilles maisons d’époques différentes regroupées en un même lieu. C’était intéressant d’autant plus qu’il est possible de visiter l’intérieur des demeures.
Arrivées à Oradea [4], j’avoue m’être un peu pris une claque car il y a des bâtiments vraiment superbes ! Un moment, nous mangions une glace en terrasse et le serveur, ravi de pouvoir parler en français, nous a expliqué qu’ici ils étaient chanceux car l’argent allait vraiment dans la reconstruction de la ville, l’amélioration des routes, etc., alors qu’il y a pas mal de détournement et de corruption en Roumanie. C’est toujours très intéressant de pouvoir discuter avec des locaux car ils ont un point de vue très différents de nous, touristes. Pour en revenir à la ville, il est vrai qu’il y avait pas mal de chantiers mais nous avons pleinement profité du centre et nous sommes allées jusqu’à la citadelle (qu’il est possible de visiter, mais on peut aussi y manger, et il semble y avoir régulièrement des activités culturelles).
Oradea est vraiment une ville incontounable si vous allez en Roumanie.

C’est fini pour cette première partie ! On se retrouve très vite pour la suite du voyage. Sur ce, lisez bien, voyagez et surtout profitez !

*Dans mes articles sur la Roumanie, lorsque je dis que quelque chose est cher, c’est par rapport au pays, sachant que le salaire moyen roumain dépasse à peine les 400€ par mois.

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8 réflexions sur “Road trip en Roumanie – partie 1

  1. Frédéric Malonda dit :

    De très belles photos, de jolies descriptions d’un pays qui doit être fascinant à visiter à plus d’un titre. Je voue moi aussi un culte à Bram Stocker que j’ai lu et relu. Cela doit faire quelque chose d’être sur les lieux même de ce mythe littéraire et historique. Excellent weekend à toi et merci du partage 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. lespagesquitournent dit :

    Enfin je lis les articles en retard ! x)
    Et oh ! Enfin ton article sur la Roumanie !!! Je suis tout simplement fan de tes photos qui donnent envie.
    Les stalactites de sel sont impressionnants. J’aurais peur que cela se décroche… Même si cela ne doit pas arriver souvent, je suis étonnée rien qu’en regardant le cliché !
    Le cimetière joyeux est superbe ! Je ne connaissais pas du tout le principe des tombes colorées. C’est bien plus sympathique que nos tombes habituelles. Ca donne un côté festif et non déprimant au lieu… J’aime beaucoup.
    Enfin, Oradea semble être une ville enchanteresse ! ❤

    Aimé par 1 personne

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