Premières lignes #133

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

.

Prologue

mai

Barney Doyle était assis devant son établi en désordre et tentait, pour la quatrième fois en sept ans, de réparer l’antique tondeuse d’Olaf Andersen. Il avait démonté le cylindre et envisageait sérieusement de faire donner l’extrême-onction à la machine – ce que les bons pères de l’église de Sainte-Catherine désapprouveraient sûrement. La tête du cylindre était fêlée – c’était pour ça qu’Olaf ne pouvait pas mettre l’appareil en marche – et sa chemise avait l’épaisseur d’une feuille de papier, du fait de l’usure et d’une précédente réparation. Andersen serait mieux inspiré d’investir dans une Toro électrique, avec cloches et sifflets incorporés, et de laisser cette ruine rouiller en paix. Barney savait qu’Olaf ferait tout un foin s’il lui fallait acheter un nouvel engin, mais c’était son problème. Il savait aussi que s’il réussissait à se faire payer après avoir émis une telle opinion, cela tiendrait du miracle. Toutes les parties concernées seraient bien plus satisfaites si Barney parvenait à convaincre cette machine agonisante de travailler un dernier été. Il se mit à aiguiser les lames d’un geste automatique tout en réfléchissant au problème. Il pouvait encore tenter un coup. Un joint de bonne taille ferait l’affaire – et il réparerait la fêlure au moyen d’une soudure. Cela suffirait amplement. Mais, s’il échouait, il aurait perdu à la fois son temps et l’argent des pièces de rechange. Non, finit-il par décider, mieux valait dire à Andersen de se préparer à un enterrement.
Une brise chaude vint faire vibrer la fenêtre entrouverte. Barney décolla sa chemise humide de sa poitrine. Meggie McCorly, pensa-t-il distraitement tandis qu’un sourire naissait sur son visage ridé. Comme elle était belle quand elle rentrait de l’école chaque soir, vêtue d’une robe de coton toute simple dont le tissu tendu révélait de larges hanches et des seins plantureux. L’espace d’un instant, il fut envahi par un flot de souvenirs, si vivaces qu’il sentit l’écho du désir monter au creux de ses vieux reins. Il prit un mouchoir et s’essuya le front. Il savourait les senteurs printanières, le chaud parfum de la nuit, si semblables aux odeurs qui couraient dans les vergers et les champs du comté de Wexford.

Faërie, Raymond E. Feist, 1988.

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