Concours universitaire national de la bande dessinée, t. 5 : Peur

Concours universitaire national de la bande dessinée, t. 5 : Peur

Résumé :

Ce recueil réunit les planches primées et les 3 mentions spéciales décernées par le jury national de Paris le 5 octobre 2010.
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Édito de Christian Quentin, Directeur du CROUS de Besançon

La peur est le thème choisi cette année pour le concours national de la BD.
La peur est une émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d’un danger.
Elle peut aussi désigner l’appréhension liée à des situations déplaisantes ou à des animaux répugnants. On par le alors de phobie, mot issu du grec et désignant la peur : claustrophobie, agoraphobie… […]

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Mon avis :

Peur est un recueil de courtes bandes dessinées et regroupe six étudiants qui ont participé au Concours universitaire national de la bande dessinée. Le volume, découpé en deux parties, présente tout d’abord les trois planches primées, puis les trois mentions spéciales.
Le premier prix revient à Yeon Seung Lee avec son histoire La 1ère rencontre avec la peur. Dès la première planche, la peur est bien présente ; c’est celle d’une petite fille qui, pour la première fois, va dormir seule, sans ses parents. J’ai bien aimé le dessin et les couleurs, la mise en page, et j’ai apprécié l’histoire.
La deuxième BD, et donc le deuxième prix, est celle de Louis Granet et s’intitule sobrement La peur. Ici, on quitte le monde de l’enfance pour se retrouver projeté dans notre société et tout ce qui peut faire peur à autrui. Louis Granet démontre par l’absurde que tout le monde a peur de quelque chose. Par exemple, Francis Lalanne qui a peur de se retrouver en sandales (il porte toujours des bottes), Dark Vador qui espère ne jamais se retrouver dans un camp de nudistes, ou encore la rock star qui a peur de la foule. Malgré les dessins que je n’ai pas du tout aimé, la mise en page et l’incongruité des peurs m’a plu. Il y a juste quelques clichés (sur les roux, les Mexicains et les fajitas, les filles et le permis…) que je n’ai pas trouvé drôle et, même si Granet tient une bonne conclusion, elle me donne toutefois l’impression d’une provocation et d’une justification inutile.
Le troisième prix a été décerné à Julien Desailly pour Les jumelles Malaval. Deux sœurs, en randonnée dans le désert, ont été abandonnées par un troisième individu que l’on ne connaît pas, si ce n’est que c’est un homme et qu’elles semblent toutes les deux attirées par lui. Bien que les sœurs Malaval soient deux, on ressent une grande solitude dès le début du récit. Les couleurs sont sombres, ternes, faisant ressortir les protagonistes dessinées en ligne claire. Un court récit que j’ai bien aimé mais qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.
Désormais, nous passons aux mentions spéciales, en commençant par le meilleur espoir, et cette BD est aussi ma préférée de ce recueil. Il s’agit de Mama Lapuc de Camille André. Cette bande dessinée de quatre pages nous parle des préjugés que peuvent avoir les enfants. En l’occurrence, il s’agit ici d’une petite fille terrorisée par sa vieille voisine nommée Mama Lapuc. Cette dernière mange les enfants… Les dessins m’ont un peu fait penser au film Caroline, adaptation du roman de Neil Gaiman, notamment avec les grands yeux ronds, l’univers domestique qui devient ici effrayant…
Passons désormais à la mention spéciale de la mise en scène avec la BD de Mathieu Merlin : Deo Gratias. Prix mérité puisque la mise en page du récit est originale et réussie : la première planche part du sommet d’un haut building et la dernière achève la bande dessinée en se terminant sur le perron de l’immeuble. On y découvre la réaction de courtiers à l’annonce d’une importante crise financière. La satire est réussie, le peu de couleurs employé et les bulles utilisées mettent en avant l’absurdité des réactions… Bref, c’est caricatural mais plaisant et assez drôle à lire.
Enfin nous terminons avec la mention spéciale attribuée à Caroline Rageaud pour l’écriture de sa bande dessinée Un mal, des mots. La dessinatrice aborde ici la peur des mots ; elle est elle-même dyslexique. Mais dans sa BD, elle combat très bien cette peur avec des jeux de mots. Si les dessins ne m’ont pas enchantée plus que cela, la typo, la narration et l’histoire m’ont bien plu en revanche.

Peur est recueil diversifié ; des récits plairont plairont à certain.e.s, d’autres récits plairont à d’autres gens. J’ai apprécié l’ouvrage mais il ne me laissera pas un souvenir extraordinaire. Je crains d’avoir oublié la plupart des histoires d’ici la fin du mois.
A découvrir si vous en avez l’occasion, mais je ne pense pas qu’il faille remuer ciel et terre pour lire Peur.

Concours universitaire national de la bande dessinée, t. 5 : Peur, collectif • Centre régional des œuvres universitaires & scolaires de Besançon • 2010 • 31 pages • Genre : recueil, bande dessinée, peurs

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