Shining

Shining

Quatrième de couverture :

Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté…
L’hiver, l’hôtel est fermé.
Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien.
Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance : c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny.
Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus.
Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel?
Un récit envoûtant immortalisé à l’écran par Stanley Kubrick.

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Mon avis :

Shining n’est que le cinquième roman que je lis de cet auteur prolifique, toutefois je commence à reconnaître certains schémas, certains types de personnages (l’écrivain, qu’il ait du succès ou non, le lieu maudit, etc.), et ce qui me surprend, c’est la capacité de Stephen King à se renouveler. Aucun de ses romans ne paraît ressembler aux autres. Dans ce roman, qui date de 1977, nous découvrons la famille Torrance : il y a Jack, le père, ancien alcoolique, ancien professeur, mais également écrivain. Il a un lien très fort avec Danny, son fils de cinq ans, qu’il a eu avec sa belle femme, Wendy. Cette dernière est très protectrice d’autant plus que Danny est un enfant peu sociable, qui a un ami imaginaire et semble avoir un don pour retrouver certaines choses, pour comprendre certains sentiments d’adulte… Suite à quelques déboires, Jack a perdu son travail d’enseignant et devenir le gardien de l’hôtel Overlook est l’opportunité pour lui de repartir du bon pied ; il pourrait y terminer sa pièce et, pourquoi pas, entamer un nouveau roman. Seulement, quand la petite famille arrive enfin à l’Overlook, le chef des cuisines sent chez Danny un puissant pouvoir et le met en garde contre l’hôtel et certaines pièces en particulier. Dès lors, nous sommes témoins de faits inquiétants, parfois même terrifiants. Le problème de cet hôtel, et la raison pour laquelle il faut un gardien, c’est qu’il est très difficile d’y accéder – et d’en partir – une fois l’hiver présent. Un huis-clos suffoquant se joue sous nos yeux.
J’ai bien aimé Shining, c’est une bonne lecture que je ne peux que recommander. En effet, sans avoir besoin de mettre des tonnes d’hémoglobine comme c’est le cas dans l’adaptation cinématographique de Kubrick, Stephen King arrive à mettre en place un sentiment de malaise, et l’Overlook qui nous paraît tout d’abord intimidant devient vite effrayant. Pour autant, je dois l’admettre, je n’ai pas eu aussi peur qu’en lisant Misery (il faut dire que Annie Wilkes était non seulement terrifiante, mais aussi glaçante, et il n’y avait aucune touche de fantastique dans le roman). Aussi King arrive-t-il à créer des personnages qui ont du relief, qui sont humains car ils ne sont pas parfaits, même quand ils essaient de l’être. Et c’est ce qui les rend attachants alors que, par exemple, je n’ai pas apprécié Jack plus que ça mais je voulais le connaître et je voulais qu’il ne lui arrive rien – écrit par quelqu’un d’autre, je n’en aurais eu cure de ce qui pouvait lui arriver. Danny est un môme et j’ai peu d’attaches avec ce genre de personnages, et pourtant j’avais espoir que quelqu’un puisse le sauver de cet enfer. Wendy, parfaite femme au foyer des années 1970, aurait pu être fade et pourtant il y a eu un quelque chose et j’avais envie de lui apporter mon soutien, de lui dire : « Vas-y, n’hésite pas, fonce! », etc.

Shining est un classique qu’il faut lire. Vous avez vu le film ? Il a peu de rapport avec l’œuvre originale et, je ne suis pas fan de ce genre de discours mais je le dis quand même parce que c’est le cas ici : l’originale est mieux. Stephen King a réussi a joué avec l’angoisse et, surtout, a fait de l’hôtel un véritable protagoniste. Une réussite.

Shining, Stephen King • Titre VO : The Shining • Traduction : Joan Bernard • Le Livre de Poche • 1977 • 576 pages • 8,20€ • Genre : terreur, possession, fantômes • ISBN : 9782253151623

Ce livre participe au challenge Littérature de l’Imaginaire.

24 réflexions sur “Shining

    • Ma Lecturothèque dit :

      Nicholson est très bon, mais j’ai l’impression que dans le film, Jack, son personnage, est déjà un peu fou au début du récit, sentiment que je n’ai pas eu à la lecture du livre. C’est pour ça que, d’après moi, ce n’est pas une très bonne adaptation, en revanche c’est un bon film 🙂

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  1. L'ourse bibliophile dit :

    Shining a aussi été une claque ! Le portrait de l’hôtel est glaçant et j’ai beaucoup aimé la psychologie des personnages, notamment Jack qui s’enfonce progressivement. La façon dont il parle de l’alcoolisme m’a aussi touchée. Et comme tu dis, cette façon d’inspirer la peur sans des litres de sang est très réussi.
    Il faut vraiment que je relise Misery, mon premier livre de l’auteur, que j’avais aimé, mais Cujo m’avait ensuite bien refroidie…

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    • Ma Lecturothèque dit :

      C’est vrai que sa façon de parler des addictions, que ce soit l’alcool dans « Shining », les médicaments dans « Misery », est vraiment bien. Difficile de ne pas comprendre les personnages, de ne pas se mettre à leur place…
      Je n’ai pas encore lu « Cujo ». Tu n’avais pas aimé ?

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      • L'ourse bibliophile dit :

        Il faut vraiment que je relise Misery, je ne m’en souviens pas… Mais c’est exactement ça. On ne peut pas condamner Torrance en bloc dans le roman !
        Pour Cujo, non ! Je me souviens juste que je m’étais ennuyée tout du long, j’avais l’impression de tourner en rond (« on essaie de sortir de la voiture, merde le chien est là… on attends… on essaie de sortir, mince, non… ») Mes souvenirs sont peut-être faussés, mais ça a été laborieux. (A cette époque je me forçais à finir les livres quoi qu’il advienne…) Peut-être qu’il mériterait une seconde chance un jour…

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  2. Xander dit :

    Content de voir que tu as aimé ! C’est mon livre de King favori 😍
    Par contre, j’ai jamais aimé le film, trop de libertés à mon goût. Mais il y a un téléfilm qui dure 3h et qui est très fidèle 😉

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  3. pepparshoes dit :

    Je suis d’accord avec toi, l’original est bien mieux 🙂 Comme j’ai lu le roman plusieurs fois (c’était mon roman frisson préféré quand j’étais ado), j’ai eu un choc quand j’ai vu le film, que je déteste du coup xD King lui-même n’a tellement pas aimé qu’il a créé une mini-série ! Et elle est sympa, même si elle a mal vieilli, mais elle est fidèle 🙂

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  4. Coraline Joy dit :

    Je l’ai lu cet automne et j’ai teeeeeellement aimé ! Je n’ai pas encore vu le film, mais c’est en projet. J’appréhende un peu, quand même, mais j’ai envie de le voir, histoire de pouvoir comparer les deux.
    En tout cas, ça me conforte dans mon amour de l’écriture de Stephen King !

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