Le corps

Le Corps

Quatrième de couverture :

J’allais sur mes treize ans quand j’ai vu un mort pour la première fois. Parfois, il me semble que ce n’est pas si lointain. Surtout les nuits où je me réveille de ce rêve où la grêle tombe dans ses yeux ouverts. Été 1962, quatre adolescents un peu fous s’élancent le long de la voie ferrée, à la recherche d’aventure, de frisson… de danger ? Texte fondateur de l’univers de King, Le Corps est un roman d’initiation autant qu’un roman d’épouvante. Porté à l’écran avec le mythique Stand by me, Le Corps est aujourd’hui un immense classique de l’œuvre du maître de l’horreur.

Mon avis :

Le corps est l’une des très nombreuses histoires écrites par Stephen King. Ici, elle prend place dans les années 1960 et les héros sont quatre adolescents : Gordon, Chris, Teddy et Verno. Un gamin de leur âge a disparu et son corps aurait été trouvé à une trentaine de kilomètres. Comme il n’a pas encore été signalé aux autorités, le groupe de jeunes décide d’aller voir par eux-mêmes et, peut-être, devenir des héros en annonçant qu’ils ont retrouvé le disparu.
Tout le récit est raconté par un Gordon plus âgé et qui a désormais une trentaine d’années. Si j’aime ce genre de procédé narratif, c’est un fait que cela gâche quelques éléments de surprise. Pourtant, Stephen King arrive malgré tout à nous surprendre : par-ci, par-là, il distille des conclusions à des événements plus ou moins importants et on se demande alors quels ont été les chemins pour y arriver.
Nos quatre jeunes héros sont sympathiques, notamment Chris qui m’a beaucoup plu. S’ils ont tous un côté loser, cela est, hélas, bien souvent à imputer à leur milieu familial. En effet, on retrouve le gamin battu par son père alcoolique, un autre dont le père a complètement pété un câble après avoir fait la guerre, etc. C’est une critique à peine voilée de la société ; sous couvert de la fiction, l’écrivain nous rappel que nous n’avons pas tous et toutes les mêmes chances quant à l’avenir, notamment en fonction du milieu d’où l’on vient. C’est très bien écrit dans le roman, je vous laisse le découvrir.
Mais Le corps, ce n’est pas que ces quatre amis et leurs problèmes familiaux. S’ils partent bien à la recherche du fameux corps, si c’est bien là la finalité de leur aventure, on constate que le roman va bien au-delà de ça. En effet, il s’agit d’un véritable parcours initiatique durant lequel leur amitié va être mise à l’épreuve, au cours duquel ils vont devoir faire face au danger et à la peur. Chacun à leur façon, ils vont grandir et on l’observe clairement tout au long du roman. Par ailleurs, comme Gordon glisse en plus de son récit deux nouvelles qu’il aurait écrites, je n’ai pu m’empêcher de me questionner sur la part autobiographique que King aurait mis dans Le corps. Si je n’ai pas de réponse à donner à ce sujet, j’ai toutefois eu la confirmation sur internet que le célèbre écrivain a bel et bien distillé dans le roman quelques moments de sa vie. Peut-être est-ce ce vécu qui donne tant de relief aux protagonistes, en plus du talent de narration évident de King.
Toutefois, une chose m’a dérangée dans ce récit si plaisant à découvrir : l’homophobie ordinaire que l’on retrouve partout dans le livre. Alors oui, il a été publié en 1982 et l’histoire se déroule dans les années 1960 ; j’ai pris soin de me mettre tout cela en tête, de prendre du recul mais rien à faire, je n’ai pas réussi à passer outre – pas assez, en tout cas, pour apprécier pleinement Le corps.

Ce roman est une découverte prenante au cours de laquelle on ne peut que s’attacher aux héros mais les insultes homophobes qui garnissent tout le roman ont refroidi mon enthousiasme.

Le corps, Stephen King • Titre VO : The Body Traduction : Pierre Alien • Albin Michel • 1982 • 320 pages • 13,90€ • Genre : adolescence, amitié, aventure • ISBN : 9782226445360

Ce livre participe au Pumpkin Autumn Challenge.

14 réflexions sur “Le corps

  1. Babitty Lapina dit :

    Albin michel c’est fait plaisir, normalement c’est un recueil de nouvelles et là les nouvelles sont sorties chacune dans un titre à part x) Elle appartient au recueil différentes saisons !

    Je te rejoins sur le fait que parfois, même si on sait que le récit appartient à une autre époque, on ne peut s’empêcher d’avoir un blocage sur certains éléments !

    Aimé par 1 personne

  2. LadyButterfly dit :

    C’est la novella qui est à l’origine de « Stand by me », ça !
    J’ai lu ça il y a fort longtemps, dans « Différentes saisons » (dont je ne garde pas un super souvenir, d’ailleurs). Si le film était plutôt bien fichu, je ne me souviens pas très bien de la novella, du coup et/ou de l’homophobie, sans doute parce que ma lecture date de trop longtemps (à la sortie de « Différentes saisons », ou du la sortie du film – donc des années 80). Mais je pense que ça doit être lié au fait que l’action se déroule dans les années 60 et que l’époque n’était pas spécialement cool – (cet euphémisme…)
    Je ne pense pas qu’une notice soit forcément souhaitable (pour les éventuels lecteurs ados) : 1) déjà, parce tous les ados ne vont pas forcément être choqués par des propos à caractère homophobe (et non, malheureusement, pas tous, il y a encore beaucoup de taf) – et 2) c’est assez important pour chacun de savoir replacer les choses dans leur contexte, même si ça fait mal – sans avoir un mode d’emploi. Important aussi pour un ado de faire sa propre expérience ; c’est ça qui fait grandir… (sans avoir le « attention ! « )

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    • Ma Lecturothèque dit :

      Je suis en partie d’accord et donc en partie pas d’accord. Le problème est que le nombre de personnes homosexuelles qui se suicident augmente et, malheureusement, c’est pas un bouquin dont les héros passent leur temps à s’insulter de pédés et autres joyeusetés pour rabaisser les autres qui va aider les personnes concernées à se sentir bien. Alors en effet, il y en a qui passent facilement outre mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Une notice, ce ne serait pas forcément « C’est mal » mais justement rappeler le contexte et réaffirmer une position contre l’homophobie.

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