Dracula

Dracula

Résumé de l’éditeur français :

Répondant à l’invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre, à son arrivée dans les Carpates, un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, Jonathan éprouve une angoisse grandissante : Dracula ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…

Mon avis :

Dracula est certainement le vampire le plus célèbre au monde tant le roman est connu, tant il a été adapté si souvent au cinéma, dans des séries télévisées ou encore au théâtre. Si j’aime les histoires de ces suceurs de sang, j’avoue que, jusqu’à l’an dernier, je n’avais lu aucun classique de la littérature vampirique. J’ai commencé par Carmilla de Sheridan Le Fanu (dont je garde un très bon souvenir) qui était sorti en 1872. Quinze ans plus tard paraît Dracula de Bram Stoker. C’est l’histoire de Jonathan (John) Harker qui part en Roumanie afin de faire affaire avec le comte Dracula, un homme riche qui souhaite acheter une maison en Angleterre. Au fil des semaines passées là-bas, Harker se sent de plus en plus mal à l’aise, il constate des faits très étranges et devient de plus en plus méfiants vis-à-vis du comte qui se montre pourtant accueillant.
Les premières choses à noter dans ce livre, c’est que l’histoire prend son temps et que l’on retrouve les éléments-clés du roman gothique, tels que les tempêtes, les châteaux et les cimetières, etc. Pour moi, ce sont deux points importants car, si vous voulez lire une histoire pleine de rythme, passez votre chemin, de même si vous voulez un récit moderne (il l’était probablement à l’époque mais, aujourd’hui, on ne peut que remarquer un charme certain mais tout à fait désuet). Toutefois, nous allons revenir sur cela plus tard. En effet, il y a une autre chose qui frappe quand on n’a jamais ouvert Dracula de Stoker : le récit se fait à la première personne, sous forme de journaux intimes, d’échanges de lettres et de télégrammes, etc. Si je ne m’y attendais pas, j’ai toutefois été agréablement surprise car cela donne une dimension de réel à l’œuvre, comme s’il s’agissait de véritables témoignages. Car il me faut vous le préciser : au début, seul John Harker narre le récit mais, petit à petit, d’autres protagonistes ajoutent leurs observations qui se rejoignent au fil des pages : il y a clairement quelque chose de pas net qui se passe. Je rebondis d’ailleurs là-dessus pour vous parler de quelque chose qui m’a particulièrement plu : Dracula et ses faits et gestes ne sont jamais directement présentés aux lecteurs et lectrices, il s’agit toujours des autres protagonistes qui racontent ce qu’ils et elles ont vu ou vécu. Ainsi le comte n’est-il perçu que par le biais des autres personnages, l’entourant ainsi d’une aura encore plus mystérieuse et puissante, bien qu’un certain Docteur apporte beaucoup d’éclaircissements sur les vampires…
Revenons-en désormais au rythme du roman. L’auteur prend son temps pour amener les choses et il y a parfois quelques redondances (je pense notamment au passage des transfusions, qui m’a par ailleurs amusée car, de nos jours, personne ne ferait une telle opération comme pratiquée dans le roman!). Donc je comprends totalement les personnes qui trouvent que Dracula puisse être long. Cela dit, j’ai bien aimé puisque, comme je le disais plus haut, on perçoit les choses par le prisme des personnages et je trouve que cela nous rapproche d’eux et rend les choses plus réelles. Mais si vous avez peur de cela, il me semble qu’il existe des versions abrégées du roman et elles vous satisferons peut-être plus que l’originale, à vous de voir.
Abordons maintenant un autre sujet : la place de la femme. Eh oui, c’est un roman du XIXe siècle écrit par un homme. Autant vous dire que les femmes ne seront donc jamais de grandes héroïnes dans Dracula. Lucy est d’ailleurs typiquement le genre de personnage féminin plein de langueur, très passif… Mais il y a surtout Mina Harker, celle que je retiens le plus dans ce roman ; bien que soit une femme, elle se montre remarquablement ingénieuse et douée pour la dactylographie ; si, pour nous, cela n’a rien de surprenant, elle ne cesse, dans le roman et probablement à l’époque, de surprendre d’une façon très positive. Et en plus d’être intelligente, elle est également courageuse ! Et puis les gommes, dans le récit de Bram Stoker, ne manquent pas de réactions grandiloquentes – s’ils avaient été des femmes, on les aurait dit hystériques – et parfois pleine de sentimentalisme, ce qui m’a amusée, je l’avoue. Cela tient surtout au fait que, de nos jours, que ce soit pour les hommes ou les femmes, les réactions ne sont plus ainsi décrites et cela rajoute une nouvelle couche de charme désuet à Dracula.

Je termine par un point sur mon expérience de lecture. J’ai lu Dracula en anglais ; a priori, cela ne me pose pas de problème puisque je comprends bien la langue et qu’il m’arrive déjà de lire des livres en anglais. Toutefois, il m’a fallu un temps d’adaptation car, oui, c’est de l’anglais, mais du vieil anglais ! Et comme le récit est assez dense, j’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman ce qui avait un côté assez frustrant, je dois bien l’admettre.
Enfin, mon édition est une édition un peu particulière car il y a tout plein de « bonus » tels qu’un avant-propos, une chronologie, des appendices, etc. J’ai donc appris qu’il y avait deux versions de Dracula, celle que j’ai lu étant la toute première, l’originale. Peu de temps après, Bram Stoker a ajouté quelques chapitres mais gardons en tête l’essentiel : c’est la même histoire. Ne vous étonnez juste pas, si vous avez deux éditions, qu’elles ne commencent pas de la même façon.

J’ai abordé plusieurs points et, pourtant, j’ai l’impression de ne pas avoir dit le plus important : j’ai bien aimé cette lecture et elle m’est chère d’autant plus que j’ai eu l’occasion, il y a quelques temps, de visiter la Roumanie et de voyager sur les pas de Harker et du comte. Toutefois, Dracula n’est pas un roman que je relirai régulièrement car, même si cette lecture m’a été plaisante, même si j’ai aimé prendre le temps de voir la toile de l’araignée se tisser, il n’en reste pas moins que c’est une œuvre très dense et qui ne se savoure que très occasionnellement, à mon sens. A lire, donc, mais avec modération afin de profiter pleinement de chaque ligne.

Dracula, Bram Stoker • Titre VO : Dracula Penguin Books • 1897 (2011 pour mon édition) • 512 pages • Genre : fantastique, vampire, littérature gothique • ISBN : 9780141196886
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Ce livre participe au challenge Littérature de l’Imaginaire.
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Ce livre participe au Pumpkin Autumn Challenge.

12 réflexions sur “Dracula

  1. plumesdelune dit :

    Chronique fort intéressante, j’étais passée dans les carpates pendant mon voyage en roumanie moi aussi et depuis (bon ça fait au moins un siècle), j’avais bien envie de tenter Dracula. Je crois en plus qu’on l’a quelque part dans la bibliothèque familiale et ton avis me donne bien envie !
    Kin

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  2. Melasc dit :

    Cela fait assez longtemps que je n’ose pas me lancer dans la lecture de Dracula, tout en étant super curieuse du roman. C’est une jolie chronique, en effet très intéressante, je ne savais même pas que c’était un roman épistolaire ! Hâte de me plonger dans tout ça ^^

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  3. Ada dit :

    Oh, les grands esprits se rencontrent ! Je l’ai lu ce mois-ci aussi et j’ai adoré ! Je n’ai pas eu le temps d’en faire une chronique malheureusement (alors que ça a été un coup de coeur pour moi) mais tu as tout dit ! Très bonne chronique, vraiment !

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    • Ma Lecturothèque dit :

      Merci beaucoup ♥ N’hésite pas à repasser pour donner le lien de ta chronique quand tu l’auras publiée (si tu as la foi). En attendant, j’ai lu ton petit retour dans ton bilan de novembre et du coup je me demande de quel passage tu parles dont tu n’as pas vu l’intérêt 😉

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