La ferme des animaux

La ferme des animaux

Quatrième de couverture :

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
« Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
« Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

.
Mon avis :

Bon, déjà, pour commencer, j’ai beaucoup aimé la plume et la traduction. Autant vous dire que, lorsque l’on débute un livre et que l’on accroche déjà à l’écriture, ça commence bien. Mais il est vrai que, dans ce roman, l’écriture n’est pas vraiment comparable avec ce que j’ai l’habitude de lire car c’est là un mélange à la fois fluide, désuet et moderne. Étrange mélange que voici pour l’écriture, très atypique… Mais, comme je vous l’ai dit, c’est une écriture que j’ai aimé.
Que raconte donc La ferme des animaux de George Orwell ? C’est que c’est une sorte de fable dystopique : « sorte de fable » car l’on y suit de façon presque naïve (en apparence seulement) des animaux qui parlent et qui peuvent côtoyer les humains ; « dystopique » car c’est un monde (ici, se cloisonnant à une ferme) qui se veut utopique et en devient tout le contraire (donc dystopique). Quant à l’histoire en elle-même, c’est celle d’une ferme où, lors d’un regroupement des animaux, Sage l’Ancien, un cochon, affirme avoir fait un rêve : ils n’ont pas besoin des humains pour vivre, c’est d’ailleurs eux qui fournissent déjà le plus de travail ; ils sont exploités, or ils pourraient vivre entre eux et en toute équité, sans les hommes. Un soir, alors que le fermier rentre complètement alcoolisé, les animaux passent à l’action. Et c’est donc cela que nous suivons : comment ils expulsent les humains de la ferme et comment ils la font fonctionner. Mais, sûrement vous en doutez-vous avec ce que j’ai dit plus haut, tout ne va pas se passer aussi bien que ce que Sage l’Ancien a prophétisé…
Ce roman est une véritable satire du communisme. Pensez donc : La ferme des animaux est sorti en librairie en août 1945 ! Pour sûr qu’Orwell avait un avis sur le sujet ! On y retrouve une révolution, une éviction, de la paranoïa… Ce qui est drôle (non, en fait, pas du tout), c’est que cela peut s’appliquer également à de nombreuses dictatures – même actuelles ; elle en reprend la révolte du peuple, la prise de pouvoir d’un petit groupe d’hommes d’animaux, etc. C’est vraiment semblable avec l’Histoire telle que nous la connaissons, il y a clairement un parallèle à faire lors de la lecture. Ou bien on peut aussi apprécier le roman pour ce qu’il est : une histoire d’animaux qui se révoltent contre les hommes qui les exploitent. Comme chaque récit, on peut y lire un sous-texte ou profiter de ce qui nous est raconté sans se poser de question. Quoiqu’il en soit, La ferme des animaux émeut, le roman ne laisse nullement insensible, et n’est-ce pas là ce qu’on lui demande avant tout ?

La ferme des animaux est un classique du genre qui, au prétexte d’un récit proche de la fable, dénonce les travers de mouvements utopiques – qui ne le sont que de prime abord, visiblement…  En un mot comme en cent : lisez ce roman.

La ferme des animaux, George Orwell • Titre VO : Animal Farm Traduction : Jean Queval Folio • 1981 (1945 en VO) • 160 pages • 6,90€ • Genre : dystopie, ferme, animaux • ISBN : 9782070375165

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

13 réflexions sur “La ferme des animaux

      • Adlyn dit :

        C’est surtout la technicité de l’univers qui m’a donné cette impression. La Ferme des Animaux, on a presque l’impression de lire une fable pour enfants. C’est facile à lire de prime abord, puis derrière on peut faire le lien socio-politico-historique. Même si on n’a pas toutes les références, on comprend l’idée globale. 1984 nous embarque directement dans un monde complexe, des règles sociales à comprendre, avec plein de néologismes à intégrer rapidement et il m’a donc été plus difficile de rentrer dedans.
        En gros : je pourrais faire lire La Ferme des animaux à un enfant (il n’aurait pas toutes les clefs pour saisir le message mais comprendrait l’histoire et quelques idées globales) mais ne lui ferait pas lire 1984 auquel, je pense, il ne comprendrait pas grande chose. Ça ne veut pas dire que 1984 n’est pas un bon roman et/ou que je ne l’ai pas aimé ni ne le recommande ! Juste qu’il faut y aller avec plus d’aplomb, je dirais^^

        Aimé par 1 personne

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