Mes vrais enfants

Mes vrais enfants

Quatrième de couverture :

Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès ? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses deux vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.
Souvent comparé au Choix de Sophie de William Styron, Mes vrais enfants est considéré comme le chef-d’œuvre de Jo Walton.

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Mon avis :

J’ai découvert Jo Walton avec son roman Morwenna qui m’avait fait forte impression – je l’avais beaucoup aimé. Quelques mois ont passé et j’ai décidé de me lancer dans un autre de ses romans, mais lequel choisir entre Mes vrais enfants et Pierre-de-vie ? Mon intuition (je n’ai même pas lu les résumés) m’a poussée vers Mes vrais enfants ; c’est une lecture qui s’est avérée correspondre parfaitement à mon envie alors que je n’avais pas d’idée sur ce que je voulais lire – voyez le paradoxe ! Il faut dire que ce roman coche toutes les cases d’un bon livre, et je crois que j’avais besoin d’une lecture qui me raconte juste l’histoire d’une vie. D’une vie ? Eh bien non !
Dans Mes vrais enfants, Patricia, l’héroïne, est une vieille dame fort confuse. Elle se souvient d’avoir vécu deux vies différentes, une où elle était oppressée et seule bien que mariée, l’autre où, au contraire, elle était très heureuse, en couple avec une femme et vivant très entourée. Ces deux vécus lui ont apporté des enfants, mais lesquels sont les vrais, celles et ceux qui ont réellement existé ? Ajoutez à cela une touche d’uchronie et vous obtenez Mes vrais enfants.
Ce roman m’a permis de retrouver la plume de Jo Walton que j’aime tant ; c’est une plume riche, qui sait être sobre quand il le faut, qui sait se faire belle à d’autres moments, et qui sait aussi nous émouvoir. Et pour nous émouvoir, il faut également de bons personnages. C’est clairement le cas avec Patricia qui nous raconte son histoire ; c’est une femme complexe, très attachante, qu’importe les moments de ses vies, qu’elle soit Pat ou Trish, deux diminutifs du prénom Patricia. Il est tout bonnement impossible de ne pas s’émouvoir en découvrant ses récits. Puis il y a ses enfants ; qu’importe desquels il s’agit, on s’attache également à eux – parfois plus à certain·es qu’à d’autres, ce qui est normal, mais quoiqu’il en soit, on n’y reste pas insensible.
Depuis tout à l’heure, je ne cesse de vous dire que l’on nous narre deux histoires. Cela m’amène à vous parler de la forme du roman ; si nous avons deux chapitres, ouvrant et concluant l’ouvrage, qui sont centrés sur Patricia en tant que vieille dame assez confuse, le reste de l’ouvrage alterne entre la vie de Trish et celle de Pat, dans l’ordre chronologique. Et si ce sont deux histoires bien différentes l’une de l’autre, on ne peut s’empêcher de constater qu’il y a parfois des concordances (des événements ou des personnages apparaissant dans les deux récits), comme si les vies de notre héroïne se chevauchaient parfois. Notons toutefois que ces éléments n’ont jamais la même importance ni le même impact dans une vie ou l’autre. On a beau naviguer entre deux récits, on ne les confonds pas ; j’ai bien cru que ça allait m’arriver, que j’allais mélanger les deux histoires que nous raconte Patricia et, à dire vrai, ça a faillit m’arriver plus d’une fois, mais cela m’a encore plus rapprocher de la vieille femme, elle même confuse mais qui, finalement, se rappelle toujours très bien qu’est-ce qui correspond à laquelle de ses vies.
Enfin, les geeks (dont je fais partie) apprécieront les quelques références disséminées au fil de Mes vrais enfants, tantôt littéraires, mathématiques… C’est toujours plaisant de voir qu’un auteur ou, en l’occurrence, une autrice a les mêmes références que nous.

Je n’ai pas lu assez de romans de cette autrice donc je ne sais pas si ce qui est dit sur la quatrième de couverture est vrai (« le chef-d’œuvre de Jo Walton ») mais, quoiqu’il en soit, c’est un superbe roman qui m’a beaucoup émue ; je vous en conseille vivement la lecture.

Mes vrais enfants, Jo Walton • Titre VO : My Real Children  Traduction : Florence Dolisi Folio SF • 2019 (2014 pour la VO) • 426 pages • 8,50€ • Genre : famille, uchronie • ISBN : 9782072838156

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

15 réflexions sur “Mes vrais enfants

    • Ma Lecturothèque dit :

      Eh bien, honnêtement, je ne sais pas si l’un de ces vécus est faux, totalement fantasmé, ou si les deux ont existé. C’est aussi cela que j’aime avec la fin de ce roman, c’est à nous de décider ce que l’on veut croire – après tout, c’est une vieille dame sénile qui nous raconte tout cela 😉

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  1. tampopo24 dit :

    Je l’ai aussi découverte avec Morwenna qui m’avait frappée. J’ai acheté plusieurs de ses titres depuis qui trainent dans ma PAL. Je sens que je vais commencer par celui-ci dès que je pourrai le retrouver après le confinement ^^
    Merci pour cette belle chronique 🙂

    Aimé par 1 personne

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