Chroniques martiennes

Chroniques martiennes

Quatrième de couverture :

« »J’ai toujours voulu voir un Martien, dit Michael. Où ils sont, p’pa ? Tu avais promis.
– Les voilà », dit papa. Il hissa Michael sur son épaule et pointa un doigt vers le bas.
Les Martiens étaient là. Timothy se mit à frissonner.
Les Martiens étaient là – dans le canal – réfléchis dans l’eau. Timothy, Michael, Robert, papa et maman.
Les Martiens leur retournèrent leurs regards durant un long, long moment de silence dans les rides de l’eau…»

.
Mon avis :

Chroniques martiennes regroupent plusieurs nouvelles qui forment un ensemble cohérent, nous présentant l’arrivée des Terriens sur la planète Mars, de 2030 à 2057.
Le début de ce livre m’a semblé très étrange, commençant par quelque chose de beau, d’étrange et de dramatique avant de virer à l’absurde puis au cauchemar. Cela peut paraître bizarre, et ça l’est, pourtant c’est accrocheur et on finit par y trouver comme une harmonie ; on se laisse embarquer pour Mars et sa colonisation. Sauf que la planète est déjà peuplée d’individus pensants, intelligents.
C’est marrant parce que la quatrième de couverture ne me parlait pas, je ne savais pas ce que ça allait raconter, si ce n’est qu’il devait y avoir des humains et des Martiens. Et en fait, c’est bien plus que cela.
Bradbury a écrit les Chroniques martiennes après la Seconde Guerre mondiale et, à cet époque, on pensait encore qu’il y avait de l’eau sous forme liquide sur la planète rouge, qu’il y avait probablement des formes de vies similaires à celles sur Terre et donc la possibilité d’y aller et de s’y installer. A cet époque également, il y avait la menace des bombes nucléaires, ce dernier point servant d’ailleurs de prétexte pour motiver les Terriens du roman à aller sur Mars. Et l’air de rien, l’écrivain évoque la colonisation des Amériques et l’appropriation des terres ; l’air de rien, il parle des guerres, présentes en fond mais retranscrivant la peur de l’époque. Et on la ressent, cette peur, elle s’ancre en nous au fil des pages. Enfin, l’air de rien, il nous parle de la stupidité humaine (franchement, on ne peut pas appeler ça autrement).
A chaque chapitre, nous suivons un personnage différent, mais il arrive que l’on en recroise quelques-uns. L’une des choses qui m’a marquée, en tant que lectrice et découvrant l’œuvre en 2020, c’est que les femmes sont pratiquement inexistantes dans le récit. Vraiment inexsitante. Alors oui, parfois, il y a une compagne, mais dans ce futur imaginé par Bradbury, où l’on découvre Mars et son ciel bleu, ses forêts, Mars et ses indigènes, la Terre en pleine guerre nucléaire, chacun pouvant aisément embarquer à bord d’une fusée, etc., dans cet avenir,il n’y a pas une seule soldate, pas une seule femme scientifique, ou que sais-je encore. Que des épouses ou des mères. Mais cela ne m’a nullement empêché d’apprécier le livre puisqu’il est aisé de remettre les choses dans le contexte de l’époque, et que ce futur du passé est improbable (très bon exemple avec la représentation faite de Mars).
Avec tout ces hommes que l’on suit, parfois des antagonistes, on aurait pu penser qu’il est difficile de s’attacher à eux. Pourtant, si c’est effectivement le cas pour certains, on a en revanche de la compassion pour d’autres, on tient à eux, ou l’on comprend leurs choix et on les y encourage ou on les soutient. De plus, l’écriture est belle, réussissant incroyablement à apporter quelque touche de poésie et de beauté dans des événements parfois dramatiques et, on ne va pas se le cacher, une bonne écriture, ça aide aussi à apprécier les personnages pour ce qu’ils sont, comme ça aide à appréhender ce qui leur arrive. Ainsi, l’un des protagoniste que j’ai préféré est… une maison. Oui, oui, vous avez bien lu. Mais je n’en dirais pas plus, je préfère vous laisser le plaisir de la découverte.

Chroniques martiennes, si ce n’est pas un récit qui me restera indéfiniment en tête, est un livre vraiment marquant de part son histoire et sa forme. Ce roman se lit avec plaisir et il ne fait aucun doute que je le redécouvrirai volontiers dans quelques années.
Pour les personnes qui aiment la (vieille) science-fiction, qui aiment découvrir comment nos ancêtres pas si lointain imaginaient notre futur désormais proche, pour les personnes avides d’aventures spatiales, Chroniques martiennes est pour vous, c’est un incontournable ! En tout cas, moi, je vous recommande chaudement ce bouquin et je vous en souhaite une belle découverte.

Chroniques martiennes, Ray Bradbury • Titre VO : The Martian Chronicles Traduction : Jacques Chambon et Henri Robillot Folio SF • 1997 (1946-1958 pour la VO) • 318 pages • 7,50€ • Genre : science-fiction, nouvelles • ISBN : 9782070417742

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

9 réflexions sur “Chroniques martiennes

  1. Adlyn dit :

    J’étais assez sceptique en commençant ce recueil, le résumé ne me parlait pas non plus des masses et seule la réputation de l’auteur me donnait envie de lui laisser une chance. Mais effectivement, les chapitres s’enchaînent et on accroche sans même s’en rendre compte ! Sans être inoubliable, j’en garde aussi un très bon souvenir^^

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      Merci pour ton retour =)
      C’est vrai que Bradbury a une sacrée réputation, notamment pour son roman « Fahrenheit 451 » – que je n’ai pas encore lu mais il est tellement connu que j’ai facilement repéré la référence à ce roman dans « Chroniques martiennes » (et du coup, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je le lise) ^^
      Tu as lu d’autres livres de cet écrivain ?

      Aimé par 2 personnes

      • Adlyn dit :

        Faire Fahrenheit 451 uniquement, mais je l’ai adoré ! Beaucoup ont du mal avec son style un peu daté mais si tu as accroché aux Chroniques, ça ne devrait pas te poser de problèmes ^^ J’aimerais bien lire L’Homme illustré et L’Arbre d’Halloween aussi, mais ils s’inscrivent sur une longue liste d’envies !

        Aimé par 1 personne

        • Ma Lecturothèque dit :

          Ah L’arbre d’Halloween est aussi dans ma très longue liste d’envies ! Je ne connais pas L’homme illustré, le titre ne me parle pas des masses – mais allez, je vais quand même lire le résumé 😁
          En effet, j’ai bien aimé son écriture et sa vision du futur !

          Aimé par 1 personne

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