Le jardin arc-en-ciel

Le jardin arc-en-ciel

Quatrième de couverture :

Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre. Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.
Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.
On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

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Mon avis :

J’avais beaucoup aimé La papeterie Tsubaki d’Ito Ogawa ; c’était le premier livre de cette autrice que je lisais. De fait, j’avais très envie de découvrir d’autres de ses romans mais je ne savais pas trop par lequel poursuivre et on me parlait très souvent du Restaurant de l’amour retrouvé. Sauf qu’il semble s’agir de son meilleur roman, alors je me suis dit « autant lire les ‘moins bons’ avant », et surtout Le jardin arc-en-ciel promettait une histoire d’amour lesbienne, ce qui a fait penché la balance en faveur de ce livre.
Alors oui, les héroïnes sont ensemble et j’ai apprécié d’avoir une lecture avec un couple lesbien, mais Le jardin arc-en-ciel est avant tout une histoire de famille, à savoir celle que se créent Izumi et Chiyoko lorsqu’elles déménagent au beau milieu de nul part, accompagnées du jeune fils d’Izumi. Afin d’être unie sous un même nom, la famille se nomme Takashima. Pendant plusieurs dizaines d’années, on va suivre les Takashima avec les projets des unes et des autres, leurs souhaits, leur quotidien… Et, afin d’être au plus proche de cette famille atypique, la narration se fait à la première personne. Le roman est découpé en plusieurs grandes parties, une pour chaque membre de la famille, et c’est l’occasion pour chacun·e d’avoir son temps de parole, de revenir parfois sur certains événements et ainsi les présenter d’un point de vue différent, tout en faisant avancer le récit avec, occasionnellement, des bonds dans le temps de quelques années.
J’allais résumer tout cela en disant que c’était finalement une histoire familiale somme toute banale sauf que non puisque qu’il est question d’une famille homoparentale et, de facto, c’est tout sauf banal (cela dit, j’espère vraiment que cela deviendra bientôt une chose commune dans toutes les sociétés du monde *je suis un Bisounours*). Quoiqu’il en soit, banal ou non, ce récit est servi avec des personnages attachants, parfois même poignants. Si j’ai aimé Chiyoko et Sosûke, c’est surtout, pour moi, Izumi qui a fait mouche, notamment avec ses failles – elle m’a semblé si humaine, si réelle ! Et pour tout vous avouer, c’est le fils qui finit par me décevoir – si l’on peut vraiment parler de déception car j’ai bien aimé son évolution, c’est là aussi un personnage qui m’a plu, même si ce n’est pas mon préféré. D’ailleurs, que ce soit Izumi, Chiyoko, Sosûke…, toustes évoluent au fil des ans mais chacun·e garde son essence et c’est vraiment ce qui les a rendu·es, à mes yeux, à la fois sincères et réalistes.
Quant à la plume de d’Ogawa, je ne peux que constater de nouveau toute la tendresse et l’amour qu’elle met dans son écriture ; elle aime ses héroïnes et ses héros, elle aime nous raconter leurs histoires et ça se sent. Le résultat en est un texte qui nous berce, qui nous apporte du réconfort malgré les aléas de la vie. On pourrait comparer ce roman à un plaid : doux, moelleux, chaud et réconfortant mais, s’il nous glisse des épaules, on frissonne – heureusement, le plaid est toujours là et nous n’avons qu’à nous y blottir de nouveau. C’est exactement ça avec Le jardin arc-en-ciel : c’est une bonne lecture qui, en quelques rares occasions, nous refroidit le cœur avant de vite nous réconforter.

Le jardin arc-en-ciel se révère être un roman à la fois doux et dur, nous offrant un ensemble tendre et très émouvant. Il ne vous plaira pas si vous êtes à la recherche de secrets de famille, de trahison, d’action…, c’est certain. Mais si vous cherchez un foyer chaleureux, nul doute que Le jardin arc-en-ciel saura vous satisfaire et vous bouleverser.

Le jardin arc-en-ciel, Ito Ogawa • Titre VO : Nijiro garden Traduction : Myriam Dartois-Ako Editions Picquier • 2014 • 358 pages • 8,50€ • Genre : famille homoparentale, Japon, maison d’hôtes • ISBN : 9782809713596

8 réflexions sur “Le jardin arc-en-ciel

  1. Les Mots de Mahault dit :

    Le restaurant de l’amour retrouvé m’avait laissé exactement la même impression : il s’y passe des choses vraiment dures (et elles sont toujours révélées/dites d’une manière qui accentue encore plus ça) et pourtant le côté réconfortant prédomine, et on garde surtout à l’issue de la lecture l’énorme tendresse qui s’en dégage.

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      Il paraît que « Le restaurant de l’amour retrouvé » est son meilleur roman mais je ne doute pas que celui-ci saura également de plaire (et pourquoi pas « La papeterie Tsubaki »?), elle a vraiment un talent pour nous raconter des histoires ☺

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