Combien de pas jusqu’à la lune

Combien de pas jusqu’à la lune

Quatrième de couverture :

L’Amérique où grandit Katherine Johnson n’est pas tendre envers les femmes noires. Mais la fillette aime compter, tout compter, et rêve de devenir mathématicienne. Alors, elle brave un à un les préjugés et les obstacles… jusqu’à intégrer la NASA. En 1962, l’astronaute John Glenn refuse de décoller avant qu’elle ait vérifié en personne les calculs des ordinateurs. Et en 1969, c’est elle qui détermine les trajectoires de la mission Apollo 11, au cours de laquelle Neil Armstrong marchera sur la Lune. La légende de Katherine Johnson est en route…

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Mon avis :

Neil Armstrong est très célèbre. Après tout, il a été le premier homme à marcher sur la lune. C’était le 21 juillet 1969 et se trouvait à ses côtés Buzz Aldrin, ce dernier étant un peu moins connu. Encore plus inconnues sont ces personnes qui ont travaillé dans l’ombre et pourtant, sans elles, tout cela n’aurait jamais été possible. Parmi elles se trouve Katherine Johnson, une grande mathématicienne afro-américaine. Née en Virginie-Occidentale, la petite, née Coleman, se révèle rapidement douée pour les mathématiques – compter, elle adore ça ! Alors ses parents, puis ses enseignant·es, vont la soutenir et la pousser toujours plus loin. Ainsi elle sautera plusieurs classes, obtiendra un diplôme en mathématiques mais aussi en français… C’est une enfant curieuse et qui aime les défis. Plus tard, après un parcours qui n’aura pas été de tout repos mais au cours duquel elle n’aura de cesse d’exceller, celle qui sera alors devenue Katherine Goble (avant de devenir Katherine Johnson dans les années qui suivront) intègrera la NACA (ancêtre de la NASA), faisant ainsi partie des « calculatrices en jupe ». Si ses calculs auront permis aux humains de marcher sur l’astre lunaire, l’un des événements les plus marquants de sa carrière aura été en 1962 : John Glenn était alors astronaute et il devait partir dans l’espace. Or il ne faisait pas entièrement confiance aux machines et il demanda alors à ce que Johnson vérifie les calculs des trajectoires (à la main, donc).
Combien de pas jusqu’à la lune est une biographie écrite par Carole Trébor et c’est la vie de Katherine Johnson que l’écrivaine nous raconte, de sa naissance aux premiers pas d’Armstrong et Aldrin sur la lune. Le livre n’est pas parfait pour moi en tant que lectrice adulte mais je ne doute pas qu’il le soit pour un jeune lectorat. Et je suis convaincue que c’est une femme dont il faut connaître le parcours – lire ce roman est une bonne façon de la découvrir.
C’est vrai que je n’ai pas accroché à l’écriture (clairement plus adaptée à des enfants et adolescent·es), c’est vrai qu’il y a une part de fiction (trois personnages ont été inventés, certaines pensées ont été imaginées par l’autrice) et c’est vrai qu’on a l’impression que Johnson vient d’une famille de Bisounours dans laquelle il n’y a jamais eu la moindre dispute (ce qui fut peut-être le cas, je ne sais pas, mais ça m’a donné une illusion de trop grande perfection). Enfin, il est vrai que l’essentiel du récit est tourné vers l’enfance et l’adolescence de Johnson, moins sur sa carrière de mathématicienne. J’aurais aimé en savoir beaucoup plus à ce sujet, bien qu’il y ait vraisemblablement l’essentiel dans Combien de pas jusqu’à la lune. Mais ce roman biographique est tout de même une réussite : une fois passé outre l’écriture à laquelle je n’accroche pas des masses, je me suis prise à vouloir en savoir toujours plus, à vouloir connaître les obstacles auxquels Katherine Johnson allaient être confrontée et comment elle allait réussir à faire valoir ses capacités dans un monde à la fois sexiste et raciste. Eh oui, la mathématicienne a vécu la ségrégation raciale aux Etats-Unis d’Amérique, autant dire que ça n’a franchement pas été simple pour elle ! L’une des anecdotes qui semble revenir fréquemment, c’est quand elle était à la NACA et qu’elle devait aller aux toilettes : il y en avait en face du bureau mais ils étaient réservés aux femmes blanches, elle était donc obligée de parcourir plus de 1500 mètres (aller-retour) pour aller dans des toilettes où elle était autorisée… Bien sûr, je ne parle même pas des bus, des écoles… Mais bon, je ne vais pas vous raconter toute la biographie et le vécu de Katherine Johnson, le roman le fait bien.

J’ai été ravie de découvrir la vie de cette incroyable mathématicienne et il est indéniable que Combien de pas jusqu’à la lune est le genre de livre à offrir aux enfants et adolescent·es (la maison d’édition conseille à partir de 13 ans). Faisant face au racisme notamment, cette femme n’a rien lâché et est allée aussi loin qu’elle le pouvait parce qu’elle avait confiance en elle et en ses capacités. Johnson est un véritable modèle et je vous invite vivement à la découvrir à travers cette biographie – et à la faire connaître à vos proches. Pour ma part, j’espère bien en apprendre encore plus sur elle.
Bonne lecture à vous !

Combien de pas jusqu’à la lune, Carole Trébor Albin Michel • 2019 • 443 pages • 15,90€ • Genre : biographie, racisme, féminisme, mathématiques • ISBN : 9782226443427

19 réflexions sur “Combien de pas jusqu’à la lune

    • Ma Lecturothèque dit :

      Malheureusement il semble que ce soit la seule biographie en français (pour le moment en tout cas)… En revanche, je n’ai pas encore regardé ou écouté mais j’ai vu qu’il y a plusieurs documentaires dans la bibliographie dont deux en français : « La lumineuse figure de l’ombre » sure France TV Info, et « Katherine Johnson, mathématicienne à la NASA a fêté ses 100 ans » sur RTL ☺

      Aimé par 1 personne

  1. lasorcieredesmots dit :

    C’est un roman qui l’air intéressant, mais c’est dommage qu’il soit autant romancé, et qu’on ait besoin de rajouter des personnages… Et c’est aussi dommage que ce soit si jeunesse. Je le note quand même parce que j’ai bien envie de le découvrir, mais j’espère l’apprécier 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      C’est en effet dommage mais je pense que la partie la plus romancée est aussi la partie la moins connue (et la plus présente) puisque ça me semble être la jeunesse de Johnson. Au moins l’autrice l’indique-t-elle au début de son roman ! Mais c’est clair que c’est plus à destination des jeunes, bien que je trouve ça important de connaître de telles femmes ☺

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