Premières lignes #233

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Le climat de ras-le-bol s’était installé bien avant l’épisode Ameline Brillant. Être renvoyées chez vous pour des jeans troués et des tee-shirts trop courts nous hérissait depuis un bon moment, mais s’il n’y avait que ça… Ça nous faisait criser quand les surveillants d’internat empêchaient les filles de visiter leurs amies après 21 heures sous prétexte qu’elles étaient trop bruyantes, alors que les garçons avaient la permission de 23 heures. Ça nous énervait de voir qu’on dépensait des sommes astronomiques pour que l’équipe masculine de handball fasse la tournée des championnats, quand les coureuses, pourtant plus nombreuses et bien mieux classées, devaient vendre des croissants tous les matins pour financer le voyage jusqu’à Londres. Ça nous mettait en rogne d’apprendre qu’un prof de maths avait mis une retenue à une seconde qui avait éclaté en sanglots en plein cours à cause de ses règles douloureuses – elle faisait son cinéma, prétendait-il.
C’était donc loin d’être n secret : au lycée Olympe de Gouges, les femmes étaient bien moins loties que les hommes. Constat ironique quand on réalisait que l’établissement portait le nom d’une grande figure des droits des femmes, une qui aurait été du genre à balancer son porc. On ne s’y faisait pas, à cette ambiance misogyne, néanmoins on vivait avec ; l’établissement était renommé, et l’avoir fréquenté passait bien sur un dossier. Mais avec Ameline Brillant, tout avait éclaté.

Rose Rage, Illana Cantin, 2020.

Rose Rage

15 réflexions sur “Premières lignes #233

  1. LadyButterfly dit :

    « Être renvoyées chez vous pour des jeans troués et des tee-shirts trop courts nous hérissait depuis un bon moment, mais s’il n’y avait que ça » : cette honte de voir ces règlements sexistes dans les lycées de nos jours. J’en reviens pas.
    Quand je pense que j’ai jamais eu un seul problème dans les années 80 en allant au lycée habillée en mini-jupe skaï/collant résille ultra-provoquant ^^ ( j’en passe!) J’ai jamais eu une remarque dans mon lycée de la part de mes profs , et pas un seul problème non plus avec mes camarades de classe masculins non plus, d’ailleurs. Je me demande ce qu’il s’est passé depuis….

    Aimé par 1 personne

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