Sœurs d’Ys – La malédiction du Royaume englouti

Sœurs d’Ys – La malédiction du Royaume englouti

Quatrième de couverture :

Ys, est une ville d’une beauté merveilleuse avec son palais et ses jardins aux milieux des mers.

Leur souveraine, Malgven, « Reine du Nord » a utilisé sa magie pour maîtriser les monstres marins et ériger de grands murs qui protègent la cité des eaux tumultueuses. Après son inexplicable mort, ses filles s’éloignent l’une de l’autre. Rozenn, l’héritière du trône, passe son temps sur les landes à communier avec les animaux sauvages, tandis que Dahut, la plus jeune, jouit des splendeurs de la vie royale et tue sans regret ses amants au petit matin. Plus leurs destinées s’opposent et plus Ys se fragilise. Les écluses ne protègent plus la cité confrontée aux assauts de la mer, quel secret cachait la Reine ? Telle l’Atlantide, Ys est-elle condamnée à sombrer dans les abysses ?

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Mon avis :

La légende d’Ys est assez connue, me semble-t-il, mais je vais tout de même faire un rappel très bref, sans détails, afin que tout le monde soit au point : il y a fort longtemps existait l’île d’Ys ; c’était une cité très prospère sur laquelle régnaient le roi Gradlon et sa fille Dahut. Mais cette dernière frayait avec la magie celte (et donc païenne) et causa la perte d’Ys. Le roi ne pu en réchapper que grâce à l’aide d’un saint (on parle tantôt de saint Gwenolé, tantôt de saint Corentin). Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à jeter un œil sur le site Bretagne.com et à fureter sur le net pour découvrir différentes versions.
Sœurs d’Ys – La malédiction du Royaume englouti de Anderson et Rioux nous propose une réécriture de cette légende, le premier grand changement étant que Dahut a désormais une sœur : Rozenn. Si elles sont proches l’une de l’autre, une rupture se crée entre les deux sœurs à la mort de leur mère, l’une fuyant ses responsabilités et l’autre cherchant à poursuivre le travail maternel, l’une devenant amie avec les animaux et l’autre apprenant la magie.
Si l’on retrouve l’essentiel de la légende, si Dahut reste la même, celle-ci est toutefois un peu plus nuancée et c’est fort appréciable, de même que saint Corentin, présent dans la bande dessinée, est un homme bon, vivant de peu et apportant une touche d’émotion bienvenue dans le récit – dans la légende originale, il somme le roi Gradlon de se débarrasser de sa fille qui n’est nulle autre qu’une représentation du mal. Car il faut bien le dire, la légende a de sacrés accents de moralité religieuse : la méchante fille usant de rites païens face au saint – le bien. Je vous passe les détails car je ne les ai pas tous en tête mais, à lire cette histoire, cela saute aux yeux. Et c’est en partie en cela que cette réécriture est une réussite : la nuance. Bien sûr, Dahut reste la séductrice, la magicienne, celle qui apporte le mal, mais elle ne fait pas cela dans le but de faire le mal ou simplement d’avoir un beau palais ; on a de la compassion pour la jeune femme, et il  arrive à celle-ci d’avoir des remords. Finalement, malgré ses pouvoirs, elle n’en pas moins humaine avant tout. Grâce à l’ajout de Rozenn, bien que celle-ci ne fasse rien de mal, et grâce à certaines particularités de Gradlon, la faute n’en reviens pas uniquement à Dahud – tout comme les torts sont bien souvent partagés dans la vraie vie, chacun des protagonistes de Sœurs d’Ys a ses torts.
Enfin, que serait une bande dessinée sans parler des dessins ? Je sais qu’ils ne plairont pas à tout le monde mais j’ai personnellement beaucoup apprécié l’aspect crayonné et j’ai trouvé que cela apportait un peu de douceur à ce tragique récit. Cela dit, cette douceur n’atténue en rien les émotions des personnages, la violence des actes… Elle ne fait que relever l’aspect légendaire d’Ys et de ses personnages, tout en permettant de s’adresser à un jeune lectorat malgré certaines scènes.

Sœurs d’Ys – La malédiction du Royaume englouti est une belle bande dessinée qui revisite avec brio la légende de la cité d’Ys ; j’ai été transportée dans un autre monde, dans un autre temps, et j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Que vous aimiez ou non les dessins, je vous conseille de vous laissez embarquer !

Sœurs d’Ys – La malédiction du Royaume englouti, Matthew Tobin Anderson (scénario) et Jo Rioux (dessin) • Titre VO : The Daughter of Ys Traduction : Alice Delarbre    Rue de Sèvres • 2020 • 220 pages • 20€ • Genre : comics, fantasy, légende • ISBN : 9782810217403

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