Battle Royale

Battle Royale

Quatrième de couverture :

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de «Battle Royale». Chaque année, une classe de 3e est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant… Ceci afin de servir d’exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades. Version contemporaine survitaminée de Sa Majesté des Mouches, de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l’un des plus grands best-sellers de l’édition nippone.

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Mon avis :

J’ai connu Battle Royale grâce au film, quelques années après la sortie de l’adaptation cinématographique. C’était violent, tant par certaines scènes que par ce que les personnages sont obligés de faire : s’entretuer. J’avais bien aimé, quoique j’avais été assez impressionnée (j’étais plutôt jeune). Et puis voilà que, il y a quelques temps, j’ai appris qu’il existait un livre (à l’origine du film, donc) ; je connaissais le manga, je l’avais feuilleté… mais il ne m’avait pas du tout donné envie. En revanche, le roman me bottait bien et j’ai enfin profité du Hold my SFFF Challenge, mettant à l’honneur la SFFF asiatique, pour le lire.
Mélange d’uchronie, pour nous qui découvrons aujourd’hui ce récit, mélange de dystopie pour qui le découvrait en 1999, avec une bonne touche de survival, Battle Royale prend place en République de la Grande Asie. Au prétexte de récupérer des données sur les mort·es et les survivant·es, afin d’être plus performant dans la lutte contre les Etats-Unis d’Amérique, le gouvernement a mis en place un Programme dont l’objectif est de larguer une classe de troisième en un lieu isolé et de laisser les élèves s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un·e. C’est de la survie dans ce qu’elle a de plus terrible et de plus violent.
Si ce n’est pas la violence que j’ai aimé (certaines scènes sont bien dégueulasses, soyons honnêtes), j’ai en revanche apprécié l’esprit de survie des personnages. Tout au long du roman, nous suivons notamment Shûya et Noriko ; le premier est une ancienne star du base-ball junior tandis que l’autre commence l’aventure avec un handicap, ce qui équilibre leurs « chances » face à leurs adversaires. Pour autant, ces deux-là n’ont rien d’un héros ou d’une héroïne, et rien ne nous certifie qu’iels survivront à la fin, d’autant plus que nous suivons d’autres protagonistes. Si le récit alterne souvent les personnages principaux à d’autres assez secondaires, résumer Shûya au seul héros du livre serait inexact. En effet, nous pouvons également compter sur d’autres dont Shinji, dit le Troisième Homme : c’est un ami de Shûya et aussi un très bon sportif, en plus d’être intelligent. Lui comme Shûya, Noriko et quelques autres, nous les suivons très régulièrement, la seule différence étant que le Troisième homme n’apparaît pas tout de suite dans le roman. D’ailleurs, en parlant d’apparitions, des personnages que l’on suit…, je pense à une chose : nous suivons pratiquement toustes les élèves, exceptés les chasseurs, les tueurs. Et c’est bien vu de la part de l’auteur car, pour chaque protagoniste, il partage avec nous son passé, ses réflexions, son plan pour survivre… Ainsi, nous ne savons pas ce qu’il se passe dans la tête de celles et ceux qui prennent part au jeu (si on peut appeler ça un jeu…). De fait, nous redoutons ces dernier·ères tandis que nous nous prenons d’affection pour les autres, même quand on devine parfois, dès le début d’un chapitre, que ce personnage ne survivra pas plus de dix pages. Une réussite de ce côté-là, assurément. Et alors que nous apprenons à connaître ces jeunes lycéens et lycéennes, on ne peut qu’admirer le courage et la détermination de certain·es, leur optimisme, leur stratégie, etc. A contrario, Shûya se laisse pratiquement porté par les événements et paraît presque fade, ce qui est dommage pour l’un des protagoniste que l’on suit le plus, mais il y a une bonne raison à cela, son propre effacement n’étant pas de son fait, mais je n’en dirais pas plus sur le sujet.
Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, elle est très simple et des romans comme Hunger Games de Suzanne Collins ont revisité ce genre de récit, donc rien de neuf à l’horizon. En vérité, ce qui fait la force de Battle Royale, en dehors du fait qu’il soit probablement précurseur, c’est de nous proposer un sacré panel de personnages attachants, qu’il s’agisse des premiers ou seconds rôles, mais aussi et surtout de nous présenter des personnages réalistes. De fait, on se met à leur place : comment réagirions-nous ? Nous cacherions-nous ou tenterions-nous de nous trouver des ami·es et allié·es ? Mais ces personnes qui furent des ami·es, le sont-iels encore ? A qui se fier ? Et cela crée une ambiance bien oppressante ; Shinji est sur les nerfs ? Nous aussi. Chigusa ne compte pas se laisser marcher sur les pieds (et pire) ? On l’encourage. Kawada est pragmatique ? On le suit. Etc.
Si l’ensemble du roman m’a plu, il y a toutefois deux choses qui m’ont gênée, à commencer par une perte de rythme vers le milieu du roman – sans avoir un rythme effréné, du genre à nous couper le souffle, Battle Royale est tout de même prenant, il se lit bien, sans temps mort… jusqu’à ce que les choses se mettent à traîner en longueur, notamment lorsque l’on suit un certain personnage. Heureusement, au moment où je me disais que ça devenait bien trop long, le récit a reprit son rythme de croisière, cet essoufflement n’était que passager. Mais alors que ce défaut nous quittait définitivement, un autre a pris sa place. Moi qui trouvais l’histoire très réaliste jusque-là, je dois bien admettre que l’émergence de personnages surhumains m’a quelque peu déboussolée ; le genre de protagoniste qui, non seulement s’avère plus malin que les autres, mais en plus se révèle très résistant à toutes sortes d’attaques ! Certes, j’ai pris le recul nécessaire pour accepter ces individus extraordinaires, mais je trouve quand même dommage que, au milieu du roman, alors que l’on avait des personnages et des situations de survie réalistes, on bascule soudainement dans une lutte contre des êtres improbables. Toutefois, cela ne m’a pas empêcher d’apprécier le roman de Kōshun Takami ; comme je vous l’ai dit plus haut, j’ai beaucoup aimé suivre chacun des personnages, je m’y suis attachée parce qu’ils étaient racontés de façon à ce qu’on les apprécie, à ce qu’on les comprenne, les encourage…

Au final, malgré quelques longueurs et des personnages incroyablement résistants, Battle Royale est un bon roman de survival que je vous recommande. Attention, je le déconseille toutefois aux âmes sensibles !

Battle Royale, Koushun Takami (ou Kōshun Takami) • Titre VO : Battle Royale Traduction : Patrick Honnoré, Tetsuya Yano et Simon Nozay Le Livre de Poche • 1999 (VO) • 864 pages • 9,90€ • Genre : science-fiction • ISBN : 9782253122357

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

21 réflexions sur “Battle Royale

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