Premières lignes #262

Salutations !
Aujourd’hui, je vous propose les premières lignes d’un huis-clos fantastique : Si longue soit la nuit de Christophe Lambert. Ce roman fait partie de mes lectures prévues en avril et je me demande bien où il va nous mener…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Chapitre 1
Danny

J’entends une voix jaillir de nulle part – « Trois, deux, un… » – puis il y a un flash, accompagné d’un grésillement.
J’ouvre les yeux, le cœur battant, la sueur aux temps. Complètement désorienté. Je suis dans une salle de cours, celle de sciences – biologie et physique. Je la reconnais tout de suite avec ses paillasses plastifiées et ses petits éviers carrelés. Mr Willoughby, le prof de sciences, est absent. Je ne l’aime pas, Willoughby. Il est proche de la retraite, ronchon, pas motivé et pas motivant. J’ai toujours trouvé sa voix aussi soporifique d’un gaz chimique. Et puis, de toute façon, je n’aime pas les sciences. J’ai pas l’esprit formaté pour ça. Mon truc à moi, c’est plutôt la littérature.
Willoughby a disparu et je découvre quatre de mes camarades debout à mes côtés. Enfin, quand je dis « camarades », je vais peut-être vite en besogne. Je ne parle jamais, ou presque, à la plupart d’entre eux. Et je doute que Johnny Esparza, la petite brute de service, devienne un jour un ami. Pour l’heure, Johnny ouvre de grand yeux ronds. Il regarde autour de lui, poings serrés. Il est tout en nerfs et en muscles. Pas vilain – il a des traits fins, des pommettes saillantes –, mais sec et dur.
– Quelqu’un peut m’expliquer ? il lâche, sur la défensive.
Nous ressemblons tous à une bande de somnambules mal réveillés.
– Je ne me sens pas bien du tout…, dit Calista Hamilton.
Elle est aussi blanche que la rangée d’éviers. Tout à coup, elle tombe à genoux et vomit des litres d’eau. Littéralement des litres ! Les spasmes plissent son ventre en hoquets douloureux. Les autres s’écartent d’instinct. On se croirait dans un film d’horreur. Calista tousse, crache ses poumons et finit par expulser un jet de bile jaunâtre. Laura Jackson est la première à se ressaisir. Elle sort de sa stupeur pour aider Calista à se relever.

Si longue soit la nuit, Christophe Lambert, 2021.

Si longue soit la nuit

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