Ann Radcliffe contre Dracula (La Ligue des écrivaines extraordinaires)

Ann Radcliffe contre Dracula

Quatrième de couverture :

Une lettre a suffi pour ranimer le cauchemar de miss Ann Ward lors de ses aventures dans la Ville-Vampire. À Londres, devenue Mrs Radcliffe et écrivaine respectée, elle coule des jours heureux auprès de son époux et éditeur quand elle reçoit l’invitation à un bal donné en son honneur. Ann ne doute pas que la signature de son admirateur cache un défi mortel, mais il faudrait plus qu’une menace sanglante pour l’empêcher de boucler ses bagages en direction du château des Carpathes, bien décidée à mettre hors de nuire ce malfaisant de la nuit.

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Mon avis :

Une histoire avec pour personnage principal une femme qui a réellement existé, du fantastique avec la présence du célèbre vampire Dracula, la couverture nous montrant ces deux protagonistes, la dame avec une sacrée hache en main, je m’attendais à beaucoup apprécier cette lecture, à passer un moment fort divertissant. Sauf que…
Sauf qu’il y a eu une histoire auparavant, celle-ci étant la cause de ce nouveau récit. Le problème est que c’est simplement évoqué, comme si les lecteur·rices étaient déjà au courant de tout ; aucun résumé de cette précédente aventure d’Ann contre les vampires n’est fait, ni aucun renvoi à un titre (je suis tombée dessus par hasard alors que j’écrivais cette chronique : c’est Ann Radcliffe contre les vampires de Paul Féval). Rien que sur ce point, j’étais perdue. Mais il est vrai que cela n’empêche pas forcément d’apprécier sa lecture, pas vrai ?
Sauf qu’en plus de ça, c’est mal écrit. Pour commencer, les temps sont mal employés (par exemple, p. 59 : « La seconde entrée lui apparut entrouverte, offrait l’opportunité d’y jeter un coup d’œil discret et rapide » – j’ai beau tourner et retourner la phrase dans ma tête, la dire à voix haute, rien n’y fait). Ensuite, les virgules. Un nouvel exemple, page 39 : « A l’extérieur, le cocher avait déserté son poste, sans doute heureux de se dégourdir les jambes, le félin demeurait invisible ». La dernière virgule devrait être un point virgule ou un point. Ponctuée ainsi, la phrase peut laisser entendre que c’est tout aussi bien le félin que le cocher qui est heureux de se dégourdir les jambes (certes, on comprend qu’il est question du cocher, mais il y a des phrases que j’ai dû relire à plusieurs reprises pour les comprendre). Bon, le manque de contexte autour de la précédente aventure m’a dérangée, l’écriture m’a déplu, mais qu’en est-il de l’histoire ? Après tout, il y en a bien qui sont captivantes malgré les défauts du texte, on peut apprécier les personnages… J’ai lu le livre jusqu’au bout, ça veut bien dire que j’ai apprécié quelque chose.
Sauf que non. Reprenons un peu l’histoire : Ann Radcliffe est une autrice qui a son petit succès. Elle a déjà été confrontée à des vampires et, entre ses cauchemars et l’étrange invitation d’un comte nommé Dracula, vivant en Valachie (c’est une région du sud de la Roumanie), elle se doute bien qu’il y a baleine sous gravillon. Mais l’écrivaine est curieuse et, surtout, elle veut mettre un terme à cette histoire (et ses horribles rêves) alors elle accepte l’invitation et part en compagnie de son homme de main et de son époux. Nous avons alors toute une partie sur le voyage et ça, ça aurait dû me plaire. Sauf que je n’ai pas compris pourquoi nos trois protagonistes devaient se taper des jours de marche avant d’avoir la moindre voiture pour les mener chez le comte (pour moi, ça n’a pas de sens : le comte Dracula ne laisserait jamais ses invité·es parcourir des centaines de kilomètres dans de telles conditions), et je n’ai pas reconnu la Roumanie. De ce que j’ai compris des descriptions dans le livre, les alentours du château du comte sont désertiques, plus rien (ou pas grand chose) n’y vit. Or, quand vous visitez la Roumanie, vous ne pouvez que constater sa verdure ! Ça m’a pas mal dérangée durant ma lecture, que ce soit le transport des protagonistes comme les descriptions des paysages. Mais les personnages ? Les péripéties ? Eh bien, honnêtement, j’aurais pu apprécier si Ann Radcliffe avait réellement été l’héroïne de cette aventure mais, finalement, ce sont les hommes qui sauvent la situation. Et même sans cela, je l’ai trouvée assez fade. Or, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais avec un tel titre et une telle couverture. Ann avec la hache ? C’est juste pour nous dire qu’elle est badass mais elle n’en fait pas grand chose, finalement.

Bon, je crois que vous l’aurez compris, je suis déçue. A la limite, comme je voulais juste passer un bon moment, j’aurais pu me contenter de l’histoire mais l’ensemble de ces défauts et cette aventure qui n’a pas répondu à mes attentes ont fait que je n’ai pas passé un super moment.
Il me reste quatre romans de La Ligue des écrivaines extraordinaires à lire, chacun écrit par une autrice différente ; j’espère que je saurai mieux les apprécier. Si vous les avez lus, dites-moi ce que vous en avez pensé !

Ann Radcliffe contre Dracula, Bénédicte Coudière  Les Saisons de l’étrange • 2020 • 108 pages • 12€ • Genre : fantastique, vampires • ISBN : 9782490972333

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

18 réflexions sur “Ann Radcliffe contre Dracula (La Ligue des écrivaines extraordinaires)

  1. LadyButterfly dit :

    Je m’attendais à un retour de ce genre… J’espère que les autres livres seront plus réussis !
    Et je suis en train de m’interroger sur ce qui se passe aux Moutons Electriques. A quel moment y-a t’il une relecture, des corrections, etc … ? Je viens de lire « Le Chant des cavalières » et j’ai trouvé de grosses coquilles (comme c’est un livre de la bibliothèque, la ou les personnes qui l’avai.en.t emprunté avant moi ayant souligné les erreurs au crayon de papier, ça n’aide pas…).

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      J’avais effectivement vu quelques coquilles dans « Le Chant des cavalières » mais ça allait (personne n’avait souligné les erreurs, ça aidait à ne pas y prêter une trop grande attention) ; pour le coup, pour « Ann Radcliffe contre Dracula », comme c’était participatif, j’ai l’impression qu’il y a eu zéro correction, ou alors en speed, genre s’il manque un « s » quelque part… je ne sais pas mais ce n’est pas parce que c’est une édition participative qu’il ne doit pas ne pas y avoir de relecture ! Je suis vraiment déçue, pour le coup. Pourtant il m’avait semblé que cette ME était assez qualitative globalement, mais peut-être que pour les grosses publications, les grands romans phares ?

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  2. Collectif Polar : chronique de nuit dit :

    Hello
    Je me souviens avoir lu ,il y a une dizaine d’année, un livre de Paul Féval, grand admirateur des romans d’Ann Radcliffe, portant pour titre « La ville Vampire » où on retrouve notre écrivaine au prise avec les vampires.
    Le récit de la lutte de la jeune femme contre l’atroce M. Götzi, le vampire aux yeux verts luminescents, et sa découverte de toute une terrifiante cité : la ville-vampire !
    Visiblement ton roman là, s’inspire que celui de notre auteur classique ou alors est une suite ?
    Tu m’as intriguée là, je vais mener mon enquête 😉

    Aimé par 1 personne

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