Le Survenant

Le Survenant

Quatrième de couverture :

Le Survenant est un grand roman d’amour et de liberté. Cette œuvre, qui a été adaptée pour la télévision où elle a connu un véritable triomphe, a valu à son auteur une audience internationale. Germaine Guèvremont compte parmi les figures majeures de la littérature québécoise du XXe siècle. De génération en génération, ses lecteurs continuent de se multiplier.

Le Survenant est un personnage infiniment complexe. Il a beau porter un mackinaw, avoir connu les chantiers et passer pour un « sauvage », il n’en demeure pas moins un homme éminemment moderne. Il ne dédaigne pas la nature, mais c’est la ville qui l’attire, avec ses hôtels et ses plaisirs, […] Beau, fort et séduisant, le Survenant possède tous les talents.

Yvan G. Lepage

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Mon avis :

Le Survenant de Germaine Guèvremont est un roman paysan datant du milieu du XXe siècle. Le récit prend place au Chenal du Moine, un bourg non loin de Sorel, au Québec. C’est le soir, un homme, inconnu du coin, débarque à la ferme des Beauchemin. Lui qui ne demandait qu’un toit pour la nuit et un repas finira par rester.
Disons-le franchement, il ne se passe en soi pas grand chose. C’est la vie dans une ferme, avec tout ce qu’il y a de plus banale – tremper son bout de pain dans du sirop d’érable, faire le ménage… Pourtant, il y a quelque chose dans ce roman qui m’a transportée de bout en bout. J’ai apprécié découvrir le quotidien des Beauchemin, j’ai retrouvé dans leurs habitudes des choses universelles (untel a son fauteuil, unetelle a sa tasse… et personne d’autre ne doit y toucher). Surtout, j’ai appris à connaître une famille et ses voisins et voisines, ainsi que son mystérieux invité.
Parlons des personnages puisque ce sont eux qui font le roman. Didace Beauchemin est un vieux fermier ; s’il aime la vie simple, il aime aussi le travail bien fait, et il a ses petits plaisirs – tout ce qu’il y a de plus ordinaire, mais très plaisants pour notre homme. Malheureusement, depuis le décès de son épouse un an plus tôt, il est seul à la ferme avec son fils, Amable-Didace (que l’on appelle Amable) et sa bru, Alphonsine. Or ces deux-là sont loin d’être des acharné·es du boulot et la comparaison avec le Survenant (ou Venant) ne va pas être en leur faveur. Si je n’ai pas eu d’attache particulière pour Amable, j’ai toutefois apprécié Alphonsine ; elle m’a d’abord fait mauvaise impression, semblant parfois mesquine, parfois jalouse. Toutefois, les mois passant, elle a su me toucher. Cela dit, celle qui éclipse les autres femmes du récit n’est nulle autre qu’Angélina, une voisine que l’on qualifie de vieille fille. Malgré son handicap (elle boîte), elle a tout de même pas mal de soupirants. D’abord très à cheval sur les tâches ménagères, jugeant  parfois le travail si peu appliqué d’Alphonsine, elle s’ouvre aux autres au fil des saisons, petit à petit, et sort de ce carcan de perfection pour nous paraître finalement plus  humaine. Cela, on le doit au Survenant. Si l’on sait finalement peu de choses à son sujet, il est un véritable moteur auprès des villageois et villageoises, amenant certains et certaines à changer, à aller de l’avant… Arrivé un soir chez  les Beauchemin, il finit par tisser des liens avec les uns et les autres, notamment avec Angélina pour qui il semble avoir une affection certaine, ainsi qu’avec le père  Didace ; les hommes s’entendent bien et, l’étranger étant très habile de ses mains, très fort et travaillant avec efficacité, le vieil homme pense alors qu’il aurait aimé avoir un tel fils, le sien n’étant pas bon à grand chose. C’est rude, en effet, mais on peut facilement imaginer que, dans une vie où le travail de la terre est essentiel pour se nourrir et créer, avoir un descendant si peu débrouillard soulève quelques inquiétudes pour  Didace. Dernier point concernant les personnages, c’est que nous n’entrons jamais dans la caricature. Tout semble juste, vrai.
Si je vous ai dit qu’il ne se passait pas grand chose dans Le Survenant, que l’intérêt tourne  notamment autour des personnages, des liens qu’ils créent et de leur évolution dans le  quotidien, surtout depuis l’arrivée de Venant, j’ai toutefois été d’autant plus  agréablement surprise par la fin. En effet, le propos évolue vers une réflexion intéressante : après un an de vie au Chenal du Moine, après avoir tissé des liens avec de nombreuses personnes, le Survenant se rend compte qu’il est encore, pour beaucoup, un étranger, et qu’il le restera toujours. Se pose alors un choix, à savoir rester ici, s’établir, ou reprendre la route. Quelle que soit sa décision, sa présence aura changé les Beauchemin et leur voisinage.
Enfin, un point concernant l’écriture : j’ai beaucoup aimé les dialogues. Loin d’effacer le parler de ces gens de la campagne québécoise, Germaine Guèvremont a construit  des échanges parlés, pleins de vie, à la fois spécifiques et compréhensibles. Loin d’être aseptisées, ces lignes apportent beaucoup d’authenticité au texte.

Si Le Survenant n’est pas du tout le genre de roman que j’ai l’habitude de lire, cela a toutefois été une belle découverte  que je vous le recommande donc si vous souhaitez découvrir un classique de la littérature québécoise.
Je vous souhaite une belle découverte.

Le Survenant, Germaine Guèvremont  Biblio-Fides • 1945 • 40 pages • 19,90€ • Genre : roman paysan, littérature québécoise

Ce livre participe au challenge Voix d’autrices.

16 réflexions sur “Le Survenant

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