Si longue soit la nuit

silonguesoitlanuit

Si longue soit la nuit

Quatrième de couverture :

Ils sont cinq. Cinq ados prisonniers de leur lycée désert, par une nuit sans lune et sans étoiles, incapables de se rappeler comment ils sont arrivés là.
Et tandis que d’étranges aurores boréales illuminent le ciel, tandis que les eaux du fleuve bordant le campus montent anormalement, menaçant de les engloutir, une créature rôde dans les couloirs. Une créature qui les pourchasse sans relâche…

Ils sont cinq. Cinq camarades classe, même pas vraiment amis. Et pourtant, ce soir, ils vont devoir s’allier pour survivre… Car ils ne pourront compter que sur eux-mêmes.

.
Mon avis :

L’histoire de Si longue soit la nuit m’intriguait, et ce d’autant plus que l’on nous promet un thriller fantastique et psychologique, et même un hommage à Stephen King. Même si c’est un roman jeunesse, c’est carrément le genre de livre qui peut me plaire (il n’y a qu’à voir justement La petite fille qui aimait Tom Gordon, avec un seul personnage, une gamine perdue en forêt, la tension ambiante, etc. Ce roman est vraiment bien). Pourtant, le plaisir n’a pas été au rendez-vous. Mais commençons par le commencement.
Si longue soit la nuit nous présente cinq jeunes coincé·es dans leur lycée. Trois garçons, deux filles, et personne d’autre si ce n’est une créature des plus étranges et des plus effrayantes. Un lycée désert, un fleuve en crue, une nuit sans la moindre étoile, surnaturelle. Présentons les héros et héroïnes ; le récit se faisant à la première personne et chacun des chapitres étant l’occasion de suivre l’un d’entre eux ou l’une d’entre elles, iels sont toustes clairement identifié·es (voire un peu trop). Le récit s’ouvre avec Danny, un adolescent qui rêve de devenir écrivain et dont l’auteur favori est Stephen King ; il est plutôt banal, c’est le genre de personnage auquel on peut s’identifier facilement car il n’a pas de spécificité particulière. Nous avons également Johnny, le rebelle par excellence, la petite frappe pas si mauvaise, qui n’aspire qu’à ce qu’on lui donne sa chance. Andrew est handicapé et ne peut se déplacer qu’en fauteuil ; à défaut de capacités physiques, c’est un nerd fan de jeu de rôle (Donjons & Dragons, notamment). Du côté des filles, nous avons Laura, l’intello qui se dispute les meilleures notes avec Andrew, et Calista qui est très populaire et tient beaucoup à son image – un brin superficielle. Est-ce que vous commencez à comprendre ce qui m’a déplu ? Eh oui, ces personnages sont des clichés vus et revus, ad nauseam pour ma part. Alors c’est vrai, et j’en avais déjà parlé dans une ancienne chronique, ces tropes sont parfois essentiels pour nous plonger rapidement au cœur d’un récit ou d’un univers ; cela permet d’éviter des présentations de personnages trop longues, etc. Il y a plein de raisons d’utiliser des clichés. Toutefois, pour le coup, cela m’a totalement tenue à distance des personnages, ils étaient tellement stéréotypés que je n’ai pas réussi à les apprécier, à ressentir quoi que ce soit pour eux. J’aurais aimé un peu plus de subtilité les concernant.
Pour ce qui est de l’hommage à King… Bon, eh bien oui, clairement, Christophe Lambert aime les romans du célèbre écrivain et ça se voit de plusieurs façons : des références, Danny qui est fan et a eu la chance de rencontrer Stephen King, etc. Mais était-il besoin de l’écrire sur la couverture ? Je n’en suis pas convaincue ; de fait, je m’attendais à quelque chose de plus subtile, là aussi, et de plus travaillé.
Et l’histoire, ça donne quoi ? Elle est bien. Elle aurait pu être mieux sans les clichés ambulants que sont les cinq ados, elle aurait pu être mieux s’il lui avait été donnée l’opportunité de s’étaler et de se développer un peu plus, permettant ainsi d’approfondir les personnages, d’intensifier les angoisses, les peurs… Mais ce n’est pas le cas et, si c’est dommage, l’histoire n’en reste pas moins bien trouvée – surtout la fin. A dire vrai, je me suis un peu forcée à aller jusqu’à la fin et, maintenant que je l’ai lu, je serais déçue si je n’avais pas terminé le roman. Bon, là aussi, il m’a manqué des choses (de l’émotion), et il y a des choses dont je me serais bien passée (trop d’informations données par un individu – et c’était prévisible). Pourtant, c’est cette partie que j’ai préféré dans tout le roman. Alors, si vous entamez cette lecture, allez jusqu’au bout, sinon ça ne vaut pas le coup.

Si longue soit la nuit m’a donc quelque peu déçue en raison de ses personnages beaucoup trop stéréotypés et du manque de subtilité global : avec un récit plus fin et plus approfondi, nul doute que le récit aurait gagné en intérêt et que l’horreur – tout du moins la frayeur et l’angoisse – aurait été plus présente. A la place, j’y ai trouvé un récit plat et fade dont seule la fin a soulevé en moi quelques émotions (et encore, je suis loin d’avoir été bouleversée).
Peut-être que des personnes (notamment des jeunes) ne lisant pas beaucoup trouveront leur bonheur ; peu habituées à ce genre de récit, elles pourraient avoir quelques surprises et apprécier leur lecture.

Si longue soit la nuit, Christophe Lambert  Fleurus • 2021 • 224 pages • 12,90€ • Genre : fantastique, jeunesse, terreur • ISBN : 9782215162353

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

14 réflexions sur “Si longue soit la nuit

    • Ma Lecturothèque dit :

      Eh bien il se lit vite, c’est un avantage, mais c’est vrai que, pour nous qui sommes de grandes habituées de la lecture, les personnages sont tellement éculés et stéréotypés qu’ils manquent d’intérêt (enfin ce n’est que mon avis personnel). J’espère quand même que tu auras un bon moment de lecture, même si ce ne sera pas forcément extraordinaire.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s