Femmes, race et classe

Femmes, race et classe

Quatrième de couverture :

« Le système esclavagiste définissait les Noirs comme une marchandise humaine. Puisque les femmes étaient considérées comme des unités de travail productrices de profit au même titre que les hommes, leurs propriétaires ne faisaient aucune différence entre les sexes. Un universitaire affirme : « La femme esclave était la servante perpétuelle de son propriétaire et, fortuitement, épouse, mère et femme au foyer. » Si l’on se réfère aux tendances de la nouvelle idéologie de la féminité au XIXe siècle, la glorification des mères nourricières, douces compagnes et maîtresses de maison, transformait les femmes noires en anomalies. »
                                                                                                                                                           A.D

Angela Davis est née en 1944 en Alabama. Grande figure du mouvement Noir américain, militante révolutionnaire, elle comprend très vite que seule l’unité des mouvements sociaux et politiques entre Blancs et Noirs, hommes et femmes, permettra de combattre la classe dirigeante. Condamnée à mort en 1972, elle sera libérée à la suite d’un très fort mouvement de mobilisation international. […]

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Mon avis :

Cela faisait quelques années que je souhaitais découvrir les écrits d’Angela Davis, mais je n’avais jamais osé sauter le pas. J’ai finalement profité que Femmes, race et classe soit proposé en lecture commune pour le challenge Mars au féminin pour me lancer – une fois la LC terminée, oupsie. Qu’importe, j’ai tout de même pu échanger avec les participant·es et l’un des retours qui est le plus revenu, en dehors que l’essai est intéressant, c’est aussi qu’il est accessible, qu’il se lit facilement.
Dans Femmes, race et classe, Angela Davis part du fait que lorsque les Noir·es sont étudié·es, que ce soit en histoire ou en sociologie, les femmes sont bien trop souvent oubliées ; il y a un véritable manque. Alors elle revient sur cette négligence, injustifiée au vu du travail effectué par les femmes, de la force qu’elles déployaient dans les tâches quotidiennes – les mêmes que les hommes pour celles travaillant dans les champs, par exemple -, mais aussi au vu de leur participation, de leur investissement dans la lutte contre l’esclavagisme. De là, Davis nous parle de plusieurs individus luttant contre cette servitude, qu’ils soient Blancs ou Noirs ; surtout, elle nous parle des femmes et de comment, au prétexte de ne pas invisibiliser la cause anti-esclavagiste, il leur a été demandé de ne pas y mêler le féminisme – cela aurait troubler la lutte, rendez-vous compte ! Or se battre contre l’esclavagisme et pour les droits des femmes n’est pas incompatible. Par la suite, la militante et écrivaine nous parle des conflits de classe (riches/pauvres, pour expliquer simplement) et de comment ceux-ci viennent également, en plus du féminisme, s’articuler autour du racisme. Et là, après cette lecture, je pourrais vous parler de tellement de choses… Mais je crains que cela n’ait guère d’intérêt dans cette chronique, mon but étant de faire découvrir ce livre, pas un résumé exhaustif. Et, de fait, je vous recommande vivement cet essai. Davis développe très bien ces sujets et, si je savais certaines choses, j’en ai également appris pas mal et, surtout, j’ai ouvert un peu plus ma réflexion – c’est là l’un des intérêts de lire des essais, d’après moi.

Au final, je suis sortie enrichie de cette lecture et je ne peux que vous inviter à lire Femmes, race et classe d’Angela Davis. Par ailleurs, je pense que Toni Morrison a dû le lire car j’ai beaucoup pensé à Beloved en lisant le livre de Davis. Quoiqu’il en soit, Morrison ou non, lisez Femmes, race et classe, et si vous ne le lisez pas, lisez d’autres ouvrages de ce genre. Il me semble important de lire des essais ; c’est une très bonne chose pour développer sa réflexion et son savoir.
Je vous souhaite une très bonne découverte.

Femmes, race et classe, Angela Davis • Titre VO : Women, Race and Class Traduction : Dominique Taffin et le collectif des femmes des femmes – Antoinette Fouque • 1981 (VO) • 192 pages • 15€ (10€ format poche) • féminisme, racisme, luttes • ISBN : 9782721007117

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