L’anarchisme

L’Anarchisme

Quatrième de couverture :

« L’anarchisme nourrit tous les domaines de l’activité humaine. La science, les arts, les lettres, le théâtre, le combat pour l’égalité économique, chaque lutte individuelle ou collective contre le désordre ambiant, en somme, est éclairé par la lumière spirituelle de l’anarchisme. C’est la philosophie de la souveraineté de l’individu. C’est la théorie de l’harmonie sociale. C’est une vague de vérité vivante et puissante qui déferle sur le monde et inaugurera une aube nouvelle. »

Dans ces textes, inédits en français, Emma Goldman (1869-1940), active militante et éditrice de la revue Mother Earth, livre sa définition de l’anarchisme : une philosophie révolutionnaire conciliant les intérêts de l’individu et ceux de la société.

Préface de Laure Batier ;
Le véritable sens de l’anarchisme (Anarchism : What It Really Stands For), 1910 ;
Minorités contre majorités (Minorities Versus Majorities), 1910 ;
Une nouvelle Déclaration d’indépendance (A New Declaration of Independence), 1909 ;
Le point de vue d’une anarchiste sur la vie (An Anarchist Looks at Life), 1933.

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Mon avis :

Je ne la connaissais pas jusqu’à il y a peu, pourtant Emma Goldman fut, au début du XXe siècle, une figure politique et féministe assez connue. En voyant la couverture en librairie, et comme le livre n’est pas bien épais, j’ai craqué. Il y a plusieurs raisons à cela, à commencer donc par la flamme rose ; les couleurs de l’anarchisme sont le rouge et le noir, et celles de l’anarcha-féminisme sont le violet et le noir. Je pense pouvoir dire que le choix du rose et non du violet est pour évoquer une figure féminine, mais aussi parce que c’est une couleur qui se rapproche plus du rouge – je ne sais pas si vous vous en rendrez compte sur votre écran, mais c’est un rose assez flamboyant. Le nom m’a également attirée car ce sont les écrits d’une femme. Aussi, je trouve que l’anarchisme, loin de la simple image de destructeurs et destructrices que l’on peut avoir, propose des idées intéressantes. Enfin, le livre ne faisant que 80 pages, j’ai pensé qu’il serait rapidement lu et ne traînerait pas trop longtemps dans ma pile à lire (et je ne m’y suis pas trompée).
Ce court recueil regroupe quatre textes d’Emma Goldman et j’ai été d’autant plus ravie de découvrir qu’elle n’était pas seulement libertaire mais aussi féministe. Le livre est illustré de quelques photos et illustrations qui accompagnent les textes. Cela apporte une vision de l’époque et nous permet d’avoir en tête le visage d’Emma Goldman, chose que j’apprécie beaucoup lorsque je lis des essais et des autobiographies et biographies : savoir qui a écrit ces lignes, à quoi ressemblait la personne dont il est question. Après une préface de Laure Batier, que j’ai trouvé intéressante car elle nous présente la vie et le parcours de Goldman afin de mieux appréhender le contenu du livre (d’autant plus si nous ne connaissons pas cette femme), vient un premier texte intitulé Le véritable sens de l’anarchisme. Goldman y parle entre autres choses des instincts individuels qui, écrit-elle, « sont essentiels à l’aspiration, au développement, à l’ambition et à l’épanouissement personnel […] » (p. 31). Toutefois, il ne faut pas voir les instincts individuels comme étrangers aux instincts sociaux ; au contraire, ils sont étroitement liés. Elle parle également de la propriété, des gouvernements, de la tyrannie des autorités (le gouvernement est une autorité), etc. et elle en vient à l’idée que l’anarchisme, c’est avant tout libérer son esprit comme son corps des diverses formes de domination et d’entrave. J’ai trouvé Le véritable sens de l’anarchisme très intéressant ; que l’on soit en phase ou non avec l’anarchisme, que l’on reste sur sa position qu’il s’agit d’un mouvement violent ou que l’on trouve que c’est une utopie, c’est un texte qui fait cogiter, et l’on ne peut qu’apprécier la réflexion menée et la clarté avec laquelle s’exprime Emma Goldman.
Vient ensuite Minorités contre majorités qui est, là aussi, intéressant. L’intellectuelle aborde ici la domination de l’esprit de masse, notre vie basée sur la profusion. Bien qu’il date de 1910, j’ai trouvé ce texte très actuel : tous les jours, nous créons plus que nécessaire et, tous les jours, nous consommons plus que ce dont nous avons besoin. Plus qu’un constat, il s’agit d’en étudier les causes et les conséquences.
L’écrit suivant est Une nouvelle Déclaration d’indépendance, qui fait à peine trois pages, j’en ai donc peu à dire. Comme l’indique son titre, il s’agit d’affirmer (ou réaffirmer) que tout individu doit être libre de pouvoir disposer de lui-même, que seule cette liberté le sortira de l’oppression (je résume au maximum, vu la brièveté du texte).
L’ouvrage se conclut avec Le point de vue d’une anarchiste sur la vie, que Goldman a publié en 1933. Alors âgée de 64 ans, c’est l’occasion pour elle de faire le point et de revenir sur son expérience et ce qu’elle a pu observer au fil des années.

« Aucun individu ne peut s’épanouir s’il doit se soumettre aux ordres, aux caprices ou à la volonté de celui qui a le pouvoir de le punir, de l’envoyer en prison ou de lui ôter la vie, pour résumer, de lui dicter les conditions de son existence du berceau à la tombe. »

Je pense que vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé découvrir Emma Goldman par le biais de cet ouvrage. Que l’on soit soi-même anarchiste ou pas du tout, L’Anarchisme est intéressant à lire, appréciable de par l’écriture et la traduction qui sont accessibles, loin de toute grandiloquence qui peut perdre les lecteur·rices. A découvrir, donc.

L’Anarchisme, Emma Goldman  Traduction : Marie Brazilier et Romain Guillou Nada Editions • 80 pages • 8€ • essai, anarchisme, femme politique • ISBN : 9791092457421

16 réflexions sur “L’anarchisme

  1. Light And Smell dit :

    Je ne connaissais pas cette figure politique et féministe, et si le thème de l’anarchisme ne me parle pas outre mesure, j’avoue que cet ouvrage me tente pas mal, d’autant qu’il semble court et accessible ! La partie intitulée Minorités contre majorités m’intrigue énormément, surtout si tu lui trouves une résonance actuelle.
    J’irai le feuilleter en librairie pour voir d’un peu plus près le style, mais je pense tenter.

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      Oh, je crois bien que je vais le commander à la librairie, il a l’air vraiment sympa (en tout cas, le résumé est prometteur). Tu as aimé ?
      J’ai beaucoup apprécié le recueil « L’anarchisme », elle n’hésite pas à se positionner contre les suffragettes, par exemple (comme quoi le vote, ok, mais être libre serait un meilleur début pour l’égalité car à quoi bon pouvoir voter si on n’est pas libre de faire ses propres choix – elle l’exprime mieux que moi et, en tout cas, j’ai trouvé ça très intéressant)(ce n’est pas le sujet principal de « L’anarchisme »).

      Aimé par 1 personne

      • Ada dit :

        Toujours dans ma PAL, je ne peux encore te répondre 🙂
        L’anarchisme fait partie des sujets qui m’intéressent à l’heure actuelle, donc je note ce livre ! Et puis si c’est couplé avec le sujet des suffragettes, je dis oui.

        J’aime

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