Nos monstres

Nos monstres

Quatrième de couverture :

Brutal, addictif et extrêmement brillant, un thriller psychologique d’envergure qui fouille les recoins les plus sombres de l’âme humaine, à la recherche de ces monstres qui nous habitent. 
Un homme est retrouvé mort à la sortie d’un pub des Midlands, son corps lacéré de coups de couteau. Un ex-taulard, condamné pour viol. Chargée de l’affaire, l’inspectrice Kim Stone débusque rapidement la coupable : Ruth, une ancienne victime. Simple vengeance ? Sauf que quelque chose ne colle pas.
Pour comprendre les raisons de ce passage à l’acte, la policière se tourne vers Alex Thorne, une psychiatre reconnue qui suivait Ruth depuis des mois.
Dès lors, leurs chemins n’en finissent plus de se croiser. D’autres meurtres vengeurs, sauvages, d’autres assassins aux profils inattendus, avec un lien en commun : Alex Thorne.
Que se passe-t-il dans le cabinet du Dr Thorne ? Quelle thérapie propose-t-elle à ses patients ? Et pourquoi Kim se sent-elle menacée par cette psychiatre qui semble si bien la connaître ?

Mon avis :

L’histoire commence au cœur de l’action, avec l’arrestation d’un homme suspecté de pédophilie (le roman ne dit jamais le nom mais disons le clairement : c’est de l’inceste). D’emblée, nous sommes dans une phase de tension ; l’échec n’est pas permis, il faut agir vite et bien. L’occasion pour nous de découvrir l’inspectrice Kim Stone et son équipe, ainsi que de prendre place à leurs côtés. Mais si nous suivons l’inspectrice Stone, le récit met en parallèle la psychiatre Alexandra Thorne, dont une patiente confesse avoir tué son violeur. Elle s’appelle Ruth et, si elle avait du mal à se remettre du viol, elle semblait toutefois être sur la bonne voie. Kim Stone et son équipe vont alors chercher à comprendre ce qui a pu la pousser à passer à l’acte.
Nos monstres est un bon polar.
C’est un bon polar déjà parce que l’autrice, Angela Marsons, a su écrire ses personnages : ils sont collègues, parfois ami·es, ils ont des affinités ou n’en ont pas. L’inspectrice Stone et son équipe se concentrent avant tout sur leurs enquêtes mais tissent aussi des liens en dehors du boulot, s’inquiètent pour les un·es et les autres, etc. Alexandra Thorne, quant à elle, a une personnalité plus complexe, on a du mal à la cerner et à comprendre ses motivations, mais tout cela sonne juste dans ce roman. Pour ce qui est de Ruth et d’autres protagonistes secondaires, ils sont également bien construits ; quoique que nous les suivions moins, on ne peut s’empêcher de prendre parti pour ou contre eux. Finalement, seul le passé de l’inspectrice m’a semblé un peu cliché (le drame qui survient et qui fait que le héros ou l’héroïne devienne enquêteur·rice). Pourtant, cela ne m’a pas empêché de beaucoup apprécier Kim Stone et d’avoir envie de la suivre dans d’autres enquêtes ! Et cela tombe bien puisqu’un premier roman où on la suit existe déjà : Le pensionnat des innocentes.
Oui, vous avez bien lu ce que j’ai écrit : « un premier roman », ce qui veut dire que Nos monstres n’est pas le tome 1, c’est le deuxième. Avec Ibidouu, on a découvert cela alors que l’on avait déjà entamé notre lecture. Si nous avons d’abord été un peu agacées de ne pas avoir eu les informations sur la couverture, nous avons finalement constaté que cela n’était pas du tout dérangeant. Oui, on comprend bien qu’il y a eu des événements antérieurs, que les personnages se connaissent déjà depuis quelques temps, qu’ils ont vécu des choses… Mais comme dans beaucoup d’autres romans, finalement ; il est rare que l’on suive la vie d’un individu de son enfance au moment du récit, pourtant, cela ne nous empêche pas de les cerner et les apprécier. Et puis Angela Marsons nous fournit assez d’informations pour que l’on comprenne le passé de chacun·e, pour que l’on ne soit pas perdu·e ni frustré·e en lisant Nos monstres. Donc oui, c’est un tome 2 mais ça ne pose aucun problème. Vraiment aucun.
Les personnages portent ce livre, mais les enquêtes jouent aussi leur rôle. Pour la première, qui concerne le pédophile, on pourrait penser que c’est vite vu : le roman a à peine commencé qu’il est sous les barreaux. Sauf que c’est plus compliqué que cela et c’est là que la ténacité de Stone intervient. Je ne peux vous en dire plus mais, bien que cette enquête était entrecoupée par l’histoire de Ruth et de la psychiatre Thorne, bien que ce soit tout simplement monstrueux, je dois admettre avoir accroché, j’attendais l’évolution des pistes avec impatience. Pour ce qui est de la seconde enquête, elle était tout aussi bonne mais présentée différemment : on savait tout ou presque, mais la question était de savoir si Kim Stone allait découvrir le pot aux roses, si elle trouverait des preuves ou si seul son instinct suffirait (sachant que non, dans une enquête, l’instinct ne suffit pas pour coincer les criminels, ça rajoutait une interrogation quant à la conclusion). Ajoutez à cela des bribes du passé de l’inspectrice, qui créent là aussi un fil conducteur – toute une histoire en plus du récit principal – et vous obtenez un roman prenant, difficile à lâcher tant vous voulez connaître la suite. Et vous ai-je dit que l’autrice nous faisait nous tromper, à l’occasion, sur le(s) coupable(s) ? Non ? Eh bien voilà, c’est fait. Il y a toujours des choses un peu prévisibles dans un roman (une rencontre, une confrontation, etc.), mais Nos monstres propose aussi quelques surprises bienvenues et c’est plaisant.
Si le rythme du récit est globalement maîtrisé, on notera toutefois que l’une des enquêtes est bouclée un peu trop rapidement. Non pas qu’elle méritait forcément plus d’explications, toutefois une à trois pages supplémentaires n’auraient pas été de refus, histoire d’étayer un peu cette conclusion. Parce que s’il arrive que les enquêteurs et enquêtrices passent d’une affaire à une autre en un claquement de doigts, s’il arrive que certaines leur sortent rapidement de l’esprit car sans trop de gravité à leurs yeux, je suis ici surprise de découvrir que ladite enquête soit si vite achevée alors qu’elle a un certain impact sur Stone et son équipe. Mais bon, c’est un défaut minime et il serait fort dommage de s’arrêter dessus et de ne pas profiter de ce bon polar.
Petite anecdote de lecture : au début, Ibidouu et moi n’arrêtions pas de confondre Stone et Thorne car les lettres de leur nom son sensiblement les mêmes, et les noms ont des sonorités similaires. Heureusement, on a vite pris le pli et on ne s’est faites avoir qu’en discutant entre nous !

Je vous conseille donc Nos monstres d’Angela Marsons. L’autrice et son héroïne Kim Stone sont à suivre, cela ne fait aucun doute ! L’enquête est bien menée, on ressent toujours quelque chose pour les personnages (en bien comme en mal, aucun ne vous laissera indifférent·es), et je compte donc bien découvrir Le pensionnat des innocentes dans les mois à venir.
Bonne lecture à vous.

Nos monstres, Angela Marsons • Titre VO : Evil Games • Traduction : Laureline Chaplain • Belfond • 2021 (2015 pour la VO) • 400 pages • 21€ • Genre : polar, enquête, sociopathe • ISBN : 9782714482167

Ce livre participe au challenge Voix d’autrices.

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