Fullmetal Alchemist, tomes 1 à 7

Fullmetal Alchemist, tome 1 – Perfect

Résumé de l’éditeur :

En voulant ressusciter leur mère, Edward et Alphonse Elric utilisent une technique alchimique interdite : la transmutation humaine. Seulement, l’expérience tourne mal : Edward perd un bras et une jambe et Alphonse, son corps, son esprit se retrouvant prisonnier d’une armure. Devenu un alchimiste d’État, Edward, surnommé le Fullmetal Alchemist, se lance, avec l’aide de son frère, à la recherche de la pierre philosophale, seule chance de retrouver leurs corps. Les deux frères commencent à enquêter sur un homme étrange, « le fondateur », qui passe pour un faiseur de miracles…

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Mon avis :

J’ai découvert Fullmetal Alchemist il y a plus de quinze ans désormais. Un anime était alors diffusé à la télévision et je faisais en sorte de ne manquer aucun épisode. Par la suite, on m’a prêté le manga, bien différent de son adaptation ; l’œuvre originale n’était pas terminée et l’équipe travaillant sur l’anime avait donc fait des choix scénaristiques pour poursuivre et conclure le récit. Plus tard est alors sorti un nouvel anime, plus fidèle au manga, nommé Fullmetal Alchemist : Brotherhood. Le temps a passé et mon appréciation pour ces séries et ce manga n’a pas changé ; l’envie de relire le travail de Hiromu Arakawa, la mangaka a qui l’ont doit ce titre, était présente depuis un moment et j’ai profité de la nouvelle édition, Perfect, pour m’y remettre et avoir enfin le manga en ma possession, que je n’ai plus à l’emprunter. Mais avant de parler de cette réédition, parlons plutôt de l’histoire.
Edward et Alphonse Elric sont deux jeunes frères alchimistes. Le premier, alchimiste d’Etat connu sous le pseudonyme de Fullmetal Alchemist, a perdu un bras et une jambe, tandis que le second a perdu tout son corps. Ne reste de lui que son âme fixée à une armure. La raison à tout ceci est qu’ils ont tenté une transmutation humaine ; ils voulaient ramener leur mère à la vie. Depuis ce terrible échec, les deux garçons parcourent le pays dans l’espoir d’en apprendre plus sur la pierre philosophale, un artefact qui décuplerait les pouvoirs des alchimistes. Voici pour l’histoire de base. Mais ce qui, à mon sens, fait partiellement le succès et la réussite de ce manga, c’est que le récit ne se contente pas de cela et qu’il prend rapidement une certaine ampleur avec les guerres, les complots, l’Histoire du pays, quelques mystères bien épais comme je les aime. Et pour que tout cela tienne la route, on suit de nombreux personnages.
Ed et Al sont bien sûr les personnages principaux et, en tant qu’adolescents, ils permettent aux jeunes lecteurs et lectrices une certaine identification, ce qui aurait été plus compliqué si nous n’avions suivi que des adultes – en tout cas, ce fut le cas pour moi à l’époque, ayant alors à peu près l’âge des héros. Aussi, les deux frères apportent pas mal d’humour et de légèreté à ce titre qui s’avère parfois très sombre. Si Ed est le plus âgé, c’est aussi le plus petit, ce qui le complexe beaucoup ! Mais bon, comment rivaliser avec une armure qui doit atteindre presque deux mètres de hauteur ? Le problème est que les gens ont tendance à penser que le jeune prodige, l’alchimiste Fullmetal, est le plus grand des deux, avec son imposante carcasse de métal. Cela mène à pas mal de quiproquos qui, s’ils peuvent paraître répétitifs, sont toujours bienvenus et m’amusent franchement. Si les gags sur la taille sont si fréquents, c’est bien dû à la taille d’Alphons, bien sûr, mais également au caractère explosif de son frère. Pour autant, ces deux-là sont loins d’être des boute-en-train et leur quête est on ne peut plus sérieuse. Aussi, en écrivant ces lignes, je repense à la rencontre entre Al et Barry qui amène le garçon à se poser pas mal de questions et, autant vous le dire, ces pages ont été particulières à lire, amenant des interrogations intéressantes et justes. Mais nous y reviendrons plus tard, poursuivons plutôt avec quelques personnages importants de Fullmetal Alchemist (FMA).
Au cours de leurs aventures, Ed et Al rencontrent beaucoup de monde et les premières sont la vieille Pinako, qui a créé le bras et la jambe de métal pour Edward (des automails), et sa petit-fille, Winry, qui a le même âge que lui. Ces deux femmes font partie du socle de la vie des garçons, elles les aident à garder les pieds sur terre (et à rafistoler Ed à l’occasion). Si elles apparaissent peu au début, elles deviennent rapidement récurrentes ; c’est d’ailleurs par le biais de Winry que l’on va notamment apprendre à connaître Maes Hughes. Cet homme est lieutenant-colonel, il adore sa fille et c’est un grand soutien pour le colonel Roy Mustang, le Flame Alchemist (l’alchimiste de flamme). Ce dernier est le supérieur d’Edward Elric et brigue le poste de généralissime, à savoir le plus haut poste de pouvoir d’Amestris, le pays imaginaire dans lequel se déroule l’action. Il est par ailleurs entouré d’une équipe de choc, composée notamment de Riza Hawkeye, une snipeuse redoutable, que j’affectionne particulièrement. Déjà, comme beaucoup de personnages de FMA, elle a du style et elle est balèze mais, surtout, ce qui a fait basculé mon impression la concernant de « elle est super » à « je l’adore », c’est une discussion qu’elle a avec Winry. Il y a également Izumi, au caractère terrifiant mais au cœur d’or, le commandant Armstrong qui a en horreur la guerre bien qu’il soit militaire (et il n’est pas le seul dans ce cas), Havoc, Falman, Breda et Fuery qui forment une redoutable équipe avec Hawkeye et Mustang, etc. Et du côté des antagonistes, nous avons Scar, le tueur d’alchimistes, et nous avons surtout les très étranges Lust, Gluttony, Envy… Ces êtres au départ très mystérieux se révèlent petit à petit et viennent clairement assombrir le tableau, tant par leurs tenues noires que par leurs actions. Je ne vais pas vous faire la liste de tous les protagonistes, il y en a énormément ! Sachez juste que le manga n’est pas exempt de personnages nuancés, charismatiques (qu’ils soient gentils ou méchants, ou même un peu des deux), et qu’il ne manque pas de femmes fortes (et je ne parle pas forcément de force physique mais aussi de force morale). Bref, les femmes dans Fullmetal Alchemist sont géniales, de même que l’ensemble des personnages, en fait.
Mais alors, avec ces dizaines et dizaines de protagonistes, comment fait-on pour s’y retrouver ? Première chose très simple : Ed et Al sont, dans un premier temps, nos fils conducteurs, c’est à dire que c’est d’abord par leur biais que l’on fait la connaissance d’autres personnages. Par exemple, ils retrouvent le colonel Mustang ; par la suite, grâce à Mustang (puis Winry), on fait la connaissance du lieutenant-colonel Hughes. Avec ce dernier, on va apprendre à mieux connaître tel autre protagoniste croisé un peu plus tôt, etc. La mangaka pose parfaitement les bases pour que l’on puisse par la suite s’y retrouver aisément avec les « qui est qui ? », « qui entretient tels rapports avec qui ? », etc. Et puis… Et puis Hiromu Arakawa n’hésite pas non plus à en tuer. Bons ou mauvais, si cela sert l’intrigue, la mangaka élimine ses personnages, et c’est rarement d’une mort paisible. Le truc, c’est qu’ils soient antagonistes ou protagonistes, on s’y attache pas mal – voire beaucoup. Dernière façon de s’y retrouver, c’est grâce au dessin. Eh oui ! la mangaka a là aussi fait du bon boulot ; excepté les frères Elric, aucun ne se ressemble, tous les personnages ont au moins un trait particulier qui permet de les identifier rapidement, même si l’on ne voit d’eux qu’un bout de leur corps.
Vous l’aurez donc compris, j’aime beaucoup les personnages de Fullmetal Alchemist ; je les trouve attachants, bien construits, charismatiques pour les plus importants, relativement stylés pour les secondaires… A l’heure actuelle, je n’ai relu que les sept premiers tomes et je peux d’ores et déjà vous dire que j’apprécie aussi leur évolution ; entre les rencontres, les événements…, impossible pour eux de rester cantonner à ce qu’ils étaient alors au moment où nous en avons fait la connaissance. Alphonse ne peut rester le gentil petit garçon qui ne fait qu’aider les autres ; parce qu’il est avec son frère, il est obligé de faire des choix, de s’impliquer, et surtout d’ouvrir les yeux sur un monde loin d’être parfait. Winry ne peut rester chez elle à attendre qu’Edward vienne faire réparer ses automails, elle veut s’améliorer et voyage donc, et ses rencontres la changent. Mustang a beau être fixé sur son objectif, il y a des faits qu’il ne peut pas ignorer et il doit alors développer certaines qualités tout en maîtrisant au mieux certaines de ses envies. Etc. Toutefois, je n’aime pas tous les personnages – notamment certains vilains. Cela dit, il y a deux individus assez importants qui font leur apparition dans le tome 6 et, je dois bien l’admettre, si je ne m’y suis jamais vraiment attachée par le passé, je commence cette fois à mieux les appréhender et à avoir quelque affection pour l’un, à mieux comprendre l’autre. Comme quoi la relecture a du bien !
Je vous aurais bien parlé de l’histoire plus que ce que je ne l’ai fait plus haut, mais je pense avoir dit l’essentiel tout en ne faisant aucune révélation importante – juste ce qu’il faut pour vous donner un aperçu. Je peux ajouter que, au cours de ces sept premiers volumes, l’histoire avance d’un bon rythme, on ne s’ennuie jamais et une sorte de tension monte crescendo ; si les sixième et septième tomes font en quelque sorte office de transition, ils n’en sont pas moins foisonnants et tout aussi rythmés que les précédents. Arrivé à ce moment de la série, nous connaissons bien l’univers, les personnages et leurs désirs, et la mangaka peut alors se permettre de venir bouleverser tout cela pour donner encore plus d’ampleur à son récit. Ce dernier aborde de nombreux thèmes, et pas des moindres : le deuil, les guerres, la vengeance, quelques questions philosophiques (loin d’être les plus joyeuses, croyez-moi), et pourtant Fullmetal Alchemist ne va pas vous plomber votre bonne humeur – pas trop, en tout cas. Je vous ai parlé des gags sur la taille d’Edward, mais il n’y a pas que cela et l’humour est souvent présent, sans jamais être invasif (ou si peu). Il vient alléger un poil certaines scènes, toutefois, pour d’autres, il reste bien à l’écart, nous plongeant dans un torrent d’émotions.
Je ne vous ai pas encore parlé de l’univers. Le peu dont je vous ai distillé quelques informations, c’est à propos de l’alchimie, de l’armée…, mais à quoi ça ressemble, tout ça ? Eh bien ça a un côté steampunk de part l’allure des personnages, que ce soit les membres de l’armée ou le bras et la jambe mécanique d’Edward. Pourtant, en dehors de ces éléments et de l’alchimie, ça pourrait ressembler à l’Europe de la fin du XIXe siècle, début XXe. Les trajets se font beaucoup en train ou en calèche, il y a du travail dans les mines, quelques grandes villes… L’ensemble est très réussi, je trouve.
Pour terminer, parlons un peu de cette édition Perfect. Ça va être rapide : le format est bien plus grand que celui d’un manga classique, les jaquettes qui recouvrent les couvertures ont quelques effets de brillance et, quant aux couvertures elles-mêmes, elles nous proposent des croquis accompagnés d’annotations d’Hiromu Arakawa. Cette réédition se permet une nouvelle traduction ; n’ayant pas les anciens tomes sous la main, je ne peux pas dire si ça change beaucoup, mais sachez que ça se lit très bien et que, quitte à faire une nouvelle édition plus de quinze ans après la première, c’est bien d’en avoir profiter pour mettre à jour la traduction. Notons également la qualité du papier qui est très blanc et contraste donc parfaitement avec le noir, et il y a très peu de transparence, ce qui permet d’apprécier pleinement les planches. D’ailleurs, certaines ouvertures de chapitres sont en couleur et c’est un plaisir pour les yeux ! Le seul point négatif, ce sont les traces de doigts qui apparaissent sur le noir des pages, quand bien même vous avez les mains propres et sèches. Cela dit, en faisant attention, vous ne devriez pas avoir de souci de ce côté-là. Notons que chacun des tomes est vendu un peu moins de 12€ et que, pour une telle édition, c’est vraiment un très bon rapport qualité/prix, je suis ravie que les éditions Kurokawa nous proposent de tels ouvrages !

Pour conclure brièvement parce que c’est déjà assez long, j’ai adoré redécouvrir ces sept premiers tomes de Fullmetal Alchemist. Si certains événements arrivent bien plus tôt que dans mon souvenir, force est de constater que l’ensemble est maîtrisé, tant dans le rythme que dans la narration, et sans oublier non plus le dessin – toujours un plaisir. Cette relecture me rappelle pourquoi ce manga a tant de succès.
Amateurs et amatrices d’aventure, d’action, de secrets, d’émotions…, Fullmetal Alchemist est pour vous !

Fullmetal Alchemist, Hiromu Arakawa • Titre VO : Fullmetal Alchemist Kanzenban  Traduction : Fabien Vautrin et Maiko_O Kurokawa • 2011 (VO) • environ 270 pages/tome • 11,90€/tome • Genre : manga, alchimie, frères • ISBN : 9782368529904

Ce livre participe au challenge Des histoires et des bulles.
Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.
Ce livre participe au challenge Voix d’autrices.

 

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