Les aventurières du ciel

Les aventurières du ciel

Quatrième de couverture :

« Beryl Markham, Adrienne Bolland, Hélène Boucher, Maryse Hilsz, Bessy Coleman, Maryse Bastié : six noms d’aviatrices exceptionnelles parmi une centaine qui, entre les deux guerres mondiales, occupèrent une place de premier plan dans ce que l’on appela plus tard “l’époque héroïque de l’aviation” – une époque correspondant, et ce n’est pas un hasard, aux années folles et aux premiers mouvements d’émancipation des femmes.
Katell Faria nous livre ici les portraits saisissants de ces héroïnes des temps modernes, nous contant leurs exploits inouïs, leurs peines et leurs joies, mais aussi leurs amours et leur fin parfois tragique, les faisant exister à nouveau devant nous par la grâce de l’écriture. »

Patrice Franceschi

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Mon avis :

Au début du XXe siècle, l’aviation en était à ses débuts et la course aux exploits faisait rage – une course nécessaire pour faire progresser l’aéronautique. Si l’on se souvient d’hommes tels que Mermoz et Saint-Exupéry, on a malheureusement et injustement oublié les grandes aviatrices. Katell Faria nous propose ici d’en (re)découvrir six – six femmes au destin extraordinaire.
Les aventurières du ciel s’ouvre avec Adrienne Bolland qui, a seulement 25 ans, accomplit l’exploit de survoler la cordillère des Andes, lieu où de nombreux aviateurs ont trouvé la mort. Si ce n’est pas son seul fait d’arme, c’est certainement le plus connu puisqu’elle a réussi là où beaucoup ont échoué, mais aussi parce qu’elle finira par avouer avoir suivi les conseils d’une médium (cette révélation ne viendra que des années plus tard et n’enlève rien à sa prouesse).
Vient ensuite la Kenyane (d’origine anglaise) Beryl Markham. Si elle était connue pour ses aventures amoureuses, elle mérite surtout de rester en mémoire pour sa liberté et pour son parcours. D’entraîneuse de chevaux à pilote, il n’y a eu pour elle qu’un pas qu’elle a aisément franchi. L’un de ses faits les plus marquants est la traversée d’est en ouest qu’elle a fait de l’océan Atlantique, et ce seule (pas de co-pilote, pas de mécanicien… elle était livrée à elle-même).
Hélène Boucher, tout comme Bolland, fait partie de ces aviatrices dont j’avais déjà entendu parlé : des pionnières de l’aviation françaises menant des combats féministes. En lisant le livre de Faria, j’ai découvert qu’Hélène Boucher était un véritable prodige du pilotage, mais qu’elle était également morte très jeune (26 ans) lors d’un vol d’entraînement.
Autre Française présentée dans Les aventurières du ciel : Maryse Bastié. Elle aussi a accompli des exploits, battu des records, etc. Si elle est encore vaguement connue aujourd’hui, c’est notamment pour son engagement dans la Résistance ; à défaut d’avoir pu mettre en place une « phalange féminine » au sein de l’armée, elle a lutté comme elle a pu. A la Libération, elle intègrera enfin l’Armée de l’air.
Bessie Coleman était une femme d’origine afro-américaine et amérindienne. Si, de même qu’Hélène Boucher, elle connaît une triste fin, cette aviatrice aura permis à nombre de personnes racisées qu’elles étaient tout aussi capables que les Blanc·hes, et ce qu’importe le domaine. Cela dit, l’apprentissage de l’aviation ne s’est pas fait sans mal ; Coleman a dû partir en France pour pouvoir apprendre : aux Etats-Unis, étant Noire et femme, il était impensable qu’elle puisse découvrir l’art du pilotage. Elle finira toutefois par devenir une véritable star, connue pour ses acrobaties aériennes qui, semble-t-il, devaient être extraordinaires.
Enfin, le livre se termine avec le portrait de Maryse Hilsz. Au côté de Bastié, pendant la Guerre, elle aura convoyé nombre d’avions au front mais, de cette aviatrice, on retiendra aussi son talent. Elle a commencé en tant que parachutiste (pour faire des démonstrations, des spectacles qui pouvaient s’avérer très dangereux – à l’époque, la sécurité n’était pas telle qu’elle est aujourd’hui) avant de devenir une pilote remarquable, battant de nombreux records (de hauteur, de distance…).
Le point commun entre ces six femmes, en dehors d’avoir été d’incroyables aviatrices, c’est qu’elles ont dû batailler pour se faire respecter, pour qu’on leur donne les mêmes chances qu’à leurs confrères masculins ; elles ont dû lutter contre les préjugés, qu’ils soient sexistes ou racistes. Mais aussi, malgré leur passion et les records, malgré leur investissement, la gloire n’a été que très peu présente. D’ailleurs même au faîte de la gloire, les gens n’étaient pas très emballés à l’idée de faire ainsi travailler des femmes, de les laisser piloter des avions qu’ils pensaient bien trop compliqués à manœuvrer pour de faibles femmes. Raison de plus pour ne pas oublier ces femmes qui ont lutté toute leur vie et qui ont été des aviatrices d’exception.
Notons que, s’il s’agit d’un recueil de six biographies, ce livre n’en reste pas moins très prenant. Je sais que, lorsque l’on parle de biographies, pas mal de monde a tendance à penser à un genre littéraire plutôt barbant, parfois écrit dans un style pompeux ou que sais-je encore. Mais ce n’est pas le cas ici. On parle d’aventurières et Katell Faria a donc pris le parti de nous présenter les vies de ces femmes un peu comme des romans d’aventures : il y a de l’action, des exploits, de la tension… L’autrice n’oublie toutefois pas qu’il s’agit aussi et surtout de parler de vraies héroïnes mais, justement, elle les présente ainsi : comme les héroïnes qu’elles ont été – fougueuses, passionnées, déterminées.

Pour conclure cette chronique, et si vous n’êtes pas déjà convainu·es de lire Les aventurières du ciel, je vous laisse avec les retours de ma mère et de mes sœurs – ils disent tout :

« Tout le monde doit le lire », ma mère
« Incroyable », ma sœur
« J’ai trop de trucs à lire », mon autre sœur (qui ne l’a donc pas encore lu)

Les aventurières du ciel, Katell Faria Editions Points • 2021 • 318 pages • 11€ • Genre : biographies, aviatrices, aventure • ISBN : 9782757889879

 

12 réflexions sur “Les aventurières du ciel

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