Sex and the Series

Sex and the séries – Sexualités féminines, une révolution télévisuelle

Quatrième de couverture :

 Dévorées dans l’intimité, les séries révèlent nos désirs, nos peurs les plus profondes, nos fantasmes et nos tabous. Grâce à la multiplication des personnages de femmes complexes depuis les années 2000, les séries mettent en scène des sexualités féminines qui évoluent sans cesse. De Sex and the City, Friends et Buffy à Girls, Masters of Sex, Orange is the New Black ou bien Transparent, elles osent enfin montrer ce dont nos sociétés occidentales ont encore parfois du mal à parler.

De la morsure de vampire au cunnilingus, de la défloration au BDSM, Sex and the Series s’empare d’images marquantes pour interroger certains concepts comme le male gaze ou la capacité d’agir et met en perspective la représentation de l’orgasme féminin, du consentement ou encore de la lesbienne butch. À  travers quatre thématiques – la parole, le plaisir, les violences et les sexualités queer – Iris Brey analyse comment les séries américaines, en s’éloignant des images porno et du cinéma, permettent de changer notre perception des sexualités et d’enclencher même une révolution télévisuelle.

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Mon avis :

J’ai récemment lu Sex and the Series d’Iris Brey, un essai qui parle de la sexualité des femmes dans les séries télévisées américaines. C’est assez spécifique, je vous l’accorde, mais la raison en est simple : les séries TV américaines sont plus universelles que les françaises, et leur façon d’aborder le sujet est très différente. Pour le coup, je ne m’y connais pas assez en séries pour dire si ce choix est plus pertinent ou non ; tout ce que j’en sais, c’est que Sex and the Series est vraiment intéressant à lire. Mais commençons par ce qui ne va pas.
Le point négatif de cet ouvrage, ce sont les bien trop nombreuses coquilles – à se demander si le texte a été relu avant publication. Il n’y a certes rien qui empêche la compréhension du propos, mais ça n’en reste pas moins assez désagréable pour moi en tant que lectrice (et vous connaissant, je sais que je ne suis pas la seule). Toutefois, le propos présenté dans Sex and the Series est suffisamment pertinent pour passer outre – il serait dommage de ne pas le lire.
Malgré les lacunes d’écritures que l’on peut trouver dans ce livre, on ne peut pas nier que les scènes de séries TV prises en exemples sont bien décrites. J’ai en effet pu en juger connaissant certaines de ces séries (Orange is the New Black, Buffy, Game of Thrones) mais aussi parce que je ne les connaissais pas (Sex and the City, Transparent, Masters of Sex, etc.) ; telles que les scènes sont décrites, j’ai aisément pu les visualiser et comprendre le propos soulevé par l’autrice, pourquoi elle avait choisi d’en parler.
Sex and the Series parle de nombreux sujets, tous liés à la sexualité des femmes. L’ouvrage s’ouvre d’ailleurs sur le langage, qu’il soit parlé ou visuel, et sur son importance et l’importance de nommer les choses. D’emblée, on sait qu’il sera question de cul, de plaisir, de masturbation mais aussi de violences ; pas de tabou pour Iris Brey, il faut en parler, et elle a raison. La violence, c’est un sacré morceau : il est question de viol, d’avortement (les deux ne sont pas forcément liés, quoique cela puisse arriver), de BDSM (où la douleur et la domination sont attendues), mais on nous parle aussi de la violence que ressentent les hommes ; quand la compagne avorte, quand elle prend du plaisir avec un·e autre ou avec un sextoy, etc. C’est alors, pour l’homme filmé, une perte de son pouvoir . Ce que nous dit Brey, c’est que le patriarcat fait autant de mal aux femmes qu’aux hommes, bien que cela soit très différent. Ce qu’elle nous dit également, c’est que les séries télévisées sont une image de la société, mais qu’elles peuvent aussi être à l’avant-garde de la société, par exemple en nous proposant justement des femmes désirantes, assumant pleinement leur sexualité, ou en nous montrant de façon positive des personnages queers. Ainsi The L Word et OITNB, même si ce n’est pas toujours parfait, nous ont offert des personnages lesbiens, trans, et viennent bousculer la norme hétéropatriarcale avec ces représentations. En lisant Sex and the Series, en repensant à de vieilles séries et en en regardant d’autres plus actuelles, on constate que ces représentations ne cessent d’évoluer vers quelque chose de plus inclusif, et ce d’une façon très large. Et comme il est bon d’avoir des modèles positifs, c’est d’autant plus important.
Si vous connaissez un peu le sujet, vous vous doutez qu’il est aussi question du male gaze – ce qui est montré d’un point de vue masculin (et hétérosexuel). Ce concept n’est pas nouveau (1975) mais, pour ma part, je n’en ai entendu parler qu’à la sortie du livre d’Iris Brey, en 2016. Comme j’ai revu Portrait de la jeune fille en feu quelques semaines après avoir terminé Sex and the Series, autant vous dire que ça a été une sacrée leçon d’opposition : le male gaze, on connaît très bien, c’est présent partout (films, séries, romans, bandes dessinées, publicités…) et ce depuis des lustres, alors que le female gaze, c’est quand même sacrément moins fréquent. Et pour le coup, le film de Céline Sciamma est pour moi une véritable référence : le point de vue des femmes n’est pas bêtement l’inverse de celui des hommes, c’est une chose radicalement différente (petite parenthèse : une femme peut faire un film plein de male gaze, tout comme un homme peut aussi faire un film plein de female gaze – l’un n’empêchae pas l’autre).
Une amie me faisait remarquer que le livre manque peut-être parfois de profondeur, mais ça n’en reste pas moins une très bonne introduction pour parler des femmes et de leurs sexualités dans les séries. Moi qui ne connais que peu les séries dont il est question dans cet essai, ayant regardé celles que j’ai vues surtout pour me divertir et donc sans les analyser, ça m’a permis de mettre le doigt sur certaines choses et, désormais, il est indéniable que je regarderai avec plus d’attention tout cela – j’ai déjà commencé avec les films, à dire vrai, grâce à la chaîne Demoiselles d’horreur

Au final, nous avons là un essai au propos intéressant, qui nous permet de découvrir des scènes – parfois emblématiques – sous un nouveau jour et qui, surtout, interroge sur notre vision de la sexualité des femmes.
Sex and the Series, bien qu’il pêche sur certains points, est à lire et à partager.

Sex and he Series, Iris Brey Soap Editions • 2016 • 240 pages • 18,90€ • Genre : essai, sexualités féminines, féminisme • ISBN : 9782823613995

 

14 réflexions sur “Sex and the Series

    • LadyButterfly dit :

      La réponse ? Les maisons d’éditions n’ont plus envie de payer des correcteurs et correctrices, tout simplement. Du coup, ça devient très difficile de trouver du boulot dans ce métier (pas bien payé, en plus). Et le résultat, ce sont des livres bourrés de fautes ou de coquilles. Mais selon certains éditeurs/éditrices,(je cite à peu près) : « les gens aujourd’hui ne s’arrêtent plus à ces détails ».
      — Je suis allée il y peu d’années à un colloque pro sur le métier de correcteur/correctrice (et je connais un peu le milieu de l’édition)–

      Aimé par 1 personne

      • Ma Lecturothèque dit :

        Je comprends l’histoire du budget, mais faut arrêter de se moquer du monde – et, si, les gens s’arrêtent encore à ce genre de détail (ou alors ce sont des personnes qui ont des difficultés pour écrire et donc ne repèrent pas les fautes, et la faute, justement, en incombe partiellement à ces ME ; ne dit-on pas qu’on apprend à bien écrire en lisant?).

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