Les années douces

Les années douces

Résumé de l’éditeur :

Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Et c’est insensiblement, presque à leur cœur défendant, qu’au fil des rencontres les liens se resserrent entre eux. La cueillette des champignons. Les poussins achetés au marché. La fête des fleurs. Les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne… Ces histoires sont tellement simples qu’il est difficile de dire pourquoi on ne peut les quitter. Peut-être est-ce l’air du bonheur qu’on y respire, celui des choses non pas ordinaires, mais si ténues qu’elles se volatilisent quand on essaie de les toucher. Ce livre agit comme un charme, il capte en plein vol la douceur de la vie avant qu’elle ne s’enfuie.

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Mon avis :

Ce roman porte très bien son titre. En effet, le récit se déroule sur plusieurs années et tout est d’une grande douceur.
Les années douces raconte l’histoire de Tsukiko, une jeune femme ayant la trentaine. Elle a pour habitude de boire un verre dans un petit restaurant, voire d’y manger. Un jour, elle se rend compte qu’un homme qu’elle y croise régulièrement n’est nul autre que son ancien professeur de japonais. La conversation s’engage et, au fil de leurs rencontres imprévues, des liens se tissent, comblant les solitudes.
La première chose qui m’a frappée dans ce roman, ce sont les temps employés pour nous narrer l’histoire. En effet, le passé et le présent se mélangent régulièrement, sans crier gare, et cela m’a tout d’abord un peu perturbée car je n’en ai pas l’habitude. Finalement, au bout de quelques pages, je m’y suis habituée, d’autant plus que cela participe à l’atmosphère générale du livre. Celle-ci est pleine de douceur, comme je l’évoquais plus haut, en partie grâce à l’histoire mais aussi grâce à la narration. Il y a également quelque chose de beau et de poétique ; peut-être n’est-ce qu’une question de sensibilité, mais ça m’a touchée.
Les années douces, c’est l’histoire de deux âmes esseulées qui vont se rejoindre et vivre diverses choses ensemble – des choses banales, qui pourtant nous emportent dans le récit. Je veux dire, la cueillette de champignons, par exemple, ça n’a rien d’extraordinaire, mais c’est justement la magie qu’exerce le roman de Hiromi Kawakami, transformant l’anecdotique, l’ordinaire, en quelque chose de réconfortant, d’intimiste et de fabuleux à lire. On se retrouve là, avec Tsukiko qui nous raconte ces petits moments du quotidien, et on a l’impression de se retrouver dans un cocon, de vivre les choses avec les personnages, comme si nous étions dans la poche de l’un d’entre eux. Et cela marche aussi bien avec les bons moments comme avec les mauvais. J’ai essayer de définir ce qui m’avait tant plu là-dedans avant d’écrire ce retour, mais je n’ai pas très bien réussi. Disons qu’il y a de l’universel dans tout ça, et que les émotions du quotidien, de la solitude des êtres, sont bien retranscrites. Ce roman m’a parlé.
J’émets toutefois un bémol, même si j’ai beaucoup aimé Les années douces. Et comme je ne veux pas vous spoiler, je vous laisse surligner le passage suivant si cela vous intéresse : Tsukiko et le professeur, à force de se fréquenter, finissent par éprouver des sentiments amoureux l’un·e pour l’autre. Quoi de plus normal pour deux personnes seules qui s’apprécient et vivent de chouettes choses ensemble ? Sauf que ces deux-là ont une bonne trentaine d’années de différence et que chacun de ces personnages aurait pu se tourner vers quelqu’un·e d’un âge similaire au sien. De base, les différences d’âge, ça me fait ni chaud ni froid, ça dépend tellement des gens ! Mais je pense que j’en ai marre de voir des récits avec un homme beaucoup plus vieux que la femme, sans aucune remise en question parce que l’amour, c’est merveilleux. Donc voilà, d’un côté, ça ne me gêne pas, et de l’autre ça me pose un sérieux problème – c’est un ressenti très ambivalent.

Au final, malgré cette chose qui me chiffonne, je dois bien admettre que j’ai passé un très bon moment de lecture ; de la douceur, de la poésie, la solitude qui se conjugue aux émotions du quotidien… Tout était réuni pour que Les années douces de Hiromi Kawakami me plaise, et ça a en effet bien fonctionné avec moi.

Les années douces, Hiromi Kawakami Titre VO : Sensei no kaban Traduction : Elisabeth Suetsugu Editions Picquier • 2003 (VO) • 284 pages • 7,60€ • Genre : roman contemporain, Japon, solitude • ISBN : 9782877307659

Ce livre participe au challenge Voix d’autrices.

12 réflexions sur “Les années douces

    • Ma Lecturothèque dit :

      Je te rassure, tu n’as pas à avoir peur 😉 Sans divulgacher, disons que c’est un élément qui serait passé inaperçue il y a quelques années, mais la société évolue et c’est quelque chose qui pose désormais question. Mais rien de réprimandable ou quoi, le roman conserve sa douceur et sa beauté malgré cela.

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