Bienvenue à Perfect City

Bienvenue à Perfect City

Résumé de l’éditeur :

Et si les murs avaient des yeux ?

Qui voudrait vivre dans une ville où tout le monde porte des lunettes pour ne pas devenir aveugle ?
Personne, n’est-ce pas ?
Pourtant, Violet n’a pas le choix. Ses parents l’ont obligée à emménager à Perfect City, la ville où tout est parfait… sauf la vue de ses habitants !
Mais, très vite, la jeune fille se rend compte que les soucis ophtalmologiques ne sont pas les seuls problèmes à Perfect City. Et la vie n’y est pas aussi génial qu’on voudrait bien le faire croire…
[…]

.
Mon avis :

Je ne sais pas qui cela surprendra, mais j’ai craqué en voyant la couverture ; j’adore le style graphique, on sent que le personnage central est épié de tous les côtés avec les fleurs, les maisons qui ont quelque chose d’oppressant, et parce que la jeune fille se retrouve comme emprisonnée dans un œil géant dont elle serait l’iris. L’harmonie des couleurs m’a également beaucoup plu – cette première de couverture a tout bon. Par la suite, quand j’ai lu la quatrième de couverture, j’ai été confortée dans ma première impression : il y a des choses étranges, bien mystérieuses, qui se passent à Perfect City, et cela ne concerne pas que la vision défaillante de ses habitant·es.
Violet vient d’emménager avec ses parents à Perfect City, la ville où tout est parfait (ou presque, donc). Mais dès son arrivée, elle croit entendre un rire alors qu’elle ne voit personne. Par la suite, elle va se sentir de plus en plus mal à l’aise, sans réellement savoir pourquoi. Plus tard, elle fait la rencontre de Kid, un orphelin, qui lui révèle alors des choses bien étranges ; c’est difficile d’y croire, pourtant, elle doit bien l’admettre, tout ne tourne pas rond dans cette paisible ville.
Honnêtement, je pense que j’aurais adoré cette lecture plus jeune. A mon âge, j’ai tout de même apprécié et je me suis plongée sans problème dans ce roman d’Helena Duggan. Il faut dire que les visuels en début de chapitre aident à plonger dans l’univers, de même que la couverture, mais c’est aussi que la lecture nous donne presque à voir les scènes : elles sont assez imagées mais pas trop, de quoi justement nous laisser imaginer en partie les lieux, les protagonistes…
En parlant des personnages, j’ai franchement bien apprécié le duo que forment Violet et Kid, qui est dynamique et équilibré. La première découvre la ville, le second la connaît par cœur ; quand l’une veut foncer tête baisser, l’autre la retient, et inversement ; etc. En ce qui concerne les mères de famille, je les imaginais telles des Bree Van de Kamp. Je pense que je vieillissais trop William à certains moments, pourtant j’avais bien en tête sa fougue et son ingéniosité. Quant aux frères Archers, ils sont clairement caricaturaux mais, comme ils étaient pour moi des personnages quelque peu tirés de l’univers de Tim Burton, et comme le roman est à destination de jeunes ados, ça ne pose pas vraiment problème. C’est certes dommage qu’ils manquent de subtilité et de profondeur, mais ils ne sont pas les héros de Bienvenue à Perfect City. A contrario de ces deux-là, Violet et Kid ne manquent pas de nuance, sont parfois faillibles, blessant·es, mais aussi de solides enfants, amicaux et courageux.
J’en viens à ce qui m’a chagrinée quelque peu, avant de finir par relativiser : à Perfect City, les mères parfaites sont femmes au foyer, font des gâteaux, le ménage, se réunissent dans des clubs de lectures… ; à Perfect City, les enfants lèvent le doigt pour demander à ramasser leur crayon, jouent d’une façon très cadrée, etc. Au début, je me suis dit : « ah bah tiens, sympa, on se croirait encore dans les années 1950 avec une telle représentation des femmes ». J’étais un peu sur les fesses, je ne m’attendais pas à ça dans un roman si récent. Et puis, comme Violet, j’ai cogité : c’est une vision des femmes idéalisée par certains individus, ce n’est absolument pas le message du bouquin. Et justement, la conclusion vient appuyer le propos : notre perfection est aussi faite de nos défauts.

Bienvenue à Perfect City, c’est un roman avec du mystère, de l’aventure, de l’action… Mais c’est aussi un roman qui prône l’entraide, l’imagination, l’individualité de chacun·e. Si l’on ajoute à cela l’ambiance et l’univers trop parfaits mais si géniaux de Perfect City et les chouettes personnages, nul doute que ce livre plaira à nos jeunes lecteur·rices adoré·es, mais aussi à des moins jeunes !
Donc, c’est vrai, je n’ai pas été aussi enchantée que je le pensais en commençant ma lecture, mais j’ai tout de même passé un bon moment en compagnie de Violet, bien que je ne sois pas le public visé par cette lecture. Ça a été une bonne découverte et je vous invite donc à plonger dans cette étrange aventure.

Bienvenue à Perfect City, Helena Duggan Titre VO : A Place Called Perfect Traduction : Camille Cosson Fleurus • 2021 (VO 2017) • 371 pages • 15,90€ • Genre : roman jeunesse, mystère, aventure • ISBN : 9782215166061

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

8 réflexions sur “Bienvenue à Perfect City

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