Premières lignes #307

Bien le bonjour !
Pour ce nouveau rendez-vous des Premières lignes, je vous propose un roman jeunesse qui est sorti fin janvier : La revanche des méchants. Le titre et la couverture me plaisent beaucoup ! Bon, je me doute que ce ne seront pas des méchants si méchants que cela, mais c’est peut-être l’occasion de parler du jugement des apparences – on verra bien quand je le lirai !
Pour le coup, je ne suis pas des phrase super courtes, d’autant plus qu’il n’y a pratiquement que ça, mais j’ai bien envie de faire plus ample connaissance avec Lycie et Bérénice.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Chapitre 1

Un calendrier au poil

 

Ça y est ! Elle a encore hurlé, perdu le contrôle.
Lycie est debout devant toute la classe, les poings serrés, les articulations blanchies, les épaules tremblantes à force d’être crispées.
Elle sait qu’elle est sans doute d’un rouge pivoine.
Un long frisson la traverse et elle sent les poils de ses avant-bras se hérisser.
Qu’est-ce qui a bien pu la mettre dans cet état ?
En cet instant, elle ne s’en souvient même plus. Il n’y a que la colère.
Non : la rage.
Dans ces moments-là, elle se sent prête à mordre quelqu’un.
Ah oui : c’est encore Hachem qui l’a poussée à bout. Il a fait des remarques désagréables, des petits commentaires.
Et maintenant, elle se paie l’affiche devant tout le monde. Monsieur Ponchon, le professeur de français, semble stupéfait. Il est nouveau dans le collège. Il ne la connaît pas encore.
– Mais enfin, Lycie ! s’exclame-t-il. Ce n’est pas une manière de se comporter en classe !
Elle le sait très bien. Elle ne peut juste pas s’en empêcher. Il suffit parfois d’un rien pour qu’elle se transforme en animal sauvage. Le pire, c’est que, dans ces cas-là, elle s’en prend même à sa seul véritable amie, Bérénice.
Lycie reste donc toujours debout, la tête baissée, raide, les mâchoires contractées.
– Fais attention, Da Silva, tu baves, remarque Hachem en désignant la commissure de ses lèvres.
La classe de 5e B éclate de rire. Même Monsieur Ponchon ne peut retenir un sourire. Finalement, ce n’est pas plus mal, la plaisanterie de Hachem a détendu l’atmosphère.
Bérénice pousse un soupir et remet en place la table que Lycie a renversé en se dressant comme propulsée par un ressort. Lycie a honte de ne pas pouvoir l’aider mais elle utilise toute son énergie pour ne pas se rouler par terre en poussant des cris de bête.
Enfin, Bérénice a reposé la trousse sur le bureau. D’une main douce mais ferme, elle appuie sur l’épaule de sa camarade pour la forcer à se rasseoir. Les genoux de Lycie résistent comme une porte rouillée.
Finalement, elle repose ses fesses sur sa chaise.
L’incident est clos. On peut reprendre le cours de français.

La revanche des méchants, Fabien Clavel, 2022.

La revanche des méchants

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