Malou dit Vrai

Malou dit Vrai

Quatrième de couverture :

Sur la place du marché, On raconte que la ville fut bâtie sur des strates d’histoires, et les rues tracées par des géants. On raconte aussi qu’Ivraie est née sur un tas d’ordures lors d’une nuit d’orage ; qu’il fut un temps lointain où Malou la sorcière était Reine.
On murmure à qui veut le croire que dans la Salle Ouverte aux Quatre Vents, le Vieux Roi a quitté son trône et marche vers sa mort, égrenant derrière lui la promesse de vœux exaucés, et qu’un Jeune Prétendant naîtra de la mer pour faire advenir un nouveau cycle.
Entre ombre et lumière, comme un jeu de piste à travers les pages, Malou dit Vrai est une immersion dans les « On-dit » et les « non-dits » pour mieux comprendre leurs mensonges et leurs vérités.
Plongez dans le dédale pour percer les secrets de familles qui empoisonnent Ivraie et l’entravent dans ces histoires qui constituent son héritage.

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Mon avis :

J’ai grandement apprécié ma lecture mais je dois vous prévenir, Malou dit Vrai n’est pas un roman à la portée de tout le monde.
Nous suivons ici la jeune Ivraie, rebut abandonné et adopté en guise de servante par la vieille sorcière Malou, sorcière des mots, sorcière des histoires. Cette dernière n’est pas seule à manier les phrases, à savoir où trancher pour mieux reformuler, où débiter pour mieux assembler ou rassembler les mots. On est un camelot et On raconte aussi beaucoup de récits ; il en fait pour tous les goûts, du romantisme le plus beau aux combats les plus héroïques, mettant de côté ce que les gens ne veulent pas entendre.
Malou dit Vrai est un roman sur l’art de narrer et le pouvoir des mots y prend tout son sens ; il y prend corps. Et, dès les premières pages, j’ai été conquise par l’écriture de Gwen Guilyn et par la narration à la troisième personne qui, occasionnellement, passe à la deuxième personne, nous interrogeant : qui s’adresse alors à Ivraie ? L’autrice ? Nous, peut-être ? Ou bien une autre personne ? Et c’est ainsi que l’on se plonge dans l’histoire, en savourant l’écriture et en suivant simplement la jeune Ivraie. Mais alors, petit à petit, se tisse quelque chose de plus grand ; la prophétie annonçant le retour du Vieux Roi qui devrait affronter un Jeune Prétendant venu de la mer. Un récit qui s’étoffe et nous en dit de plus en plus sur la sorcière. Et se faufilant à travers ces lignes, Ivraie reste là – notre fil d’Ariane dans ce texte. Nous découvrons Malou par le regard de sa servante et, de plus en plus, cette dernière gagne en épaisseur, grandit sous nos yeux. Elle dont toute personnalité, tout désir, étaient effacés par sa maîtresse, nous la voyons s’incarner, prendre chair et se trouver une histoire bien à elle.

Malou dit Vrai ne plaira pas à tout le monde ; c’est un roman qui est, d’une certaine façon, exigeant, qui vous demandera de vous dépouiller de vos habitudes de lecture. C’est une histoire sur les histoires. Pourtant, et malgré quelques petits défauts que l’on pourrait lui trouver, il serait bien dommage de passer à côté alors je vous encourage chaudement à le découvrir.
Bonne lecture à vous.

Malou dit Vrai, Gwen Guilyn Les éditions du Panseur • 2021 • 265 pages• 16,50€ • Genre : fantasy, narration, conte

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

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