Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice, 1877-1879

Camille Claudel, journal d’une apprentie sculptrice, 1877 – 1879

Quatrième de couverture :

Partagez le journal intime de Camille et découvrez sa vocation de sculptrice.

«En plus d’un corps disgracieux, j’ai un autre défaut qui met en rage notre mère: je suis fascinée par la sculpture, mais cet art est réservé aux hommes. Une jeune fille peut s’intéresser à la peinture ou au dessin de fleurs, de paysages, mais je ne suis pas habile avec un pinceau. Moi, ce que j’aime, c’est sentir la matière que je travaille dans mes mains, malaxer la glaise jusqu’à obtenir une silhouette. Un corps, un animal, des muscles dans l’effort…».

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Mon avis :

Présenté comme le journal intime de l’artiste Camille Claudel, ce roman jeunesse est en vérité une biographie fictionnelle. Nous y suivons la future grande sculptrice durant deux ans, juste avant qu’elle ne devienne l’élève d’Alfred Boucher.
N’allons pas par quatre chemins : j’ai bien aimé ce livre. Il n’est pas parfait car il est parfois un peu trop fictionnel, j’ai l’impression ; il y a un moment où la jeune Camille se prête à l’exercice d’imaginer une sculpture monumentale qui, dans sa description, n’est nulle autre que la Statue de la Liberté. Or le projet de cette œuvre débuta durant l’enfance de Camille Claudel. Il se trouve que, en lisant Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice, 1877-1879, j’ai eu un doute et j’ai donc été vérifier sur Internet, au cas où. Les bémols s’arrêtent là pour moi. Pour le reste, je dois bien dire que je suis ravie qu’un roman fasse connaître cette artiste aux jeunes.
Le problème avec Camille Claudel, comme avec d’autres femmes artistes, c’est que, malgré son incroyable travail, elle est surtout connue pour ses amours, en l’occurrence pour sa liaison avec le très célèbre Auguste Rodin, de plus de vingt ans son aîné. Il est donc d’autant plus important de remettre ces femmes à la place qu’elles méritent, à savoir celle d’artistes accomplies et talentueuses (je pense par exemple à Dora Maar). Donc Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice est une biographie romancée, oui, et cette histoire de projet de statue gigantesque brandissant une flamme, etc. m’a apporté une petite confusion, mais cela n’empêche que l’ensemble du livre se base sur de véritables faits, notamment sur la relation entre Camille et sa mère.
Pour ma part, j’aurais aimé que l’on suive la future sculptrice durant sa formation, tout du moins que le récit se poursuive une ou deux années de plus, mais je pense que, le public de lecteurs et de lectrices étant de 9 à 12 ans (d’après la maison d’édition), ce n’est pas plus mal que l’on se focalise sur ce qui précède l’apprentissage. Ainsi nous découvrons une Camille déjà passionnée mais qui fait honte à sa mère, qui voit dans la sculpture un art répugnant pour les jeunes filles et les femmes. Le message que je vois dans ce livre de Justine Duquesnoy, c’est que, peu importe l’avis d’autrui, si c’est ta passion, il faut te lancer et tout faire pour y arriver et, alors, les gens verront qu’ils ont eu tort de ne pas croire en toi. C’est à force d’acharnement, et grâce au soutien de son père, que la jeune fille se fait repérer par l’artiste Boucher qui décide alors de la prendre sous son aile. Il y a probablement un peu de chance là-dedans, mais n’avons-nous pas toujours envie de croire en nos passions et en nos réussites ? Et c’est donc là un bel espoir pour les enfants qui découvrent l’enfance de Camille Claudel.
Si les relations familiales et amicales sont mises au premier plan, la sculpture n’en est pas oubliée pour autant. Elle n’est certes pas l’élément centrale, mais il aurait été impossible de parler de Camille Claudel sans parler de sculpture (et un peu de dessin et de peinture). Ça m’a plu de la voir partir à la recherche de glaise non loin de chez elle, de voir comment elle se débrouillait pour se fournir en matériaux nécessaires à sa pratique alors que sa mère refusait de lui donner un centime pour cela. Ça m’a également plu de voir l’adolescente cogiter sur une œuvre, de la voir se prendre la tête pour consolider une sculpture, faire en sorte qu’elle tienne. En somme, on peut dire que, dans Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice, il y a des histoires de famille, d’amitié et d’apprentissage de l’art.

Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice, 1877-1879 de Justine Duquesnoy est un roman jeunesse qui ravira les artistes en herbe, qui éveillera peut-être une nouvelle passion, et qui fera connaître une grande artiste auprès des enfants. Ne sont-ce pas là des éléments qui poussent à la lecture de ce livre ?
Bonne découverte à vous.

L’Âge mur

Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice, 1877-1879, Justine Duquesnoy Gallimard Jeunesse • 2021 • 125 pages • 12,50€ • Genre : littérature jeunesse, biographie, artiste • ISBN : 9782075130493

7 réflexions sur “Camille Claudel – Journal d’une apprentie sculptrice, 1877-1879

  1. Maïssa dit :

    C’est vraiment génial un livre qui mettent en lumière cette artiste malheureusement trop souvent oubliée ! C’est un beau message de montrer que malgré l’avis des autres et de la société une jeune fille puisse assumer sa passion et s’y épanouir.

    Aimé par 1 personne

  2. juliet595 dit :

    On m’avais déjà un peu parlé de ce livre je crois, mais je suis contente d’avoir plus de détails avec ta chronique ^^ En plus, Camille Claudel, je ne la connaissais que de nom et vu son époque, je n’étais même pas sûre de savoir si c’était un homme ou une femme ^^’

    Aimé par 1 personne

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