Les aventuriers de la mer, tomes 2 et 3

Tome 1 : Le vaisseau magique

Résumé de l’éditeur :

Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l’utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiemain à travailler à bord de l’embarcation et à abandonner l’apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-sœur Althea, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir. Elle doit prouver à Kyle qu’elle est un véritable marin pour récupérer la Vivacia

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Mon avis :

Quel plaisir que de replonger dans Les aventuriers de la mer ! J’avais franchement apprécié le premier tome, Le vaisseau magique, avec ses personnages fort nombreux, plus ou moins agréables à suivre mais tous intéressants, avec ses navires faits en bois sorcier, les bateaux prenant vie… L’univers comme les personnages m’avaient plu et Le navire aux esclaves (tome 2) et La conquête de la liberté (tome 3) viennent renforcer mon appréciation. Il est probable que je divulgâche quelques éléments dans la suite de ma chronique donc, si vous ne souhaitez pas vous gâcher le plaisir de la découverte, rendez-vous en fin de chronique, à la conclusion.

J’ai lu Le premier tome des Aventuriers de la mer il y a plus d’un an. Je m’en souvenais toutefois assez bien mais j’aurais bien aimé qu’il y ait un résumé au début du tome 2. Certes, le découpage original fait que ces trois premiers tomes ne forment qu’un seul et même volume et il est donc inutile d’avoir un résumé puisqu’ils s’enchainent, mais bon, l’éditeur français aurait pu nous en écrire un, plus détaillé que celui que l’on trouve en quatrième de couverture. Cela dit, il est vrai que les événements ou les détails que j’avais oublié me sont vite revenus en lisant les premières pages du deuxième tome, Le navire aux esclaves.
A la fin du premier tome, souvenez-vous, Althéa Vestrit se découvrait dépouillée de la Vivacia, Brashen Trell jeté du navire tandis que Hiémain Vestrit était enrôlé de force par son père, Kyle Havre. Le récit reprend et l’on constate qu’Althéa a de la suite dans les idées en se faisant passer pour un jeune homme et ainsi embaucher comme mousse sur le Moissonneur, un navire abattoir. L’idée est de pouvoir prouver, à son retour à Terrilville, qu’elle est bel et bien qualifiée pour travailler sur un navire, et donc apte à naviguer sur la Vivacia. De son côté, le pauvre Hiémain se débat entre son souhait de devenir prête et son lien qu’il a malgré lui tissé avec Vivacia ; cette dernière, qui prenait vie à la fin du premier livre… Non, je ne vais pas vous détailler ce qu’il se passe pour Vivacia. En revanche, je vous le dis d’emblée, elle a beau être un bateau (magique), elle m’a semblé très humaine et elle m’a émue. J’ai compris chacun de ses plaisirs, de ses ravissements, tout comme j’ai compris chacune de ses déceptions, chacune de ses peurs. Passons, je ne vais pas vous résumer les dernières péripéties de tous les protagonistes – en revanche, je vais vous donner mon ressenti sur eux.
Vous pouvez vous en doutez, Althéa, Hiémain et Vivacia sont pour moi des personnages importants. D’une part car je les ai rapidement appréciés, d’autre part car je suis convaincue que ces trois-là vont avoir des rôles importants à jouer au cours de cette saga. Cela dit, si j’ai beaucoup admiré Althéa pendant une bonne partie du deuxième tome (elle a bossé dur, en toute humilité, elle a fini par trouver sa place sur le Moissonneur…), elle m’a un peu déçue quand elle a couché, droguée (de son propre chef) et alcoolisée, avec un homme. La raison est simple : je l’avais trop idéalisée. Je la pensais tellement concentrée sur son objectif que rien ne l’en détournerait ! Pourtant, elle est simplement humaine et, en lisant la suite et avec du recul, je crois bien que je ne l’en aime qu’encore plus à cause (ou grâce) à ce moment de faiblesse. A contrario, Hiémain est resté droit dans ses bottes malgré ses scrupules et, ainsi, quand il saisit l’occasion de quitter la Vivacia, ce n’est que la suite logique de son cheminement de pensée et de ses envies. D’ailleurs, que le garçon et Vivacia soient ensemble ou séparé·es, j’ai trouvé que ces deux-là évoluaient de façon considérable au cours de ces deuxième et troisième tomes, et ça m’a beaucoup plu, bien qu’il y ait eu des passages où j’ai vraiment eu de la peine pour l’un comme pour l’autre. A contrario, un gars pour qui je n’ai eu que très peu de chagrin, c’est le capitaine Kennit ! Bien qu’il lui arrive d’être bon, bien qu’il m’est arrivé d’admirer son courage et sa détermination, l’homme que je le soupçonnais être s’est révélé, notamment dans La conquête de liberté : détestable. Et je dirais même plus : exécrable. Pourtant, je comprends que Sorcor lui reste fidèle (et Sorcor, lui, c’est un brave type), et je comprends qu’Etta veuille le protéger. Un autre qui navigue et qu’on ne veut pas protéger, c’est Kyle Havre (quoiqu’il paraisse adorable comparé à son second), jusqu’à ce qu’arrive la fin du tome 3 : on a beau le détester, on ne veut pas pour autant sa fin, il ne mérite pas ça (mais peut-être nous disons-nous cela car nous pensons à ses liens à d’autres personnages). Je pourrai vous parler également de Brashen (mais il m’indiffère un peu), de Ronica Vestrit, Keffria et Malta Havre (cette dernière est insupportable, mais le trio de ces trois femmes est très intéressant à suivre), d’Ambre (encore trop mystérieuse) et de bien d’autres personnages, mais je vais simplement conclure, brièvement, cette liste avec le navire Parangon : petit à petit, il se dévoile et on entr’aperçoit un peu plus de la tragédie qui l’a poussé à la folie. On ne sait toujours pas grand chose de lui mais, en ce qui me concerne, je le trouve assez touchant et j’espère que nous le croiserons un peu plus par la suite.
En vous parlant des divers protagonistes qui forment le récit, je vous ai déjà pas mal parlé de l’histoire, mine de rien, toutefois j’aimerais y revenir quelque peu. Au cours de ces deux tomes des Aventuriers de la mer, il y a clairement des apprentissages qui se font, il y a des déceptions (notamment lorsqu’un secret d’Althéa est révélé), mais il y a également l’univers qui s’étoffe et des intrigues qui se font (je pense notamment à tout ce qui se met en place à Terrilville, entre les Premiers Marchands qui cherchent à respecter les accords coûte que coûte tandis que les Nouveaux Marchands souhaitent s’approprier tout ce qu’ils peuvent, le peuple du Désert des Pluies qui se dévoile un peu plus mais reste encore très mysétieux…), tout comme il y a cette étrangeté qui plane au-dessus de tout le monde, une étrangeté venue du fond des mers. Pour les personnes qui ont lu le premier tome, je ne sais pas si vous vous souvenez des serpents ? Eh bien ils prennent de plus en plus de place dans le récit et, si tout reste flou, si l’on a encore bien peu d’éléments pour comprendre leur objectif, pour savoir ce qu’ils sont vraiment, etc., j’avoue avoir beaucoup aimé les suivre. Ils ajoutent clairement une dimension de danger (de quelle importance?) et celui-ci semble être parfois imminent avant de se calmer (pour mieux revenir, probablement). Ces serpents et les vivenefs, ce sont pour moi les éléments les plus remarquables de cet univers, c’est ce qui fait que cette saga de Robin Hobb se démarque réellement des autres ; sinon, des histoires de famille, des manigances, des récits de pirates, on en trouve pas mal.

Les aventuriers de la mer confirme le talent et la merveilleuse imagination de son autrice, Robin Hobb. Nous sommes bien loin de L’assassin royal, prenant pourtant place dans le même univers : plusieurs personnages au lieu d’un, un récit sur les mers plutôt que dans les terres, des serpents bien mystérieux et des bateaux qui parlent à la place des dragons… Et on ne va pas se mentir, l’appel de l’aventure, au côté d’Althéa, de Hiémain, de Sorcor est fort. Je compte bien lire la suite cet été et je ne peux que vous encourager à lire cette série de fantasy si vous aimez les récits qui prennent place en mer, si vous aimez les intrigues familiales, les mutineries, etc. C’est foisonnant, on ne s’ennuie pas une seule seconde, et quel plaisir de voir évoluer nos héroïnes et nos héros en milieu parfois sacrément hostile ! Enfin, pour faire bref, Hobb devient petit à petit une valeur sûre pour moi et je vous conseille vivement ses sagas.

Les aventuriers de la mer, tome 2 : Le navire aux esclaves, tome 3 : La conquête de la liberté, Robin Hobb • Titre VO : Ship of Magic  Traduction : Arnaud Mousnier-Lompré J’ai lu • 1998 (VO) • 384 pages/tome • 8€/tome • Genre : fantasy, piraterie, bateau magique • ISBN : 9782290337059 (tome 2) et 9782290337066 (tome 3)

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

11 réflexions sur “Les aventuriers de la mer, tomes 2 et 3

  1. LadyButterfly dit :

    Et…tu n’as pas fini, avec Kennit 😉
    J’aime beaucoup la façon dont Hobb a su semé des éléments tout au long des tomes pour ensuite, tisser sa trame. Tout se relie très bien – et même avec l’Assassin… mais chut, je te laisse découvrir et savourer.

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      Je sens bien qu’il va rester un bon moment – peut-être même jusqu’au bout, avec sa chance, à moins qu’elle ne tourne !
      Il y a déjà des bribes par rapport au royaume des Six-Duchés, j’ai hâte que ça prenne plus de place ^^

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