Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes

Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes

Résumé de l’Iconoclaste :

L’Histoire revisitée sous l’angle féminin : raconter et comprendre ce grand oubli dans lequel sont tombées les femmes de la Préhistoire jusqu’à nos jours.

« On nous a appris que l’histoire avait un sens et que, concernant les femmes, elle allait d’un état de servitude totale vers une libération complète, comme si la marche vers l’égalité était un processus naturel. Ce n’est pas exact. On a travesti les faits. On a effacé celles qui avaient agi, celles qui, dans le passé, avaient gouverné, parlé, dirigé, créé.»

A la préhistoire, les femmes chassaient, au Moyen Âge, elles étaient bâtisseuses de cathédrales ou encore espionnes durant la guerre de Cent Ans ; au XIXe siècle, elles furent journalistes… À chaque époque, elles ont agi, dirigé, créé, gouverné mais une grande partie d’entre elles n’apparaissent pas dans les manuels d’histoire. Dans la lignée des travaux de Michelle Perrot, Titiou Lecoq passe au crible les découvertes les plus récentes. Elle analyse, décortique les mécanismes, s’insurge, s’arrête sur des vies oubliées pour les mettre en lumière. Sa patte mordante donne à cette lecture tout son sel. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leur voix.

Une autrice féministe qui a l’art de conjuguer rigueur universitaire et patte humoristique. Préface de Michelle Perrot.

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Mon avis :

J’ai déjà eu l’occasion de lire quelques ouvrage de Titiou Lecoq, d’écouter son podcast Rends l’argent… et, à chaque fois, je trouve cela intéressant. J’ai même déjà eu l’occasion de la rencontrer et c’est une femme que je prends plaisir à écouter. Alors l’idée de découvrir son dernier livre, Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, en livre audio, lu par Titiou Lecoq elle-même, ça me branchait carrément et je ne suis pas déçue ! Mais commençons par le négatif, si vous voulez bien.
Négatif il y a mais c’est très subjectif : si vous me suivez depuis quelques temps déjà, vous vous souvenez peut-être que j’ai du mal avec les livres audio car je n’arrive pas à rester concentrée bien longtemps. Or, voilà qu’avec Tant que le café est encore chaud, j’ai trouvé comment rester focalisée sur l’écoute : en faisant du point de croix ! Sauf que Les grandes oubliées a beau être passionnant, il n’en reste pas moins un essai et, parfois, mon esprit s’envolait, faisant le point sur ce que je venais d’entendre et oubliant donc d’écouter la suite. D’autres fois, il y avait tellement d’informations que je n’arrivais pas à suivre (là encore, la concentration a joué). Heureusement que l’on peut revenir en arrière ! Donc, bon, je dis que c’est un point négatif mais ce n’est pas vraiment le cas puisque, la vérité, c’est que le livre fait réfléchir donc il vaut probablement mieux le lire au format papier si votre concentration est similaire à la mienne. Le vrai point négatif, à mon sens, et il concerne tous les livres audio, c’est que l’on ne sait pas forcément comment écrire tel ou tel nom. Pour le coup, Catherine Bernard qui est citée dans cet essai de Lecoq, c’est facile, pour d’autres, beaucoup moins. Passons désormais à ce que j’ai aimé, à savoir tout le reste.
Avec Les grandes oubliées, exit les biographies de femmes. De tels livres, il y en a plein et même des albums jeunesse. Oh, bien sûr, l’autrice nous raconte un peu la vie des femmes dont elle parle, mais il s’agit avant tout d’un essai qui remet la moitié de l’humanité à sa place dans l’Histoire et qui cherche à comprendre pourquoi nous ne connaissons pas ces femmes malgré leurs prouesses et leurs réussites dans des domaines très variés, et ce depuis la préhistoire. Notons que l’ouvrage se focalise uniquement sur les Françaises – il est déjà très dense, j’imagine bien toute la recherche qu’il a fallu faire uniquement pour la France ! J’espère que d’autres livres de ce genre verront le jour et nous parleront de femmes d’autres zones géographiques.
Chroniquer un essai n’est jamais simple car parler de son ressenti sur des réflexions, c’est compliqué : on peut dire qu’on est d’accord ou pas d’accord, qu’on trouve le livre facile à lire ou non (Les grandes oubliées se lit très bien)…, ça reste assez superficiel. Ainsi j’ai décidé de vous écrire là des idées, des faits, etc. qui apparaissent dans le livre, en espérant que cela vous donne envie d’en apprendre plus. Premièrement, il y a un fait universel qui m’a interpellée : il semble que la violence coïncide avec la sédentarité et que le patriarcat – la domination masculine – en ait découlé. Pour autant, et je cite Titiou Lecoque, « ce n’est pas parce qu’une société est patriarcale que les femmes n’ont aucun rôle. » Mais alors, comment se fait-il qu’elles n’apparaissent que rarement dans nos livres d’Histoire ? Ont-elles été si peu actives au fil des millénaires ? Pas du tout, c’est simplement que nous les avons oubliées. Auparavant, notre société était une société de classe : les riches avant les pauvres ; par la suite, elle est devenue une société patriarcale : les hommes avant les femmes. On peut prendre en exemple n’importe quelle reine, duchesse… : quand leur mari partait en guerre, ou si celui-ci mourait sans héritier ou avec un héritier trop jeune, c’étaient alors à elles de gouverner et de protéger leurs terres. Certaines sont même allées sur les champs de bataille – et pas seulement Jeanne D’Arc. Au fil des siècles, on note que la haine des femmes n’est pas liée à l’éducation mais au travail des intellectuels. Et alors que le sexe l’emporte de plus en plus sur la classe, les femmes sont de plus en plus cloîtrées et de là en découle le début de la prolétarisation du travail des femmes. En vrac, on pourrait aussi parler de la loi salique, de la lutte linguistique (la suppression du mot « autrice » et de tant d’autres), de l’effet Matilda (quand le travail de recherches de femmes est attribué à des hommes…), de la naturalisation du rôle des genres (dire que les femmes sont douces et donc les cantonner à des travaux délicats ; le corps ne se forme alors pas pour des travaux physiques), du conjugalisme, de cette histoire de virginité, des femmes dans les luttes syndicales, etc. Les sujets sont nombreux, l’ensemble est très intéressant et la plume de Titiou Lecoq, en plus d’être accessible à un large lectorat, ne manque pas de mordant.

Je pense que vous l’aurez compris, Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes est à lire (ou à écouter). C’est à la fois passionnant et enrichissant. A nous, désormais, de faire en sorte que les femmes ne soient plus oubliées.

Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, Titiou Lecoq • Narratrice : Titiou Lecoq Audible • 2022 • 6h45 • Genre : livre audio, féminisme, Histoire

20 réflexions sur “Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes

  1. pages pluvieuses dit :

    Il a l’air passionnant ! Peut-être qu’en audio il faudrait l’écouter par « épisodes courts » pour ne pas trop décrocher ? En tout cas je vais essayer de mettre les mains dessus, c’est le genre de propos qu’il faut diffuser je pense !

    J’aime

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