Premières lignes #335

Bien le bonjour, les aficionados de la lecture !
C’est dimanche, c’est Premières lignes. On arrive à la fin des vacances estivales et donc, d’ici une vingtaine de jours, arrivera l’automne. Pour ma part, rien de mieux que des bouquins horrifiques, des romans gothiques et autres histoires avec des créatures fantastiques pour me plonger dans l’ambiance. Au programme aujourd’hui, Anno Dracula 🧛‍♂️

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

« Nous, les Szekeley, avons toutes les raisons d’être fiers, car dans nos veines coule le sang de maintes tribus qui bataillèrent avec un courage de lion pour affirmer leur suprématie. Ici, dans le tourbillon des races européennes, surgit le clan des Ugriques, descendu d’Islande et possédé par l’amour du combat que leur avaient légué Thor et Odin. Leurs Berserkers montrèrent une telle férocité sur toutes les rives de l’Europe, d’Afrique et d’Asie, que les populations terrifiées crurent que c’étaient des loups-garous. Et c’est ici aussi qu’ils s’opposèrent aux Huns dont la furie guerrière avait submergé les terres tel un incendie meurtrier, jusqu’à ce que les mortels portent dans leur sang celui de ces vieilles sorcières qui, chassées de Scythie, s’étaient accouplées avec les démons du désert. Fous d’humains ! Quel guerrier fut plus redoutable qu’Attila dont le sang court dans ces veines ? Comment s’étonner que nous ayons été une race conquérante et que nous ayons refoulé les Magyars, les Lombards, les Avars, les Bulgares ou les Turcs quand leurs hordes déferlèrent sur nos frontières ? Quoi de surprenant à ce qu’Arpád et ses légions nous aient trouvé sur sa route ? Et quand le flot hongrois se déversa à l’est, les Szekeley furent déclarés cousins par les Magyars victorieux, et des siècles durant nous eûmes la garde de la frontière turque ; et sans cesse nous la surveillâmes, car comme le disent les Turcs, “l’eau dort parfois, l’ennemi jamais”. Qui, parmi les Quatre Nations qui reçurent “l’Épée Sanglante”, en fut plus fier que nous ? Et quand fut rachetée la honte de Cassova, où les étendards des Valaques et des Magyars touchèrent le sol devant ceux frappés du Croissant, qui, sinon l’un de nous, alors voïvodes, traversa le Danube pour aller humilier les Turcomans sur leurs propres terres ? Oui, ce fut un Dracula ! Et quel malheur que son traître de frère ait vendu son peuple à l’ennemi et l’ait ainsi livré à la honte de l’esclavage… Mais une fois encore, après la bataille de Mohács, nous brisâmes le joug hongrois, et à la tête de la révolte allaient les Dracula, car nous n’acceptons pas d’être privés de liberté. Ah, jeune homme, les Szekeley – et les Dracula qui sont leur sang, leur esprit et leur épée – ont la capacité d’établir une dynastie bien plus grande que celle des Habsbourg ou des Romanov. L’époque des guerres appartient au passé. Le sang est chose trop précieuse en ces temps de paix déshonorante et la gloire des grandes races n’est plus qu’une histoire racontée au coin des feux. »

Comte DRACULA

Anno Dracula, Kim Newman, 1992.

Anno Dracula, tome 1

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