Continuer

Continuer

Quatrième de couverture :

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.
Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

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Mon avis :

Continuer est un roman que mon ancienne libraire, avant de déménager, m’a conseillé. Et j’avais vraiment envie de l’aimer mais, si je n’ai pas passé un mauvais moment et si je ne peux que reconnaître la force du récit, je dois bien admettre que je suis quelque peu passée à côté.
Dans ce roman, Laurent Mauvignier nous raconte la vie de Sibylle, mère célibataire d’un adolescent qui vrille. Alors, pour l’aider mais aussi pour recréer des liens avec lui, Sibylle décide d’entamer un voyage à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, aventure qui durera quelques mois.
Si le récit commence dans le temps présent à l’aventure, à savoir avec Sibylle et Samuel chevauchant déjà au Kirghizistan, nous avons rapidement droit à un bond dans le passé : comment cette mère et ce fils en sont arrivé·es là ? D’emblée, je n’ai pas accroché avec Samuel. On comprend qu’il est totalement paumé et j’ai tout de même eu un peu d’empathie pour lui mais il aura fallu attendre la toute fin du roman pour que je commence à l’apprécier. Quant à Sibylle, il est difficile de l’aimer puisqu’elle est souvent présentée du point de vue de son ex-mari ou de son fils, avec pas mal de condescendance donc, et quand on la suit avec son biais à elle, c’est avec très peu de confiance en soi et de l’apitoiement, peut-être même une dépression qui est restée latente pendant des années. Sibylle, je l’ai comprise, son personnage m’a parlé mais je n’ai pas eu ce truc qui fait qu’un personnage de roman devient plus, sort des pages pour nous accompagner dans notre lecture. Je pense que l’écriture a joué sur tout cela.
La plume n’est pas mauvaise mais c’est de ce genre qui ne fonctionne pas avec tout le monde et, avec moi, ça ne marche pas. C’est au présent, à la troisième personne, mais ça passe parfois, sans prévenir, à la deuxième personne. Ca me déroute, ça m’éloigne de l’histoire et de ses protagonistes, je n’arrive pas à m’investir quand je lis un texte écrit ainsi. Un exemple rapide, pour que vous saisissiez mieux ce dont je parle (p. 152 de mon édition) :

Sibylle demande s’il serait possible de laisser nos chevaux brouter cette herbe qui a l’air de tant leur convenir, si l’on pourrait installer nos tentes le temps de la nuit.

Je sais que ça convient très bien à pas mal de monde (actuellement 3,99/5 sur Babelio, 16/20 sur Livraddict, le coup de cœur de ma libraire, une collègue qui aime aussi…) mais pas à moi. De fait, j’ai failli abandonner. Toutefois, je voulais connaître la fin et, surtout, j’adorais mon ancienne libraire donc je voulais comprendre ce qui lui avait tant plu. Et j’ai bien fait d’aller jusqu’au bout de ma lecture. Non seulement il y a une bonne gestion de la tension dramatique, mais aussi et surtout Continuer est un roman sur la résilience et sur l’importance d’aller vers les autres, de s’ouvrir aux autres.

Je comprends que l’on aime Continuer, c’est un roman qui a tout pour plaire, malheureusement l’écriture n’était pas pour moi et m’a distanciée des émotions procurées par le roman. Je vous invite vivement à feuilleter Continuer afin de voir si cette lecture est pour vous ; si c’est le cas, il serait dommage de passer à côté. Si vous êtes comme moi, je ne vous la conseille pas trop.
Belle journée à vous.

Continuer, Laurent Mauvignier Les Editions de Minuit • 2016 • 512 pages • 8,50€ • Genre : thriller, secrets de famille • ISBN : 9782707344809

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3 réflexions sur “Continuer

  1. LadyButterfly dit :

    Ce genre de récit, non merci. Dans ton exemple, on sent très bien pourquoi la sauce ne prend pas : on est une fois encore dans le « tell », le fait de raconter beaucoup (et donc, de créer de la distance avec les persos). Au lieu de cela, si on avait un dialogue par ex, ce serait tout de suite plus immersif et on serait en prise direct avec les sensations/sentiments/ressentis de personnages.
    Un truc fréquent dans la narration, ce tic, mais c’est dommage, ça gêne.
    Bon, et si en plus, on passe à la deuxième personne, je passe mon tour.

    Aimé par 1 personne

    • Ma Lecturothèque dit :

      C’est ça ! Ce n’est pas toujours gênant, c’est vrai qu’il ne faut pas trop de dialogues, mais en effet, même s’il y en a dans « Continuer », ça en manque. J’ai cru comprendre que les autres romans de l’auteur son écrits de la même façon (à vérifier).

      J’aime

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