Premières lignes #341

Salutations !
Pour ces nouvelles premières lignes, je me suis tournée vers un roman qui m’avait beaucoup marquée quand je l’avais lu, il y a presque vingt ans désormais : La chambre du pendu de Moka. C’est l’occasion pour moi d’ouvrir ce livre trop longtemps resté fermé ; je compte bien le redécouvrir d’ici quelques temps. En avez-vous déjà entendu parler, ou même l’avez-vous déjà lu ?
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

1

LA GLU NE REMONTE PAS LA COLLINE

Le docteur Mornay insista :
– Lord Dunlevy, vous êtes parfaitement guéri.
Son patient eut d’abord l’air incrédule puis ennuyé. Le psychiatre l’observait derrière ses lunettes. Lord Dunlevy pensa qu’il ressemblait de plus en plus à Woody Allen. Aussi éclata-t-il de rire.
– Ravi de constater que cela vous met de bonne humeur, dit le psy, toujours sinistre.
– Je ne me sens pas guéri, répondit Lord Dunlevy. Mécaniquement, le médecin enclencha son magnétophone.
– Vous pouvez m’expliquer ça ? demanda-t-il.
– Non. Je trouve simplement déplaisant de m’entendre dire que je suis guéri alors que je n’en ai aucune envie.
– Vous ne voulez pas guérir ?
– Je vis très bien avec ma psychose. Pourquoi m’en séparer ?
– Avouez qu’elle ne facilite pas vos relations sociales.
– Oui, mais c’est pratique pour se débarrasser des imbéciles.
Le docteur Mornay avait rarement de l’amitié pour ses patients. Mais il avait de l’intérêt pour Lord Dunlevy. Il souffrait d’une névrose assez peu commune, presque un cas d’école.
– Voulez-vous ouvrir la fenêtre, je vous prie ? demanda le médecin.
– Votre test n’est franchement pas subtil.
– Je ne cherche pas à vous avoir par surprise, répondit le docteur Mornay. Je veux seulement vous prouver que vous êtes guéri.
Lord Dunlevy se leva et ouvrit la fenêtre en grand. Il resta devant et respira l’air froid.
– Bon, d’accord, je suis guéri, admit-il.
Mais, quand il quitta le cabinet, le docteur Mornay lui dit « à bientôt ».

La chambre du pendu, Moka, 2001.

La chambre du pendu

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