C’est lundi, que lisez-vous ? #246

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par I Believe in Pixie Dust.

Ce que j’ai lu la semaine passée

J’ai très peu lu et ça sent la pause venir pour La trilogie martienne (ce n’est pas une question de m’ennuyer, au contraire, mais j’ai envie de reprendre Magies de la Bretagne). En tout cas, c’est une très bonne semaine de lecture et j’ai hâte d’être à la pause-déjeuner pour avancer dans L’empire d’écume ! Vous lisez aussi en mangeant ?

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Premières lignes #268

Mes libraires sont merveilleuses. Cela fait une éternité que je veux lire Stone Butch Blues et voilà que j’apprends qu’il y a une traduction française, éditée au format papier. Je me dis que ce roman doit être assez confidentiel et que l’on ne doit le trouver que dans certaines librairies comme Violette & Co. Problème : ce n’est pas tout à fait la porte à côté et j’aime beaucoup la librairie près de chez moi, alors je décide d’y commander le livre. Nul besoin d’attendre : elles l’avaient en stock et me l’ont mis de côté. Décidément, je les aime !
Et donc c’est quoi, ce roman ? C’est l’histoire de Jess, une lesbienne butch ; une butch, c’est une femme qui se réapproprie les codes de la masculinité (en tout cas vestimentaires). Il y aurait plein de choses à dire mais cette introduction ne sert qu’à vous faire comprendre de quoi il est question quand il est question des « femmes comme [Jess] ». De toute façon, je serais bien incapable de vous résumer Stone Butch Blues car je ne l’ai pas encore lu mais, dites-moi ce que vous en pensez, j’ai l’impression qu’il est question de rupture dès le début du livre et que c’est compliqué de passer à autre chose, non ? En tout cas, j’ai hâte de m’y mettre !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

1

Chère Theresa,

Je suis allongée sur mon lit ce soir et tu me manques. J’ai les yeux tout gonflés. Des larmes chaudes coulent sur mon visage. Un violent orage éclate dehors, illuminé d’éclairs.
Ce soir, j’ai marché dans les rues. Je te cherchais dans chaque visage de femme, comme je l’ai fait chaque nuit de cet exil solitaire. J’ai peur de ne plus jamais voir tes yeux rieurs et moqueurs.
Tout à l’heure, j’ai pris un café à Greenwich Village avec une femme. Une amie commune nous a mises en contact, convaincue que nous aurions beaucoup à partager puisque nous faisions toutes les deux « de la politique ». Eh bien ! On a été au café et elle a causé de la politique démocrate, de colloques, de photo, de ses problèmes avec sa coopérative et de son opposition au plafonnement des loyers. Pas étonnant, Papa est un grand promoteur immobilier.
Pendant qu’elle parlait, je la regardais en me disant que j’étais une étrangère dans ses yeux de femme. Elle me regardait mais ne me voyait pas. Puis elle a fini par me dire combien elle haïssait cette société pour ce qu’elle faisait aux « femmes comme moi » qui se détestent tellement qu’elles se sentent obligées de ressembler à des mecs et de se comporter comme eux. Je me suis senti rougir, mon visage s’est un peu crispé et j’ai commencé à lui répondre, très calme et tranquille, que des femmes comme moi existaient depuis la nuit des temps, bien avant d’être opprimées. Puis je lui ai raconté comment les sociétés les respectaient. Alors elle s’est donné un air très intéressé – et puis il était temps d’y aller.

Stone Butch Blues, Leslie Feinberg, 1993.

Stone Butch Blues

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C’est lundi, que lisez-vous ? #245

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par I Believe in Pixie Dust.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Si j’ai à peine lu La trilogie martienne, j’ai toutefois lu Le Sorceleur et les quatre tome d’Orange qui m’attendaient encore. Ainsi, malgré une semaine chargée, j’ai pu profiter de ces lectures pour des moments d’évasion très plaisants.

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Premières lignes #267

Après une semaine sacrément chargée, j’ai enfin pu aller en librairie chercher une nouveauté que j’avais précommandé : L’empire d’écume d’Andrea Stewart. J’achète rarement des premiers tomes, ne sachant jamais dans quelle direction les suivants partiront, toutefois, en lisant la chronique d’Apophis, j’ai finalement cédé aux sirènes.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Lin

Île Impériale

Mon père m’a dit que j’étais brisée.
Il n’a pas exprimé sa déception à voix haute quand j’ai répondu à sa question. Je l’ai vue à sa façon de plisser les yeux, de mordre ses joues déjà creuses, de baisser très légèrement la commissure gauche de ses lèvres en un mouvement presque imperceptible sous sa barbe.
C’est lui qui m’a appris à lire les pensées des gens sur leur visage. Il n’ignorait pas que je saurais interpréter son expression. Alors, entre nous, c’était comme s’il avait parlé haut et fort.
Sa question :
– Qui était ta plus proche amie d’enfance ?
Ma réponse :
– Je ne sais pas.
Je courais aussi vite qu’un vol de moineaux, je maniais l’albaque avec autant d’adresse que les meilleurs comptables de l’empire et je savais nommer toutes les îles connues dans le temps qu’il fallait pour laisser infuser du thé, mais je ne me rappelais rien de mon passé d’avant la maladie. J’avais parfois l’impression que je n’y arriverais jamais – que cette fille-là m’était perdue.
Le fauteuil de mon père grinça sous son poids, et il poussa un long soupir. Il tenait entre ses doigts une clé en laiton, dont il tapotait la table.
– Comment puis-je te confier mes secrets ? Comment veux-tu que je te confie mon empire si tu ne sais même pas qui tu es ?
Je savais qui j’étais. J’était Lin, la fille de l’empereur. Je hurlai ces mots dans ma tête mais je ne les prononçais pas. Contrairement à mon père, je dissimulai mes pensées derrière un visage impassible.

L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os, Andrea Stewart, 2020.

L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os

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Challenge BD « Des histoires et des bulles »

Bien le bonjour, cher·es lecturovores et ami·es des bulles !
Je ne sais pas si vous avez entendu parler du challenge BD Des histoires et des bulles ? Il est organisé par Noctenbule et il a commencé le 1er avril dernier ; il se déroule sur un an. Le but est simple : lire des BD, des comics, des manga… et partager vos lectures ! J’aime les challenges, j’aime le 9ème art, alors j’ai décidé d’y participer.

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Premières lignes #266

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les premières lignes du deuxième tome du Sorceleur : L’épée de la providence. Aucun divulgachage, et pour cause : comme dans le premier livre, ce sont des nouvelles indépendantes les unes des autres en terme de linéarités, qui nous permettent simplement d’apprendre à mieux connaître Geralt de Riv.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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LES LIMITES DU POSSIBLE

I

– Il n’en sortira plus, je vous le dis, finit par lancer le grêlé en branlant du chef. Ça fait une heure et quart qu’il est entré. C’en est fini de lui.
Les bourgeois, pressés les uns contre les autres au milieu des ruines et des gravats, observaient en silence le trou noir béant de l’entrée du souterrain. Un gros homme vêtu d’une vareuse jaune se dandinait d’un pied sur l’autre en toussant. Il fit glisser de sa tête une toque toute fripée.
– Attendons encore un peu, dit-il en essuyant la sueur qui perlait de ses sourcils clairsemés.
– Attendre quoi ? mugit le grêlé. Là-bas, dans les oubliettes, se terre un basilic. L’auriez-vous oublié, burgrave ? Celui qui entre signe irrévocablement sa perte. Ils ne sont pas assez nombreux, ceux qui n’en sont pas revenus ? Qu’est-ce que nous attendons ?
– Nous nous sommes mis d’accord, murmura sans conviction le gros homme. N’est-ce pas ?
– C’est accord, nous l’avons conclu avec un vivant, bourgmestre, déclara le compagnon du grêlé, un géant ceint d’un tablier de boucher en cuir. Il est mort, aussi sûrement que le soleil brille dans le ciel. Il était évident dès le début qu’il courait à sa perte, tout comme les autres avant lui. Il n’a pris aucun miroir, seulement son épée. Et sans miroir, tout le monde le sait, il est impossible de tuer un basilic.

Sorceleur, tome 2 : L’épée de la providence, Andrzej Sapkowski, 1992.

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Sorceleur, intégrale

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Premières lignes #265

Salutations !
Je vous propose aujourd’hui de découvrir les premières lignes de Femmes, race et classe d’Angela Davis, un bon essai accessible et que je vous recommande.
Dans cette introduction, en un paragraphe, on sait déjà de quoi ça va parler (si on n’avait pas lu le titre) : les femmes noires, leur effacement des luttes, les oppressions qu’elles ont subit (et subissent toujours, par ailleurs – le livre est un peu daté mais pas tant que ça)… A lire !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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CHAPITRE1

L’HÉRITAGE DE L’ESCLAVAGE :
ÉLÉMENTS POUR UNE AUTRE APPROCHE
DE LA CONDITION DE FEMME

Lorsque Ulrich B. Phillips déclara en 1918 que l’esclavage dans les vieux États du Sud avait marqué les sauvages d’Afrique et leurs descendants américains du sceau illustre de la civilisation, cet éminent universitaire entama un débat interminable et passionné. Plusieurs dizaines d’années passèrent, le débat s’amplifia et les historiens se vantèrent tous d’avoir déchiffré l’énigme de cette « curieuse institution ». Parmi toutes les thèses académiques, on aurait cherché en vain une étude consacrée aux femmes esclaves. L’éternelle question du « libertinage des femmes noires » ou de leurs tendances « matriarcales » ne faisait qu’obscurcir leur condition au lieu de l’éclairer. Herbert Aptheker est l’un des rares historiens qui ait tenté de les comprendre en se basant sur des éléments plus réalistes.

Femmes, race et classe, Angela Davis, 1981.

Femmes, race et classe

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C’est lundi, que lisez-vous ? #242

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par I Believe in Pixie Dust.

Ce que j’ai lu la semaine passée

J’ai un peu moins lu cette semaine mais je me suis rattrapée ce week-end avec la lecture de manga et en entamant l’essai Femmes, race et classe. Magies de la Bretagne est toujours en cours.

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