C’est lundi, que lisez-vous ? #134

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous désormais organisé par I Believe in Pixie Dust.

Ce que j’ai lu la semaine passée

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Premières lignes #155

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

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Pourquoi partent-elles ?

L’obéissance, c’est la mort !

En commençant par ces mots son premier livre, qu’elle intitule Pour la vie, Alexandra David-Néel a déjà tout dit. Avec cet aphorisme, elle conteste les idées reçues, lie l’aventure et l’écriture, éclaire la genèse de son propre cheminement et raconte d’un trait toute l’histoire des Grandes Aventurières.
Leur curiosité du monde et la quête de leur propre vérité passent par ce courage-là : celui de désobéir.
Qu’est-ce que l’Aventure au féminin ?
Si parler d’aventure, c’est parler d’hommes et de femmes mus par la passion des confins, le mot « aventurière », lui, n’évoque ni le départ, ni l’éloignement, ni le voyage. Plutôt l’ambition, l’intrigue et l’amour vénal. Même au XXe siècle, quand l’« aventure » prend le sens que lui donne Malraux – aller plus loin –, les aventurières ne sont pas « celles qui s’avancent dans l’inconnu ». Il faut leur adjoindre un qualificatif pour qu’elles se distinguent de la cohorte des espionnes et des courtisanes : les Grandes Aventurières. Mais, peine perdue, Malraux plaisante : « Les hommes ont les voyages, les femmes ont des amants ! »

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Elles ont conquis le monde – Les Grandes aventurières, 1850-1950, Alexandra Lapierre et Christel Mouchard, 2009.

Elles ont conquis le monde – Les Grandes aventurières, 1850-1950

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Premières lignes #154

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Prologue

Le magicien pénétra en trombe dans le bordel, sa cape d’or virevoltant derrière lui.
– Où est-elle ? rugit-il.
La jeune fille qui se tenait à l’accueil recula, effrayée, puis disparut derrière un lourd rideau de velours en apercevant sa patronne. Celle-ci, longue femme au teint ambré et à la maigreur androgyne, marcha tranquillement vers le magicien, comme immunisée contre la fureur qui vibrait dans son regard d’acier.
Je l’ignore, avoua-t-elle. Elle a quitté l’établissement il y a quatre lunaisons.
Les paupières de l’homme s’étrécirent.
Tu l’as laissée partir ?
Bien sûr que non. Vous connaissez ma politique concernant les rejetons de vos semblables. Elle s’est échappée.
Il s’accorda un instant de réflexion durant lequel sa colère sembla retomber, mais le calme qu’il afficha en relevant la tête était plus menaçant encore.
A-t-elle de la famille chez qui elle aurait pu se réfugier ? s’enquit-il.
Pas à ma connaissance.
À quel stade en est-elle ?
Huitième mois. L’affaire date de votre dernier passage à Dorderès.
Je vais fouiller les lieux.
Je ne vous mens pas, elle est partie.
Écarte-toi, Ludmilla.
Elle s’écarta.

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Les illusions de Sav-Loar, Manon Fargetton, 2016.

Les illusions de Sav-Loar

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Premières lignes #153

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Ce serait une erreur de prétendre que personne n’entendit ni ne vit rien. Cette nuit-là, de nombreux témoins perçurent l’écho des balles et virent une silhouette s’enfuir de la maison pour s’engouffrer dans la voiture qui l’attendait.
Les témoins retournèrent ensuite à leurs occupations ou peut-être restèrent-ils dans les environs pour assister à l’épilogue, lorsque la police arriva et que les corps furent emportés. Mais ils ne parlèrent pas. Ils se faufilèrent parmi les buissons, se perchèrent sur la branche d’un arbre, glissèrent sur le sol. Ils ne faisaient qu’un avec la nature, souvent invisibles aux yeux des humains. Petits ou grands. Rapides ou lents. Aux yeux perçants ou presque aveugles.
Quoi qu’il en soit, la vérité sur ce qui s’était réellement passé dans cette maison se dissipa progressivement pour finir par disparaître totalement.
Exactement comme le font si souvent tant d’autres choses.

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Les âmes englouties, Susanne Jansson, 2010.

Les âmes englouties

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Premières lignes #152

Aujourd’hui, je vous présente les premières lignes d’un roman qui me tentait bien mais, l’ayant terminé hier, je peux vous dire que je suis passée totalement à côté.

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HILARY
Dix lettres à Donna

De : Hilary Hudson hh@msn.com
Objet : Première lettre
Date : Lundi 28 juin 2004. 22:19
À : donna@hotmail.com 

Chère Donna,

Avant tout, je dois te le dire : tu es un amour. Chacune de tes venues me réjouit infiniment, mais celle de ce matin m’a particulièrement ravie. Ton maillot de bain t’allait à la perfection, sa couleur s’accordait à l’écume des vagues et à la glace que tu m’as tendue. Merci. Je savais qu’un jour tu me pardonnerais, quelle qu’ait pu être la raison de ta colère, mais j’ignorais quand. J’ai encore le goût de la vanille dans la bouche. Tu es toujours ma meilleure amie et tu le resteras jusqu’à la fin de mes jours. N’aie crainte, je ne m’imagine pas pour autant que tes apparitions oniriques signifient quelque chose de plus que ton pardon, et pas davantage que tu me considères comme une bonne amie, mais je ne nie pas que je nourris l’espoir de mériter un jour de l’être, espoir désormais bien vivace.

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Un rien de lumière, Vladan Matijević, 2010.

Un rien de lumière

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