Premières lignes #65

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Out of Nowhere
(« Surgi de nulle part »)

Dimanche 23 octobre

Danny Brogan, à l’âge de onze ans, fut à l’origine de l’incendie qui décima la famille de sa future femme. Le geste avait-il été accidentel ou intentionnel ? Danny ne pouvait le dire avec certitude, c’est du moins ce dont il s’était persuadé. Quoi qu’il en soit, il n’était pas étonnant qu’il en ait gardé des séquelles : une terreur morbide du feu qui, de toute sa vie, ne le quitta plus. La peur est le meilleur ami de l’homme, dit le dicton, et Danny portait en lui celle des flammes, mais aussi celles des amis qui l’accompagnaient cette nuit-là, au point qu’il avait parfois l’impression que ce double fardeau risquait d’avoir raison de lui.

Au-dessus de tout soupçon, Declan Hughes, 2014.

Au-dessus de tout soupçon

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Premières lignes #64

Salut mes lecturovores !
Je sais que je ne suis pas très présente en ce moment ; je vis un assez gros chamboulement dans ma vie et je peine à tout faire. Cela dit, j’essaie de suivre au mieux vos blogs, et finalement ce sont juste mes réponses à vos commentaires qui se font tardives. Mais promis, je réponds au plus vite !

Pour cette semaine, j’ai choisir une nouvelle du recueil Au bal des actifs. Demain le travail publié par La Volte (La Horde du Contrevent de Damasio, Le Déchronologue de Beauverger, Mémoires de sable de Barbéri et Jouanne…). J’ai beaucoup aimé les nouvelles que j’ai lu jusqu’à présent, et pour l’instant celle de Berrouka a ma préférence.

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Partie 1

Pour commencer, une pièce où se trouvent deux bureaux qui se font face. L’un placé à gauche, l’autre à droite. Celui de droite est plus petit. Sur chacun d’eux, un terminal doté d’un écran. Entre les deux bureaux, une affiche de taille considérable occupe le pan de mur perpendiculaire. Tons rouges et noirs, avec comme message :
Nous n’aspirons pas à un monde meilleur, nous sommes le monde meilleur.

Nous vivons tous dans un monde meilleur, Karim Berrouka, 2017.

Au bal des actifs – Demain le travail

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Premières lignes #63

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1.

Les collines bleues ressemblaient à des nuages de glace flottant sur l’horizon. La peau du lac floculait légèrement sous la morsure du gel naissant. Sous la surface, d’étranges plantes aux corolles sphériques ralentissaient le temps. Le paysage glissait autour de la barque telle une gigantesque sculpture.
– Les algues larguent des bulles d’ammoniaque, m’expliquait mon père. En remontant vers la surface, elles se retrouvent piégées par la glace.
J’adorais l’écouter. Il transformait un simple décor en un vaste laboratoire d’expérimentations baroques.
– C’est l’époque idéale pour la pêche… Regarde… Là !
Il m’indiquait du doigt une forme noire qui ondulait sous les bulles captives.
– Les baratidas ont faim. Ils se préparent à hiberner et les vers de vase se font rares. Si nous n’en ramenons pas au moins une dizaine, nous sommes des moins que rien.
En effet, les cannes se plièrent. Et les poissons s’amoncelèrent dans le grand seau posé au centre de la barque…

Nous étions sur le point de rentrer, fiers de notre pêche, lorsqu’un étrange phénomène d’aspiration sonore installa le silence. Un silence de mort. Vide. À couper le souffle.

Mondocane, Jacques Barbéri, 2016.

Mondocane

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Premières lignes #62

Il y a deux semaines, après un passage à Bécherel, je faisais l’acquisition d’un roman de SF. C’est bien, j’ai été sage et je n’ai acheté qu’un livre !
Bref, ce roman m’intrigue, et lire son incipit me pousse à l’ajouter à ma PAL de juin (si j’ai le temps). Qu’en pensez-vous ?

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Prologue

Japet. Dimanche 12 février 2197, 08 h 45 GMT.
C’était une statue de roche et de glace. Elle se dressait sereinement dans ce morne champ de neige, créature onirique aux griffes doucement incurvées, aux yeux irréels, campée dans une pose souple. Ses lèvres rondes et presque sensuelles s’entrouvraient. Priscilla Hutchins ne comprenait pas ce qui, dans cette sculpture, lui inspirait un tel malaise. Il y avait plus que l’aspect carnassier de la créature, la menace latente de ses doigts ongulés, la félinité de ses membres inférieurs dans la lumière blafarde. Ce n’était pas seulement son attitude vaguement agressive ou son emplacement, perdu au milieu de cette plaine désolée, éclairée par les anneaux de Saturne en ce mois d’octobre.
Ce sentiment semblait plutôt suscité par cet intérêt affiché pour le monde en frange, par-delà les crêtes et les mamelons qui s’échelonnaient à l’ouest. Cette expression gravée dans ses traits, à jamais figée par la glace, qu’elle n’aurait su décrire autrement que par les termes de « férocité métaphysique ».

Les Machines de Dieu, Jack McDevitt, 1994.

Les Machines de Dieu

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Premières lignes #61

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Marlene

Paris, une nuit de juillet 1936. Une femme frappe à la petite porte arrondie d’un cabaret de Montparnasse, boulevard Edgar-Quinet. Le halo bleuté des becs de gaz éclaire à peine son élégant profil, son chapeau noir et l’étole qui flotte sur ses épaules. Le portier s’efface pour la laisser entrer. Mèches blondes et port de reine, il l’a immédiatement identifiée.

Frede, Denis Cosnard, 2017.

Frede

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