C’est lundi, que lisez-vous ? #116

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous proposé par Galleane.

Ce que j’ai lu la semaine passée

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Premières lignes #137

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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Première partie

en guise d’introduction

1
premier entretien

Petit con prétentieux, pensa Jack Torrance. Ullman mesurait tout juste un mètre soixante et il avait les gestes brusques et secs des hommes petits et gros. La raie de ses cheveux était impeccable, son complet sombre strict mais rassurant. Tout en disant au client : « Je suis à vous, je vous écoute », et aux employés, plus sèchement : « Attention, je vous ai à l’œil. » Il avait piqué un œillet rouge à sa boutonnière, peut-être pour éviter qu’on ne le prît pour un croque-mort.
L’écoutant parler, Jack se disait que de toute façon, vu les circonstances, il aurait eu du mal à éprouver de la sympathie pour quiconque se fût de l’autre côté de ce bureau.
Ullman venait de lui poser une question qu’il n’avait pas saisie. C’était un mauvais point pour lui, car Ullman était homme à relever ce genre de gaffe et à l’enregistrer dans son ordinateur mental pour la lui ressortir un jour.
— Je vous demande pardon ?
— Je vous demandais si votre femme comprends bien les risques que vous courez en venant ici. Et puis il y a votre fils (il jeta un coup d’œil sur la demande d’emploi posée devant lui), Daniel, cinq ans. Votre femme n’est pas un peu réticente ?
— Wendy est une femme extraordinaire.
— Et votre fils aussi ?
Jack lui adressa son plus beau sourire « dents blanches » :
— Nous avons la faiblesse de le croire. Il est très indépendant pour son âge.

Shining, Stephen King, 1977.

Shining

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Premières lignes #136

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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La forme du pouvoir est toujours la même, c’est la forme d’un arbre : des racines à la cime, un tronc central d’où naissent des branches d’où renaissent d’autres branches, toujours plus longues, toujours plus fines. La forme du pouvoir est semblable au tracé d’une chose vivante qui se démène pour se projeter vers l’extérieur, pour étendre ses vrilles un peu plus loin, toujours un peu plus loin.
Cette forme est celle des fleuves qui se jettent dans l’océan – de filets d’eau en ruisseaux, de ruisseaux en courants, de courants en torrents, une formidable force se rassemble, bouillonne, et gagne en vigueur pour se déverser dans l’imposante puissance marine.

Le Pouvoir, Naomi Alderman, 2017.

Le Pouvoir

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Premières lignes #135

Partant en vacances, j’actualiserai les liens dès que j’en aurai la possibilité. En attendant, pour les partager avec les autres lecteurs et lectrices, n’hésitez pas à les mettre en commentaires !

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Présentation

Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femmes ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?
Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que dans la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Sorcières – La puissance invaincue des femmes, Mona Chollet, 2018.

Sorcières – La puissance invaincue des femmes

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Premières lignes #134

Aujourd’hui, je ne vais pas vous faire découvrir des premières lignes à proprement parler car, dans ce livre, il s’agit du résumé des tomes précédents. Je vais plutôt vous partager les premières lignes du récit qui ne dévoilent rien de l’intrigue. Je ne sais pas pourquoi mais, en lisant ces lignes, j’ai eu envie de placer l’événement en automne (peut-être parce qu’il est question de gaufres et que j’aime en manger durant cette saison!).

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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la fête

L’horloge fonçait à toute allure. C’était une immense comtoise montée sur roulettes avec un balancier qui battait puissamment les secondes. Ce n’était pas tous les jours qu’Ophélie voyait un meuble de cette stature se précipiter sur elle.
– Veuillez l’excuser, chère cousine ! s’exclama une jeune fille en tirant de toutes ses forces sur la laisse de l’horloge. Elle n’est pas si familière d’habitude. À sa décharge, maman ne la sort pas souvent. Puis-je avoir une gaufre ?
Ophélie observa prudemment l’horloge dont les roulettes continuaient de crisser sur le dallage.
– Je vous mets du sirop d’érable ? demanda-t-elle en piochant une gaufre croustillante sur le présentoir.
– Sans façon, cousine. Joyeuses Tocantes !
– Joyeuses Tocantes.
Ophélie avait répondu sans conviction en regardant la jeune fille et sa grande horloge se perdre dans la foule. S’il y avait un événement qu’elle n’avait pas le cœur à fêter, c’était bien celui-là. Assignée au stand de gaufres, au beau milieu du marché artisanal d’Anima, elle n’ene finissait pas de voir défiler des pendules à coucou et des réveille-matin.

La Passe-miroir, livre 3 : La Mémoire de Babel, Christelle Dabos, 2017.

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