C’est lundi, que lisez-vous ? #305

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

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Premières lignes #327

L’autre jour, sur France Inter, Laélia Véron a parlé de stylométrie dans sa chronique : Votre style peut-il vous trahir ? et elle y a évoqué un livre : Affaires de style de Florian Cafiero et Jean-Baptiste Camps. J’ai tout de suite été intriguée par le titre, qui n’est pas sans évoquer un roman d’Agatha Christie, et par le contenu. Les premières livres de ce livre, qui mêle sciences et enquêtes, me tentent d’autant plus.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

SOURIEZ, VOUS ÊTES LUS

Le style est l’homme même.
Georges-Louis Leclerc de Buffon

Un mystérieux roman policier signé « Robert Galbraith » paraît en 2013. Ce Robert Galbraith est présenté comme un vétéran de la police militaire britannique, mais rapidement un journaliste lâche un pavé dans la mare : Robert Galbraith n’existerait pas et le roman serait en réalité l’œuvre d’une autrice connue, célébrissime même.
Un demandeur d’asile, ayant récemment fui aux États-Unis, passe devant la justice ; sous peine d’être expulsé, il doit fournir la preuve qu’il est bien un opposant politique et en danger de mort dans son pays natal.
Une horde bariolée d’extrémistes, chauffée à blanc par le perdant de l’élection présidentielle américaine, Donald Trump, tente de prendre possession du Capitole, siège de la démocratie américaine. L’objectif : interrompre le processus électoral. Mais d’où viennent ces personnes ? Elles se sont donné rendez-vous au Capitole sous l’influence d’un complotiste qui se laconiquement appeler « Q ».

Qu’ont en commun ces trois affaires ? Pour toutes, à un moment ou un autre, on a cherché à identifier qui se cachait derrière un texte, qu’il s’agisse de pamphlets politiques, d’un roman ou de théories du complot sur internet. Comment s’y est-on pris ? En tentant de reconnaître et de caractériser le style de l’autrice ou de l’auteur grâce à une méthode scientifique, la stylométrie (c’est-à-dire la mesure, « -métrie », du style) : cette méthode tient à la fois des mathématiques et de la philologie (la science des textes). Elle permet de quantifier et de mesurer le style.

Affaires de style – Du cas Molière à l’affaire Grégory : la stylométrie mène l’enquête, Florian Cafiero et Jean-Baptiste Camps, 2022.

Affaires de style – Du cas Molière à l’affaire Grégory : la stylométrie mène l’enquête

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

CLI10, thème de juillet-août : quête, voyage, vacances

Pour plus d’informations sur le Challenge de l’Imaginaire, rendez-vous sur la page qui lui est dédiée.

Avec l’été arrive un nouveau thème bimestriel. Pour celui-ci, j’ai pensé aux vacances et, qu’il soit long ou court, qui dit vacances dit souvent voyage. En étirant un peu le vocabulaire, en songeant au parcours qui mène au lieu de villégiature, j’ai pensé à la quête. Ainsi me sont venus les mots-clés pour ce nouveau thème ; ils ont de une fois encore l’avantage de se prêter aussi bien à la fantasy qu’à la science-fiction, sans oublier le fantastique, bien sûr !

QUÊTE, VOYAGE, VACANCES

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C’est lundi, que lisez-vous ? #304

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Je n’ai mis que la première couverture de Migali car je n’ai pas trouvé les autres dans une qualité satisfaisante, mais j’ai lu les trois BD (et je me suis régalée). J’ai terminé le deuxième tome de L’Empire d’Écume et c’était franchement super. En fait, je n’ai eu que de bonnes lectures, cette semaine !

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Challenge de l’Imaginaire 10 : le suivi

∴ EDIT 26/06/2022 ∴
Nouvelle mise à jour ! Nous sommes désormais à 439 chroniques, certaines comportant plusieurs tomes d’une série – autant dire que ça lit pas mal 😉
Après quelques mois bien remplis, où je n’ai pas mis à jour régulièrement ce suivi, me voilà de retour. Il y aura bien sûr les vacances pendant lesquelles je ne m’occuperai pas du suivi, mais il sera mis à jour plus régulièrement, c’est promis.
On se retrouve fin août pour faire un nouveau point sur le challenge (mais avant, on se retrouve d’ici la fin de la semaine pour parler du prochain thème bimestriel, avec des suggestions de lecture).
Passez un bel été !

∴ EDIT 27/03/2022 ∴
Plus que quelques jours pour vous inscrire au Challenge de l’Imaginaire !
Déjà plus de 200 livres chroniqués 📚
Message aux inscrit·es : vérifiez que tout est bon pour vous. Par ailleurs, j’ai ajouté une info à remplir dans la Chrobox afin d’être sûre du thème bimestriel correspondant à votre lecture. Je vous rappelle qu’une fois un bimestre terminé, vous ne pouvez plus ajouter de livre dans cette catégorie.


C’est parti pour la dixième édition du Challenge de l’Imaginaire !
Si vous ne connaissez pas encore le principe, je vous invite à lire l’article qui lui est dédié ; pour faire simple, l’idée est de partager autour de nos lectures de science-fiction, de fantasy et de fantastique (ainsi que leurs sous-genres). Il se déroule du 1er janvier au 31 décembre 2022 (attention, les inscriptions s’arrêtent fin mars!).

∴ Pour les participant·es, la CHROBOX (clic) est ouverte ! ∴
Rappel : c’est là que vous devez mettre vos chroniques pour les valider.

Vous trouverez sur cette page le suivi de chaque participant·e. La mise à jour se fera de façon régulière, tout au long de l’année.
Précision : une chronique s’accompagnant d’une astérisque * signifie que le livre entre dans l’un des thèmes bimestriels (qui est alors indiqué). Pour rappel, un livre compte double quand il entre dans un thème.

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Premières lignes #326

En 2018, je vous partageais l’incipit de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig. Alors que je vais enfin me lancer dans ce texte d’ici peu, je me rends compte que ce n’est pas tant l’introduction qui m’intéresse – elle est intéressante, mais elle parle de l’écrivain or, je ne vais pas vous mentir, quand je veux lire un bouquin, c’est l’histoire qui m’attire avant tout. Alors, aujourd’hui, je vous partage les premières lignes du récit ; il prend place avant la Première Guerre mondiale.
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Dans la petite pension de la Riviera où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre) avait éclaté à notre table une violente discussion qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haines et injurieuses. La plupart des gens n’ont qu’une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n’arrive guère à le sémouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d’importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée. Alors ils compensent, dans une certaine mesure, leur indifférence coutumière par une véhémence déplacée et exagérée.
Ainsi en fut-il cette fois-là dans notre société de commensaux tout à fait bourgeois, qui d’habitude se livraient paisiblement à de small talks et à de petites plaisanteries sans profondeur, et qui le plus souvent, aussitôt après le repas, se dispersaient : le couple conjugal des Allemands pour excursionner et faire de la photo, le Danois rondelet pour pratiquer l’art monotone de la pêche, la dame anglaise distinguée pour retourner à ses livres, les époux italiens pour faire des escapades à Monte-Carlo, et moi pour paresser sur une chaise du jardin ou pour travailler. Mais cette fois-ci, nous restâmes tous accrochés les uns aux autres dans cette discussion acharnée ; et si l’un de nous se levait brusquement, ce n’était pas comme d’habitude pour prendre poliment congé, mais dans un accès de brûlante irritation qui, comme je l’ai déjà indiqué, revêtait des formes presque furieuses.
Il est vrai que l’événement qui avait excité à tel point notre petite société était assez singulier.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig, 1927.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

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C’est lundi, que lisez-vous ? #303

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Le deuxième tome de L’empire d’Écume est une jolie brique, mais qui se lit très bien !
J’enchaîne les bonnes lectures et ça fait du bien.

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Premières lignes #325

Pour ce nouveau rendez-vous « Premières lignes », il s’agit du deuxième tome d’une saga jeunesse dont le premier m’avait agréablement surprise : Les licornes du Belöwan de Thomas Verdois. Si vous n’avez pas lu le précédent livre, cela ne vous divulgachera pas grand chose, mais ce sera peut-être un brin mystérieux (et intrigant). Dans le premier tome, nous découvrions un groupe de licornes fuyant leur monde (le Belöwan) attaqué par les Ratskalls, les terrifiants hommes-rats ; nos héroïnes partaient en quête d’aide dans le monde d’Enderal, où vivent les humain·es. Désormais, au Belöwan, la révolte gronde, les licornes refusent d’être exploitées et maltraitées plus longtemps…
Pour mieux comprendre le passage suivant, notez bien que le ker peut enlever aux licornes leurs pouvoirs.
Bonne lecture et bon dimanche à vous !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

CHAPITRE 1

L’étincelle

Virandyaa, je n’en peux plus.
Dans les profondeurs du Belöwan, la plus âgée des licornes se retourna pour voir qui venait de s’adresser à elle. En contrebas, sur le chemin qui serpentait depuis l’Eden Ker, elle aperçut Rosalia, membre du clan des licornes de Glace, dont la robe bleutée était mouchetée de timides flocons blancs.
Comme toutes les licornes, elle traînait de lourds blocs de ker d’un bleu turquoise, presque translucide. Elle avait l’air épuisée.
Encore un effort, petite Rosalia. Nous y sommes presque. Ce soir, tu pourras te reposer.
Rosalia n’avait que trente-sept ans, ce qui particulièrement était jeune pour une licorne. Virandyaa veillait sur elle avec la bienveillance d’une grand-mère, et s’en voulait de ne rien pouvoir faire pour alléger son fardeau.
Parce qu’elle était jeune, les Ratskalls la faisaient travailler plus que les autres et ne lui accordaient aucun répit. De toute façon, ces monstres leur en demandaient toujours plus. Toujours plus de ker. Toujours plus de magie brute qu’elles devaient remonter sous forme de cubes luminescents depuis l’Eden Ker, le poumon du monde.
Je ne sais pas si j’en suis capable, Virandyaa. Je n’y arrive plus. Je suis à bout.
Tiens bon. Je te l’ai dit, nos amies vont bientôt nous délivrer. Fais-leur confiance. Ce calvaire va prendre fin.
En effet, il était temps !
Depuis presque un an, elles vivaient sous le joug des hommes-rats, les Ratskalls, qui s’étaient échappés par dizaines de la Grotte du Temps Figé. Franchissant le Ryorim, ils avaient transformé leurs villages autrefois féeriques en terribles camps de puise-magie, et les licornes n’avaient eu d’autre choix que de leur obéir. Elles qui avaient toujours veillé sur le ker, la source de toute vie et de toute magie, s’étaient retrouvées forcées de travailler afin d’en livrer autant que possible à leurs bourreaux.
C’était d’ailleurs parce qu’elles étaient les seules à pouvoir extraire cette substance des tréfonds du Belöwan que les Ratskalls les avaient épargnées. Grâce à leurs luminorias, leurs cornes magiques, les licornes pouvaient manipuler le ker et le transformer en des blocs solides utilisables par les autres créatures.
Comble de malheur, elles-mêmes étaient maintenant incapables de se servir de la magie du ker. La faute aux horribles colliers kericides, vestiges de la Guerre du Ker, que leur avaient attachées de force les Ratskalls.

Les licornes du Belöwan, tome 2 : Rébellion, Thomas Verdois, 2022.

Les licornes du Belöwan, tome 2 : Rébellion

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C’est lundi, que lisez-vous ? #302

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

J’ai terminé Les luttes des putes et je l’ai chroniqué dans la foulée (vu mon retard, c’est presque un exploit). Je suis retournée au cimetière du Père-Lachaise et j’ai donc poursuivi ma lecture de Mère Lachaise. Legends & Latte est en VO sinon je l’aurais déjà fini ! Mais bon, il ne me reste que quelques pages, et ensuite je passerai à un autre roman de SFFF. Quant à La République du Crâne, c’était super, je recommande à fond cette BD !

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Premières lignes #324

Un peu de piraterie, ça vous dit ?
Aujourd’hui, je vous invite à découvrir les premières lignes de l’introduction de la bande dessinée La République du Crâne. Terminée hier, elle m’a beaucoup plu. En lisant ces quelques paragraphes, l’on comprend tout de suite une chose : ici, pas drôles de pirates, pas de monstrueux pirates… juste des hommes en quête de liberté.
Bonne lecture à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Après dix années d’existence faste, de 1716 à 1726, les pirates du XVIIIe siècle ont été exterminés, moralement et physiquement. Il ne reste plus d’eux que des légendes plus ou moins noires de romans d’aventures.
À leur époque, la bonne société, le clergé et la presse les ont condamnés , salis ; les marines militaires et les gouvernements les ont traqués, capturés, jugés puis pendus. Étaient-ils pourtant les démons braillards, sanguinaires et amoraux décrits par les journaux de leur temps ?
En réalité, ils étaient surtout, pour la plupart, issus des couches les plus pauvres et les plus fragiles de la société. Et ils exerçaient le métier le plus difficile et le plus terrible qui soit alors : marin.
Le métier âpre du marin, véritable forçat de la mer, s’inscrivait profondément dans les chairs et dans les os. Les capitaines marchands avaient droit de vie et de mort sur leur équipage et certains n’hésitaient pas à faire valoir ce « bon droit » avec la plus extrême sévérité.
Ainsi, les pirates se décrivaient plus volontiers comme des « honnêtes hommes », avides de revanche certes, mais aussi de justice : une justice à opposer à ces capitaines criminels et une revanche à prendre sur cette société qui leur avait pris leur dignité.

La République du Crâne, Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat, 2022.

La République du Crâne

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