Premières lignes #173

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

1

On raconte que, très loin à l’ouest, il existe des terres où les gens vivent comme des statues. Leurs journées, toutes identiques, sont rythmées par une routine immuable. À l’inverse, si l’on se dirige vers l’est, la population se comporte de plus en plus bizarrement, comme si l’on entrait en féerie ; les gens ont plus de pouvoirs, certes, mais ils n’arrivent pas à se rappeler qui ils sont d’un moment au suivant. Et tout au bout de l’orient, ils filent et se dissocient comme des arc-en-ciel dans de l’huile. Là-bas, seuls les dieux parviennent à rester entiers. Entre ces deux extrêmes, il y a les Marches, peuplées d’individus disposant de l’intelligence et de la volonté nécessaires pour vaquer tranquillement à leurs occupations.

Pierre-de-vie, Jo Walton, 2009.

Pierre-de-vie

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Premières lignes #172

Bien le bonjour, ami·es lecturovores !
L’autre jour, j’étais à une séance de dédicace de Jo Walton, une autrice que j’ai très envie de découvrir depuis un moment déjà. J’ai fait l’acquisition de trois de ses romans et je vous partage ici la dédicace qu’elle fait dans le roman car elle me plaît beaucoup.

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À toutes les bibliothèques du monde
et aux bibliothécaires qui, jour après jour,
prêtent des livres au public.

Morwenna, Jo Walton, 2010.

Morwenna

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Premières lignes #171

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UN

I

Titus a sept ans. Son monde, Gormenghast. Nourri d’ombres ; sevré dans les linges du rituel : ses oreilles vouées aux échos, ses yeux à un labyrinthe de pierre ; pourtant, dans son corps, autre choses – autre chose que cet ombrageux héritage. Car d’abord, et avant tout, il est un enfant.

La trilogie de Gormenghast, t.2 : Gormenghast, Mervyn Peake, 1968.

Gormenghast, t.2 : Gormenghast

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Premières lignes #170

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Amorti

Le téléphone sonna quelques minutes après 4 heures du matin.
– Toi qui aimes les accidents, Dar, il faudrait que tu vois celui-là.
– J’aime les accidents, moi ? Première nouvelle !
Il n’avait pas demandé qui c’était. Il avait reconnu tout de suite la voix de Paul Cameron, bien qu’ils ne se soient pas vus depuis plus d’un an. Cameron faisait partie de la police de la route de Californie basée à Palm Spring.
– D’accord, lui dit l’officier de police. Disons que tu aimes les énigmes.
Dan se tourna pour regarder sa montre.
– Pas à quatre heure huit du matin, grommela-t-il.
– Celle-là vaut le coup.

L’épée de Darwin, Dan Simmons, 2000.

L’épée de Darwin

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Premières lignes #169

Bonjour mes lecturovores !
Aujourd’hui, je vous présente en guise de Premières lignes la préface de Guillaume Meurice, un chroniqueur que j’aime beaucoup, pour le quatrième tome de Insolente Veggie. J’aime cette préface car on reconnaît bien Meurice et j’avais l’impression d’entendre sa voix en la lisant.

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Préface

STOOOOOOOOOP !!!
N’allez pas plus loin !
Ne tournez suuuuurtout pas les pages qui suivent !!
Elles sont l’œuvre d’une femme extrêmement dangeureuse.
Une harpie totalement cinglée hors de contrôle issue d’une secte démoniaque de plus en plus puissante.
Partout dans la presse,on fait état de la menace que ses membres font peser sur la société en ne cosommant rien qui soit issu de l’exploitation animale. des fous furieux ont vous dit !
Pire. Des extrémistes !!!
Comment survivrons-nous à ces djihadistes tendance carottes râpées et concombre bio qui ont déclaré la guerre aux pieds de cochon et aux saucisses de Francfort !?
Qu’attendons-nous pour classer la castration des porcelets à vif au patrimoine mondial de l’UNESCO ?
Pour déclarer le broyage de poussins d’utilité publique ?
Pour glisser de la graisse de saindoux dans le cartable de nos enfants ?
Si ces gens prennent le pouvoir, fini le calme et la volupté de notre belle société moderne. Rendez-vous compte, si on ne consomme pas d’animal, un jour, il n’y aura plus besoin d’en tuer ! Avec quelles conséquences ?? Des vaches partout !! Par millions !! Par milliards !! On sera envahi de vaches. Ce sera le grand remplacement des vaches. Peu à peu, elles demanderont plus de droits dans la société. Puis, inévitablement, accéderont aux postes à responsabilité rendant bien réelle la prophétie du général de Gaulle « les Français sont des veaux ! ». La France a peur. Saint Charal, priez pour nous. Cette madame Veggie est l’incarnation du diable venu sur terre avec ses charrettes de graines de chia !
Soyez d’une extrême vigilance ! Son modus operandi est d’une fourberie sans nom. Elle déconstruit les préjugés, confronte les argumentations ! Une provocation extrême dans une société uniquement dictée par l’émotion. Abjecte !
Avec ses petits dessins mignons, elle retourne les cœurs et pousse à la réflexion ! Impie !!
Elle se paye même le luxe d’être drôle ! Au bûcher l’insolente ! Bouffons-la !
Aux armes, citoyens !! Formez vos bataillons ! Mâchons, mâchons !!
Que la sauce gribiche abreuve nos sillons !!

Guillaume Meurice

Insolente Veggie – Ils sont parmi nous !, Rosa B., 2018.

Insolente Veggie – Ils sont parmi nous !

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Premières lignes #168

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Résultat et prologue

Un personnage fort étrange, nommé Charles Dexter Ward, a disparu récemment d’une maison de santé, près de Providence, Rhode Island. Il avait été interné a contrecœur par un père accablé de chagrin, qui avait vu son aberration passer de la simple excentricité à une noire folie présentant à la fois la possibilité de tendances meurtrières et une curieuse modification du contenu de son esprit. Les médecins s’avouent complètement déconcertés par son cas, car il présentait des bizarreries physiques autant que psychologiques.

L’affaire Charles Dexter Ward, H.P. Lovecraft, 1941.

L’affaire Charles Dexter Ward

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Premières lignes #167

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter des premières lignes qui sont un petit témoignage du processus d’écriture.

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Tituba et moi, avons vécu en étroite
intimité pendant un an. C’est au
cours de nos interminables conver-
sations qu’elle m’a dit ces choses
qu’elle n’avait confiées à personne.
MARYSE CONDÉ

Moi, Tituba sorcière…, Maryse Condé, 1986.

Moi, Tituba sorcière…

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Premières lignes #166

Hello !
Aujourd’hui, je vous présente les premières lignes d’un livre que j’ai acheté le mois dernier. L’idée de ce bouquin, c’est de nous présenter des femmes qui ont marqué l’Histoire mais qui ont été oubliées au profit des « grands hommes ». Que ce soit parmi les plus connues ou les moins connues citées dans cette préface, j’en connais plusieurs, cela dit quelques unes me sont totalement inconnues et j’ai hâte de les découvrir.

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Préface

Connaissez-vous Christine de Pizan, George Sand, Joséphine Baker ? Oui, sans doute, même si les livres scolaires les ignorent ou les minorent. Un interlocuteur de hasard me disait récemment qu’il croyait que George Sand était un homme. Connaissez-vous Hypatie, Berty Albrecht, Rosa Parks ? C’est moins sûr. Et vous ignorez certainement tout de Hatchepsout, pharaonne, première reine dont on ait gardé le nom, Élisabeth Báthory, la comtesse sanglante, Hedy Lamarr, inventrice d’un système de radiocommunication auquel Internet doit tout, ou Rosalind Franklin, brillante biologiste dont le rôle central dans la découverte de l’ADN a été totalement occulté, à l’instar de tant de scientifiques. En testant quelques-uns de ces soixante-quinze noms, vous vous interrogerez sur vos méconnaissances. Elles ne sont pourtant pas seules en cause. C’est que personne ne vous a jamais parlé de ces femmes oubliées, invisibilisées, aux yeux d’une histoire aveugle qui ne connaît que les « grands Hommes ».

Ni vues ni connues, Collectif Georgette Sand, 2017.

Ni vues ni connues

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Premières lignes #165

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1

 

Le logement était plus confortable que je ne m’y attendais. Studio individuel avec salle de bains, ou plus exactement appartement, puisqu’il y avait en réalité deux pièces : une chambre et un séjour flanqué d’une kitchenette. C’était lumineux et spacieux, le mobilier moderne, la décoration de bon goût dans des teintes sobres. Le moindre espace était évidemment sous surveillance vidéo et je ne tarderais pas à comprendre que des micros étaient dissimulés çà et là. Les caméras, elles, étaient placées bien en évidence. Il y en avait une – petite mais parfaitement visible – en hateur, à chaque coin ainsi que dans le moindre recoin impossible à surveiller depuis le plafond : par exemple, dans la penderie, derrière les portes et les étagères qui faisaient saillie. Même sous le lit et dans le placard sous l’évier de la cuisine. Une caméra était installée partout où une personne était susceptible de se faufiler. Parfois, lorsqu’on se déplaçait dans une pièce, elles vous suivaient de leur regard borgne.

L’unité, Ninni Holmqvist, 2006.

L’unité

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Premières lignes #164

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Introduction

Sang tabou (ni trompettes)

 

Comme des milliards de femmes depuis que le monde est monde, j’ai eu mes règles chaque mois pendant près de quarante ans. Entre avril 1975 et février 2015, cela représente environ 400 cycles si l’on enlève la période de la grossesse et les errances de la préménopause. Soit près de 2 400 jours marqués par l’écoulement entre mes jambes de ce qu’on appelle le sang menstruel : un signal d’ovulation et, donc, de fertilité. Par comparaison, la femme du Moyen Âge, en Europe, n’ovulant en moyenne qu’une centaine de fois dans sa vie. Le reste du temps, elle était enceinte, ou elle allaitait, ou elle était morte. Au XVIIIe siècle, la femme qui était parvenue à survivre à son enfance avait une espérance de vie de vingt-huit ans et, avec un taux de mortalité maternelle de 1,2%, avait mille fois plus de risques de mourir en couches qu’aujourd’hui.

Ceci est mon sang, Elise Thiébaut, 2017.

Ceci est mon sang – Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font

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