Premières lignes #164

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Introduction

Sang tabou (ni trompettes)

 

Comme des milliards de femmes depuis que le monde est monde, j’ai eu mes règles chaque mois pendant près de quarante ans. Entre avril 1975 et février 2015, cela représente environ 400 cycles si l’on enlève la période de la grossesse et les errances de la préménopause. Soit près de 2 400 jours marqués par l’écoulement entre mes jambes de ce qu’on appelle le sang menstruel : un signal d’ovulation et, donc, de fertilité. Par comparaison, la femme du Moyen Âge, en Europe, n’ovulant en moyenne qu’une centaine de fois dans sa vie. Le reste du temps, elle était enceinte, ou elle allaitait, ou elle était morte. Au XVIIIe siècle, la femme qui était parvenue à survivre à son enfance avait une espérance de vie de vingt-huit ans et, avec un taux de mortalité maternelle de 1,2%, avait mille fois plus de risques de mourir en couches qu’aujourd’hui.

Ceci est mon sang, Elise Thiébaut, 2017.

Ceci est mon sang – Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font

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Premières lignes #163

Aujourd’hui, l’incipit que je vous présente est une dédicace. Elle m’a bien plu et me donne envie de tourner les pages, de découvrir ce que l’autrice a à nous présenter.

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Pour ma mère, qui m’a appris très tôt
qu’une vraie lady pouvait donner des ordres,
qu’un vrai gentleman pouvait y obéir
et que les vrais zombies ne mangeaient pas de cerveaux.

New Victoria , Lia Habel, 2011.

New Victoria

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Premières lignes #162

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— Papa, tu me racontes une histoire ?
— Une histoire… de monstre ?
— Mmmh… Non.
— De sorcière ?
— Non plus !
— Le conte des sept agneaux qui cherchaient leur mère ?
— Non, non et non ! Ce soir, je veux… une histoire de princesse !
— De princesse ? Mais tu aimes ça ?
— Ben oui, pourquoi pas !
— D’accord. Il était une fois… un prince qui voulait épouser une princesse, une vraie princesse, avec la peau douce, tout en délicatesse, et…
— Mais papa, je voulais une histoire de princesse ! Pas une histoire de prince charmant qui a du mal à trouver chaussure à son pied !

La revanche des princesses, Collectif, 2019.

La revanche des princesses

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Premières lignes #161

Salutations, ami·es lecturovores !
Pour les premières lignes d’aujourd’hui, j’ai choisi l’incipit de Comment ils font les gens ? parce que ces deux lignes ont tout de suite mis un grand sourire sur mon visage.

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Réflexions (un peu argumentées quand même)
pour répondre à des questions parfaitement inutiles.

Comment ils font les gens ?, I.M. Nancy et Youliedessine, 2018.

Comment ils font les gens ?

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Premières lignes #160

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ProLogue

Pendant des années, même lorsqu’elle l’aimait, une part d’elle-même le haïssait avec cette puérilité qui rend détestable ce que l’on ne peut contrôler. Il était têtu, borné et usait de son charme pour faire oublier les erreurs qu’il commettait en permanence ; les mêmes, encore et toujours, car à quoi bon en tenter de nouvelles alors que les anciennes lui réussissaient si bien ?
Il était charmant. C’était bien là le problème. Elle était sous son emprise. Même lorsqu’elle finissait par le détester, il parvenait toujours à la récupérer, à la séduire de nouveau, si bien qu’elle ne savait plus qui était le serpent, et qui était le dresseur.
Il malmenait les gens, les faisait souffrir, puis trouvait de nouvelles personnes, plus attrayantes à ses yeux, et abandonnait les anciennes, brisées, dans son sillage.
Mais un jour son charme cessa d’opérer. Un tramway qui déraille. Un train sans conducteur. Ses erreurs se remarquaient, elles devenaient impardonnables. L’une d’elles eut des conséquences terribles : une vie ôtée, une condamnation à mort… Elle aussi faillit perdre la vie.
Comment pouvait-elle continuer à aimer un homme qui avait essayé de l’éliminer ?

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Son vrai visage, Karin Slaughter, 2018.

Son vrai visage

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Premières lignes #159

Une entrée en matière qui nous dépeint la ville où va se dérouler l’histoire des Filles de Nulle Part. C’est un récit très dur mais tellement banal et ça n’en est que plus révoltant (viol, sexisme, racisme… il y a de tout dans ce roman!).

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Nous.

Prescott (Oregon).
Population : 17 549 hab. Altitude : 176 m au-dessus du niveau de la mer.
32 km à l’est d’Eugene et de l’université de l’Oregon. 209 km au sud-est de Portland. À mi-chemin entre un bourg agricole et une zone résidentielle. Totem du lycée : les Spartiates (Allez les Spartiates !)
Et tant de filles qui vivent là. Tant de presque-femmes, qui attendent que leur peau s’ajuste sur elles.

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Nous les filles de nulle part, Amy Reed, 2017.

Nous les filles de nulle part

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Premières lignes #158

Quand j’ai lu ces premières lignes, le tout premier paragraphe de La Compagnie noire, j’ai su que la narration me plairait, le narrateur ne semblant pas manquer d’ironie.

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I
Le Légat

Les prodiges et les présages n’ont pas manqué, s’il faut en croire Qu’un-Œil. C’est de notre faute si nous les avons mal interprétés. Le handicap de Qu’un-Œil ne diminue en rien son talent merveilleux de visionnaire a posteriori.

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Les annales de la Compagnie noire, t.1 : La Compagnie noire, Glen Cook, 1984.

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Premières lignes #157

Ce dimanche, je passe volontairement la préface et l’avant-propos pour vous plonger dans les premières lignes du récit.

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I

Dans les pas de mon père

La route, je suis tombée dedans quand j’étais petite.
Mon père ne semblait se satisfaire d’une vie sédentaire que quelques mois par an. Nous passions nos étés au fin fond du Michigan, dans la maisonnette qu’il avait fait construire en face du lac où il gérait un dancing sur une jetée. Bien que situé à des centaines de kilomètres de toute côté, il l’avait baptisé « Ocean Beach Pier » et lui avait accolé cette accroche grandiloquente : « Danser sur l’eau et sous les étoiles ».

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Ma vie sur la route, Gloria Steinem, 2015.

Ma vie sur la route

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Premières lignes #156

Aujourd’hui, je vous présente les premières lignes d’un roman qui retrace la vie d’une femme née à Saigon, réfugiée en Malaisie et qui finira par arriver au Québec. Le livre semble rapide à lire et je le prendrai donc avec moi la prochaine fois que je prendrai le train.

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Je suis venue au monde pendant l’offensive du Têt, aux premiers jours de la nouvelle année du Singe, lorsque les longues chaînes de pétards accrochées devant les maisons explosaient en polyphonie avec le son des mitraillettes.
J’ai vu le jour à Saigon, là où les débris des pétards éclatés en mille miettes coloraient le sol de rouge comme des pétales de cerisier, ou comme le sang des deux millions de soldats déployés, éparpillés dans les villes et les villages d’un Vietnam déchiré en deux.
Je suis née à l’ombre de ces cieux ornées de feux d’artifice, décorés de guirlandes lumineuses, traversés de roquettes et de fusées. Ma naissance a eu pour mission de remplacer les vies perdues. Ma vie avait le devoir de continuer celle de ma mère.

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ru, Kim Thúy, 2009.

ru

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Premières lignes #155

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Pourquoi partent-elles ?

L’obéissance, c’est la mort !

En commençant par ces mots son premier livre, qu’elle intitule Pour la vie, Alexandra David-Néel a déjà tout dit. Avec cet aphorisme, elle conteste les idées reçues, lie l’aventure et l’écriture, éclaire la genèse de son propre cheminement et raconte d’un trait toute l’histoire des Grandes Aventurières.
Leur curiosité du monde et la quête de leur propre vérité passent par ce courage-là : celui de désobéir.
Qu’est-ce que l’Aventure au féminin ?
Si parler d’aventure, c’est parler d’hommes et de femmes mus par la passion des confins, le mot « aventurière », lui, n’évoque ni le départ, ni l’éloignement, ni le voyage. Plutôt l’ambition, l’intrigue et l’amour vénal. Même au XXe siècle, quand l’« aventure » prend le sens que lui donne Malraux – aller plus loin –, les aventurières ne sont pas « celles qui s’avancent dans l’inconnu ». Il faut leur adjoindre un qualificatif pour qu’elles se distinguent de la cohorte des espionnes et des courtisanes : les Grandes Aventurières. Mais, peine perdue, Malraux plaisante : « Les hommes ont les voyages, les femmes ont des amants ! »

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Elles ont conquis le monde – Les Grandes aventurières, 1850-1950, Alexandra Lapierre et Christel Mouchard, 2009.

Elles ont conquis le monde – Les Grandes aventurières, 1850-1950

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