Premières lignes #258

Salutations !
Aujourd’hui, je reviens avec les premières lignes d’un roman sorti récemment : Missouri 1627. L’héroïne, Veronica (Ronnie), n’a pas eu ses règles depuis un moment. On la découvre aux toilettes, s’apprêtant à faire un test de grossesse.
Au moment où je vous écris ces lignes, je suis sur le point de terminer ma lecture de ce roman et j’ai passé un très chouette moment ! Je vous en parle très bientôt…
Passez une belle journée.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Kilomètre 0

Assise sur la cuvette glaciale, dans le troisième cabinet de toilettes des filles, je serre désespérément les cuisses et me concentre pour ne pas faire pipi.
– Ronnie, tu as bientôt fini ? On va être en retard en cours, me signale Emily à travers la porte.
Non, je n’ai pas bientôt fini. Et je me fiche totalement d’arriver en retard.
– Euh… Ne m’attends pas. J’ai… un problème de fille.
Mais pas mes règles, non.
Je prie pour qu’elle n’insiste pas. Je n’aurais jamais dû boire ce deuxième verre de jus orange-mangue, ce matin. Maudit soit son irrésistible goût sirupeux.
Emily se décide enfin à partir. Un brouhaha de pas s’engouffre dans les toilettes quand elle ouvre la porte, le temps que le flot des lycéens rejoigne les salles de classe. Puis le silence retombe. Je tends l’oreille, au cas où une élève retardataire –  ou pire, une prof –  ferait irruption dans w.c., mais je n’entends qu’un robinet qui goutte. Tout le monde doit être en salle d’appel. Je pousse un soupir de soulagement. Et je manque de libérer un jet d’urine.

Missouri 1627, Jenni Hendricks et Ted Caplan, 2021.

Missouri 1627

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Premières lignes #257

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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INTRODUCTION

À toi qui lis.
Je veux dire merci. Pendant toute l’année que ce livre aura demandé pour être écrit, préparé, mis en page, j’ai souvent pensé à toi. J’ai essayé de me projeter dans tes intentions et tes espoirs ; j’ai écrit chaque ligne en cherchant à la rendre utile. Écrire aura été plus difficile que je le pensais, mais aussi moins solitaire. Parce que tu étais déjà là.

En attendant les occasions de se rencontrer, d’avoir (enfin) des retours de lecteur·rices·x sur ce texte, je ne peux que parler de mes intentions. J’avais l’envie – et je m’étais mise au défi – de créer un double niveau de lecture, pour que, d’une part, les personnes trans puisent des ressources et un empouvoirement ; et que, d’autre part, les personnes cisgenres trouvent des réponses et un espace de pédagogie.
Pédagogie sur quoi ? Pédagogie pourquoi ? Parce tout dans notre société se base sur des dynamiques de genres : tout n’y est qu’histoires de genres. Parce que le recul manque pour voir ce que ces dynamiques impliquent pleinement. Et surtout, parce qu’elles restent en grande majorité invisibles, et, au premier plan, celles qui concernent les personnes transgenres.

Il s’agit de comprendre et définir les spécificités des personnes trans et l’intégration de ce grand groupe social dans la société : une histoire de normes, de conditionnements, de rejets donc ; une histoire de la division trans/cis, des parcours individuels et des possibles blessures que la transidentité peut entraîner dans le rapport aux autres. J’ai voulu y mettre de moi ; un tel sujet aurait pu être traité de façon plus formelle mais j’avais à cœur de donner le sens d’une discussion entre nous, d’un partage de réflexions et de connaissances que j’espère pouvoir prolonger hors du papier.

J’avoue aussi avoir voulu être ambitieuse. Si l’exhaustivité n’était pas possible, l’idée était de créer un panorama des sujets que la transidentité peut recouvrir, des mots et arguments qui y sont souvent convoqués, des émotions que ceux-ci peuvent faire naître.  Ensemble, nous tenterons une déconstruction de tout un tas de choses ; pas pour le plaisir, mais par besoin de reconstruire. Reconstruire mieux, et pour tout le monde.

Écrire cet ouvrage n’a pas été chose aisée. D’abord justement parce que j’ai voulu être ambitieuse et produire un livre qui serait utile dans le temps, mais aussi parce que mon expérience personnelle de l’écriture ne m’avait encore jamais amenée à réfléchir à comment construire un livre.

Une histoire de genres. Guide pour comprendre et défendre les transidentités, Lexie, 2021.

Une histoire de genres. Guide pour comprendre et défendre les transidentités

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Premières lignes #256

Bien le bonjour !
En ce moment, après quelques mois sans en lire, je commence à avoir de grandes envies de thriller… En regardant ma pile à lire, ce roman de Karine Giébel m’a fait de l’œil et, si le prologue me semble quelque peu opaque, ma curiosité est tout de même sacrément piquée.

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PROLOGUE

Tous les soirs se ressemblent, les nuits aussi. Et les jours, c’est pareil.
À quoi se raccrocher, alors ?
Aux repères, ceux qui rythment le temps, évitant qu’il ne devienne une hideuse masse informe.
S’y cramponner, comme à des arbres au milieu d’une plaine infinie, à des voix au cœur du silence.
À chaque heure, quelque chose de précis. Gestes, odeurs ou sons.
Et, au-delà des murs, le train.
Décibels de liberté venant briser l’aphasique solitude. Celle-là même qui vous dévore lentement, morceau après morceau. Qui vous aspire sans heurt vers les abimes du désespoir.
Le train, comme un peu du dehors qui s’engouffre en vous jusqu’à l’âme, se moquant des barrières, de l’épaisseur du béton ou de la dureté de l’acier.
Fuir avec lui.
Voyages imaginaires qui transportent ce qu’il reste de soi vers des destinations choisies.
S’accrocher aux wagons, prendre le train en marche.
Il ne reste plus que ça.
Là, au cœur de la perpétuité.

Meurtres pour rédemption, Karine Giébel, 2006.

Meurtres pour rédemption

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Premières lignes #255

Salutations, les lecturovores !
Aujourd’hui, je fais fi de l’incipit pour, de nouveau, plonger directement dans les premières lignes de l’histoire. Ici, c’est l’histoire d’un jeune homme qui, mort, va revenir à la vie. Un roman qui promet d’être à la fois drôle et émouvant !

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1

Le dernier jour

— As-tu déjà pensé à ta mort ?
Voilà exactement le genre de question auquel on est en droit de s’attendre de la part de Nicolas le ténébreux. Nick est un type formidable, un ami précieux, mais il a un côté macabre qui n’est pas toujours de circonstance.
— Non, je ne pense pas à ma mort. Au risque de te paraître étrange, j’ai plutôt tendance à penser à ce que je vais faire de mon été. Te rends-tu compte, Nick, que l’école est finie ?
Oui, il s’en rend compte, et c’est pourquoi il extirpe de son sac deux masques en caoutchouc. Il m’en prête un et s’empresse d’enfiler l’autre sur son visage. Nicolas n’a pas trouvé de meilleure façon de déclarer son amour que d’apparaître devant l’élue de son cœur déguisé en mort-vivant. Avec sa nouvelle tête, il est persuadé que Sandra va lui tomber dans les bras. C’est dans les pommes qu’elle risque de tomber, s’il veut mon avis.
— De quoi j’ai l’air ? demande-t-il, ravi.
— Du tombeur de ces dames.
Je lui garantis qu’il va faire un malheur.

Mort et déterré, Jocelyn Boisvert, 2008

Mort et déterré

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Premières lignes #254

Bien le bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous partage les premières lignes d’un roman que j’ai récemment lu : La petite fille qui aimait Tom Gordon de Stephen King. L’écrivain nous permet de comprendre que les choses ont vite dérapé, et ce pour une chose justement si anodine.

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Juin 1998

Préliminaires

Le monde a des dents, et quand l’envie le prend de mordre, il ne s’en prive pas. Trisha McFarland avant neuf ans lorsqu’elle s’en aperçut. Ce fut un matin, au début du mois de juin. À dix heures, elle était assise à l’arrière de la Dodge Caravan de sa mère, vêtue de son maillot d’entraînement bleu roi de l’équipe des Red Sox (avec 36 GORDON inscrit au dos), et jouait avec Mona, sa poupée. À onze heures, elle s’efforçait de ne pas céder à la panique, de ne pas se dire Je suis en danger, de chasser de sa tête l’idée que les gens qui se perdent dans la forêt s’en tirent quelquefois avec de graves blessures, que parfois même ils en meurent.
Tout ça parce que j’avais envie de faire pipi, se disait-elle.

La petite fille qui aimait Tom Gordon, Stephen King, 1999.

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Premières lignes #253

Salutations !
Pour les premières lignes du jour, j’ai passé la partie biographique (deux pages) en partant du principe que, si j’étais tombée sur ce livre dans une librairie, ce n’est pas ce que j’aurais lu pour me faire un avis. Ce n’est même pas non plus une légende (c’est un recueil de légendes bretonnes, comme vous pouvez le voir sur la couverture) ; c’est le chapitre « La Bretagne à travers l’histoire 1925) ». Je pense que quiconque connaît un peu cette région aura une image très précise de ce dont parle l’écrivain ; quant aux autres, je vous invite à observer sur une carte, ainsi vous visualiserez très clairement son propos.
Bonne lecture à vous.

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La péninsule bretonne, lorsque l’on suit la figuration de la carte, présente un peu l’aspect d’un énorme mufle de bête, puissamment tendu vers les lointains atlantiques et dont la gueule entrouverte, formée par la rade de Brest et la baie de Douarnenez, darderait, comme une langue tricuspide, les trois pointes en croix de la presqu’île de Crozon. Les Gaulois lui donnaient le nom d’Arémorique, ou Armorique, signifiant : pays en bordure de la mer. La Bretagne est, en effet, le pays marin par excellence. « Péninsule spectatrice de l’Océan », disait d’elle Pline l’Ancien.

Magies de la Bretagne, volume 1, Anatole Le Braz, 1994.

Magies de la Bretagne, volume 1

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Premières lignes #252

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1

Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé. Les femmes de la maison le savaient, et les enfants aussi. Pendant des années, chacun s’accommoda à sa manière de cette méchanceté ; puis, à partir de 1873, il n’y eut plus que Sethe et sa fille Denver à en être victimes. La grand-mère, Baby Suggs, était morte, et les fils, Howard et Buglar s’étaient enfuis à l’âge de treize ans, l’un, le jour où un simple regard sur un miroir le fit voler en éclats (ce fut le signal pour Buglar) ; l’autre, le jour où l’empreinte de deux petites mains apparut sur le gâteau (cela décidé Howard). Aucun des deux garçons n’attendit d’en voir davantage : plus de chaudronnée de pois chiches renversée toute fumante sur le plancher ; plus de biscuits secs écrasés et émiettés en ligne contre la porte. Non, ils n’attendirent pas non plus l’une des périodes de répit : ces semaines, voire ces mois, où tout était calme. Chacun d’eux s’enfuit dans l’instant, au moment même où la maison commit l’ultime outrage dont il leur sembla impossible d’être les témoins passifs une seconde fois. En l’espace de deux mois, en plein hiver, ils abandonnèrent leur grand-mère Baby Suggs, Sethe, leur mère, et leur petit sœur Denver, les laissant se débrouiller seules dans la maison grise et blanche de Bluestone Road.

Beloved, Toni Morrison, 1987.

Beloved

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Premières lignes #251

Bien le bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous présente le début de ma lecture en cours : Battle Royale. De façon anodine, on nous présente le principe de la battle royal durant les matchs de catchs, nous amenant ainsi à comprendre de quoi il sera question dans le roman – si la couverture n’est pas assez parlante, et si l’on ne connaît pas déjà les adaptations cinématographiques ou manga.
En vérité, le roman débute par des citations et par une liste d’élèves mais, ayant passé ça pour découvrir les premières lignes du récit, je me permets de le faire ici aussi.

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Petit avertissement en guise
d’introduction

(Monologue d’un fan de catch dans un univers parallèle)
Hein ? Battle Royale ? Tu me demandes ce qu’est une Battle royale ? Tu ne connais pas ? Oh lala à quoi ça sert que tu viennes voir des matchs de catch ? Quoi ? Le nom d’une prise ? D’un championnat ? Non, pas du tout, une Battle royale, c’est un type de combat. Hein ? Aujourd’hui ? Ici ? Non, il n’y en a pas de prévue au programme. D’ailleurs, ce genre de truc, on l’organise le plus souvent dans un grand stade destinée aux événements exceptionnels. Hé, regarde ! Là, c’est Takako Inoué, ma catcheuse préférée, elle est bonne, hein ? Ah… euh… oui, pardon. Mouais… Donc on parlait de Battle royale. Ouais, la Fédération nationale nippone de catch en organise encore de temps en temps. En fait, une Battle royale… Hmm… bon, en général, les combats de catch, ça se résume à un champion contre un autre, ou alors une équipe en binôme contre un autre binôme, d’accord ? Alors que dans la Battle royale, ils sont une dizaine ou une vingtaine… t’as tout un tas de catcheurs qui montent en même temps que le ring. Et entre eux, ils peuvent se battre comme ils veulent, un contre un, un contre dix, pas de problème ! Bref, plusieurs joueurs ont le droit de se ligue ensemble.

Battle Royale, Kôshun Takami, 1999.

Battle Royale

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Premières lignes #250

Salutations !
En ce début d’année, il y a pas mal de nouveautés qui ont l’air fort sympathiques. L’une d’elles est Les dossiers du Voile d’Adrien Tomas que je compte lire prochainement (et qui entrera parfaitement dans le Challenge de l’Imaginaire!). Les premières lignes du roman m’ont beaucoup plu : un mariage, des ronds de jambes et de belles apparences, mais déjà on ressent quelques inimitiés… Si jamais vous souhaitez lire un extrait plus long, je vous invite à vous tourner vers le site de la maison d’édition, Fleurus.
Belle journée à vous.

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CHAPITRE
1

Mona tira sur le col de sa robe. Elle lui enserrait la gorge au point de dessiner un cercle rouge sur son cou. Elle détestait les mariages. Elle détestait les gens habillés en pingouins dont ils adoptaient progressivement la démarche à mesure que leur sang s’imbibait d’alcool. Elle haïssait les vieilles dames émues aux chapeaux improbables qui se tamponnaient les yeux pour un oui ou pour un non et la complimentaient sur l’abomination couleur pêche que sa mère l’avait forcée à porter. Elle vomissait l’insistance presque pathétique du DJ à alterner les valses d’un autre âge et les morceaux à la mode dans le vain espoir de donner aux invitées les plus vieux ou les plus jeunes l’envie de danser.
Pour l’occasion, tout le monde faisait bonne figure. Il s’agissait d’un mariage très attendu au sein du Voile : pareil événement forçait les clans ennemis à taire leur inimitiés. Mona vit pourtant Grisby Pavoisier, l’imposant archimage du cercle élémentaliste, jeter des regards hostiles à l’élégant Édouard Unterwald, la patriarche des nécromanciens. Le mage noir l’ignorait avec superbe, occupé à empêcher son sourire éclatant de se fissurer tandis qu’il devisait avec les leaders récemment élus des fées du Voile, Obéron et Titania. Ces derniers faisaient de leur côté semblant d’oublier que les Unterwald n’avaient que récemment abandonné leur tradition d’écorcher et disséquer leurs semblables.

Les dossiers du Voile, Adrien Tomas, 2021.

Les dossiers du Voile

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Premières lignes #249

Bien le bonjour !
Pour ces toutes premières Premières lignes de l’année, j’ai opté pour l’une de mes futures lectures : Tant qu’il le faudra, tome 1 de Cordélia. Et attention, je parle bien de premières lignes et non d’incipit car je vous présente le début de l’histoire et non la note de l’autrice, ni les content warnings.
Passez un bon dimanche.

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CHAPITRE 1

— Prudence —
Samedi 15 septembre

Tic. Tic. Tic. Tic.
Le cliquetis de mes ongles sur la barre jaune du bus. Je les ai vernis ce matin. Really red de chez Essie, une couleur classique et une valeur sure. Je me demande si j’aurais pu me permettre plus d’originalité. Je veux faire bonne impression. J’ai conscience que ma manucure est futile. Il est probable que personne ne la remarque. Néanmoins, il était impensable de me présenter sans des ongles irréprochables. Comme il était impossible de sortir sans avoir retouché mon maquillage, le rose sur mes lèvres et les boucles dans mes cheveux roux. J’espère que je n’aurais pas l’air trop apprêtée par rapport aux autres.
Le stress m’envahit, alors que j’avais jusqu’à présent réussi à rester calme. Peut-être est-ce une mauvaise idée ? J’ai encore le temps de faire demi-tour. Rien ne m’oblige à y aller. Je n’en ai parlé à personne, personne n’en saura rien. Après tout, quel est l’intérêt de rentrer dans cette association ?
Je sors mon portable de mon petit sac en bandoulière. Un selfie avec ma petit sœur s’affiche sur l’écran verrouillé. Il date du mariage de notre cousine cet été. Demoiselles d’honneur, Amanda et moi portions des robes rose poudré assorties. Nos visages souriants disparaissent pour laisser place au chat de mes parents.
Je rouvre la page Facebook de l’association.
Ce samedi : réunion d’information pour HoMag !
Ancien·ne·s comme nouveaux·elles, vous êtes les bienvenu·e·s 🙂
Nous vous présenterons le journal, le calendrier de l’année et le conseil d’administration élu la semaine dernière.
Féminisme, interviews  de personnalités, actualité internationale, musique, sport… de nombreuses rubriques n’attendent que vous ! Nous recherchons aussi des correcteur·trices et un·e maquettiste ! N’hésitez pas à venir avec vos idées, nous sommes ouvert·e·s à toutes les propositions… concernant le journal 😉
RDV à 16h au local.
Goûter vegan de bienvenue

Tant qu’il le faudra, tome 1, Cordélia, 2021.

Tant qu’il le faudra, tome 1

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