Premières lignes #120

Salutations mes lecturovores !
Aujourd’hui, je vous partage l’incipit (plus précisément son premier paragraphe) d’un livre que l’on m’a donné . Il est probable que, lorsque j’en entamerai la lecture, je vous présente les premières lignes du récit.
Si j’ai choisi de m’arrêter à ce paragraphe, c’est parce que la romancière rappelle un fait qu’il ne faut jamais oublier, que l’on lise, regarde un film, etc.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Avertissement

Les spécialistes relèveront dès les premières pages de ce roman une inexactitude : en aucun cas un prisonnier n’aurait pu être exécuté en 1977 au Texas, la chaise électrique ayant été mise au rebut dans cet Etat en 1964, après que trois cent soixante et un condamnés y eurent laissé la vie. Les exécutions n’ont repris qu’en 1982, par injection. Cependant, chacun sait que les écrivains s’octroient certaines libertés.

La Fille cachée, Lisa Gardner, 1999.

La Fille cachée

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Premières lignes #119

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Depuis que je suis enfant, mon oncle me le répète : le but de la vie est d’écrire sa propre histoire. Et chaque page, chaque mot, chaque virgule comptent. Même une rature a son importance. Il n’y a pas de petite ou de grande histoire : il y a des histoires, chacune vaut le détour, point final.
Et personne, disait-il en levant un index sage, personne n’a le droit d’écrire le livre d’un autre à sa place.
Voici l’histoire de ceux qui se sont battus jusqu’au bout pour écrire le livre de leur vie.

La Manufacture des histoires, Luc Fivet, 2018.

La Manufacture des histoires

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Premières lignes #118

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Première partie

Jour polaire

 

Janvier 1975

 L’enfant ouvre les yeux sur la nuit polaire.
Sous sa couverture de phoque, ce n’est pas de froid que grelotte la petite créature – elle a l’habitude. Elle vit déjà son troisième hiver interminable. Elle connaît tous les trucs, toutes les règles : les trois couches pour commencer, une en coton, une en laine, puis la peau tannée. Les tonnes de graisse animale à avaler chaque jour, comme une cuirasse calorique. Ça la dégoûte un peu. Mais il faut s’y faire.
Non, c’est autre chose qui l’a saisie. L’a arrachée au repos. Une autre évidence échappée des immensités blanches, bleutées de lune, qui a pris le pas sur son rêve.
Tous les Inuits le savent : rien de bon ne naît dans les songes.

Qaanaaq, Mo Malø, 2018.

Qaanaaq

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Premières lignes #117

Vendredi, je prenais la direction de Toulouse pour mon dernier match de roller derby de la saison. N’ayant pas envie de m’encombrer de gros livres papiers, je me suis armée de ma liseuse. Heureusement puisque le trajet en car a été plus long que prévu (et il est déjà loin d’être rapide…). J’en ai donc profiter pour lire La Sirène et la Licorne, un roman sorti récemment et que j’ai dévoré en un rien de temps !

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1. Dernière aube sur mon royaume

 Tapi au fond de sa tanière, le monstre m’observe d’un œil mauvais. Ses muscles roulent sous sa fourrure tigrée. Je tends vers lui une main amicale. J’espère encore une réconciliation. Car nous étions amis, avant. Nous étions frères d’armes. Je ne sais plus combien de fois j’ai pleuré sur sa fourrure, et, certes, je l’ai serré un peu trop fort, comme un gros ours en peluche, mais jusque-là il comprenait. Il a toujours compris.
Cependant le monstre possède un instinct de survie développé. Il a senti que, là, j’allais lui jouer un coup en traître. Même si je n’ai pas apporté la boîte dans ma chambre. Je connais mon monstre comme si je l’avais créé. Je murmure :
− Allez, sois sympa. Là on doit vraiment y aller.
En réponse, je reçois un grondement de mauvais augure. Je soupire. C’est déjà assez stressant de partir, ou plutôt de fuir comme je le fais, faut être honnête, sans me coltiner les sautes d’humeur de mon chat.

La Sirène et la Licorne, Erin Mosta, 2018.

La Sirène et la Licorne

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Premières lignes #116

Il y a quelques jours, une copine se séparait de livres car elle déménage. L’un des livres qu’elle m’a donné est Amerigo. C’est le récit de l’homme qui a donné son nom à l’Amérique ; je n’en avais jamais entendu parler et j’admets être très intriguée par son histoire.

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Amerigo

Quel homme a donné son nom à l’Amérique ?
À cette question, le premier écolier venu répondra d’une voix ferme, sans avoir à réfléchir : Amerigo Vespucci.
En revanche, même les adultes se montreront hésitants et perplexes si on leur pose la seconde question, à savoir : pourquoi a-t-on utilisé, pour baptiser cette partie du monde, le prénom d’Amerigo Vespucci ? Parce que Vespucci a découvert l’Amérique ? Il ne l’a nullement découverte ! Parce qu’il a été le premier à fouler le sol du continent, et non plus seulement des îles les plus proches de la côte ? Non, ce n’est pas non plus pour cette raison, car ce n’est pas Vespucci qui a posé le pied le premier sur le continent américain, mais Colomb et Sébastien Cabot.

Amerigo, Stefan Zweig, 1944.

Amerigo

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Premières lignes #115

Un autre roman que j’ai découvert il y a peu et qui me fait bien envie !

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1

Que pourrais-je vous dire ? Que je fus plus heureux durant les quarante-neuf années où je vécus en homme que pendant les trente où je fus femme ? Quarante-neuf années où il me semblait subir un état qui n’était pas le mien et trente à prendre conscience des privilèges accordés aux mâles, même si le bonheur d’être enfin moi-même l’emportait sur les sacrifices qu’il fallait consentir.

Moi, chevalier d’Eon, espionne du roi, Catherine Hermary-Vieille, 2018.

Moi, chevalier d’Eon, espionne du roi

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Premières lignes #114

Homo Sapienne est un livre que j’ai découvert au cours de la semaine passée, et j’ai bien envie qu’il rejoigne ma pile à lire !

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PRÉFACE

Un autre Groenland

Le lecteur qui penserait trouver dans ce roman de Niviaq Korneliussen un récit de grands espaces, de glace, de neige, de froid extrême, de difficultés physiques, d’icebergs, de préoccupations environnementales et de survie culturelle, en somme un roman du Groenland qui reprendrait les schèmes de l’imaginaire du Nord tels que posés par les grandes cultures européennes et nord-américaines, se trouvera complètement dérouté. Sa lecture lui permettra plutôt de découvrir de l’intérieur et sans ménagement l’univers complexe et subtil des questionnements sexués de cinq jeunes urbains de Nuuk, pour qui la vie dans l’Arctique est au cœur des remises en question contemporaines sur le genre. Ceux-ci vivent intensément cette réflexion dans une forme littéraire actuelle et travaillée par la stridence des échanges sociaux multiples et croisés. Dans ce maëlstrom de cultures, le colonialisme envers les Inuits devient un prétexte condamnable et trop souvent utilisé pour esquiver l’essentiel : « Enough of that postcolonial piece of shit » écrit en anglais la romancière. Cesse de reporter la faute sur l’autre ; sois responsable de ton sort. « Tu n’es pas à plaindre. »

Homo Sapienne, Niviaq Korneliussen, 2014.

Homo Sapienne

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Premières lignes #113

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Première partie

La robe
et la bague

 

Nous sommes tenus, par la loi, de conserver une trace écrite des innocents que nous tuons.
Et à mon sens, ils sont tous innocents. Même les coupables. Tout le monde est coupable de quelque chose, et tout le monde recèle une part d’innocence qui remonte à l’enfance, quoique ensevelie sous des couches et des couches de vie. Les hommes sont innocents ; les hommes sont coupables. Ces deux dispositions sont indéniablement avérées.

La Faucheuse, Neal Shusterman, 2016.

La Faucheuse

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Premières lignes #112

Etant encore en vacances, j’actualiserai les liens au cours de la semaine qui arrive.
J’avais bien aimé le premier tome de Charley Davidson, malgré quelques points négatifs. J’ai entamé cette semaine le deuxième tome.

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CHAPITRE PREMIER

Les faucheuses sont à tomber… raide mort.

TEE-SHIRT SOUVENT PORTÉ PAR
CHARLOTTE JEAN DAVIDSON,
FAUCHEUSE D’EXCEPTION

— Charley, dépêche-toi, réveille-toi.
Des ongles pointus s’enfoncèrent dans mes épaules en faisant de sacrés efforts pour dissiper le brouillard de sommeil dans lequel je marinais. Les doigts auxquels ils appartenaient me secouèrent suffisamment fort pour provoquer un petit tremblement de terre en Oklahoma. Comme je vivais au Nouveau-Mexique, ça posait problème.

Charley Davidson, t.2 : Deuxième tombe sur la gauche, Draynda Jones, 2011.

Charley Davidson, t.2 : Deuxième tombe sur la gauche

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Premières lignes #111

Etant en vacances, j’actualiserai les liens dans la mesure du possible (mes articles sont actuellement programmés, et j’ai peu de réseau).
Pour ce dimanche, j’ai choisi un livre que l’on m’a prêté, qui n’est peut-être pas le plus simple à lire mais qui promet d’être très intéressant.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Préface

C’est une des difficultés auxquelles l’histoire féministe continue d’être confrontée : comment donner à voir les relations qui unissent l’histoire de la sexualité à celle de la politique ? Le plus souvent, on s’attache à décrire ce qu’on pourrait appeler la politique du sexe : l’histoire des relations de pouvoir entre hommes et femmes, soit les efforts des hommes pour maintenir les femmes en position dominée. La tâche est plus ardue lorsqu’il s’agit de montrer comment la conduite de la politique, autrement dit la négociation d’intérêts économiques, la guerre, la construction de la nation ou le colonialisme, est liée à des conceptions du sexe et de la sexualité.

La matrice de la race – Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française, Elsa Dorin, 2006.

La matrice de la race – Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française

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