Premières lignes #89

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

1

Vendredi 10 août 2012

Une jeune automobiliste de 23 ans, impliquée dans un accident de voiture, a été retrouvée morte plusieurs heures après le drame, à un kilomètre à peine de son domicile familial, à la sorite de Quiévrain.
Assise à son bureau, l’adjudant Camille Thibault surligna « a été retrouvée morte » et ne pris pas la peine de lire la suite. Elle referma le journal belge La Province, édition du 28 juillet 2011, avant de passer à l’enveloppe suivante, qui contenait un numéro du quotidien suisse 24 Heures, même date. Elle se rendit directement à la rubrique des faits divers et trouva d’un coup d’œil ce qui l’intéressait.
Deux accidents de la route s’étaient produits ce jour-là, le 28 juillet, à une trentaine de kilomètres de distance. Le premier n’avait pas été mortel, le choc ayant été latéral, et l’automobiliste s’en était sorti avec un traumatisme crânien. De ce fait, Camille élimina l’article sur-le-champ.
Les vivants ne l’intéressaient pas.

[ANGOR], Franck Thilliez, 2014.

[ANGOR]

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Publicités

Premières lignes #88

Pour cette 88ème édition, j’ai choisi une citation qui est au début du roman Le Pays des contes et que je trouve très appropriée vu son sujet. Cela dit, y a-t-il vraiment un âge où on ne lit plus du tout de contes de fées ? Avec toutes les réécritures qu’il y a désormais, il me semble qu’on peut tou.te.s trouver une histoire à nous plaire.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

« Un jour, tu seras suffisamment grand
pour recommencer à lire des contes de fées. »
C. S. Lewis

Le Pays des contes, t.1 : Le Sortilège perdu, Chris Colfer, 2012.

Le Pays des contes, t.1 : Le Sortilège perdu

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #87

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

Chapitre 1

Princeton, en été, n’avait pas d’odeur, et si Ifemelu appréciait le calme verdoyant de ses nombreux arbres, ses rues propres et ses majestueuses maisons, ses magasins aux prix subtilement exagérés et son air tranquille,immuable de grâce méritée, c’était cette absence d’odeur qui la séduisait le plus, peut-être parce que les autres villes américaines qu’elle connaissait dégageaient toutes des effluves caractéristiques. Philadelphie exhalait le parfum suranné du passé. New Haven sentait l’abandon. Baltimore l’océan, et Brooklyn les ordures pourrissant au soleil. Mais Princeton n’avait pas d’odeur. Elle aimait y respirer à pleins poumons. Elle aimait observer les habitants qui conduisaient leurs voitures dernier cri avec une courtoisie particulière et se garaient devant l’épicerie bio de Nassau Street ou le restaurant de sushis, ou devant le vendeur de glaces aux cinquante parfums, poivron inclus, ou devant la poste dont le personnel s’empressait de les accueillir à l’entrée. Elle aimait le campus, emprunt de la gravité du savoir, ses bâtiments gothiques aux murs drapés de lierre, et la manière dont tout y prenait, dans la pénombre de la nuit, un aspect fantomatique. Elle aimait par-dessus tout pouvoir prétendre, dans ce lieu où régnait l’abondance, être quelqu’un d’autre, admis par faveur dans le club consacré de l’Amérique, quelqu’un auréolé d’assurance.

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, 2013.

Americanah

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #86

Jeudi dernier, j’ai été à la dédicace de Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels avec Diglee et Ovidie, qui avait lieu à la librairie La Dimension fantastique, et j’ai décidé de partager avec vous le premier paragraphe de l’introduction faite par Ovidie. La question qu’elle pose est, à mon sens, très pertinente.
Etant en week-end sportif, j’actualiserai les liens à mon retour. Pensez à les mettre en commentaire, ce sera plus facile, merci !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

La fellation serait le ciment du couple, la bisexualité féminine serait swag, le sperme améliorerait l’éclat du teint, la levrette lutterait contre les lombalgies, la sodomie serait bonne pour le transit… Publicité, télévision, clips, blogs, porno, jeux vidéo, magazines, applications, le sexe n’a jamais été aussi omniprésent dans notre environnement culturel. Nous sommes passés sans transitions d’une époque où la simple évocation du sujet était totalement taboue à une ère de glorification des performances. On parle de plus en plus de cul, certes, partout, sur la place publique, mais en parle-t-on réellement mieux ?

Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, Ovidie et Diglee, 2017.

Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #85

Aujourd’hui, je partage avec vous l’incipit du Pape, le Kid et l’Iroquois car il m’a amusé ; il y a pas mal de rumeurs autour de l’identité de l’auteur de la saga du Bourbon Kid, et cette réponse quelque peu absurde de l’éditeur est pile dans l’esprit du roman.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

Le Pape, le Kid et l’Iroquois

Les suppositions les plus folles ont été émises sur l’identité de l’auteur anonyme du Livre sans nom et de Psycho Killer. Après la lecture du Pape, le Kid et l’Iroquois, il nous semble que seule l’hypothèse d’un collectif allant de Quentin Tarantino au prince Charles en passant par Robert Rodriguez est plausible. Comment le cerveau d’un seul homme aurait-il en effet pu concevoir un déferlement pop aussi jouissif ?

Le Pape, le Kid et l’Iroquois, Anonyme, 2014.

Le Pape, le Kid et l’IroquoisLes blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #84

J’ai découvert Harry Potter il y a un sacré moment désormais ; les films n’étaient pas encore sortis au cinéma et nous attendions la parution d’un nouveau tome avec beaucoup d’impatience. Lorsque j’ai lu les premières lignes du quatrième tome, j’ai compris qu’il y allait y avoir du changement car le récit ne commençait pas avec Harry.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

1
La maison des « Jeux du sort »

Les habitants de Little Hangleton l’appelaient toujours la maison des « Jeux du sort » , même s’il y avait de nombreuses années que la famille Jedusor n’y vivait plus.

Harry Potter de la Coupe de Feu, J.K. Rowling, 2000.

Harry Potter et la Coupe de Feu

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #83

Mes lecturovores, pour ce dimanche, j’ai choisi l’incipit de Psycho Killer et non les premières lignes de l’histoire.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

« Je suis chaque jour le héros de mon propre film.
Certains jours, sans le savoir,
j’apparais dans les films des autres.
Et j’y joue presque toujours
le rôle du méchant. »
ANONYME

Psycho Killer, Anonyme, 2013.

Psycho Killer

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #82

Bonsoir !
J’ai décidé, pour ce 82ème RDV, de vous partager l’incipit d’un roman que j’ai récemment acheté chez une bouquiniste. Il s’agit de Belle de Robin McKinley, que vous connaissez peut-être grâce à sa réédition il y a quelques années. Je n’avais pas fait le rapprochement jusqu’au moment où j’ai voulu chercher la couverture sur internet pour illustrer l’article ! Est-ce qu’il y en a parmi vous qui connaissent ? Avez-vous aimé ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

1

De trois sœurs, j’étais la cadette. Prosaïque, notre mère nous avait appelées Grâce, Espérance et Honneur, mais peu de gens, sauf peut-être le prêtre qui nous baptisa toutes trois, se rappellent mon véritable prénom. Aujourd’hui encore, mon père aie raconter la manière dont j’ai acquis le nouveau : j’étais venue lui demander quelques explications le jour où j’avais découvert que nos noms ne signifiaient pas uniquement c’est-à-toi-que-je-m’adresse. Et s’il était parvenu à satisfaire ma curiosité en ce qui concernait la grâce et l’espérance, le concept d’honneur m’était apparu beaucoup plus délicat à saisir. Du haut de mes cinq ans, j’avais écouté jusqu’au bout son discours sans cacher mon dégoût croissant, et lorsqu’il avait terminé, je m’étais exclamée :
— Ah ! J’aimerais mieux être Belle !
Il avait ri, puis s’était empressé, les jours suivants, de vanter à tout son entourage la précocité de sa fille cadette. C’est donc ainsi que je m’étais approprié un nouveau prénom.

Belle, Robin McKinley, 1978.

Belle

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #81

Aujourd’hui, je vous présente les premières lignes du dernier roman de Cat Clarke : Girlhood. Ayant aimé son roman Opération Pantalon, j’ai décidé de le lire. Je vous en reparle donc très bientôt !
Dès que j’ai lu ces premières lignes, je me suis demandée qui elle avait rencontré, qu’est-ce qui s’était passé et allait se passé. Elles annoncent une histoire d’amitiés, probablement d’amour, prometteuse.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

1.

On se retrouve toujours à minuit pour faire la fête, le soir de notre retour. C’est ce qu’on fait en pension, non ?
Quand on était petites, Jenna et moi étions obsédées par les bouquins dont l’intrigue se déroulait dans un pensionnat. On voulait à tout prix être comme ces sœurs jumelles de Saint-Clair. Presque tous les soirs, je me faufilais dans son lit après l’extinction des feux. On fourrait la tête sous la couette et on se faisait la lecture à tour de rôle à la lumière de la lampe torche. On était comme les deux doigts de la main. Inséparables dans notre petite bulle.
J’ai fini par atterrir à Duncraggan Castle, comme dans les histoires qu’on lisait.
Jenna, elle, n’est pas avec moi. J’ai dû venir ici toute seule.
Mais je ne suis pas restée seule bien longtemps.

Girlhood, Cat Clarke, 2017.

Girlhood

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite

Premières lignes #80

Le mois d’octobre, c’est le mois d’Halloween. Je ne sais pas encore si je vous présenterai tous les dimanches l’incipit d’un livre d’horreur, ou une histoire de fantôme, mais voici en tout cas celui de Sac d’os que je suis en train de découvrir avec Saiwhisper. Pour résumer très sommairement, c’est l’histoire d’un écrivain qui a perdu sa femme.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

.

Chapitre 1

Par une très chaude journée d’août 1994, ma femme me dit qu’elle devait se rendre à la pharmacie Rite Aid de Derry pour faire renouveler son traitement antiallergique – un médicament que l’on peut acheter aujourd’hui sans ordonnance, je crois. J’avais rempli mon objectif d’écriture pour la journée et lui offris d’aller le chercher à sa place. Elle me remercia, mais elle voulait en profiter pour passer prendre le poisson de notre repas du soir, au supermarché voisin de la pharmacie. Sur ce, elle souffla un baiser dans ma direction et sortit. Lorsque je la revis, ce fut sur un écran de télé. C’est ainsi qu’on identifie les morts ici, à Derry ; fini, de remonter un couloir souterrain dallé, carreaux verts sous vos pieds, tubes de néon au-dessus de la tête, terminé, le corps nu qui surgit sur sa glissière d’un placard glacial. On entre simplement dans un bureau sur lequel est marqué PRIVÉ, on regarde un écran de télé et on dit oui ou non.

Sac d’os, Stephen King, 1999.

Sac d’os

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

Lire la suite