Premières lignes #181

Bonjour !
Une fois n’est pas coutume, un peu de littérature jeunesse, adressée aux enfants à partir de 9 ans ! J’ai beaucoup aimé ce petit roman dans lequel Lilou, une fille handicapée motrice, nous raconte son entrée au collège et qui nous parle de ses projets comme faire du théâtre, par exemple. Et ce ne sont pas quelques marches qui l’empêcheront de réaliser ses rêves, ça non ! Chaque problème à sa solution, et elle compte bien le démontrer.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

1     Le grand jour

Carte d’identité

NOM : Leroux
PRÉNOM : Lilou dite Lilou à roulettes
ÂGE : Dix ans (pour le moment !)
YEUX : Marron
CHEVEUX : Châtains
SIGNES PARTICULIERS : R.A.S. ! MDR
CENTRES D’INTÉRÊTS : Le chant, le théâtre,
la plongée sous-marine, le saut en parachute,
la danse, et des milliards d’autres choses,
tout m’intéresse sur Terre.

Lilou, ma vie comme sur des roulettes, Yaël Hassan, illustré par Terkel Risbjerg, 2019.

Lilou, ma vie comme sur des roulettes

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Premières lignes #180

Bonjour les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous mets les premières lignes de Cogito de Victor Dixen que je lis en commun avec Bouquinovores. C’est un mail reçu par l’héroïne qui entame le roman.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Roxane Le Gall


De : Stages Science Infuse <stages-science-infuse@noosynth.com>
Envoyé : Jeudi 2 février, 10 h 09
Objet : Préselection bourse au Stage Science Infuse de printemps
Pièce jointe : Dossier de candidature.doc

Chère mademoiselle Le Gall,

Je me permets de vous contacter aujourd’hui pour vous annoncer que vous avez été préselectionnée pour une bourse offerte par l’entreprise Noosynth, afin de participer au stage « Science Infuse » du printemps prochain – du 14 au 22 avril inclus –, dans les eaux internationales de l’Atlantique.

Ce séjour de préparation intensive au BAC (brevet d’accès aux corporations) repose sur la technologie révolutionnaire de la programmation neuronale. D’une valeur marchande d’un million d’euros, il offre un taux de réussite à l’examen de 100%.

Votre profil a été repéré parmi des milliers d’autres lycéens en forte difficulté scolaire, sur la base des résultats du contrôle continu, librement accessibles aux corporations sur les serveurs de l’Éducation nationale.

Pour valider votre candidature et tenter de bénéficier de cette bourse, veuillez compléter le dossier en pièce jointe et me le renvoyer avant le 15 février.

Je vous prie d’agréer, chère mademoiselle Le Gall, mes studieuses salutations.

Noosynth

Édouard Delaunay
Directeur du pôle Recrutement, Stages Science Infuse
Noosynth France
Quai de Grenelle
75008 Paris

Cogito, Victor Dixen, 2019.

Cogito

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Premières lignes #179

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Chapitre premier

De la fenêtre de sa chambre, dans la tourelle de l’hôtel particulier parisien de Mada Vittora, Anouk ne voyait pas la fontaine qui se dressait tout au bout de la rue des amants. Elle voyait, en revanche, les âmes pleines d’espoir qui foulaient le trottoir, touristes et parisiens confondus, certains leur nez plongé dans leur guide, d’autres connaissant le chemin par cœur, venant formuler des vœux qui, selon une obscure légende du quinzième siècle (rendue célèbre par un film sorti l’été précédent), se réaliseraient par un simple contact l’élément porte-bonheur de la fontaine. Quel élément porte-bonheur, Anouk l’ignorait. Personne n’était capable de lui dire ce que la statue représentait. Aucun des livres de la maison ne faisait la moindre allusion à la légende, et Mada Vittora interdisait les ordinateurs et les écrans de télévision. Peut-être s’agissait-il d’une sirène au milieu des flots, d’un cheval caracolant, ou d’un petit garçon faisant pipi, et dont les faiseurs de vœux devaient toucher une certaine nageoire, ou un certain sabot, ou une certaine… partie du corps. Anouk ne pouvait même pas le découvrir de ses propres yeux. Mada Vittora lui interdisait formellement de quitter la maison. De toute sa vie, qui s’élevait à douze mois et huit jours bien qu’on lui donnât dix-sept ans, elle n’avait jamais posé davantage que le gros orteil de l’autre côté de la porte.

Grim Lovelies, Megan Shepherd, 2018.

Grim Lovelies

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Premières lignes #178

L’essai qui ouvre le recueil de nouvelles Rêves de femmes, de Virginia Woolf, est un prélude à ce qu’elle développera plus tard dans Une chambre à soi. Bien sûr, il ne s’agit que des toutes premières lignes et non de l’essai dans son ensemble – de quoi attiser notre curiosité…

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LES FEMMES ET LE ROMAN

Le titre de cet article peut se lire de deux façons : il peut renvoyer aux femmes et à la fiction qu’elles écrivent, ou aux femmes et à la fiction qui s’écrit à leur propos. L’ambiguïté est délibérée car, si l’on souhaite traiter des femmes écrivains, la plus grande souplesse est de mise ; il est nécessaire de s’accorder un peu de place pour traiter d’autres sujets que leurs œuvres, tant celles-ci ont été influencées par des circonstances totalement extérieures à leur art.
L’examen, même le plus superficiel, de la littérature produite par les femmes soulève d’emblée toutes sortes de questions. Pourquoi, se demande-t-on, les femmes n’ont-elles pas écrit de manière soutenue avant le XVIIIe siècle ? Pourquoi se mirent-elles alors à écrire aussi naturellement que les hommes pour produire sans interruption quelques-uns des classiques de la fiction anglaise ? Et pourquoi leur art a-t-il pris et prend-il encore la forme de la fiction ?

Rêves de femmes, Virginia Woolf, XXe siècle.

Rêves de femmes

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Premières lignes #177

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de La neuvième tombe que je vous présente. Le roman sort le 4 septembre prochain et j’ai eu la chance de l’avoir en avant-première. Je vous en reparle très bientôt !

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Prologue

14 juin 1998 – 8 novembre 1999

Il faisait si noir qu’il y voyait à peine et le fourgon tanguait si fort sur le chemin défoncé que son écriture était pratiquement illisible. Mais c’était comme ça. Il tenait à tout expliquer avant de se vider de son sang. C’était sa dernière chance de raconter son histoire, l’histoire d’amour qui lui avait fait tout quitter et se lancer dans l’inconnu. Il voulait qu’on sache comment il s’était fait tirer dessus et prendre en otage par ses propre compatriotes et pourquoi il roulait à présent vers une mort quasiment certaine.
Il avait emporté le stylo avant de fuir le camp militaire israélien du barrage de Huwwara et de passer la ligne de cessez-le-feu pour entrer dans la zone libre de Cisjordanie. Il avait aussi pris quelques pages vierges dans le journal intime de Tamir, trouvé dans son sac à dos, ainsi qu’une enveloppe déjà utilisée.
Quand il eu terminé d’écrire, il plia les feuilles de ses mains ensanglantées, les glissa dans l’enveloppe et la ferma comme il put.
Il n’avait ni timbre ni adresse. Il n’avait qu’un nom. Pourtant, c’est sans hésitation qu’il poussa la lettre dans la minuscule fente et la lâcha. Si Dieu le voulait, elle arriverait à destination, songea-t-il avant de se laisser aller à son épuisement.

La neuvième tombe, Stefan Ahnhem, 2015.

La neuvième tombe

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Premières lignes #176

Salutations !
Pour ce nouveau RDV Premières lignes, je pensais en mettre plus mais, en relisant ce matin, j’ai trouvé que m’arrêter là dans l’extrait serait parfait car il marque déjà un certain malaise qui donne envie de lire la suite. C’est un thriller de Fred Vargas que je vais lire ce mois-ci et.

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1

— Pierre, il y a quelque chose qui déraille dans le jardin, dit Sophia.
Elle ouvrit la fenêtre et examina ce bout de terrain qu’elle connaissait herbe par herbe. Ce qu’elle y voyait lui faisait froid dans le dos.

Debout les morts, Fred Vargas, 1995.

Debout les morts

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Premières lignes #175

Dans cet incipit, on nous présente l’auteur avec beaucoup de sérieux mais une touche d’humour y point le bout de son nez et j’ai beaucoup apprécié. Cela m’a encore plus donné envie de commencer à lire cet essai, chose que j’ai fait cinq minutes après en avoir lu ces premières lignes.

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SEX FRIENDS
Comment (bien) rater sa vie amoureuse
à l’ère numérique

Richard Mèmeteau

est professeur de philosophie. Observateur
de la vie pop culturelle, il a contribué aux
Inrocks, à Audimat et à la Revue du Crieur.
Il aime jouer le script doctor de fortune
en échange d’un café allongé et citer
RuPaul sur son profil Grindr. Il est l’auteur
de Pop culture. Réflexions sur les industries
du rêve et l’invention des identités
(Zones, 2014).

Sex friends – Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique, Richard Mèmeteau, 2019.

Sex friends – Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique

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Premières lignes #174

Il y a deux semaines, je vous présentais l’incipit de Morwenna de Jo Walton. Ayant commencé à lire le roman il y a quelques jours, j’ai décidé de vous en présenter les premières lignes du récit.

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JEUDI 1er MAI 1975

L’usine Phurnacite d’Abercwmboi avait tué tous les arbres à des kilomètres à la ronde. Nous avions mesuré avec le compteur de la voiture. On l’aurait dit sortie des profondeurs de l’enfer, sombre et menaçante, avec ses cheminées cracheuses de flammes se reflétant dans une mare noire qui tuait tout animal qui se risquait à y boire. La puanteur était indescriptible. Nous remontions les vitres de la voiture au maximum quand nous devions passer par là et essayions de ne pas respirer, mais Grampar disait que personne ne pouvait retenir sa respiration si longtemps, et il avait raison. Dans cette odeur se mêlaient le soufre, produit de l’enfer, comme chacun sait, et bien pire, des métaux innommables surchauffés et de l’œuf pourri.
Ma sœur et moi appelions cet endroit Mordor, et nous n’y étions encore jamais allées seules. Nous avions dix ans et étions donc de grandes filles, mais, dès que nous avons commencé à la regarder, à notre descente du bus, nous nous sommes donné la main.
C’était le soir et, plus nous approchions, plus elle se dressait noire et terrifiante. Six de ses cheminées étaient éclairées ; quatre crachaient une fumée délétère.
« Certainement une ruse de l’Ennemi », ai-je murmuré.
Mor n’avait pas envie de jouer. « Tu crois vraiment que ça va marcher ?
— Les fées en sont sûres, ai-je répondu de mon ton le plus rassurant.
— Je sais, mais par moments je me demande ce qu’elles comprennent du monde réel.
— Leur monde est réel, ai-je objecté. Il est juste différent, c’est une question de point de vue.
— Oui. » Elle ne pouvait détacher ses yeux de l’usine, de plus en plus grosse et effrayante à mesure que nous approchions.

Morwenna, Jo Walton, 2010.

Morwenna

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Premières lignes #173

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1

On raconte que, très loin à l’ouest, il existe des terres où les gens vivent comme des statues. Leurs journées, toutes identiques, sont rythmées par une routine immuable. À l’inverse, si l’on se dirige vers l’est, la population se comporte de plus en plus bizarrement, comme si l’on entrait en féerie ; les gens ont plus de pouvoirs, certes, mais ils n’arrivent pas à se rappeler qui ils sont d’un moment au suivant. Et tout au bout de l’orient, ils filent et se dissocient comme des arc-en-ciel dans de l’huile. Là-bas, seuls les dieux parviennent à rester entiers. Entre ces deux extrêmes, il y a les Marches, peuplées d’individus disposant de l’intelligence et de la volonté nécessaires pour vaquer tranquillement à leurs occupations.

Pierre-de-vie, Jo Walton, 2009.

Pierre-de-vie

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Premières lignes #172

Bien le bonjour, ami·es lecturovores !
L’autre jour, j’étais à une séance de dédicace de Jo Walton, une autrice que j’ai très envie de découvrir depuis un moment déjà. J’ai fait l’acquisition de trois de ses romans et je vous partage ici la dédicace qu’elle fait dans le roman car elle me plaît beaucoup.

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À toutes les bibliothèques du monde
et aux bibliothécaires qui, jour après jour,
prêtent des livres au public.

Morwenna, Jo Walton, 2010.

Morwenna

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