Premières lignes #199

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

1

Rakel

CHEZ MOI, ça a toujours senti le feu de cuisine et les roses du désert qui n’exhalent leur parfum qu’au coucher du coleil.
Chez moi, ça a toujours senti l’eau – la seule source à des kilomètres à la ronde.
Je me penche à la fenêtre de ma chambre et inspire profondément la nuit. Lorsque vous craignez d’être sur le point de perdre une chose, vous saisissez toutes les occasions de la savourer.

Shadowscent, t.1 : Le parfum de l’ombre, P.M. Freestone, 2019.

Shadowscent, t.1 : Le parfum de l’ombre

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Premières lignes #198

Bonne année ! 10 réveillons littéraires est un recueil qui nous présente les passages de quelques romans dont l’action se déroule au réveillon du Nouvel An. Pour en savoir plus, je vous renvoie à ma chronique.
Ce livre s’ouvre sur un extrait d’Aurélien de Louis Aragon, un livre que j’ai désormais très envie de découvrir.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Louis Aragon

Aurélien

À nouveau le bar étroit, enfumé, aux lumières roses ; à nouveau l’acajou et le cuivre, les hauts tabourets, les bouteilles, les shakers, les pailles, les tableautins disparates et ridicules alignés sur les murs avec les oriflammes de Yale et de Harvard ; à nouveau la musique qui vient du dancing mauresque, et le vacarme des voix, et les rires, et l’hystérie des hommes ivres et graves, des Américains et des filles, des dames en grand décolleté avec des cavaliers bruns, les habituées, Suzy, Georgette, Yvonne… À nouveau ce décor d’insomnie et d’alcool, et la durée de la nuit qui vous pèse dessus, lourdement, de toutes les idées qu’on évite, de toutes les pensées perdues, la danse de ceux qui ont peur de dormir, peur de ne pas dormir… Les barmen blancs agitaient les breuvages entre le monde las et leur sourire professionnel.

Bonne année ! 10 réveillons littéraires, recueil, 2018.

Bonne année ! – 10 réveillons littéraires

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Premières lignes #197

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I

Le propriétaire de la Ferme du Manoir, Mr. Jones, avait poussé le verrou des poulaillers, mais il était bien trop saoul pour s’être rappelé de rabattre les trappes. S’éclairant de gauche et de droite avec sa lanterne, c’est en titubant qu’il traversa la cour. Il entreprit de se déchausser, donnant du pied contre la porte de la cuisine, tira au tonneau un dernier verre de bière et se hissa dans le lit où était Mrs Jones, déjà en train de ronfler.
Dès que fut éteinte la lumière de la chambre, ce fut à travers les bâtiments de la ferme un bruissement d’ailes et bientôt tout un remue-ménage. Dans la journée, la rumeur s’était répandue que Sage l’Ancien avait été visité, au cours de la nuit précédente, par un rêve étrange dont il désirait entretenir les autres animaux. Sage l’Ancien était un cochon […].

La ferme des animaux, George Orwell, 1945.

La ferme des animaux

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Premières lignes #196

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Le fortifiant aux cendres

Hollywood est obsédé.
Évidemment, on pense d’abord à des obsessions au sexe, à la violence, aux robots intelligents ou encore aux combats épiques entre le Bien et le Mal. Mais il existe une autre obsession d’Hollywood : les vampires.
On peut admettre, effectivement, qu’il y a beaucoup de choses à aimer chez les vampires. L’immortalité, la richesse, le pouvoir et les capacités surhumaines. Certes, ça vient avec des compromis, comme une intolérance à la lumière et, a fortiori, de sévères coups de soleil, mais tous les films que j’ai vus (et j’en ai vu pas mal, croyez-moi) tendent à montrer des vampires qui sont assez satisfaits de leur vie.

Lore, t.1 : Monstrueuses créatures, Aaron Mahnke, 2017.

Lore, t.1 : Monstrueuses créatures

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Premières lignes #195

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Depuis le lundi de la semaine passée, Kamara se regardait dans les miroirs. Elle se tournait d’un côté, de l’autre, examinait ses bourrelets et imaginait son ventre plat comme une couverture de livre, puis elle fermait les yeux et imaginait Tracy le caressant de ses doigts maculés de peinture. C’est ce qu’elle faisait à présent devant la glace de la salle de bain, après avoir tiré la chasse d’eau.

Lundi de la semaine dernière dans le recueil Le tremblement, Chimamanda Ngozi Adichie, 2009.

Le tremblement

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Premières lignes #194

Bonjour, bonsoir !
Aujourd’hui, les premières lignes sont celles du tome 4 de La Passe-miroir et elles me semblent bien mystérieuses… Je me lancerai dans cette aventure en janvier – vivement !

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– Tu es impossible.
Impossible ?
–  Peu probable, si tu préfères.
– …
– Tu es toujours là ?
Toujours là.
– Tant mieux. Je me sens un peu seule.
Un peu ?
– Beaucoup, en fait. Mes serpillières… supérieurs… ils ne descendent pas souvent me voir. Je ne leur ai pas encore parlé de toi.
De toi ?
– Non, pas de moi. De toi.
De moi.
– Voilà. Je ne sais pas s’ils te pondraient quand… s’ils te comprendraient. Même moi, je ne suis pas bien sûre de te comprendre. J’ai déjà du mal à me comprendre.
– …
– Tu ne m’as encore dit ton no.
Pas encore.

La Passe-miroir, livre 4 : La tempête des échos, Christelle Dabos, 2019.

La tempête des échos

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Premières lignes #193

Aujourd’hui, je vous partage les premières lignes d’un roman que j’ai gagné grâce au Dévoreur de livres et qui devrait être l’une de mes premières lectures de 2020 tant le résumé et l’incipit me font envie !

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Le vent lui parlait.
Il lui disait que cette planète refusait l’homme. C’était peut-être pour cela que leur astronef s’était écrasé dans ce désert de rocs et de sable, loin des routes stellaires.
Le vent lui parlait. Il lui disait qu’il était un être vivant, un naufragé, comme lui, et qu’il serait toujours avec lui, dans sa tête, à jamais.

Grainger des Étoiles – Intégrale 1, Brian Stableford, 1972.

Grainger des Etoiles – Intégrale 1

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Premières lignes #192

Bien le bonjour, les lecturovores !
Pour ces nouvelles premières lignes, j’ai opté pour une note au début d’un roman récent : Le Prieuré de l’Oranger. Il n’a pas encore rejoint ma pile à lire mais devrait le faire d’ici la fin de l’année. Quoiqu’il en soit, après avoir lu cette note, je suis curieuse de lire le roman et de découvrir quels événements, quelles légendes ont pu inspirer Samantha Shannon.

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Note de l’auteure

Les territoires fictionnels du Prieuré de l’Oranger sont inspirés d’événements et de légendes issus de diverses parties du monde. Ce récit n’a aucunement l’ambition d’être la représentation fidèle d’un pays ou d’une culture quelconques, à aucun moment de l’histoire.

Le Prieuré de l’Oranger, Samantha Shannon, 2019.

Le Prieuré de l’Oranger

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Premières lignes #191

Salutations !
Pour ce nouveau rendez-vous Premières lignes, je vous propose un livre dont je vous avais déjà présenté l’incipit mais, cette fois, ce sont bien les premières lignes du récit que je vous fais découvrir. Elles sont violentes (trigger warning : viol) et placent tout de suite l’intrigue dans une époque, un lieu, et c’est glaçant. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai presque terminé le roman et je l’ai dévoré ; il est dur mais tellement bien écrit ; on espère un bel avenir pour l’héroïne, probablement vainement.

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1

Abena, ma mère, un marin anglais la viola sur le pont du Christ the King, un jour de 16** alors que le navire faisait voile vers la Barbade. C’est de cette agression que je suis née. De cet acte de haine et de mépris.

Moi, Tituba sorcière…, Maryse Condé, 1986.

Moi, Tituba sorcière…

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Premières lignes #190

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3 août 1873

Je n’ai jamais eu peur comme en ce moment. On m’a laissée dans le noir, avec rien que la lumière de la rue pour écrire. On m’a ramenée dans ma chambre, on m’y a enfermée sous clef. On voulait que ce soit Ruth qui le fasse, mais elle a refusé : comment ! Moi, enfermer ma propre maîtresse, qui n’a rien fait ? Voilà ce qu’elle a dit, & pour finir le médecin lui a pris la clef & c’est lui qui a fermé, puis il a emmené Ruth. Maintenant la maison est pleine de voix, & toutes les voix disent mon nom. Si je ferme les yeux & que j’écoute, ça pourrait être un soir comme les autres.

Affinités, Sarah Waters, 1999.

Affinités

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