Premières lignes #99

Aujourd’hui, j’ai pioché dans ma bibliothèque de livres empruntés ; je suis tombée sur La Tempête du siècle de Stephen King, livre prêté par ma mère. Je pensais qu’il s’agissait d’un roman mais il faut bien dire que les premières lignes du récit m’ont quelque peu surprise : cela ressemble plus à un scénario. En me renseignant sur le net, j’ai découvert qu’il s’agit en vérité d’une mini-série télévisée et dont le scénario est paru sous format papier un peu avant la diffusion des épisodes.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Acte 1

Fondu sur :

1. Ext. Main Street, Little Tall Island, fin de l’après-midi

Le vent chasse violemment la neige devant la caméra, au point que tout d’abord on ne distingue rien. La tempête fait rage. La caméra entame un travelling avant et nous apercevons une lumière orange clignotante : le feu de signalisation situé au croisement de Main Street et d’Atlantic Street, le seul carrefour ainsi équipé de l’île. Le feu clignotant danse follement dans le vent. Les deux rues sont désertes, mais le contraire serait surprenant : c’est un blizzard grand format qui se déchaîne. On distingue quelques lumières sourdes dans les bâtiments, mais pas âme qui vive. La neige s’accumule jusqu’à mi-hauteur des vitrine de magasins.

La Tempête du siècle, Stephen King, 1999.

La tempête du siècle

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Premières lignes #98

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Avant-propos

Les bouleversements qui marquent l’histoire de la Chine de 1956 à 1970 méritent qu’on s’y arrête pour la compréhension de l’histoire qui va suivre.
En juin 1956, Mao lance le mot d’ordre : « Que cent fleurs s’épanouissent », incitant tous les intellectuels à exprimer leurs opinions. C’est ce qu’ils font librement, se livrant sans méfiance et sans retenue. Observations et critiques vont bon train. La réaction du pouvoir ne se fait pas attendre.

Que cent fleurs s’épanouissent, Feng Jicai, 1986.

Que cent fleurs s’épanouissent

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Premières lignes #97

Bonjour mes lecturovores !
Aujourd’hui, je vous ai choisi les premières lignes d’une nouvelle présentée dans un recueil.

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« L’âme est une sorte d’aérostat qui ne peut,
atteindre ses fins dernières dans l’espace,
qu’en jetant son lest. »
En route, Joris-Karl Huysmans

Ésepth, Astéroïde pénitentiaire des Boopis. An 5066. Nébuleuse de Nidô.

Migaloo, aux fers contre le mur poreux de sa geôle, se concentrait sur le mouvement rotatif de l’astéroïde pour oublier le collier à hydrochocs, qui le paralysait en lui insufflant des migraines carabinées. Depuis qu’il était cloîtré ici, je l’observais par le hublot, poussé par l’étrange familiarité envers cet être filiforme qu’une puce-relais m’allouait, en me rattachant directement à son organisme. Je guettais ses signes vitaux, surveilais son respirateur et vérifiais ses constantes sous l’effet des chocs du collet.
De ma vigilance dépendait sa vie.

Le Protectorat des Paumes, Oren Malldri in Dimension – Routes de légendes, Légendes de la route, recueil présenté par Estelle Faye et Jérôme Akkouche, 2017.

Dimension – Routes de légendes, Légendes de la route

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Premières lignes #96

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 En 1980, Je m’apprêtais à faire l’achat d’une valise dans un magasin de Beverly Hills, en Californie. La boutique appartenait à Leopold Pfefferberg, un des survivants du groupe Schindler. C’est là, au milieu des articles de cuir importés d’Italie, que j’ai entendu parler pour la première fois d’Oskar Schindler, Allemang, bon vivant, gentleman-traficoteur, qui réussit à sauver de la mort quelques milliers d’individus appartenant à une race condamnée dans une période où l’Histoire s’écrivait Holocauste. Ce récit, je l’ai écrit après avoir interrogé cinquante des survivants du groupe Schindler dans sept pays différents – Australie, Israël, Allemagne fédérale, Autriche, Etats-Unis, Argentine et Brésil.

La liste de Schindler, Thomas Keneally, 1982.

La liste de Schindler

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Premières lignes #95

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Prologue

Un retour tant redouté

L’Est était en pleine célébration. Des parades défilaient chaque jour dans les rues du village, chaque maison, chaque boutique était ornée de drapeaux et de guirlandes multicolores, et des nuées de pétales de fleurs flottaient dans les airs. Tous les citoyens souriaient, fiers de ce qu’ils avaient accompli.
Il avait fallu une décennie pour que le Royaume endormi se remette pleinement de la terrible malédiction passée, mais enfin il avait retrouvé la prospérité d’antan. Le peuple se tournait désormais vers l’avenir et se réappropriait le nom du Royaume de l’Est.
La semaine de célébrations se conclut dans le grand hall du château de la reine Belle au bois dormant. La était si dense qu’on aurait cru tout le royaume réuni […].

Le Pays des contes, t.2 : Le retour de l’Enchanteresse, Chris Colfer, 2013.

Le Pays des contes, t.2 : Le retour de l’Enchanteresse

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Premières lignes #94

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Prologue
Vendredi 1er novembre

C’ÉTAIT MAINTENANT devenu un événement annuel. L’homme qui recevait la fleur fêtait ce jour-là ses quatre-vingt-deux ans. Il sortit le paquet de l’enveloppe et retira le papier cadeau. Puis il souleva le combiné du téléphone et composa le numéro d’un ancien commissaire de police qui depuis sa mise à la retraire était installé en Dalécarlie, près du lac Siljan. Non seulement les deux hommes avaient le même âge mais ils étaient aussi nés le même jour – ce qui, vu le contexte, pouvait paraître de l’humour. Le commissaire savait qu’il allait recevoir cet appel après le passage du facteur vers 11 heures du matin, et il prenait son café en attendant. Cette année, le téléphone sonna dès 10 h 30. Il décrocha et ne s’embarrassa même pas des préambules.
— Elle est arrivée, je suppose. Qu’est-ce que c’est, comme fleur, cette année ?
— Aucune idée. Je vais la faire identifier. Une fleur blanche.
— Pas de lettre, évidemment ?
— Non. Rien que la fleur. Le cadre est le même que l’année dernière. Un de ces cadres bon marché à monter soi-même.
— Cachet de la poste ?
— Stockholm.
— Ecriture ?
— Comme toujours, des majuscules d’imprimerie. Des lettres droites et soignées.

Millenium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, 2005.

Millenium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

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Premières lignes #93

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1

Sanchez détestait beaucoup de choses, comme les inconnus, aller à l’église, les voyages en autocar et la neige. Mais l’une des choses qu’il détestait par-dessus tout était de se faire réveiller au beau milieu d’un rêve. En particulier lors d’un chouette rêve, comme celui qu’il était en train de faire, et dans lequel il se retrouvait à la place de Bruce Willis dans Piège de cristal. Il lançait des réparties cinglantes tout en canardant des méchants lorsque, soudain, il se retrouva dans son lit, les y eux fixés au plafond, en train d’essayer de deviner ce que pouvait bien être ce bruit qui l’avait réveillé.
Il lui fallut un certain temps pour comprendre ce dont il s’agissait, car ce n’était pas quelque chose qu’il se serait attendu à entendre dans sa chambre en pleine nuit.
Un bruit de chaînes !

Sanchez, un conte de Noël, Anonyme, 2014.

Sanchez, un conte de Noël

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Premières lignes #92

Pour ce dernière RDV de l’année, je n’ai pas choisi le début d’un livre mais l’incipit d’un conte dont j’en avais déjà parlé.
Actuellement en vacances, cet article est programmé et j’actualiserai les liens à mon retour. Passez de très bonnes fêtes !

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L’oiseau bleu

Il était une fois un roi fort riche en terres et en argent ; sa femme mourut, il en fut inconsolable. Il s’enferma huit jours entiers dans un petit cabinet, où il se cassait la tête contre les murs, tant il était affligé. On craignit qu’il ne se tuât : on mit des matelas entre la tapisserie et la muraille, de sorte qu’il avait beau se frapper, il ne se faisait plus mal. Tous ses sujets résolurent entre eux de l’aller voir et de lui dire ce qu’ils pourraient de plus propre à soulager sa tristesse, mais cela ne faisait aucune impression sur son esprit : à peine entendait-il ce qu’on lui disait. Enfin, il se présenta devant lui une femme si couverte de longs habits de deuil, et qui pleurait et sanglotait si fort et si haut, qu’il en demeura surpris.
Elle lui dit que rien n’était plus juste que de pleurer une bonne femme ; que pour elle, qui avait le meilleur de tous les maris, elle faisait bien son compte de pleurer tant qu’il lui resterait des yeux à la tête. Là-dessus, elle redoubla ses cris, et le roi, à son exemple, se mit à hurler.

Contes, Marie-Catherine d’Aulnoy, fin XVIIeme siècle.

Contes

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Premières lignes #91

Ce roman sera l’une de mes lectures de 2018. En attendant, je vous souhaite de merveilleuses fêtes de fin d’années !

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Elle s’appelle Melanie. Un mot qui veut dire « la Noire », qui vient du grec ancien, sauf que ça ne doit pas lui aller trop bien, puisqu’elle a le teint pâle. Melanie aime beaucoup « Pandore », mais on n’a pas le droit de choisir. Mlle Justineau baptise les enfants à partir d’une longue liste : chaque nouveau a droit au prochain prénom de garçon, chaque nouvelle au prochain prénom de fille, c’est comme ça et pas autrement, voilà ce que dit Mlle J.
Il n’y a eu aucun nouveau ni aucune nouvelle depuis un moment, Melanie ne sait pas pourquoi. Avant, il en arrivait plein, toutes les unes ou deux semaines. On entendait des voix dans la nuit, des ordres à voix basse, des plaintes, des fois un juron et un claquement de porte de cellule. Et ensuite, au bout d’un moment, un mois ou deux en général, une nouvelle tête était dans la classe, un enfant qui n’avait même pas encore appris à parler. Enfin, bon, ça rentrait vite.

Celle qui a tous les dons, M. R. Carey, 2014.

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Premières lignes #90

Le prologue est précédé d’un avant-propos, mais j’ai choisi de vous mettre les premières lignes du récit.

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Prologue

 

Inde centrale, juin 1837

À l’instant où il émerge en titubant du verger de manguiers, les lourds nuages de mousson qui revêtent la nuit d’anthracite mat s’écartent. Les lames courbes brillent sous la lune. Si le ciel ne s’était pas dégagé, il se serait précipité dans la gueule du loup, trébuchant et riant.
Il a l’esprit confus, passablement embrumé. Un instant plus tôt, il hésitait, tantôt se moquant de lui-même avec dégoût, tantôt bouillonnant dès qu’il songeait aux crimes de ces hommes, à leur médiocrité et à leur suffisance. Il ourdissait des plans pour leur rendre la monnaie de leur pièce.

Maharajah, M. J. Carter, 2014.

Maharajah

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