Premières lignes #110

Etant en vacances, j’actualiserai les liens dans la mesure du possible (mes articles sont actuellement programmés, et j’ai peu de réseau).

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Respirer. Ne plus penser à rien. Sentir sous ses doigts le manche rugueux de la hache, planter son talon dans le sable de l’arène, fermer les yeux et attendre. Oublier le murmure de la foule, la chaleur qui montait du sol, le claquement des bannières au sommet des gradins. Se recueillir, comme pour une prière. Un rituel si familier qu’il en devenait presque apaisant, quelques secondes à peine avant le choc des armes. Mais, cette fois, Leth Marek ne put s’empêcher d’ouvrir les yeux car c’était la dernière.

Aeternia, t.1 : La marche du prophète, Gabriel Katz, 2015.

Aeternia, t.1 : La marche du prophète

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Premières lignes #109

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Jeudi, le 16 mars 1989

Ce qu’il advint de Samantha

Alors qu’elle courait sur la longue allée désolée qui menait à la ferme, Samantha Quinn sentit un millier de guêpes lui piquer l’intérieur des jambes. Sur la terre nue, ses baskets tambourinaient aussi vite que les cognements de son cœur. La transpiration avait raidi sa queue-de-cheval en une corde épaisse qui lui fouettait les épaules. À l’intérieur de ses chevilles, les os délicats comme des brindilles semblaient sur le point de se rompre.
Ravalant l’air sec, elle piqua un sprint jusque dans la douleur.
Un peu plus loin, Charlotte se tenait dans l’ombre de leur mère. Ils se tenaient tous dans l’ombre de leur mère. Gamma Quinn était une figure dominante : yeux bleu vif, cheveux foncés coupés court, peau aussi pâle qu’une feuille de papier, et langue tout aussi coupante, capable d’infliger de minuscules blessures là où ça fait mal. Même à cette distance, Samantha apercevait le trait fin que dessinait la désapprobation sur la bouche de Gamma, les yeux rivés sur le chronomètre, au creux de sa main.

Une fille modèle, Karin Slaughter, 2018.

Une fille modèle

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Premières lignes #108

Le livre dont je vous présente les premières lignes aujourd’hui est un livre qui sortira la semaine prochaine. Il a attiré mon attention car l’autrice joue dans la série The Big Bang Theory, mais aussi parce qu’il semble être une sorte de livre de développement personnel à destination des jeunes filles pour les aider à se construire en tant que femmes. En général, je n’aime pas ce genre de bouquin car c’est bourré de clichés, souvent sexistes et homophobes. Mais là, j’ai assez confiance alors je ne vais pas tarder à me jeter dessus.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Introduction

Être un humain, ça a vraiment l’air simple. Après tout, nous ne sommes faits que de six choses : de l’oxygène, du carbone, de l’hydrogène, de l’azote, du calcium et du phosphore. Ces six éléments composent tout ce que nous sommes : les cellules de notre coprs, nos organes et notre fantastique cerveau qui peut penser, compter et ressentir tout plein de choses. Il suffit de six éléments pour faire tout ça ! Dit comme ça, a l’air simple, non ?

Girling up, Comment devenir forte, futée et fabuleuse, Mayim Bialik, 2017.

Girling up

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Premières lignes #107

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Thomas Déri [Thomas] : Comme disait déjà Bernard de Chartres au XIIe siècle : « Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants. » C’est dire que chaque nouvelle génération s’appuie sur toutes celles qui l’ont précédée. Mais, maintenant que je suis plus avancé en âge et que je regarde, avec un peu de recul, les nombreuses découvertes et les changements qui se sont produits dans la société au cours des 50 dernières années, je me demande si les nouvelles générations ne sont pas elles-mêmes des géantes. Les choses évoluent tellement rapidement que même les mots les plus simples changent de signification et que de nouveaux concepts nous obligent à remettre en question bien des idées reçues.

L’anarchie expliquée à mon père, Francis Dupuis-Déri et Thomas Déri, 2014.

L’anarchie expliquée à mon père

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Premières lignes #106

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À tous les chiens du monde,
parce qu’ils parlent avec leurs yeux.

Tout sur mon chien, Alejandro Palomas, 2016.

Tout sur mon chien

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Premières lignes #105

Aujourd’hui, je reprends les premières lignes de Harry Potter mais en anglais. Cela faisait longtemps que je voulais relire cette saga, et j’ai décidé de la relire en VO car je la connais pratiquement par cœur. J’ai l’édition du vingtième anniversaire, maison Poufsouffle. Je vous mets cette fois-ci une photo pour que vous puissiez voir les belles gravures présentes dans le livre.

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Harry Potter and the Philosopher’s Stone – Hufflepuff edition, J. K. Rowling, 2017.

Harry Potter and the Philosopher’s Stone

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Premières lignes #104

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« Au cours de ma vie, j’ai fui une secte toxique pour mieux tomber dans une autre, la plus puissante de toutes : Hollywood. »

[…]

DEBOUT est une autobiographie qui se lit comme
un manifeste. Le récit cru, sincère et poignant d’une activiste
déterminée à dévoiler la vérité sur l’industrie
du divertissement.

DEBOUT, Rose McGowan, 2018.

Debout

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Premières lignes #103

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de Point Cardinal de Leonor de Recondo que je partage avec vous. C’est l’histoire d’une personne trans et l’autrice semble entrer dans le vif du sujet dès le début de son récit. Je sens que ce roman va bien me plaire.

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MATHILDA CONDUIT JUSQU’AU ROND-POINT, puis se gare sur le parking du supermarché. Presque personne à cette heure-ci. Elle choisit une place loin de l’entrée, éteint le moteur, insère le disque dans la fente du tableau de bord. À l’ombre de la grande enseigne, la musique surgit, le volume à son maximum.
Oh Lord who will comfort me?
Mathilda cale un miroir sur le volant, se regarde, se trouve belle et triste à la fois, observe son menton, son nez, ses lèvres. C’est le moment du dépouillement, le pire de tous.
Elle sort de la voiture, ouvre le coffre. Sous la moquette, la roue de secours a disparu pour abriter une mallette. Elle la saisit en tremblant. Combien de temps encore ? Mathilda se rassoit, la mallette en aluminium lui glace les cuisses. Elle actionne les petits clapets, qui se soulèvent avec un bruit sec. Elle prend une lingette démaquillante, se frotte doucement les yeux, puis commence à retirer ses faux cils. Son visage se déshabille. Lorsque les cils sont rangés dans leur boîte, Mathilda a presque disparu sous les restes de crayon noir, de couleurs brouillées, de mascara étalé jusqu’aux pommettes.

Point Cardinal, Leonor de Recondo, 2017.

Point Cardinal

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Premières lignes #102

Amie.e.s lecturovores, j’ai choisi les premières lignes d’un roman que j’ai eu l’occasion d’étudier au lycée ; je me souviens l’avoir bien aimé, et relire la première page me conforte assez dans cette idée. J’ai donc l’intention de le lire au cours de l’année.

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Quand surviennent les ennuis, il faut serrer les rangs, dit-on, et c’est ce que font les Blancs. Mais nous n’étions pas dans leurs rangs. Ma mère n’avait jamais plu aux dames de la Jamaïque, « parce qu’elle, jolie, jolie personne comme tout », disait Christophine.
Ma mère était la seconde femme de mon père, bien trop jeune pour lui, pensaient-elles, et, qui pis est, Martiniquaise. Quand je lui demandais pourquoi si peu de personnes venaient nous voir, elle me répondait que la route de Spanish Town au domaine Coulibri, où nous demeurions, était très mauvaise et que le projet de la réparer était maintenant chose du passé. (Mon père, les visiteurs, les chevaux, être en sûreté dans son lit – tout cela appartenait au passé.)

La prisonnière des Sargasses, Jean Rhys, 1966.

La prisonnière des Sargasses

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Premières lignes #101

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Première partie

 

Paris,
14 mai 1924

Chers parents,
Hier soir je me suis rendu dans un club de Montparnasse, où les hommes s’habillent en femmes et les femmes en hommes. Papa aurait adoré ça et le visage de Mama se serait crispé en ce sourire si particulier qu’elle arbore quand Papa manifeste sa passion pour tout ce qui est français.
Le lieu s’appelle le Caméléon. On y descend par quelques marches depuis le trottoir. Il faut un mot de passe pour entrer. Le mot de passe est : Police ! Ouvrez ! Les clients trouvent ça drôle.

Deux amantes au Caméléon, Francine Prose, 1932.

Deux amantes au Caméléon

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