Premières lignes #132

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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été

J’habite une petite maison au pied d’une petite colline. C’est à Kamakura, dans la préfecture de Kanagawa, mais dans les terres, assez loin de la mer.
Avant, je vivais avec l’Aînée; depuis sa disparition il y a trois ans environ, j’occupe seule cette vieille maison traditionnelle. Mais je ne me sens pas trop isolée car il y a toujours une présence aux alentours. Même dans ce quartier où, la nuit, c’est si calme qu’on se croirait dans une ville fantôme, au matin la vie reprend ses droits et l’on entend des voix s’élever ici et là.

La papeterie Tsubaki, Ito Ogawa, 2016.

La papeterie Tsubaki

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Premières lignes #131

Salutations, ami.e.s lecturovores !
De nouveau, je partage avec vous les premières lignes de ma lecture en cours. J’ai quitté l’espace et le CIEL pour retourner sur Terre, en Angleterre, à l’époque victorienne. C’est Nancy, une jeune femme du Kent, qui nous raconte son histoire, à commencer par sa vie en bord de mer, à travailler dans le restaurant familial. Par la suite, elle fait la connaissance d’une chanteuse de music-hall. Cette rencontre va changer sa vie.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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1

Avez-vous eu déjà l’occasion de déguster des huîtres de Whitstable ? Si oui, vous ne les aurez pas oubliées. Un caprice de la côte du Kent fait de Whitstable, comme on dit, un très grand « cru », l’huître la plus grasse et la plus moelleuse, la plus succulente et en même temps la plus suave de tout le pays. Une huître dont la réputation n’est plus à faire. Les Français, fins gourmets s’il en est, traversent la Manche pour l’amour d’elle, et on l’expédie, sur un lit de glace, jusqu’à Berlin et à Hambourg. Je me suis laissée dire que le roi lui-même se paie des soupers d’huîtres dans un hôtel discret de Whitstable en compagnie de sa bonne amie Mme Keppel, et quant à feu la reine, si l’on en croit la légende, elle goba une whitstable à dîner tous les jours de sa vie.
Avez-vous eu l’occasion de passer par Whitstable, de voir ses bars à huîtres ? Mon père tenait un de ces petits restaurants.

Caresser le velours, Sarah Waters, 1998.

Caresser le velours

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Premières lignes #130

Bien que plusieurs bouquins de la rentrée littéraire me tentent, je ne pensais pas en lire car j’évite d’acheter des livres pour me concentrer sur ma PAL. Mais une copine m’a prêté Le Roman de Jeanne, et me voici plongée dedans ! Pour tout vous dire, le début m’a semblé un peu bizarre mais maintenant j’ai bien du mal à décrocher.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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PROLOGUE

Des centaines de milliers d’années avant que l’astéroïde Chicxulub ne vienne rayer les dinosaures de la surface du globe, une période d’éruptions a commencé dans le Deccan, une région du sous-continent indien. Les volcans s’y sont mis à vomir du soufre et du dioxyde de carbone, empoisonnant l’atmosphère et déstabilisant les écosystèmes.
Les dinosaures — tout comme la plupart des autres créatures — étaient donc déjà à l’agonie quand l’astéroïde a percuté la planète.
Les volcans ont bouleversé l’environnement. Noirci le ciel. Gravé la mort dans l’histoire du monde. Réécrit sa géographie. Pourtant, la Terre a pu renaître de ses cendres, et ce n’était pas par miracle, non : les organismes vivants étaient simplement trop tenaces. Ils ont refusé de baisser les bras.
Oui, la vie a fini par resurgir, comme elle le fait toujours. Des profondeurs de l’océan, du lit des rivières, des biosphères secrètes enfouies dans d’épais tombeaux de glace, de tous ces mondes parallèles, cachés sur Terre, dont la diversité et l’étrangeté n’ont d’égales que celles de l’espace intersidéral.
Bien plus tard, un nouveau géocataclysme de cette envergure a eu lieu… mais celui-là était tout sauf accidentel.

Le Roman de Jeanne, Lidia Yuknavitch, 2018.

Le Roman de Jeanne

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Premières lignes #129

J’avoue, ce ne sont pas, cette fois-ci, les premières lignes à proprement parler du roman mais les celles du récit.

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1

Uméroooooo unnn
fidêêêê
miraaaaa mérooo unn
Ces sons ; même dans la brume.

2

Mais parfois les sons – comme la douleur – s’estompaient, et il n’y avait plus que le brouillard. Il se souvenait des ténèbres : ténèbres compactes qui avaient précédé la brume. Cela voulait-il dire qu’il faisait des progrès ? Que la lumière soit (même du genre brumeux) car la lumière était bonne et ainsi de suite. Ces sons avaient-ils existé dans les ténèbres ? Il ignorait la réponse à ces questions.
Cela avait-il le moindre sens de les poser ? Même à cela il ne pouvait pas répondre.
La douleur rôdait quelque part en dessous des sons. Elle gisait à l’est du soleil et au sud de ses oreilles. C’était là tout ce qu’il savait.

Misery, Stephen King, 1987.

Misery

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Premières lignes #128

Le livre dont je vous présente aujourd’hui les premières lignes est un roman gothique parlant d’une vampire, Carmilla. Il est sorti en 1872, avant Dracula de Bram Stoker. D’un moindre succès, il reste semble-t-il un grand classique de la littérature gothique et de la littérature vampirique. Je l’ai acheté il y a quelques semaines et je compte bien le lire avant Halloween !

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Prologue

Un feuillet accompagne le récit qui va suivre. Dans cette note assez détaillée, le Dr Hesselius fait référence à l’essai où il aborde le curieux sujet sur lequel le manuscrit jette une vive lumière.
Le docteur traite de cette mystérieuse question de manière très directe et très dense, tout en faisant preuve de son érudition et de sa perspicacité habituelles. Cet essai ne représentera qu’un des volumes de la série rassemblant les écrits de cet homme extraordinaire.
Comme je publie ici ce cas afin d’y intéresser le grand public, je ne modifierai en rien le récit qu’en fait la narratrice, une femme intelligente au demeurant. C’est aussi pourquoi, après mûre réflexion, j’ai décidé de ne pas présenter de résumé des analyses du docteur, ni d’extrait de son exposé sur un sujet qu’il décrit comme « ayant fort probablement trait aux arcanes les plus profonds de notre existence duelle, et à ses intermédiaires ».

Carmilla, Joseph Sheridan Le Fanu, 1872.

Carmilla

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Premières lignes #127

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Aimez-vous les chats ?
Je suppose que oui puisque
vous tenez cet ouvrage entre les mains.

J’ai pour ma part une profonde affection pour les
chats, et voilà près de vingt ans que je vis en leur
compagnie. En me documentant pour rédiger cet
ouvrage, je me suis pourtant aperçue qu’il y avait
bien des choses que j’ignorais à leur sujet.
C’est cette foule d’informations utiles et amusantes
sur ces petits félins, sur leurs attitudes
et leurs manies que je souhaite partager avec vous !

Chattitudes, Sayo Koizumi, 2015.

Chattitudes

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Premières lignes #126

Cette biographie sort le 05 septembre 2018 ; je vous conseille de l’ajouter dans votre agenda car elle vaut le coup !

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Orgeval, août 1974.

Le jardin s’épanouit sous le soleil de cette fin d’été. Les soucis jaunes sont gros comme des pommes, les dahlias, d’une rare beauté, annoncent le changement de saison. Et les roses, cette profusion de roses. On dirait une tapisserie aux couleurs désassorties. Elles poussent n’importe comment, ici un buisson de pétales écarlates, là un gigantesque arbuste corail accroché à la grange, elles se déploient en guirlandes rouges et blanches sur le mur de pierres qui clôt la maison.

Ce n’est pas une année à fruits, se lamentent les fermiers, et c’est tant mieux pense Janet dont le regard s’échappe au-delà de la fenêtre. Elle aime les fleurs, d’un plaisir enfantin. Béni soit Dieu de les avoir créées, il aurait pu s’en tenir aux légumes.

Janet, Michèle Fitoussi, 2018.

Janet

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Premières lignes #125

J’ai bien fait d’attendre mon retour de week-end pour partager avec vous les premières lignes d’un livre. En effet, à mon retour, j’ai eu la surprise de découvrir que ma super cat-sitteuse m’a prêté deux BD, dont Insolente Veggie. Elle est végétarienne et le livre parle du régime végétalien ; pour ma part, même si je mange très peu de viande, je ne suis pas végétarienne et encore moins végétalienne. En revanche je suis ouverte à la discussion, j’aime apprendre des choses, et donc cette BD (qui commence par une préface de Brigitte Gothière) va certainement me permettre de découvrir des choses.
Vous connaissez ?

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Paris, le 3 septembre

 

Chère Mademoiselle,

Je vous remercie de votre lettre, qui m’a profondément touché, et qui est venue secouer la torpeur du vieil homme que je suis (mais que je n’ai pas toujours été).

La thèse à laquelle vous faites allusion, et qui est aujourd’hui introuvable, s’appelait exactement Considérations sur l’évolution du vocabulaire érotique en France. Je l’ai publiée il y a longtemps déjà et j’oserai dire qu’aucun travail ne l’a surpassée. Bien entendu, un certain nombre d’expressions nouvelles ont surgi depuis cette date, car une langue est chose vivante, mais dans la mesure du possible je me suis tenu au courant.

Les mots et la chose, Jean-Claude Carrière, 2007.

Les mots et la chose

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Premières lignes #124

J’ai bien fait d’attendre mon retour de week-end pour partager avec vous les premières lignes d’un livre. En effet, à mon retour, j’ai eu la surprise de découvrir que ma super cat-sitteuse m’a prêté deux BD, dont Insolente Veggie. Elle est végétarienne et le livre parle du régime végétalien ; pour ma part, même si je mange très peu de viande, je ne suis pas végétarienne et encore moins végétalienne. En revanche je suis ouverte à la discussion, j’aime apprendre des choses, et donc cette BD (qui commence par une préface de Brigitte Gothière) va certainement me permettre de découvrir des choses.
Vous connaissez ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

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Préface de Brigitte Gothière
cofondatrice de l’association L214

Drôles, incisives, engagées, acides, pertinentes, décalées… les qualificatifs se font concurrence pour décrire ces bandes dessinées d’Insolente Veggie. J’y ajoute délicieuses, exquises et déjantées !
Non mais, où va-t-elle chercher tout ça ?

Ces planches n’ont pas leur pareils pareilles pour parler des animaux des 1001 manières de les exploiter et de les mettre à morts, des 1001 manières de trouver des excuses à cette horreur.

Lorsque l’on mange de la viande, du lait ou des œufs, ces pages viennent nous chercher des noises. On se retrouve face à nos répliques habituelles, à nos excuses abracadabrantes, à nos yeux trop souvent clos et à nos oreilles parfois bouchées. On ne peut qu’en rire parce que la méchanceté d’Insolente Veggie est imaginaire. On rigole mais on prend également conscience de nos contradictions exposées tout au long de ce livre.

[…]

Insolente Veggie – Une végétalienne très très méchante, Rosa B., 2015.

Insolente Veggie – Une végétalienne très très méchante

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Premières lignes #123

En allant à l’exposition « Un T-Rex à Paris », au Muséum National d’Histoire naturelle, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de repartir avec un livre… En voici les premières lignes (un long extrait cette fois-ci, mais c’est drôle!).

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Un jour dans la galerie
de paléontologie du muséum

Philippe Taquet

Il y a cent vingt ans, le jeudi 21 du mois de juillet 1898, eu lieu l’inauguration de la nouvelle galerie du Muséum. La cérémonie était présidée par M. Léon Bourgeois, ministre de l’Instruction publique. Le directeur, M. Milne-Edwards, entouré de tous les professeurs de l’établissement, reçut le ministre à son arrivée et lui adressa un discours de bienvenue, « très joli dans son ensemble et très fin dans ses conclusions… Le Tout-Paris scientifique était au Muséum et l’assistance, extrêmement nombreuse. M. Albert Gaudry, titulaire de la chaire de paléontologie et concepteur de cette galerie, avec le concours très empressé de M. Marcellin Boule, a fait de sa galerie une merveille… Il y a là un ensemble de richesses qui nous permettent de tenir bon rang dans le monde » (La Nature, 25 juillet 1898).
Le juin 1908, le moulage du grand squelette du Diplodocus offert à la France par le roi de l’acier, l’Américain Andrew Carnegie, fut installé et reçu officiellement dans la galerie de Paléontologie du Muséum. Le président de la République en personne, M. Armand Fallières, plus habitué disait-on à inaugurer les chrysanthèmes, présida la cérémonie devant un large public réuni à cette occasion. Dans la galerie, la communauté scientifique au grand complet attendant un beau discours. Hélas, Fallières, bien piètre orateur, sidéré par la vision imposante de ce quadrupède de plus de 20 mètres de long, ne réussit qu’à prononcer ces seuls mots : « Quelle queue ! Quelle queue ! » au grand dam des chercheurs et pour l’immense joie des chansonniers de l’époque […].

Un jour avec les dinosaures, Christine Argot et Luc Vivès, 2018.

Un jour avec les dinosaures

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