Premières lignes #225

Salutations !
Pour ce nouveau rendez-vous, je vous propose de retomber en enfance avec l’un des romans des Super Nanas. J’espère que vous avez déjà pris votre petit-déjeuner, c’est parti !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Le grille-pain enragé

Tout le monde sait que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Mais peu de gens savent à quel point le pain grillé peut être dangereux…

Les Super Nanas se battaient contre un énorme grille-pain. Son fil électrique noir fouettait l’air telle une queue, et il faisait claquer ses mâchoires avec voracité.
— Il est temps de nous débarrasser de ce casse-pieds, dit Rebelle.
Elle s’envola pour le marteler de ses poing. PIF ! PAF ! Mais ses coups de cabossèrent même pas les parois gris métallisé brillantes du monstre. Le grille-pain saccageait tout sur son passage. Dans les rues de Townsville, les passants qui faisaient leurs courses lâchèrent leurs sacs et coururent se mettre à l’abri, poussant des cris terrifiés.

The Powerpuff Girls – Les Super Nanas : Opération maison, 2017.

The Powerpuff Girls – Les Super Nanas : Opération maison

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Premières lignes #224

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PROLOGUE

COMMENT pourrait-on décrire Artemis Fowl ? Les nombreux psychiatres qui s’y sont essayés ont dû confesser leur échec. La principale difficulté de l’entreprise réside dans l’intelligence d’Artemis. Celui-ci parvient en effet à déjouer tous les tests auxquels on le soumet. Face à lui, les plus grands esprits du monde médical se sont trouvés plongés dans une infinie perplexité et nombre d’entre eux, balbutiants et hagards, sont retournés dans leurs propres hôpitaux, à titre de patients cette fois.
Artemis est sans nul doute un enfant prodige. Mais pourquoi un être aussi brillant a-t-il décidé de consacrer sa vie à des activités délictueuses ? Voilà une question à laquelle une seule personne serait en mesure de répondre. Or, il prend un malin plaisir à ne jamais parler de lui-même.

Artemis Fowl, tome 1, Eoin Colfer, 2001.

Artemis Fowl, tome 1

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Premières lignes #223

Bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous partage les premières lignes de La petite dernière de Fatima Daas. Le roman ne sortira qu’en août mais il me tente énormément, comme vous l’avez peut-être remarqué, et j’ai donc décidé de partager avec vous les premières lignes de ce roman, en attendant sa sortie.
Et comme, par un heureux concours de circonstances, je l’ai désormais en ma possession, attendez-vous à ce que je vous en parle prochainement dans une chronique. Mais voilà, en attendant, voici l’incipit.

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Je m’appelle Fatima.
Je porte le nom d’un personnage symbolique en islam.
Je porte un nom auquel il faut rendre honneur.
Un nom qu’il ne faut pas « salir », comme on dit chez moi.
Chez moi, salir, c’est déshonorer. Wassekh, en arabe algérien.
On dit darja, darija, pour dire dialecte.

Wassekh : salir, foutre la merde, noircir.
C’est comme « se rapprocher », en français, c’est polysémique.

Ma mère utilisait le même mot pour me dire que j’avais sali mes vêtements, le même mot quand elle rentrait à la maison et qu’elle trouvait son Royaume en mauvais état.

Son Royaume : la cuisine.
Là où l’on ne pouvait pas mettre les pieds ni la main.

Ma mère détestait que les choses ne soient pas remises à leur place.
Il y avait des codes dans la cuisine, comme partout ailleurs, il fallait les connaître, les respecter et les suivre.
Si l’on n’en était pas capable, on devait se tenir à l’écart du Royaume.

La petite dernière, Fatima Daas, 2020.

La petite dernière

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Premières lignes #222

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HETTY

1.

Quelque chose. Là-bas dans l’ombre blafarde. Entre les arbres, là où les fourrés s’enchevêtrent à foison. Ça bouge. On peut le voir du toit, à la façon dont les broussailles se referment sur sa course bruissante vers l’océan.
De cette taille-là, sans doute un coyote, le grand format, ceux qui t’arrivent à l’épaule. Des dents comme des lames qui tiennent dans la paume de ma main. Je sais parce que j’en ai trouvé une, un jour, qui dépassait de la grille, juste le bout. Je l’ai rapportée, planquée sous mon lit.
Une dernière charge saccageant les broussailles et puis retour au calme. De l’autre côté du toit, Byatt abaisse sa carabine, la cale contre la rambarde. Route dégagée : la voie est libre.
Je garde mon arme épaulée, juste au cas où, viseur vissé à mon œil gauche. L’autre est mort.

Wilder Girls, Rory Power, 2019.

Wilder Girls

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Premières lignes #221

Salutations !
Aujourd’hui, je vous présente les premières lignes d’un roman qui m’avait tapé dans l’œil il y a quelques semaines, l’ayant découvert sur plusieurs de vos blogs. La couverture m’avait attirée d’emblée mais il faut dire que le début de ce roman, dans lequel le narrateur se présente brièvement, m’a bien plu aussi.

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avant de commencer

Bon, j’ai deux noms.
C’est ce que je dis quand on me demande mon deuxième prénom. Je dis :
« Bon, j’ai deux noms. »
Mon premier nom est Frank Li. Papa-maman pensaient surtout au nombre de lettres quand ils me l’ont donné.
Si, si, c’est vrai : F+R+A+N+K+L+I, ça fait sept lettres, et le sept est un chiffre porte-bonheur en Amérique.
Frank est mon prénom américain, donc le vrai.
Mon second nom est Sung-Min Li, c’est mon nom coréen, et il est soumis à la même cosmologie numéro-logique : S+U+N+G+M+I+N+L+I, neuf lettres, or le neuf est un chiffre porte-bonheur en Corée. Personne ne s’appelle Sung-Min, pas même papa-maman. Ils m’appellent juste Frank.
Je n’ai donc pas de deuxième prénom. À la place, j’ai deux noms.
Enfin bref, je suppose que mes deux chiffres porte-bonheur, le sept et le neuf, sont censés faire de moi une sorte de pont entre les cultures ou quelques chose dans le genre. Amérique, je te présente la Corée, Corée, je te présente l’Amérique.
C’est bon ? Je peux retourner à mes occupations ?
Très bien.

Frankly in Love, David Yoon, 2019.

Frankly in Love

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Premières lignes #220

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Chapitre 1

Deuxième classe Kiriya

1

Quand les balles commencent à fuser, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la peur n’envahisse le soldat. Tu es là, avec la Mort qui siffle au-dessus de ta tête.
Les obus au loin détonent avec un bruit sourd et boueux, un son creux que tu ressens plus que tu ne l’entends. Ceux qui tombent près sonnent haut et clair. Ils hurlent d’une voix qui te fait crisser les dents, et tu sais que ceux-là viennent dans ta direction. Ils s’enfoncent profondément dans le sol et soulèvent un rideau de poussière qui reste suspendu, dans l’attente du prochain qui va le déchirer.
Des milliers d’obus éventrent les cieux – des éclats de métal pas plus gros que mon doigt – mais un seul suffit à te tuer. Un seul suffit à transformer ton meilleur pote en steak fumant.
La Mort vient sans crier gare, en un battement de cœur, et elle ne fait pas la difficile.

Edge of Tomorrow, Hiroshi Sakurazaka, 2004.

Edge of Tomorrow

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Premières lignes #219

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La Voix de la raison 1

Elle arriva chez lui au petit matin.
Elle entra discrètement, tout doucement, à pas feutrés, flottant dans la pièce comme un fantôme, un spectre. Le froufrou de sa mante à capuchon sur sa peau nue était le seul bruit qui accompagnait ses gestes. C’est pourtant cet infime bruissement, à peine audible, qui réveilla le sorceleur, ou plutôt le tira du demi-sommeil qui le berçait avec monotonie. Il était comme dans un gouffre insondable, en suspens entre le fond et la surface d’une mer paisible, parmi les lianes de goémons qui ondulaient tout doucement.

Sorceleur, tome 1 : Le dernier vœu, Andrzej Sapkowski, 1990.

Sorceleur, intégrale

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Premières lignes #218

Bonjour, les lecturovores !
Une fois n’est pas coutume, je publie les Premières lignes aujourd’hui afin de garder le dernier jour de mai pour vous partager mon bilan de lectures.
Je vous présente aujourd’hui un livre qu’une amie m’a donné il y a quelques semaines (encore merci!) et qui est une suite mais dont l’incipit ne dévoile rien. Il s’agit de Docteur Sleep, la suite du très célèbre Shining de Stephen King. Ici, nous avons en tout trois lignes mais qui me semblent donner le ton du roman – que je vais certainement lire cet été.
Petite précision pour que tout le monde puisse comprendre de quoi il est question : les AA sont les Alcooliques anonymes, et Jack Torrance luttait contre ses problèmes avec l’alcool dans le précédent roman de King.
Bon week-end à vous !

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Préliminaires

« PEUR signifie tout Plaquer En URgence »
Vieux slogan des AA

Docteur Sleep, Stephen King, 2013.

Docteur Sleep

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Premières lignes #217

Bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les premières lignes d’un roman que j’ai très très envie de découvrir : Wyld de Nicholas Eames.

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1

LE FANTÔME SUR LA ROUTE

Il suffisait de jeter un coup d’œil à l’ombre de Clay Cooper pour deviner que l’homme était sans doute plus impressionnant encore qu’il en avait l’air. Plus grand que la plupart des gens, il avait de larges épaules et un torse évoquant un tonneau cerclé de fer. Les chopes prenaient des allures de tasses en porcelaine entre ses mains. Cachée sous une barbe brune et broussailleuse, sa mâchoire était large et tranchante comme une lame de pelle. Son ombre étirée par le soleil couchant se traînait derrière lui comme si elle cherchait obstinément à rappeler celui qu’il avait été : un géant redoutable qui n’avait eu qu’une vague notion du concept de pitié.
Sa journée de travail terminée, Cooper traversa Coverdale en empruntant le chemin de terre qui faisait office de grande avenue. Il marchait d’un pas pesant, adressant un petit sourire ou un signe de tête à ceux qui se hâtaient de rentrer chez eux avant la nuit. Il portait le tabard vert de la milice sur un justaucorps en cuir râpé. Une vieille épée rangée dans un fourreau usé se balançait à sa hanche, et un bouclier – fendu, balafré et lacéré par d’innombrables lames, flèches et griffes – était accroché dans son dos. Quant à son casque… eh bien, Clay avait égaré celui que le sergent lui avait donné la semaine d’avant. Comme le précédent, un mois plus tôt. Comme tous ceux qu’il avait reçus au cours de ses dix années de service. Ils disparaissaient mystérieusement à intervalles plus ou moins réguliers.
Un casque limitait le champ de vision, étouffait les sons et vous donnait l’air passablement idiot. Il était hors de question que Clay Cooper porte un casque.
— Clay ! Hé, Clay !
Pip marchait vers lui d’un pas alerte. Il portait l’uniforme vert de la milice et tenait son ridicule galure blindé au creux du bras.
— Je viens de terminer mon quart à la porte sud, déclara le jeune homme avec enthousiasme. Et toi ?
— À la nord.
— Génial ! (Pip sourit et hocha la tête comme si Clay venait de lui raconter une histoire fascinante.) T’as vu des trucs intéressants ?
Clay haussa les épaules.
— Des montagnes.
— Ha ! Des montagnes, qu’il dit ! Classique. Au fait, t’as entendu la nouvelle ? Y paraît que Ryk Yarsson a vu un centaure du côté de la ferme de Tassel.
— Sans doute un élan.
Le jeune homme toisa Clay d’un air sceptique. À l’évidence, il estimait peu probable que Ryk ait confondu un centaure avec un cervidé.
— Ouais, bon… Ça te dit d’aller écluser quelques chopes à La Tête du Roi ?
— Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, répondit Clay. Ginny m’attend à la maison et…
Il s’interrompit, incapable de trouver une autre excuse.
— Allez ! insista Pip. Juste une, alors. Une seule.
Clay laissa échapper un grognement, plissant les yeux dans le soleil et se demandant si la saveur amère d’une bière valait la peine d’affronter la colère de Ginny.
— Bon, d’accord, céda-t-il. Juste une.

Wyld, tome 1 : La Mort ou la gloire, Nicholas Eames, 2017.

Wyld, t.1 : La Mort ou la gloire

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Premières lignes #216

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INTRODUCTION

Suite à la publication dans le World du récit de mes mésaventures à l’asile d’aliénées de Blackwell’s Island, j’ai reçu plusieurs centaines de lettres.
Le numéro contenant mon témoignage étant épuisé, on m’a conseillé d’y consacrer un livre pour les lecteurs qui souhaiteraient en obtenir une copie.
Par bonheur, après mes révélations sur ce sujet, la Ville de New York a alloué un million de dollars supplémentaire à la prise en charge des malades mentaux. Je puis donc me réjouir d’au moins une chose : grâce à mon travail, les affligés bénéficieront de meilleurs soins.

Nellie Bly

Dix jours dans un asile, Nellie Bly, 1887.

10 jours dans un asile

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