Azami // Fuki-no-tô

Une fois n’est pas coutume, cette chronique regroupe deux romans faisant partie d’un même cycle intitulé L’ombre du chardon. Azami est le premier tome du cycle, Fuki-no-tô le quatrième. Il est toutefois possible d’en lire un et pas l’autre, cela n’empêchant nullement la compréhension des intrigues – moi-même, je n’ai pas lu le deuxième ni le troisième tome (pur hasard).

 

Quatrième de couverture d’Azami :

Mitsuo Kawano, jeune trentenaire, est étonné quand il croise par hasar Gorô Kida, un ancien camarade de classe devenu président d’une importante compagnie. Il est encore plus surpris lorsque celui-ci l’invite dans un club très sélect où travaille une autre ancienne amie d’école, la belle et mystérieuse Mitsuko, devenue entraîneuse.
[…]

Quatrième de couverture de Fuki-no-tô :

Atsuko est heureuse dans la petite ferme biologique dont elle a longtemps rêvé. Ses affaires vont bien, il lui faudra bientôt embaucher de l’aide. […] Mais une amie qui resurgit du passé la confronte […] à des choix : Atsuko va devoir débroussailler son existence et ses désirs, aussi emmêlés qu’un bosquet de bambous non entretenus.

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Premières lignes #290

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Je descends l’escalier en consultant ma montre. Il est trois heures passées. Je viens de prendre un déjeuner tardif au restaurant à l’étage.
Ce matin, j’ai interviewé monsieur L. pour le présenter aux lecteurs : il tiendra dorénavant une rubrique de conseils de vie dans notre revue. Après quoi, j’ai passé un long moment dans mon bureau à transcrire l’enregistrement de cette entrevue. On avait besoin du texte final avant deux heures cet après-midi. Plongé dans ma rédaction, j’ai complètement oublié d’aller manger.
Il me reste encore trente minutes de pause. En contemplant le bois naturel qui revêt le mur extérieur du restaurant, je me demande comment tuer le temps.
Je m’engage dans la rue commerçante à arcades, d’où je peux retourner directement à mon bureau. Il y a beaucoup de monde, car ce sont les vacances du golden-week. Je flâne sans but dans la foule.
Deux femmes entre deux âges me dépassent en caquetant à plein gosier. Une forte odeur de parfum me pique le nez. La couleur de leurs cheveux teints est pareille : violâtre. À leur air inhabituel, j’ai l’impression qu’elles sont entraîneuses de bar ou de cabaret. Elles entrent dans le pachinko-ten situé au bout de la rangée de boutiques à ma gauche. Le pachinko me tente, mais je continue de marcher.
Au bout de quelques pas, je m’arrête devant une vitrine. C’est un magasin soécialisé dans les stylos-plumes haut de gamme. Attiré par un stylo noir de marque P., je songe à en un acheter un plus tard, si ma femme est d’accord.
En passant devant un magasin de musique, j’entends une chanson populaire des années 70. Immobile, je tends l’oreille. En l’écoutant, je me souviens de la berceuse de ma grand-mère, Azami.

« Ce soir encore, ton oreiller est baignée de larmes.
À qui rêves-tu ? Viens, viens vers moi.
Je m’appelle Azami. Je suis la fleur qui berce la nuit.
Pleure, pleure dans mes bras. L’aube est loin encore. »

Quelqu’un chuchote mon prénom. Une voix masculine. Ce doit être une coïncidence. Je l’ignore.
— Kawano-san.
« C’est mon nom ! » Je me retourne vers la voix.

Azami, Aki Shimazaki, 2014.

Azami

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Premières lignes #289

Quelle belle journée qui commence !
D’habitude, je publie mes articles plus tôt le matin (il est un peu plus de 10h au moment où j’écris ces lignes, alors que j’ai tendance à poster avant 8h). Seulement, il se trouve que je suis actuellement plongée dans un thriller et que j’ai du mal à le lâcher : L’Équarrisseur de Nathalie Matheson. Ce sont donc les premières lignes de ce roman que je vous partage aujourd’hui. Ce que j’aime avec celles-ci, c’est qu’elles nous présentent tout d’abord un simple témoin, que l’on sait comment la découverte se fait, tout comme j’aime que l’autrice prend le soin de nommer les personnages, même la chienne. Cela donne un aspect tout de suite plus humain au récit – alors même qu’il va être question de meurtres inhumains.
Bonne journée à vous, et bonne lecture.

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N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Prologue

6 h 44, Greenwich Pier, à marée basse. Maxwell Perkins, qui promène sa chienne au bord du fleuve, ne s’attend pas à trouver des morceaux de cadavre. Évitant bouts de bois et pneus de voiture abandonnés, il marche sur une argile grise semée de galets humides et d’éclats de verre. Au moment où il délivre de sa laisse sa chienne, Petra, le soleil se reflète sur un objet par terre. Perkins se penche pour s’en emparer avec précaution.Hier, il a trouvé une escarboucle médiévale et une pièce radiée romaine. Aujourd’hui, hélas !, ce ne sont que les maillons d’une chaîne de bonde arrachée à une baignoire. Il se redresse, déçu, et surprend alors sa chienne à renifler quelque chose au milieu de la boue. C’est la fin de l’été. La vague de chaleur n’est pas terminée et la température monte rapidement dès le petit matin. Le tee-shirt collé aux bourrelets de graisse de son ventre, Maxwell se remet en marche en essuyant la sueur qui perle sur son front. À 6 h 48, il rejoint sa chienne et voit ce qui a attiré son attention.
– Oh, nom de Dieu !

L’Équarrisseur, Nadine Matheson, 2021.

L’Équarrisseur

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Courts retours #35

Salutations !
Dans ce nouveau Courts retours, je vais me pencher sur un manga et une BD : le tome 4 de Trait pour trait d’Akiko Higashimura et le tome 6 de Undertaker de Dorison, Delabie et Meyer. Je vais également vous parler d’un roman jeunesse : Mamie Fatou, la catcheuse de Kinshasa de Sébastien Gayet et Thomas Baas – place à l’empouvoirement !

Courts retours #23

Salutations, les lecturovores !
Pour ce Courts retours, je vais vous parler éducation et féminisme avec Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe de Chimamanda Ngozi Adichie, thriller avec Millenium 3 – La reine dans le palais des courants d’air de Stieg Larsson, et adaptation en BD avec Artemis Fowl – la bande dessinée d’Eoin Colfer, adapté par Michael Moreci et illustré par Stephen Gilpin.
En avant !

Premières lignes #230

Bonjour !
Aujourd’hui, pour ce nouveau Premières lignes, j’ai opté pour celles du troisième tome de Millenium ; elles ne dévoilent rien de l’intrigue et pourtant en disent beaucoup. En les lisant, j’ai tout de suite été plongée dans le roman.

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Rencontre dans un couloir

8 au 12 avril

On évalue à six cents le nombre des femmes soldats qui combattirent dans la guerre de Sécession. Elles s’étaient engagées déguisées en hommes. Hollywood a raté là tout un pan d’histoire culturelle – à moins que celui-ci ne dérange d’un point de vue idéologique ? Les livres d’histoire ont toujours eu du mal à parler des femmes qui ne respectent pas le cadre des sexes et nulle part cette limite n’est aussi marquée qu’en matière de guerre et de maniement des armes.

De l’Antiquité aux Temps modernes, l’histoire abonde cependant en récits mettant en scène des guerrières – les amazones. Les exemples les plus connus figurent dans les livres d’histoire où ces femmes ont le statut de “reines”, c’est-à-dire de représentantes de la classe au pouvoir. La succession politique, fût-ce une vérité désagréable à entendre, place en effet régulièrement une femme sur le trône. Les guerres étant insensibles au genre et se déroulant même lorsqu’une femme dirige le pays, le résultat est que les livres d’histoire sont obligés de répertorier un certain nombre de reines guerrières, amenées par conséquent à se comporter comme n’importe quel Churchill, Staline ou Roosevelt. Sémiramis de Ninive, fondatrice de l’Empire assyrien, et Boadicée, qui me na une des révoltes les plus sanglantes contre les Romains, en sont deux exemples. Cette dernière a d’ailleurs sa statut au bord de la Tamise, en face de Big Ben. On ne manquera pas de la saluer si l’on passe par là.

En revanche, les livres d’histoire sont globalement assez discrets sur les guerrières sous forme de simples soldats qui s’entraînaient au maniement des armes, faisaient partie des régiments et participaient aux batailles conter les armées ennemies aux mêmes conditions que les hommes. Ces femmes ont pourtant toujours existé. Pratiquement aucune guerre ne s’est déroulée sans une participation féminine.

Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air, Stieg Larsson, 2005.

Milénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air

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Carmilla

Carmilla

Quatrième de couverture :

« Deux grands yeux s’approchèrent de mon visage et soudain, je ressentis une douleur fulgurante, comme si deux aiguilles espacées de quelques pouces seulement s’enfonçaient profondément dans ma poitrine. Je me réveillai en hurlant. La chambre était éclairée par la chandelle qui était restée allumée toute la nuit, et je vis une silhouette féminine au pied de mon lit, un peu sur la droite. »
L’action se passe dans un château de Styrie. L’héroïne, la jeune Laura, tombe sous le charme de la belle et mystérieuse Carmilla, dont l’arrivée énigmatique dans ce lieu isolé marque l’initiale d’une amitié tendre et exaltée.
De l’ouverture presque bucolique à la destruction du vampire que se révèle finalement être Carmilla, tout est là des ingrédients d’un roman gothique, classique du genre.
Mais ici, le vampire est une femme, et à la transgression vampirique s’ajoute celle de l’homosexualité féminine, dans un récit tout de séduction et de sensualité.

Les Lettres chinoises

Les Lettres chinoises

Quatrième de couverture :

A Shangai, deux jeunes gens, Yuan et Sassa, sont amoureux. Mais parce qu’il se sent étranger dans son propre pays, Yuan choisit un jour de venir s’établir à Montréal. Sassa, qui refuse à voir dans l’exil un remède au mal de vivre, décide de ne pas le suivre. Leur amour supportera-t-il cet éloignement ?
S’inscrivant dans la plus belle tradition du roman épistolaire, Les Lettres chinoises racontent le déracinement, les départs, le choc des cultures et les amours impossibles. Ces lettres, où tous les mots sont permis, sauf ceux de la vérité, sont traversées par une inquiétude fondamentale, celle qui s’empare de l’âme lorsqu’elle prend la mesure de sa profondeur.

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La Petite Communiste qui ne souriait jamais

La Petite Communiste qui ne souriait jamais

♥ COUP DE CŒUR ♥

Quatrième de couverture :

Fascinée par le destin de la petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour devenir immédiatement un mythe planétaire, la narratrice de ce roman imagine l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette venue, par la pureté de ses gestes, incarner aux yeux du monde le rêve de l’enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulation étatique ?

Plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des « dieux du stade », hommage à une fée qui mit à mal guerres froides, ordinateurs et records, le roman de Lola Lafon délivre aussi une passionnante méditation sur l’invention et l’impitoyable évaluation du corps féminin.

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