Premières lignes #285

Au cours de l’été passé, j’ai lu Nos monstres d’Angela Marsons. J’étais déjà plongée dans cette lecture lorsque j’ai appris qu’il s’agissait d’un deuxième tome – qui peut se lire indépendamment du précédent. Je n’ai pas trop tardé à acheter le premier tome, Le pensionnat des innocentes. Je vous en partage aujourd’hui les premières lignes.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Prologue

Rowley Regis, Pays noir
2004

Ils étaient cinq, postés en étoile autour d’un petit monticule de terre. Eux seuls savaient qu’il s’agissait d’une tombe.
Creuser le sol gelé sous les couches de glace et de neige avait été aussi dur qu’essayer d’entailler de la roche, alors ils s’étaient relayés. Chacun son tour.
Un trou de la taille d’un adulte leur aurait pris plus de temps.
La pelle était passée de main en main. Certains s’étaient montrés hésitants, incertains. D’autres, plus assurés. Personne en revanche n’avait résisté et personne non plus n’avait soufflé mot.
Une vie innocente avait été emportée. Ça, aucun ne l’ignorait. Mais ils avaient conclu un pacte. Leurs secrets seraient enterrés.
Les cinq silhouettes inclinèrent la tête et se représentèrent le corps sous le sol qui luisait déjà d’une nouvelle couche de givre.
Tandis que les premiers flocons saupoudraient la tombe, un frisson traversa le groupe.
Puis tous se dispersèrent, leurs pas dessinant la queue d’une comète dans la neige fraîche et craquante.
C’était fini.

Le pensionnat des innocentes, Angela Marsons, 2015.

Le pensionnat des innocentes

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Nos monstres

Nos monstres

Quatrième de couverture :

Brutal, addictif et extrêmement brillant, un thriller psychologique d’envergure qui fouille les recoins les plus sombres de l’âme humaine, à la recherche de ces monstres qui nous habitent. 
Un homme est retrouvé mort à la sortie d’un pub des Midlands, son corps lacéré de coups de couteau. Un ex-taulard, condamné pour viol. Chargée de l’affaire, l’inspectrice Kim Stone débusque rapidement la coupable : Ruth, une ancienne victime. Simple vengeance ? Sauf que quelque chose ne colle pas.
Pour comprendre les raisons de ce passage à l’acte, la policière se tourne vers Alex Thorne, une psychiatre reconnue qui suivait Ruth depuis des mois.
Dès lors, leurs chemins n’en finissent plus de se croiser. D’autres meurtres vengeurs, sauvages, d’autres assassins aux profils inattendus, avec un lien en commun : Alex Thorne.
Que se passe-t-il dans le cabinet du Dr Thorne ? Quelle thérapie propose-t-elle à ses patients ? Et pourquoi Kim se sent-elle menacée par cette psychiatre qui semble si bien la connaître ?

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Premières lignes #275

Je ne sais absolument plus ce que dit le résumé de ce roman, j’ai tendance à oublier vite une fois que j’ai le livre, pour mieux le découvrir ensuite. Quand je lis ces premières lignes déjà pleines de tension, avec un compte à rebours, j’ai tout de suite envie de poursuivre, pas vous ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Chapitre 1

Il y a des choses qui ne se font pas. Courir dans un cimetière, par exemple. Surtout un cimetière militaire. Cracher sur les tombes, non plus. Encore moins sans prendre le temps de s’arrêter. Geoff, lui, fait ça tous les matins depuis bientôt deux ans.
Il court en tennis et jogging, serviette autour du cou, la foulée sûre et tranquille, et il crache sur une trentaine de tombes en marmonnant des mots que lui seul comprend. Ce sont pourtant des phrases simples.
Salut, vieux salopard.
T’as l’air fin sous ta pelouse, maintenant.
Tiens ? T’es encore là, toi ?
Redis-moi qui c’est qui pète la forme, gros malin.
Alors, fils de pute, toujours calanché ?
Oui, ce sont des phrases simples, car Geoff Tyler est quelqu’un de simple. Il a promis qu’il irait cracher sur les tombes de tous les fumiers qui commettraient l’impudence de crever avant lui et il tient parole. C’est ainsi qu’on est un homme d’honneur. Et qu’importe si cela défrise les rares oreilles qui ont la déveine d’intercepter un mot ou deux.

Rainbow Warriors, Ayerdhal, 2013.

Rainbow Warriors

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Premières lignes #274

Je ne sais absolument plus ce que dit le résumé de ce roman, j’ai tendance à oublier vite une fois que j’ai le livre, pour mieux le découvrir ensuite. Quand je lis ces premières lignes déjà pleines de tension, avec un compte à rebours, j’ai tout de suite envie de poursuivre, pas vous ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

1

Black Country, mars 2015

Trois minutes.
Les descentes de police à l’aube prennent rarement une telle ampleur. L’enquête a duré des mois. À présent, la brigade de Kim se tient fin prête. Positionnés de l’autre côté de la route, les assistants sociaux attendent qu’on leur fasse signe d’entrer. Ce soir, deux petites filles ne dormiront pas dans leurs lits.
Deux minutes.
Kim active la radio.
— Tout le monde est en place ?
— On atend vos ordres, répond Hawkins.
Postés à deux rues de là, ses hommes bouclent l’arrière de la propriété.
— On est bon, confirme Hammond, tapi dans la voiture derrière elle.
Il détient l’indispensable « grosse clé » qui leur permettra de faire une entrée fracassante.
Plus qu’une minute.

Nos monstres, Angela Marsons, 2015.

Nos monstres

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