Premières lignes #267

Après une semaine sacrément chargée, j’ai enfin pu aller en librairie chercher une nouveauté que j’avais précommandé : L’empire d’écume d’Andrea Stewart. J’achète rarement des premiers tomes, ne sachant jamais dans quelle direction les suivants partiront, toutefois, en lisant la chronique d’Apophis, j’ai finalement cédé aux sirènes.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Lin

Île Impériale

Mon père m’a dit que j’étais brisée.
Il n’a pas exprimé sa déception à voix haute quand j’ai répondu à sa question. Je l’ai vue à sa façon de plisser les yeux, de mordre ses joues déjà creuses, de baisser très légèrement la commissure gauche de ses lèvres en un mouvement presque imperceptible sous sa barbe.
C’est lui qui m’a appris à lire les pensées des gens sur leur visage. Il n’ignorait pas que je saurais interpréter son expression. Alors, entre nous, c’était comme s’il avait parlé haut et fort.
Sa question :
– Qui était ta plus proche amie d’enfance ?
Ma réponse :
– Je ne sais pas.
Je courais aussi vite qu’un vol de moineaux, je maniais l’albaque avec autant d’adresse que les meilleurs comptables de l’empire et je savais nommer toutes les îles connues dans le temps qu’il fallait pour laisser infuser du thé, mais je ne me rappelais rien de mon passé d’avant la maladie. J’avais parfois l’impression que je n’y arriverais jamais – que cette fille-là m’était perdue.
Le fauteuil de mon père grinça sous son poids, et il poussa un long soupir. Il tenait entre ses doigts une clé en laiton, dont il tapotait la table.
– Comment puis-je te confier mes secrets ? Comment veux-tu que je te confie mon empire si tu ne sais même pas qui tu es ?
Je savais qui j’étais. J’était Lin, la fille de l’empereur. Je hurlai ces mots dans ma tête mais je ne les prononçais pas. Contrairement à mon père, je dissimulai mes pensées derrière un visage impassible.

L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os, Andrea Stewart, 2020.

L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os

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Premières lignes #266

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les premières lignes du deuxième tome du Sorceleur : L’épée de la providence. Aucun divulgachage, et pour cause : comme dans le premier livre, ce sont des nouvelles indépendantes les unes des autres en terme de linéarités, qui nous permettent simplement d’apprendre à mieux connaître Geralt de Riv.

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LES LIMITES DU POSSIBLE

I

– Il n’en sortira plus, je vous le dis, finit par lancer le grêlé en branlant du chef. Ça fait une heure et quart qu’il est entré. C’en est fini de lui.
Les bourgeois, pressés les uns contre les autres au milieu des ruines et des gravats, observaient en silence le trou noir béant de l’entrée du souterrain. Un gros homme vêtu d’une vareuse jaune se dandinait d’un pied sur l’autre en toussant. Il fit glisser de sa tête une toque toute fripée.
– Attendons encore un peu, dit-il en essuyant la sueur qui perlait de ses sourcils clairsemés.
– Attendre quoi ? mugit le grêlé. Là-bas, dans les oubliettes, se terre un basilic. L’auriez-vous oublié, burgrave ? Celui qui entre signe irrévocablement sa perte. Ils ne sont pas assez nombreux, ceux qui n’en sont pas revenus ? Qu’est-ce que nous attendons ?
– Nous nous sommes mis d’accord, murmura sans conviction le gros homme. N’est-ce pas ?
– C’est accord, nous l’avons conclu avec un vivant, bourgmestre, déclara le compagnon du grêlé, un géant ceint d’un tablier de boucher en cuir. Il est mort, aussi sûrement que le soleil brille dans le ciel. Il était évident dès le début qu’il courait à sa perte, tout comme les autres avant lui. Il n’a pris aucun miroir, seulement son épée. Et sans miroir, tout le monde le sait, il est impossible de tuer un basilic.

Sorceleur, tome 2 : L’épée de la providence, Andrzej Sapkowski, 1992.

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Sorceleur, intégrale

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Sorceleur, tome 1 : Le dernier vœu

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Quatrième de couverture :

Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur.
Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.
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Premières lignes #219

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La Voix de la raison 1

Elle arriva chez lui au petit matin.
Elle entra discrètement, tout doucement, à pas feutrés, flottant dans la pièce comme un fantôme, un spectre. Le froufrou de sa mante à capuchon sur sa peau nue était le seul bruit qui accompagnait ses gestes. C’est pourtant cet infime bruissement, à peine audible, qui réveilla le sorceleur, ou plutôt le tira du demi-sommeil qui le berçait avec monotonie. Il était comme dans un gouffre insondable, en suspens entre le fond et la surface d’une mer paisible, parmi les lianes de goémons qui ondulaient tout doucement.

Sorceleur, tome 1 : Le dernier vœu, Andrzej Sapkowski, 1990.

Sorceleur, intégrale

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Premières lignes #217

Bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les premières lignes d’un roman que j’ai très très envie de découvrir : Wyld de Nicholas Eames.

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1

LE FANTÔME SUR LA ROUTE

Il suffisait de jeter un coup d’œil à l’ombre de Clay Cooper pour deviner que l’homme était sans doute plus impressionnant encore qu’il en avait l’air. Plus grand que la plupart des gens, il avait de larges épaules et un torse évoquant un tonneau cerclé de fer. Les chopes prenaient des allures de tasses en porcelaine entre ses mains. Cachée sous une barbe brune et broussailleuse, sa mâchoire était large et tranchante comme une lame de pelle. Son ombre étirée par le soleil couchant se traînait derrière lui comme si elle cherchait obstinément à rappeler celui qu’il avait été : un géant redoutable qui n’avait eu qu’une vague notion du concept de pitié.
Sa journée de travail terminée, Cooper traversa Coverdale en empruntant le chemin de terre qui faisait office de grande avenue. Il marchait d’un pas pesant, adressant un petit sourire ou un signe de tête à ceux qui se hâtaient de rentrer chez eux avant la nuit. Il portait le tabard vert de la milice sur un justaucorps en cuir râpé. Une vieille épée rangée dans un fourreau usé se balançait à sa hanche, et un bouclier – fendu, balafré et lacéré par d’innombrables lames, flèches et griffes – était accroché dans son dos. Quant à son casque… eh bien, Clay avait égaré celui que le sergent lui avait donné la semaine d’avant. Comme le précédent, un mois plus tôt. Comme tous ceux qu’il avait reçus au cours de ses dix années de service. Ils disparaissaient mystérieusement à intervalles plus ou moins réguliers.
Un casque limitait le champ de vision, étouffait les sons et vous donnait l’air passablement idiot. Il était hors de question que Clay Cooper porte un casque.
— Clay ! Hé, Clay !
Pip marchait vers lui d’un pas alerte. Il portait l’uniforme vert de la milice et tenait son ridicule galure blindé au creux du bras.
— Je viens de terminer mon quart à la porte sud, déclara le jeune homme avec enthousiasme. Et toi ?
— À la nord.
— Génial ! (Pip sourit et hocha la tête comme si Clay venait de lui raconter une histoire fascinante.) T’as vu des trucs intéressants ?
Clay haussa les épaules.
— Des montagnes.
— Ha ! Des montagnes, qu’il dit ! Classique. Au fait, t’as entendu la nouvelle ? Y paraît que Ryk Yarsson a vu un centaure du côté de la ferme de Tassel.
— Sans doute un élan.
Le jeune homme toisa Clay d’un air sceptique. À l’évidence, il estimait peu probable que Ryk ait confondu un centaure avec un cervidé.
— Ouais, bon… Ça te dit d’aller écluser quelques chopes à La Tête du Roi ?
— Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, répondit Clay. Ginny m’attend à la maison et…
Il s’interrompit, incapable de trouver une autre excuse.
— Allez ! insista Pip. Juste une, alors. Une seule.
Clay laissa échapper un grognement, plissant les yeux dans le soleil et se demandant si la saveur amère d’une bière valait la peine d’affronter la colère de Ginny.
— Bon, d’accord, céda-t-il. Juste une.

Wyld, tome 1 : La Mort ou la gloire, Nicholas Eames, 2017.

Wyld, t.1 : La Mort ou la gloire

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Premières lignes #163

Aujourd’hui, l’incipit que je vous présente est une dédicace. Elle m’a bien plu et me donne envie de tourner les pages, de découvrir ce que l’autrice a à nous présenter.

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Pour ma mère, qui m’a appris très tôt
qu’une vraie lady pouvait donner des ordres,
qu’un vrai gentleman pouvait y obéir
et que les vrais zombies ne mangeaient pas de cerveaux.

New Victoria , Lia Habel, 2011.

New Victoria

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Les illusions de Sav-Loar

Les illusions de Sav-Loar

Dans le même univers : L’héritage des Rois-Passeurs

Quatrième de couverture :

Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées. Pour survivre et devenir magiciennes, il leur faut se réfugier dans la cité légendaire de Sav-Loar.
Or Bleue se trouve très loin de là lorsque apparaissent ses pouvoirs : elle n’est qu’une jeune esclave entre les griffes d’un seigneur sadique desquelles nul ne s’est jamais évadé. Mais certains de ses compagnons de captivité vont risquer leur vie pour tenter de sauver Bleue, à commencer par Fèl, une beauté farouche qui ne rêve que de liberté. Leur fuite éperdue va précipiter le royaume dans une guerre impitoyable au cours de laquelle Bleue, dont la puissance s’affirme de jour en jour, pourrait bien changer le monde…

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Premières lignes #154

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Prologue

Le magicien pénétra en trombe dans le bordel, sa cape d’or virevoltant derrière lui.
– Où est-elle ? rugit-il.
La jeune fille qui se tenait à l’accueil recula, effrayée, puis disparut derrière un lourd rideau de velours en apercevant sa patronne. Celle-ci, longue femme au teint ambré et à la maigreur androgyne, marcha tranquillement vers le magicien, comme immunisée contre la fureur qui vibrait dans son regard d’acier.
Je l’ignore, avoua-t-elle. Elle a quitté l’établissement il y a quatre lunaisons.
Les paupières de l’homme s’étrécirent.
Tu l’as laissée partir ?
Bien sûr que non. Vous connaissez ma politique concernant les rejetons de vos semblables. Elle s’est échappée.
Il s’accorda un instant de réflexion durant lequel sa colère sembla retomber, mais le calme qu’il afficha en relevant la tête était plus menaçant encore.
A-t-elle de la famille chez qui elle aurait pu se réfugier ? s’enquit-il.
Pas à ma connaissance.
À quel stade en est-elle ?
Huitième mois. L’affaire date de votre dernier passage à Dorderès.
Je vais fouiller les lieux.
Je ne vous mens pas, elle est partie.
Écarte-toi, Ludmilla.
Elle s’écarta.

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Les illusions de Sav-Loar, Manon Fargetton, 2016.

Les illusions de Sav-Loar

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Snowblind

Snowblind

Quatrième de couverture :

Au cours d’une terrible nuit d’hiver, la petite ville de Coventry fut frappée de plein fouet par une tempête de neige. D’une rare violence, celle-ci emporta avec elle plus d’une dizaine de victimes, à jamais perdues dans l’immensité blanche. Des familles entières furent brisées en une seule nuit, et l’existence des habitants de la petite ville en fut changée à jamais.

Douze ans plus tard, la vie a repris son cours à Coventry, même si subsiste chez les survivants une angoisse aussi sombre qu’irrationnelle à l’approche de l’hiver. C’est alors qu’une nouvelle tempête s’annonce, plus terrifiante encore que la précédente… car cette fois, les disparus de cette fameuse nuit maudite sont de retour.

Block 46

Block 46

Quatrième de couverture :

Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d’une femme aux abords de la plage d’Olofsbo.

Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d’Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.

Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…
En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série.
Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.