Courts retours #18

Bien le bonjour, les lecturovores !
Au programme, aujourd’hui, la bande dessinée jeunesse de Léa Mazé Les Croques, tome 2 : Oiseaux de malheur, des nouvelles de Chimamanda Ngozi Adichie avec le recueil Le tremblement, et enfin le tome 29 du manga L’attaque des titans de Hajime Isayama.

Premières lignes #195

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Depuis le lundi de la semaine passée, Kamara se regardait dans les miroirs. Elle se tournait d’un côté, de l’autre, examinait ses bourrelets et imaginait son ventre plat comme une couverture de livre, puis elle fermait les yeux et imaginait Tracy le caressant de ses doigts maculés de peinture. C’est ce qu’elle faisait à présent devant la glace de la salle de bain, après avoir tiré la chasse d’eau.

Lundi de la semaine dernière dans le recueil Le tremblement, Chimamanda Ngozi Adichie, 2009.

Le tremblement

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Americanah

Americanah

Quatrième de couverture :

« En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire. »
Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?
De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

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Premières lignes #87

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Chapitre 1

Princeton, en été, n’avait pas d’odeur, et si Ifemelu appréciait le calme verdoyant de ses nombreux arbres, ses rues propres et ses majestueuses maisons, ses magasins aux prix subtilement exagérés et son air tranquille,immuable de grâce méritée, c’était cette absence d’odeur qui la séduisait le plus, peut-être parce que les autres villes américaines qu’elle connaissait dégageaient toutes des effluves caractéristiques. Philadelphie exhalait le parfum suranné du passé. New Haven sentait l’abandon. Baltimore l’océan, et Brooklyn les ordures pourrissant au soleil. Mais Princeton n’avait pas d’odeur. Elle aimait y respirer à pleins poumons. Elle aimait observer les habitants qui conduisaient leurs voitures dernier cri avec une courtoisie particulière et se garaient devant l’épicerie bio de Nassau Street ou le restaurant de sushis, ou devant le vendeur de glaces aux cinquante parfums, poivron inclus, ou devant la poste dont le personnel s’empressait de les accueillir à l’entrée. Elle aimait le campus, emprunt de la gravité du savoir, ses bâtiments gothiques aux murs drapés de lierre, et la manière dont tout y prenait, dans la pénombre de la nuit, un aspect fantomatique. Elle aimait par-dessus tout pouvoir prétendre, dans ce lieu où régnait l’abondance, être quelqu’un d’autre, admis par faveur dans le club consacré de l’Amérique, quelqu’un auréolé d’assurance.

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, 2013.

Americanah

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