Premières lignes #16

Rappel du principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Je vous propose dorénavant de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste.
Aujourd’hui, je continue dans la lignée des essais, car cette introduction m’a beaucoup interpellée : la définition du féminisme ne semble pas très claire pour pas mal de monde en général.

 

Okoloma était l’un de mes meilleurs amis d’enfance. Il habitait ma rue et veillait sur moi à la manière d’un grand frère : si un garçon me plaisait, je demandais à Okoloma son avis. Okoloma était drôle, intelligent, il portait des santiags aux bouts pointus. […] Avec Okoloma, je pouvais débattre, rire et dire le fond de ma pensée. C’est aussi la première personne à m’avoir qualifiée de féministe.
J’avais environ quatorze ans. Nous étions chez lui, nous polémiquions, rivalisant de connaissances plus ou moins assimilées glanées dans nos lectures. Le sujet de la polémique m’échappe aujourd’hui, mais je me souviens du regard d’Okoloma tandis que j’affûtais mes arguments et de sa remarque : « Tu es une féministe, tu sais. »
A en juger par son ton – celui qu’on emploierait pour accuser une personne de soutenir le terrorisme -, ce n’était pas un compliment.
Je n’avais qu’une vague idée de ce que signifiait le mot féministe. Et je ne voulais surtout pas qu’Okoloma le sache. Du coup, je ne me suis pas appesantie et j’ai continué à débattre, non sans me promettre de chercher le mot dans le dictionnaire dès mon retour à la maison.

Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie, 2015.

Nous sommes tous des féministes

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