Beloved

Beloved

Quatrième de couverture :

Inspiré d’un fait divers survenus en 1856, Beloved exhume l’horreur et la folie d’un passé douloureux. Ancienne esclave, Sethe a tué l’enfant qu’elle chérissait au nom de l’amour et de la liberté, pour qu’elle échappe à un destin de servitude. Quelques années plus tard, le fantôme de Beloved, la petite fille disparue, revient douloureusement hanter sa mère coupable.

Loin de tous les clichés, Toni Morrison ranime la mémoire et transcende la douleur des opprimés. Prix Pulitzer en 1988, Beloved est un grand roman violent et bouleversant.

Lire la suite

Premières lignes #252

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

1

Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé. Les femmes de la maison le savaient, et les enfants aussi. Pendant des années, chacun s’accommoda à sa manière de cette méchanceté ; puis, à partir de 1873, il n’y eut plus que Sethe et sa fille Denver à en être victimes. La grand-mère, Baby Suggs, était morte, et les fils, Howard et Buglar s’étaient enfuis à l’âge de treize ans, l’un, le jour où un simple regard sur un miroir le fit voler en éclats (ce fut le signal pour Buglar) ; l’autre, le jour où l’empreinte de deux petites mains apparut sur le gâteau (cela décidé Howard). Aucun des deux garçons n’attendit d’en voir davantage : plus de chaudronnée de pois chiches renversée toute fumante sur le plancher ; plus de biscuits secs écrasés et émiettés en ligne contre la porte. Non, ils n’attendirent pas non plus l’une des périodes de répit : ces semaines, voire ces mois, où tout était calme. Chacun d’eux s’enfuit dans l’instant, au moment même où la maison commit l’ultime outrage dont il leur sembla impossible d’être les témoins passifs une seconde fois. En l’espace de deux mois, en plein hiver, ils abandonnèrent leur grand-mère Baby Suggs, Sethe, leur mère, et leur petit sœur Denver, les laissant se débrouiller seules dans la maison grise et blanche de Bluestone Road.

Beloved, Toni Morrison, 1987.

Beloved

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Lire la suite

Premières lignes #190

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

3 août 1873

Je n’ai jamais eu peur comme en ce moment. On m’a laissée dans le noir, avec rien que la lumière de la rue pour écrire. On m’a ramenée dans ma chambre, on m’y a enfermée sous clef. On voulait que ce soit Ruth qui le fasse, mais elle a refusé : comment ! Moi, enfermer ma propre maîtresse, qui n’a rien fait ? Voilà ce qu’elle a dit, & pour finir le médecin lui a pris la clef & c’est lui qui a fermé, puis il a emmené Ruth. Maintenant la maison est pleine de voix, & toutes les voix disent mon nom. Si je ferme les yeux & que j’écoute, ça pourrait être un soir comme les autres.

Affinités, Sarah Waters, 1999.

Affinités

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Lire la suite

Caresser le velours

Caresser le velours

Quatrième de couverture :

Débauche de mélodies, de parfums et de costumes, Caresser le velours ressuscite, dans la meilleure tradition picaresque, les dernières années de l’Angleterre victorienne. À la fois érotique et historique, le récit met en scène les aventures de Nancy, une jeune vendeuse d’huîtres dans un petit port du Kent. Son sort bascule lorsqu’elle tombe amoureuse d’un chanteur de music-hall aux allures de dandy qui se revèle être… une femme. Quand l’élue décroche un rôle à Londres, Nancy la suit comme habilleuse. Bientôt la petite écaillère enfile, elle aussi, un pantalon, et le duo de faux hommes devient célèbre sur les scènes du West End…
Plongée dans l’Angleterre qui condamna Oscar Wilde, Caresser le velours nous offre une vision clandestine et fascinante de cette fin de siècle qui préluda à la Belle Époque. Et en conteuse mi-libertine, mi-sentimentale, Sarah Waters renoue avec la littérature de tentation et de plaisir. Lire la suite

Premières lignes #131

Salutations, ami.e.s lecturovores !
De nouveau, je partage avec vous les premières lignes de ma lecture en cours. J’ai quitté l’espace et le CIEL pour retourner sur Terre, en Angleterre, à l’époque victorienne. C’est Nancy, une jeune femme du Kent, qui nous raconte son histoire, à commencer par sa vie en bord de mer, à travailler dans le restaurant familial. Par la suite, elle fait la connaissance d’une chanteuse de music-hall. Cette rencontre va changer sa vie.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; ce sera plus rapide pour moi d’actualiser vos liens – et je passerai toujours découvrir vos premières lignes.

.

1

Avez-vous eu déjà l’occasion de déguster des huîtres de Whitstable ? Si oui, vous ne les aurez pas oubliées. Un caprice de la côte du Kent fait de Whitstable, comme on dit, un très grand « cru », l’huître la plus grasse et la plus moelleuse, la plus succulente et en même temps la plus suave de tout le pays. Une huître dont la réputation n’est plus à faire. Les Français, fins gourmets s’il en est, traversent la Manche pour l’amour d’elle, et on l’expédie, sur un lit de glace, jusqu’à Berlin et à Hambourg. Je me suis laissée dire que le roi lui-même se paie des soupers d’huîtres dans un hôtel discret de Whitstable en compagnie de sa bonne amie Mme Keppel, et quant à feu la reine, si l’on en croit la légende, elle goba une whitstable à dîner tous les jours de sa vie.
Avez-vous eu l’occasion de passer par Whitstable, de voir ses bars à huîtres ? Mon père tenait un de ces petits restaurants.

Caresser le velours, Sarah Waters, 1998.

Caresser le velours

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Lire la suite