Premières lignes #331

Bien le bonjour !
Aujourd’hui, c’est l’avant-propos d’une autobiographie que je vous partage. J’ai trouvé cet incipit intéressant car il dit déjà beaucoup de choses : l’exil ? Une femme qui dérange. Sa colère quant au prix du livre trop élevé du livre ? Des convictions politiques. Et pas mal de baroudage. Aujourd’hui, je mets en avant Emma Goldman, une anarchiste du début du XXe siècle et que j’ai découvert avec le petit livre L’anarchisme.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

AVANT-PROPOS
PAR JACQUELINE REUSS ET LAURE BATIER

Emma Goldman n’a que 16 ans lorsqu’en 1885 elle quitte la Russie pour émigrer aux États-Unis. Quelque trente-cinq ans plus tard, c’est du Nouveau Monde qu’elle devra repartir, expulsée vers le pays des soviets. Au bout de deux ans à peine, elle sera pourtant contrainte de fuir, ses rêves brisés, devant la répression bolchévique. Comme son compagnon, Alexandre Berkman, elle vivra alors des années d’exil tandis que les deux sillonnent l’Europe à la recherche d’une terre d’accueil. Elle la trouvera en 1928 à Saint-Tropez, le temps de s’imposer une retraite quasi monacale pour écrire ses mémoire, Living My Life.
Goldman recevra des offres de huit éditeurs pour la publication de son autobiographie. Les négociations seront finalement conclues avec Alfred A. Knopf, à qui elle envoie l’ultime lot de chapitres début 1931. D’après leur contrat, son autobiographie devait paraître en un seul volume et « à un prix abordable pour la classe ouvrière ». Or, elle apprend avec colère à la sortie du livre qu’il se compose de deux volumes vendus 7,50 dollars, soit cinquante pour cent plus cher que le prix public convenu. Et effectivement, comme Goldman l’avait prévu, les ventes demeurent faibles dans un contexte de crise et d’effondrement économique.
Les critiques, en revanche, s’enflamment […].

Vivre ma vie – Une anarchiste au temps des révolutions, Emma Goldman, 1931.

Vivre ma vie – Une anarchiste au temps des révolutions

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

L’anarchisme

L’Anarchisme

Quatrième de couverture :

« L’anarchisme nourrit tous les domaines de l’activité humaine. La science, les arts, les lettres, le théâtre, le combat pour l’égalité économique, chaque lutte individuelle ou collective contre le désordre ambiant, en somme, est éclairé par la lumière spirituelle de l’anarchisme. C’est la philosophie de la souveraineté de l’individu. C’est la théorie de l’harmonie sociale. C’est une vague de vérité vivante et puissante qui déferle sur le monde et inaugurera une aube nouvelle. »

Dans ces textes, inédits en français, Emma Goldman (1869-1940), active militante et éditrice de la revue Mother Earth, livre sa définition de l’anarchisme : une philosophie révolutionnaire conciliant les intérêts de l’individu et ceux de la société.

Préface de Laure Batier ;
Le véritable sens de l’anarchisme (Anarchism : What It Really Stands For), 1910 ;
Minorités contre majorités (Minorities Versus Majorities), 1910 ;
Une nouvelle Déclaration d’indépendance (A New Declaration of Independence), 1909 ;
Le point de vue d’une anarchiste sur la vie (An Anarchist Looks at Life), 1933.

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