La ferme des animaux

La ferme des animaux

Quatrième de couverture :

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
« Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
« Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

Premières lignes #198

Bonne année ! 10 réveillons littéraires est un recueil qui nous présente les passages de quelques romans dont l’action se déroule au réveillon du Nouvel An. Pour en savoir plus, je vous renvoie à ma chronique.
Ce livre s’ouvre sur un extrait d’Aurélien de Louis Aragon, un livre que j’ai désormais très envie de découvrir.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Louis Aragon

Aurélien

À nouveau le bar étroit, enfumé, aux lumières roses ; à nouveau l’acajou et le cuivre, les hauts tabourets, les bouteilles, les shakers, les pailles, les tableautins disparates et ridicules alignés sur les murs avec les oriflammes de Yale et de Harvard ; à nouveau la musique qui vient du dancing mauresque, et le vacarme des voix, et les rires, et l’hystérie des hommes ivres et graves, des Américains et des filles, des dames en grand décolleté avec des cavaliers bruns, les habituées, Suzy, Georgette, Yvonne… À nouveau ce décor d’insomnie et d’alcool, et la durée de la nuit qui vous pèse dessus, lourdement, de toutes les idées qu’on évite, de toutes les pensées perdues, la danse de ceux qui ont peur de dormir, peur de ne pas dormir… Les barmen blancs agitaient les breuvages entre le monde las et leur sourire professionnel.

Bonne année ! 10 réveillons littéraires, recueil, 2018.

Bonne année ! – 10 réveillons littéraires

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Courts retours #17

Salutations !
Dans ce nouvel article Courts retours, je vais vous parler du quatrième tome de la série de Darynda Jones : Charley Davidson, intitulé Quatrième tombe au fond. Je vais également vous présenter le recueil Bonne année ! 10 réveillons littéraires qui présente plusieurs extraits de romans se déroulant lors du réveillon – de quoi bien commencer l’année – avant de terminer avec Pocket RuPaul Wisdom, un tout petit livre avec les meilleures citations de RuPaul, une drag queen très célèbre notamment grâce à son émission RuPaul’s Drag Race diffusée sur Netflix.

Premières lignes #197

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

I

Le propriétaire de la Ferme du Manoir, Mr. Jones, avait poussé le verrou des poulaillers, mais il était bien trop saoul pour s’être rappelé de rabattre les trappes. S’éclairant de gauche et de droite avec sa lanterne, c’est en titubant qu’il traversa la cour. Il entreprit de se déchausser, donnant du pied contre la porte de la cuisine, tira au tonneau un dernier verre de bière et se hissa dans le lit où était Mrs Jones, déjà en train de ronfler.
Dès que fut éteinte la lumière de la chambre, ce fut à travers les bâtiments de la ferme un bruissement d’ailes et bientôt tout un remue-ménage. Dans la journée, la rumeur s’était répandue que Sage l’Ancien avait été visité, au cours de la nuit précédente, par un rêve étrange dont il désirait entretenir les autres animaux. Sage l’Ancien était un cochon […].

La ferme des animaux, George Orwell, 1945.

La ferme des animaux

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Premières lignes #195

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Depuis le lundi de la semaine passée, Kamara se regardait dans les miroirs. Elle se tournait d’un côté, de l’autre, examinait ses bourrelets et imaginait son ventre plat comme une couverture de livre, puis elle fermait les yeux et imaginait Tracy le caressant de ses doigts maculés de peinture. C’est ce qu’elle faisait à présent devant la glace de la salle de bain, après avoir tiré la chasse d’eau.

Lundi de la semaine dernière dans le recueil Le tremblement, Chimamanda Ngozi Adichie, 2009.

Le tremblement

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Moi, Tituba sorcière…

Moi, Tituba sorcière…

Quatrième de couverture :

Fille de l’esclave Abena violée par un marin anglais à bord d’un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts. Son mariage avec John Indien l’entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C’est dans l’atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu’a lieu le célèbre procès des sorcières de Salem en 1692. […]

Premières lignes #191

Salutations !
Pour ce nouveau rendez-vous Premières lignes, je vous propose un livre dont je vous avais déjà présenté l’incipit mais, cette fois, ce sont bien les premières lignes du récit que je vous fais découvrir. Elles sont violentes (trigger warning : viol) et placent tout de suite l’intrigue dans une époque, un lieu, et c’est glaçant. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai presque terminé le roman et je l’ai dévoré ; il est dur mais tellement bien écrit ; on espère un bel avenir pour l’héroïne, probablement vainement.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article. Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

1

Abena, ma mère, un marin anglais la viola sur le pont du Christ the King, un jour de 16** alors que le navire faisait voile vers la Barbade. C’est de cette agression que je suis née. De cet acte de haine et de mépris.

Moi, Tituba sorcière…, Maryse Condé, 1986.

Moi, Tituba sorcière…

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Courts retours #13

Le treizième Courts Retours pour entamer octobre, ça me disait bien.
Aujourd’hui, je vous parlerai de  Batman – Gotham Aventures. vol.1 que j’ai beaucoup aimé, il sera également question du recueil de nouvelles Rêves de femmes de Virginia Woolf et d’une bande dessinée féministe et humoristique Un clou dans le bec de Maxime Poisot et Emmanuelle Teyras.

Premières lignes #178

L’essai qui ouvre le recueil de nouvelles Rêves de femmes, de Virginia Woolf, est un prélude à ce qu’elle développera plus tard dans Une chambre à soi. Bien sûr, il ne s’agit que des toutes premières lignes et non de l’essai dans son ensemble – de quoi attiser notre curiosité…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

LES FEMMES ET LE ROMAN

Le titre de cet article peut se lire de deux façons : il peut renvoyer aux femmes et à la fiction qu’elles écrivent, ou aux femmes et à la fiction qui s’écrit à leur propos. L’ambiguïté est délibérée car, si l’on souhaite traiter des femmes écrivains, la plus grande souplesse est de mise ; il est nécessaire de s’accorder un peu de place pour traiter d’autres sujets que leurs œuvres, tant celles-ci ont été influencées par des circonstances totalement extérieures à leur art.
L’examen, même le plus superficiel, de la littérature produite par les femmes soulève d’emblée toutes sortes de questions. Pourquoi, se demande-t-on, les femmes n’ont-elles pas écrit de manière soutenue avant le XVIIIe siècle ? Pourquoi se mirent-elles alors à écrire aussi naturellement que les hommes pour produire sans interruption quelques-uns des classiques de la fiction anglaise ? Et pourquoi leur art a-t-il pris et prend-il encore la forme de la fiction ?

Rêves de femmes, Virginia Woolf, XXe siècle.

Rêves de femmes

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Morwenna

Morwenna

Quatrième de couverture :

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit une photo où sa silhouette a été brûlée… Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa propre mère? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Ce roman touchant et bouleversant a été récompensé par les plus grands prix littéraires du genre : le prix Hugo, le prix Nebula et le British Fantasy Award.