Premières lignes #231

Salutations !
J’ai commencé à regarder Cursed sur Netflix et j’ai donc eu envie de découvrir les premières lignes du roman éponyme. Je les partage donc avec vous.
J’étais bien emballée lorsqu’il est sortie mais je pense finalement me contenter tout simplement de la série. Je ne sais pas à quel point celle-ci est fidèle mais elle me suffit – pour l’instant en tout cas. Et vous, vous avez regardé ou lu Cursed ? Qu’en avez-vous pensé ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Chapitre 1

Cachée dans une botte de foin, le regard brouillé par les larmes, Nimue trouvait que le père Carden ressemblait presque à un esprit de lumière. Il se tenait dos au soleil, nimbé de ses rayons aveuglants et les bras tendus vers le ciel, si bien qu’il semblait flotter parmi les nuages. Sa voix s’éleva avec des trémolos par-dessus le bêlement affolé des chèvres, le fracas du bois brisé, les hurlements des enfants et les supplications de leurs mères.
— Dieu est amour. Un amour purificateur, un amour sanctificateur, un amour qui nous unit.
Ses yeux bleu pâle survolèrent la petite assemblée pathétique et gémissante qui se tenait prostrée dans la boue à ses pieds, cernée de moines en robe rouge.
— Dieu nous observe, poursuivit-il. Et aujourd’hui, Il sourit. Parce que nous avons accompli Son œuvre. Son amour nous a purifiés. Nous avons cautérisé la chair putréfiée !
Des braises tourbillonnaient dans la fumée qui s’élevait tout autour de lui. Sa bouche était luisante d’écume.
— Nous avons repoussé la corruption du démonisme, chassé les esprits sombres de cette terre. Oui, Dieu sourit, aujourd’hui !
Carden abaissa les bras. Ses lourdes manches retombèrent comme des rideaux, révélant la trentaine de croix enflammées sur la petite colline derrière lui. C’est à peine si l’on distinguait les corps des suppliciés dans l’épaisse fumée noire du bûcher.
Biette, une robuste petite villageoise mère de quatre enfants, se redressa telle une ourse blessée et avança péniblement à genoux vers le prêtre, mais l’un des moines tonsurés lui assena un coup de botte entre les épaules pour lui écraser le visage contre terre. La pauvre se retrouva impuissante, à grogner dans la boue.
Les oreilles de Nimue s’étaient mises à siffler dès qu’elle avait franchi l’entrée du village sur le dos de sa jument, Crépuscule, en compagnie de son amie Pym. Elles avaient tout de suite vu le premier cadavre en travers de la route. Il leur avait semblé reconnaître Mikkel, le fils du tanneur (celui qui cultivait les orchidées pour les rituels de mai), mais son crâne avait été défoncé par un objet lourd. Les deux adolescentes n’avaient guère eu le temps de s’attarder : le village était déjà en feu et les Paladins Rouges grouillaient de partout, les mouvements de leurs longues robes rouges semblables à la danse des flammes. Au sommet de la butte, une demi-douzaine de Sages du village brûlaient déjà sur des croix de fortune. Les hurlements de Pym lui parvenaient de très loin. Nimue était pétrifiée, incapable de penser. Où qu’elle regarde, les gens suffoquaient dans la boue ou étaient traînés de force hors de leurs huttes. Deux paladins tiraient la vieille Betsy par les bras et les cheveux à travers l’enclos où elle gardait ses oies. Les bêtes affolées s’éparpillaient en caquetant, ce qui ne faisait qu’ajouter au chaos ambiant. Très vite, les deux amies s’étaient perdues de vue et l’adolescente avait couru se réfugier dans le tas de foin, où elle n’osait presque plus respirer.

Cursed – La rebelle, Frank Miller et Thomas Wheeler, 2019.

Cursed – La rebelle

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Comic Con de Paris, édition 2015

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La Comic Con de Paris se déroulait pour la première fois seule, sans être rattachée à la Japan Expo, du 23 au 25 octobre dernier.
Je me faisais une joie immense d’y aller, et ce pour plusieurs raisons : j’y allais avec une amie, on allait voir Frank Miller, Maisie Williams, et j’espérais pouvoir avoir une dédicace de Amanda Conner, et une de Jimmy Palmiotti, les auteurs du géniallissime Harley Quinn. Malheureusement, l’actrice de Game of Thrones a dû annuler sa venue. Qu’importe, nous sommes-nous dit, il y a encore plein de choses et d’artistes à voir !

Dans cet article un peu particulier, je vais vous parler du festival en lui-même, de quelques conférences (Miller et Azzarello pour The Dark Knight III : the Master Race, on reviendra sur Secret Wars…), et bien entendu de mes acquisitions, le tout accompagné de photos, évidemment !

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